Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 958050 )Noé, arche, déluge : état de la question ? par Candidus (2022-12-29 22:28:55) 

Dans la veine des échanges qui ont eu lieu sur le FC concernant l'historicité du récit de la création, je m'interroge sur l'état actuel de la réflexion exégétique autour du récit du déluge.

Qu'est-ce qu'un catholique doit tenir pour historique dans ce récit, qu'est-ce qui appartient au domaine du mythe, et qu'est-ce qui demeure sujet à la recherche et à des divergences d'interprétations ?

Je rappelle que "mythe" n'est pas synonyme d'imaginaire ; le mythe est au service de l'histoire, il l'épaule et la complète en palliant ses inévitables lacunes et peut exprimer sur un mode littéraire des vérités objectives, notamment morales.

Un premier élément pour initier la réflexion :

- On estime actuellement qu'il existe entre 8 et 20 millions d'espèces animales dont 2 millions seulement ont été inventoriées. De 150 000 à 260 000 espèces animales et végétales ont disparu dans les 500 dernières années (chiffre du Musée d'Histoire Naturelle).
- La majorité de ces espèces sont ou étaient endémiques (présence naturellement restreinte à un territoire donné).

Ces deux faits ne devrait-il pas nous conduire à relativiser l'historicité du récit biblique qui affirme qu'un couple de chaque espèce animale du monde entier était présent dans l'arche ?
images/icones/iphone.jpg  ( 958052 )L’arche n’est elle pas par Adso (2022-12-29 22:54:18) 
[en réponse à 958050]

Sur le mont Ararat ???
images/icones/neutre.gif  ( 958054 )Taille de l'arche par Candidus (2022-12-29 23:05:56) 
[en réponse à 958050]

Je rappelle que l'arche de Noé selon la Bible mesurait 144,6 m de long / 24,1 m de large / 14,46 m de hauteur. Dans cet espace auraient vécu pendant 40 jours : Noé, sa famille et 16 à 40 millions d'animaux (8 à 20 millions de couples, sans compter les espèces extinctes depuis).

Le littéralisme n'est-il pas ici absolument insoutenable et la solution n'est-elle pas de considérer que le déluge n'a concerné qu'une aire très limitée de la terre (l'aire peuplée par les premiers hommes) et uniquement une infime partie des animaux (les principaux -voire les plus utiles à l'homme- de cette région) ?
images/icones/fleche2.gif  ( 958104 )taille de la girafe adulte : c'est 4.2 mètres par Cristo (2022-12-30 19:11:19) 
[en réponse à 958054]

donc ça rentre, rapport à la hauteur !

Bon, je m'y remets, à peigner la girafe ...
images/icones/1n.gif  ( 958055 )Pourtant... par Athanasios D. (2022-12-29 23:13:13) 
[en réponse à 958050]

... je ne pense pas que le Christ parlait ici en parabole (Mt 24, 37-39):

Tels furent les jours de Noé, tel sera l'avènement du Fils de l'homme. Car de même que dans les jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on épousait et on était épousé, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche, et qu'ils ne surent rien, jusqu'à la venue du déluge qui les emporta tous, ainsi sera aussi l'avènement du Fils de l'homme.


Ath
images/icones/neutre.gif  ( 958056 )Notez bien que... par Candidus (2022-12-29 23:34:48) 
[en réponse à 958055]

... le résumé que fait Jésus du récit du déluge est compatible avec l'interprétation minimaliste de son historicité (une aire géographique limitée et une portion infime des espèces animales existantes dans le monde ; en fait, seulement les principales de l'aire en question).

J'ai du mal à imaginer des couples de cafards, de cancrelats, de frelons, de moustiques, de punaises de lit, de termites... et on peut continuer la liste. Ne sommes-nous pas ici dans un style littéraire destiné à exprimer des vérités d'ordre moral qui ne sont pas pour autant "imaginaires" ?
images/icones/tao.gif  ( 958060 )Interprétation minimaliste ? par Athanasios D. (2022-12-30 00:40:43) 
[en réponse à 958056]

Le Christ dit que le déluge les emporta tous.

Peut-être que bien des bestioles ont pu survivre sur des embarcations de fortune (troncs, cadavres, etc.). Non ?

Ath
images/icones/neutre.gif  ( 958062 )"Tous" ? par Candidus (2022-12-30 01:03:52) 
[en réponse à 958060]

"Tous" les habitants et les animaux du monde -pas très vraisemblable compte tenu de nombreuses données historiques et zoologiques- ou "tous" ceux d'une aire géographique et d'un statut anthropologique et/ou zoologique particuliers qui nous échappent ?

La réponse à cette question va dépendre du genre littéraire du texte : chronique purement factuelle ou récit fondateur en partie symbolique à portée morale et théologique ?

Sommes-nous dans le domaine de la science historique ou d'une révélation philosophico-théologique utilisant des métaphores littéraires ?
images/icones/livre.gif  ( 958064 )St Luc II:2 par Candidus (2022-12-30 07:41:00) 
[en réponse à 958060]

L'Évangéliste, sous l'inspiration du St Esprit, écrit : "on publia un édit de César Auguste, pour faire un dénombrement des habitants de TOUTE la terre." "Toute la terre" doit-il être interprété littéralement ou métaphoriquement ?
images/icones/1n.gif  ( 958177 )Toute la terre... par Athanasios D. (2022-12-31 20:07:32) 
[en réponse à 958064]

... sous-entendue romaine. L'empereur n'a évidemment pas demandé le recensement des peuples hors des frontières de l'Empire, lesquels ne devaient pas lui payer l'impôt.

Saint Pierre, dans sa première épître, révèle qu' "aux jours de Noé la longanimité de Dieu temporisait, pendant que se construisait l'arche, dans laquelle un petit nombre, savoir huit personnes, furent sauvées à travers l'eau."

Moïse, pour signifier l'universalité du Déluge, précise bien que "les eaux, ayant grossi de plus en plus, couvrirent TOUTES les hautes montagnes qui sont sous le ciel TOUT ENTIER. Les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus des montagnes qu'elles recouvraient."

Il est très compliqué de se défaire du sens littéral. J'avoue ne pas (chercher à) y parvenir.

Ath
images/icones/neutre.gif  ( 958191 )"Tout" hyperbolique par Candidus (2023-01-01 01:58:36) 
[en réponse à 958177]

Je cite, en substance, la vidéo de l'abbé Veyron:

Lorsque l'Exode dit que "toute la terre du sol devint insecte dans toute la terre d'Egypte" (Exode 8:13), "TOUT" est il à prendre littéralement ou métaphoriquement ?

Cet usage de l'adjectif indéfini est un hébraïsme fréquent dans la Bible pour exprimer une universalité relative.
images/icones/tao.gif  ( 958195 )Sans être de culture hébraïque... par Athanasios D. (2023-01-01 10:18:02) 
[en réponse à 958191]

... j'aurais pu m'exprimer de la même façon si je ne pouvais plus voir le sol:



Ath
images/icones/fleche2.gif  ( 958057 )on est très loin d'avoir fait le tour de la question par jejomau (2022-12-29 23:45:09) 
[en réponse à 958050]

Ainsi, on a découvert récemment une civilisation qui remonte au moins à - 3000 avant JC au Pérou : la civilisation de Caral... alors qu'on découvrait à peine celle des Nazca. D'où viennent ces hommes ? Qui sont-ils ?
images/icones/neutre.gif  ( 958059 )Vous apportez de l'eau au moulin de l'interprétation mythologique par Candidus (2022-12-30 00:22:44) 
[en réponse à 958057]

La civilisation Caral a existé au moins entre 2600 et 1500 av. JC. Or, une lecture littéraliste du récit du Déluge situe l'événement en 2 348 ans av. JC (chronologie de James Ussher), ce qui indiquerait que le territoire de la Colombie actuelle et les membres de la civilisation Caral n'ont pas été concernés par le Déluge.
images/icones/1n.gif  ( 958065 )euh... par jejomau (2022-12-30 07:52:12) 
[en réponse à 958059]

Je n'ai pas compris du tout ou vous voulez en venir. Caral n'est pas un mythe ... Ni Noé, ni le Déluge, en ce qui me concerne
images/icones/neutre.gif  ( 958067 )Caral n'est pas un mythe, or... par Candidus (2022-12-30 08:20:48) 
[en réponse à 958065]

... Caral contredit une interprétation littéraliste du récit du déluge puisqu'il établit qu'une civilisation contemporaine à l'événement n'a pas été impactée par lui, donc nous devons privilégier une interprétation plus allégorique du récit biblique.
images/icones/fleche2.gif  ( 958070 )est-ce si simple ? par jejomau (2022-12-30 09:16:42) 
[en réponse à 958067]

Les données actuelles peuvent changer. Elles sont le fruit de nos connaissances à ce jour... qui n'ont cessé d'évoluer jusqu'à présent

Le Déluge est historiquement attesté pour de très nombreux archéologues qui le démontrent avec l'existence d'une couche de sédiments particulière à une certaine époque..... Mais Caral est historiquement un fait certain incontestable également
images/icones/bible.gif  ( 958058 )Sur le récit du Déluge par Jean-Paul PARFU (2022-12-30 00:10:18) 
[en réponse à 958050]

L'antique récit du déluge, dont la première version nous est donnée avec l'épopée de Gilgamesh (XVIIIème siècle av. JC pour la version la plus ancienne), relate une expérience archaïque: l'hypothèse la plus plausible est le souvenir cataclysmique de la fin de la glaciation de Würm, il y a quelque 12 000 ans.

L'interprétation du Livre de la Genèse, du Déluge et de Noé est la suivante :

1) Dès l'origine, toute la Création visible est mise à la disposition de l'Homme (homme et femme) ;

2) Dans l'état d'innocence originelle, au Paradis terrestre donc, l'Homme semble végétarien ;

3) Une fois le péché d'orgueil consommé, l'Homme est chassé du Paradis terrestre. Il règne dès lors une dysharmonie entre les hommes et entre l'Homme et la Nature : la Nature est désormais dangereuse pour l'Homme et l'Homme, dangereux pour la Nature ! En tout état de cause, et au plus tard dès ce moment, l'Homme n'est plus végétarien !

4) Après le Déluge et l'Alliance noachique, qui clôt la 1ère Révélation et était une figure de ce qui allait se passer par la suite, Dieu bénit de nouveau l'Homme, confirmé roi de la Création, comme à l'origine. A ceci près, toutefois, que Dieu entérine le fait que ce règne n'est plus et ne sera plus un règne pacifique. Le péché est passé par là et une seconde Révélation va donc avoir lieu.

C'est l'alliance avec Abraham et sa descendance qui va être nouée par Dieu, en vue, cette fois, après un long cheminement, de la venue du Messie et de la Rédemption définitive.


Ce qu'il faut retenir du Déluge ici
images/icones/livre.gif  ( 958063 )Selon S. Augustin, maintenir le sens littéral et le sens allégorique par Chicoutimi (2022-12-30 06:44:18) 
[en réponse à 958050]

Voici ce qu'enseigne saint Augustin, dans la Cité de Dieu, au Livre XV, Chapitre 26:


ON NE DOIT PAS PLUS DONNER LES MAINS À CEUX QUI NE VOIENT QUE DE L'HISTOIRE DANS CE QUE LA GENÈSE DIT DE L'ARCHE DE NOÉ ET DU DÉLUGE, ET REJETTENT LES ALLÉGORIES, QU'À CEUX QUI N'Y VOIENT QUE DES ALLÉGORIES ET REJETTENT L'HISTOIRE.

''On aurait tort de croire qu'aucune de ces choses ait été écrite en vain, ou qu'on n'y doive chercher que la vérité historique sans allégories, ou au contraire que ce ne soient que des allégories, ou enfin, quoi qu'on en pense, qu'elles ne contiennent aucune prophétie de l'Église.

Quel homme de bon sens pourrait prétendre que des livres si religieusement conservés durant tant de milliers d'années aient été écrits à l'aventure, ou qu'il y faille seulement considérer la vérité de l'histoire? Pour ne parler que d'un point, il n'y avait aucune nécessité de faire entrer dans l'arche deux animaux immondes de chaque espèce, et sept des autres; on y en pouvait faire entrer et des uns et des autres en nombre égal, et Dieu, qui commandait de les garder ainsi pour en réparer l'espèce, était apparemment assez puissant pour les refaire de la même façon qu'il les avait faits.

Pour ceux qui soutiennent que ces choses ne sont pas arrivées en effet et que ce ne sont que des figures et des allégories, ce qui les porte à en juger ainsi, c'est surtout qu'ils ne croient pas que ce déluge ait pu être assez grand pour dépasser de quinze coudées la cime des plus hautes montagnes, par cette raison, disent-ils, que les nuées n'arrivent jamais au sommet de l'Olympe, et qu'il n'y a point là de cet air épais et grossier où s'engendrent les vents, les pluies et les nuages. Mais ils ne prennent pas garde qu'il y a de la terre, laquelle est le plus matériel de tous les éléments. N'est-ce point peut-être qu'ils prétendent aussi que le sommet de cette montagne n'est pas de terre? Pourquoi ces peseurs d'éléments veulent-ils donc que la terre ait pu s'élever si haut et que l'eau ne l'ait pas pu de même, eux qui avouent que l'eau est plus légère que la terre?

Ils disent encore que l'arche ne pouvait pas être assez grande pour contenir tant d'animaux. Mais ils ne songent pas qu'il y avait trois étages, chacun de trois cents coudées de long, de cinquante de large et de trente de haut, ce qui fait en tout neuf cents coudées en longueur, cent cinquante en largeur et quatre-vingt-dix en hauteur. Si nous ajoutons à cela, suivant la remarque ingénieuse d'Origène, que Moïse, parfaitement versé, au rapport de l'Écriture, dans toutes les sciences des Égyptiens, qui s'adonnaient fort aux mathématiques, a pu prendre ces coudées pour des coudées, de géomètres, qui en valent six des nôtres, qui ne voit combien il pouvait tenir de choses dans un lieu si vaste?

Quant à la prétendue impossibilité de faire une arche si grande, elle ne mérite pas qu'on s'y arrête, attendu que tous les jours on bâtit des villes immenses, et qu'il ne faut pas oublier que Noé fut cent ans à construire son ouvrage. Ajoutez à cela que cette arche n'était faite que de planches droites, qu'il ne fut besoin d'aucun effort pour la mettre en mer, mais qu'elle fut insensiblement soulevée par les eaux du déluge, et enfin que Dieu même la conduisait et l'empêchait de naufrager.

Que répondre encore à ceux qui demandent si des souris et des lézards, ou même encore des sauterelles, des scarabées, des mouches et des puces entrèrent aussi dans l'arche en même nombre que les autres animaux? Ceux qui proposent cette question doivent savoir d'abord qu'il n'était point nécessaire qu'il y eût dans l'arche, non-seulement aucun des animaux qui peuvent vivre dans l'eau, comme les poissons, mais même aucun de ceux qui vivent sur sa surface, comme une infinité d'oiseaux aquatiques. De plus, l'Écriture marque expressément que Noé y fit entrer un mâle et une femelle de chaque espèce, pour montrer que c'était pour en réparer la race, et qu'ainsi il n'était point besoin d'y mettre ceux qui naissent sans l'union des sexes ou qui proviennent de la corruption; ou que si l'on y en mit, ce fut sans aucun nombre certain, comme ils sont ordinairement dans les maisons; ou enfin, si l'on prétend que, pour figurer avec une exactitude parfaite le plus auguste des mystères, il fallait qu'il y eût un nombre limité de toutes les sortes d'animaux qui ne peuvent vivre naturellement dans l'eau, je réponds que la providence de Dieu pourvut à tout cela sans que les hommes eussent à s'en mêler. Noé ne prenait pas les animaux pour les mettre dans l'arche, mais ils y venaient d'eux-mêmes. Les paroles de l'Écriture le font assez entendre: «Ils viendront à vous»; c'est-à-dire qu'ils n'y viendront pas par l'entremise des hommes, mais par la volonté de Dieu, qui leur en donnera l'instinct. (...)

Quelques-uns demandent encore quelle sorte de nourriture pouvaient avoir là les animaux que l'on croit ne vivre que de chair, si Noé en fit entrer dans l'arche quelques autres pour les nourrir, outre ceux que Dieu lui avait commandés, ou, ce qui est plus vraisemblable, s'il y avait quelques aliments communs à tous; car nous savons que plusieurs animaux qui se nourrissent de chair mangent aussi des fruits et particulièrement des figues et des châtaignes. Quelle merveille donc que Noé, ce sage et saint personnage, ait préparé dans l'arche une nourriture convenable à tous les animaux et qu'au surplus Dieu même avait pu lui indiquer? D'ailleurs, que ne mange-t-on point, quand on a faim? Et puis, Dieu n'était-il pas assez puissant pour leur rendre agréables et salutaires toutes sortes d'aliments, lui qui n'en aurait pas eu besoin pour les faire subsister, si cela n'eût été compris dans l'accomplissement figuré du mystère?

Au reste, que tant de choses spécifiées dans le plus grand détail soient des figures de l'Église, c'est ce qu'on ne saurait nier sans opiniâtreté. Les nations, tant pures qu'impures, ont déjà tellement rempli l'Église et sont si bien unies par les liens inviolables de son unité, jusqu'à l'accomplissement final, que ce fait seul, qui est si évident, suffit pour ne nous laisser aucun doute sur les autres choses qui ne sont pas aussi claires; et par conséquent, il faut croire que c'est avec beaucoup de sagesse que ces événements ont été confiés à la tradition et à l'écriture, qu'ils sont arrivés en effet, qu'ils signifient quelque chose, et que ce qu'ils signifient concerne l'Église. (...).''



Source
images/icones/neutre.gif  ( 958066 )Une question de curseur par Candidus (2022-12-30 08:09:29) 
[en réponse à 958063]

St Augustin admet le principe de toute exégèse saine de la Bible : pas de littéralisme ("que de la vérité historique") et pas d'allégorisme déchaîné ("que des figures") : c'est une base très saine, mais il s'agit ensuite de placer correctement le curseur entre ces deux écueils et c'est là que l'on devient tributaire de l'avancée des sciences et de la recherche.

Voyez le cas Galilée, St Charles Boromé ne reprochait pas à l'astronome son héliocentrisme, pourtant opposé à une lecture littérale de la Bible, mais il lui faisait remarquer avec raison que tant qu'il ne pourrait pas prouver scientifiquement sa théorie, il convenait de s'en tenir au littéralisme biblique. Dès que l'héliocentrisme fut établi sur une base scientifique, l'Église n'eut pas de difficulté à considérer que les passages géocentriques des Saintes Écritures devaient être interprétés métaphoriquement.

Pour en revenir aux propos de St Augustin, je dirais que si l'évêque d'Hippone avait disposé des données de la science actuelle, notamment anthropologiques, il aurait certainement déplacé le curseur de l'interprétation de l'événement du déluge en direction de l'allégorie.
images/icones/find.gif  ( 958072 )Réalité historique et enseignement théologique par Jean-Paul PARFU (2022-12-30 10:52:45) 
[en réponse à 958066]

Le Livre de la Genèse, c'est :

- une réalité historique ;

- inextricablement mêlée à un enseignement théologique ;

- donné sous une forme allégorique ;

- pour les hommes de tous les temps, de tous les lieux et de toutes les classes sociales.

La réalité historique, c'est la fin de la glaciation de Würm et l'histoire d'un clan et de son chef dont on avait gardé le souvenir et qui échappent au Déluge.

L'enseignement théologique sous une forme allégorique, c'est notamment la sanction divine et le salut apporté à l'humanité fidèle.
images/icones/neutre.gif  ( 958080 )Cher Janus par Candidus (2022-12-30 12:05:29) 
[en réponse à 958072]

Je ne parviendrai jamais à m'y habituer : deux tropismes cohabitent en vous, celui illustré par ce post audacieux, reflet de votre souci de rationalité, puis un autre, plus baroque voire kitsch, qui me laisse souvent pantois et avec lequel j'ai plus d'une fois ferraillé.

Peut-être me répondrez-vous que ces deux tropismes sont le reflet de votre grille d'analyse préférée : le naturel vs. le surnaturel ?

Je pense que c'est plus complexe, mais rassurez-vous, je n'ai pas l'ambition de me transformer en votre analyste.
images/icones/1v.gif  ( 958083 )Dans votre esprit par Jean-Paul PARFU (2022-12-30 12:27:18) 
[en réponse à 958080]

Peut-être, mais pas dans la réalité.

J'ai toujours eu les mêmes positions sur tous ces sujets. Que vous ne voyiez pas la différence avec La Salette ou la vision de Léon XIII, c'est votre affaire.
images/icones/find.gif  ( 958084 )Ce qu'il faut comprendre par Jean-Paul PARFU (2022-12-30 12:40:36) 
[en réponse à 958080]

C'est que la religion chrétienne n'est pas une mythologie. Le christianisme, ce n'est donc pas l'histoire sans Dieu des Modernes ou Dieu sans l'histoire de l'islam. Le christianisme, c'est Dieu dans l'histoire !

Dieu y est présent comme Créateur ou/et comme Providence naturelle et comme Rédempteur et Providence surnaturelle.

Dès lors, un évènement comme le Déluge peut et même doit être abordé comme évènement naturel, historique, et comme évènement important dans l'histoire du Salut.

Aux scientifiques d'une part et aux théologiens d'autre part, de faire la part des choses et de nous expliquer ce que l'histoire profane et la Bible nous expliquent à ce sujet.
images/icones/fleche2.gif  ( 958082 )fantasme et réalité par jejomau (2022-12-30 12:25:26) 
[en réponse à 958072]

Quand vous dites :

La réalité historique, c'est la fin de la glaciation de Würm


Que cette glaciation ait eu lieu, c'est un fait. Que celle-ci soit la cause du Déluge, C'est votre interprétation toute personnelle, une Hypothèse parmi d'autres
images/icones/neutre.gif  ( 958079 )L'abbé Romuald Veyron par Vexilla Galliae (2022-12-30 12:03:21) 
[en réponse à 958050]

a réalisé une vidéo sur le sujet :

images/icones/neutre.gif  ( 958086 )Agréable surprise ! par Candidus (2022-12-30 12:51:43) 
[en réponse à 958079]

J'ai abordé cette vidéo avec une certaine appréhension : qui est donc cet abbé Veyron qui se présente comme "exorciste" sur sa page Facebook ? Un exorciste est par définition un prêtre d'un certain âge, expérimenté, désigné par un évêque diocésain. A quelle fraternité ou tendance, ce clerc appartient-il ? Cette information est volontairement occultée par l'intéressé notamment sur le site internet qu'il dirige.

Après quelques recherches, il apparaît que cet abbé n'est pas prêtre, il a seulement reçu l'ordre mineur d'exorciste puis a entrepris des études en Science des Religions dans une université laïque. Je pense qu'il a dû se faire renvoyer de la communauté dans laquelle il se préparait au sacerdoce, mais tout cela reste assez mystérieux.

Ceci dit, j'ai écouté la vidéo et j'ai été agréablement surpris. Le sujet est bien traité, avec le souci de présenter les différentes opinions soutenables sur le déluge. J'ai particulièrement apprécié le développement sur le "reset" de la création que constitue l'épisode du déluge. Je conseille à tous ceux intéressés par le sujet de regarder cette vidéo.
images/icones/fleche2.gif  ( 958087 )[Réponse] par Vexilla Galliae (2022-12-30 13:26:28) 
[en réponse à 958086]

Cela a peu d'importance ici, mais l'abbé Veyron se présente au début de sa vidéo-débat, toujours en ligne, avec un pseudo-théologien belge que tout le monde connaît ici.

Il est toujours membre de sa fraternité, contrairement à ce que vous dites, mais il préfère ne pas en parler, afin de ne pas réveiller les querelles de chapelles et de rester audible pour le plus de monde possible.
images/icones/neutre.gif  ( 958088 )Une drôle de présentation par Candidus (2022-12-30 13:34:33) 
[en réponse à 958087]

Dans la vidéo avec Dumuche, il se présente en indiquant qu'il ne donnera aucune information sur sa sensibilité ecclésiale, ses origines et son statut canonique. Soit...
images/icones/1n.gif  ( 958092 )Cela mériterait en effet... par Luc de Montalte (2022-12-30 14:30:57) 
[en réponse à 958088]

... quelques éclaircissements.
images/icones/bravo.gif  ( 958091 )Très intéressante vidéo par Jean-Paul PARFU (2022-12-30 14:09:48) 
[en réponse à 958086]

Très bien faite, très bien illustrée !

Par ailleurs, tout le monde peut comprendre que cet abbé reste discret sur l'institut auquel il appartient et qu'il ne veut donc pas engager par ses différentes prises de positions.
images/icones/1a.gif  ( 958099 )Le dialogue entre le Seigneur et Noë (Noach) par AVV-VVK (2022-12-30 18:26:25) 
[en réponse à 958050]

Ici (pas de traduction automatique) mais l' ambiance de la conversation pourrait suffire.
images/icones/1e.gif  ( 958158 )marronnier débattu, mais non abattu par Lycobates (2022-12-31 14:49:20) 
[en réponse à 958050]

Nous avons fait "l'état de la question" déjà en 2013, presque jour pour jour, sans avoir convaincu modernistes ou esprits forts, scientistes ou "scientocrédules", et sans que l'état de la question n'ait changé.
Inutile de relancer.
images/icones/1e.gif  ( 958160 )Et on vous avait par Jean-Paul PARFU (2022-12-31 16:01:18) 
[en réponse à 958158]

répondu ici
images/icones/fleche2.gif  ( 958201 )Une erreur toutefois. par Luc de Montalte (2023-01-01 12:22:46) 
[en réponse à 958160]

Votre assertion (en 2013) :


La biologie moléculaire fait bien remonter tous les hommes actuellement vivants à Adam et Eve, mais certainement pas à Noé !



Est bien fausse comme expliqué ici : https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=956484

Il y a simplement des calculs simples pour estimer l'âge des plus anciens ancêtres patrilinéaire et matrilinéaire, avec de très fortes hypothèses (contestables donc). Même en admettant ce contestable raisonnement, il n'y a aucune raison de penser que ces ancêtres soient Adam et Ève, bien au contraire.

Pour ce qui est de l'arche, si on admet (avec l'assentiment de l'Église comme le reconnaît Lycobates) une extension géographique limitée du déluge, l'idée qu'elle ait contenu "toutes" les espèces animales ne peut être qu'allégorique.
images/icones/interdit.gif  ( 958203 )Une ligne rouge à ne pas dépasser par Candidus (2023-01-01 14:47:31) 
[en réponse à 958201]

Quoi qu'il en soit de ce que la science peut établir sur nos premiers parents, convenez tout de même que l'existence historique d'Adam et Ēve ne peut pas être contestée, à moins de remettre en cause la clé de voûte de la foi chrétienne. C'est la ligne rouge tracée par Pie XII dans Humani Generis.
images/icones/neutre.gif  ( 958221 )En effet par Luc de Montalte (2023-01-01 20:46:11) 
[en réponse à 958203]

Mais c'est de foi.
images/icones/fleche2.gif  ( 958238 )nuance par Lycobates (2023-01-01 23:33:54) 
[en réponse à 958221]

L'existence historique de nos premiers parents (peu importent leurs noms) est un fait dogmatique (non défini, mais comme on le sait parfaitement définissable, n'en déplaise aux port-royaux), alors que le monogénisme, qui en découle nécessairement, est lui une vérité révélée de fide divina et catholica, saltem implicite definita (elle aurait pu être explicite definita, et nous serions sortis de nos peines, si le Pape avait voulu utiliser une formulation plus péremptoire dans Humani generis, plus péremptoire que le scandaleux nequaquam apparet ; ce qu'il n'a pas fait, je crois savoir à l'insistance de son fameux spiritus rector père Bea **).

Je ne connais que deux théologiens (Diekamp et Ott, et je crois qu'ils ont tort) qui croient pouvoir présenter cette vérité, à ce jour non explicitement définie, pour cette raison comme (seulement) fidei proxima, très proche de la foi (et sa négation par conséquent comme haeresi proxima, très proche de l'hérésie), alors qu'au moins 18 autres théologiens de nom (le P. Sagüés les énumère De Deo creante et elevante dans la BAC) considèrent le monogénisme comme de foi et sa négation comme hérétique.

Effectivement, nier ce fait dogmatique, et la vérité qui en découle nécessairement, importe la négation du dogme de la propagation par engendrement (donc de père en fils, propagatione, non imitatione) du péché originel, qui est définie formellement, et qui est, comme le disait fort bien Candidus (mais j'ajoute un -f, curseur étymologisant oblige), "la clef de voûte de la foi chrétienne".

** Et si le Concile du Vatican avait pu aboutir et voter le Schema Constitutionis dogmaticae "Apostolici muneris sollicitudo" de doctrina catholica contra multiplices errores ex Rationalismo derivatos, c. 15, de communi totius humani generis origine ab uno Adam.

Parellèlement, pour les raisons que j'ai explicitées dans le fil de 2013, l'universalité anthropologique du Déluge (un autre fait dogmatique) pourrait (et devrait) être considérée comme de fide divina et catholica (quoique non definita).

images/icones/1b.gif  ( 958355 )Vous aimez couper les cheveux en quatre ! par Luc de Montalte (2023-01-03 17:21:48) 
[en réponse à 958238]

D'une part, il me semble étonnant de prétendre que l’Église aurait attendu Humani generis pour enseigner l’existence historique d'Adam et Ève. Il s'agit évidemment me semble-t-il d'une part du dogme, rappelée dès le Concile de Carthage (canon 2) et enseignée par le Concile de Trente (canon 4).

D'autre part, je ne vois pas bien la différence entre le monogénisme et l'existence historique d’Adam et Ève. Si ce n'est que le second point implique aussi l'historicité du péché originel, enseignée infailliblement par l’Église (voir p. ex. l’excellent opuscule de l’abbé L. Cognet sur la théologie de Theilard de Chardin ainsi que les références plus haut).

Enfin, je serais néanmoins intéressé si vous pouvez nous en dire plus sur les opinions de Diekamp et Ott qui me semblent donc assez étonnantes (ou une simple référence si vous manquez de temps).

Bref, il me semble assez curieux de prétendre que le fait de l’existence historique d’Adam et Ève découlerait du dogme (= serait un fait dogmatique).

PS : Sans être dupe toutefois de votre volonté de rouvrir un débat stérile sur cette invention fénelonienne à des fins polémiques évidentes (l'invention, aussi bien que son évocation ). Cf. l’excellent Traité de la foi humaine de Pierre Nicole pour bien commencer l’année.

Trotzdem wünsche ich Ihnen ein gutes neues Jahr. Ich lese Ihnen immer mit Interesse.
images/icones/1i.gif  ( 958444 )Pas du tout ! par Lycobates (2023-01-05 15:46:12) 
[en réponse à 958355]

Il s'agissait simplement de préciser quelques distinctions, coutumières et universellement acceptées et enseignées, et nécessaires, dans la discussion en objet.
Sans aucune volonté de polémique ou de "couper les cheveux en quatre".

Ott et Diekamp prétendent que le monogénisme n'est que proche de la foi, parce qu'il n'a pas été défini explicitement.
La majorité des théologiens (aussi avant Humani generis bien sûr, qui n'a pas apporté la décision définitive, voulue par certains, crainte pas d'autres) considère que le monogénisme est de foi, quoique seulement implicitement défini, parce que le nier équivaut à nier le dogme du péché originel, tel que défini explicitement.

Le dogme découle de l'existence historique de nos premiers parents dans la mesure où cette existence est une condition préalable pour que le dogme (tel que défini) puisse être vrai et pas un mensonge ou une fable ou un symbole ou une imposture.
Si cette existence est fausse, ou si elle est niée, le dogme (et ainsi la clef de voûte de la foi chrétienne), s'écroule. Il s'agit donc bien d'un fait dogmatique.
images/icones/1n.gif  ( 958455 )C'est le contraire par Luc de Montalte (2023-01-05 16:44:43) 
[en réponse à 958444]

Humani generis cite au contraire le Concile de Trente (voir mon message) pour rappeler que le monogénisme est de foi (contre Ott et Diekamp donc), conséquence du dogme du péché originel défini entre autres au Concile de Trente :


Mais quand il s'agit d'une autre vue conjecturale qu'on appelle le polygénisme, les fils de l'Eglise ne jouissent plus du tout de la même liberté. Les fidèles en effet ne peuvent pas adopter une théorie dont les tenants affirment ou bien qu'après Adam il y a eu sur la terre de véritables hommes qui ne descendaient pas de lui comme du premier père commun par génération naturelle, ou bien qu'Adam désigne tout l'ensemble des innombrables premiers pères. En effet on ne voit absolument pas comment pareille affirmation peut s'accorder avec ce que les sources de la vérité révélée et les Actes du magistère de l'Eglise enseignent sur le péché originel, lequel procède d'un péché réellement commis par une seule personne Adam et, transmis à tous par génération, se trouve en chacun comme sien (12).

(12) Cfr. Rom., V, 12-19 ; Conc. Trid., sess. V., can. 1-4.



Rien de nouveau donc.
images/icones/find.gif  ( 958204 )Sans doute par Jean-Paul PARFU (2023-01-01 15:31:41) 
[en réponse à 958201]

Mais, il me semble :

1) d'abord que le Déluge dépasse Noé. Noé et l'Arche sont un épisode localisé d'un ou du Déluge plus global ;

2) ensuite, que tous les hommes actuels ne peuvent descendre de Noé. Les Indiens d'Amérique sont en Amérique depuis au moins 16.000 ans et les races mettent du temps à se créer ou à se former. Que l'épisode date de 12.000 ans ou a fortiori que l'épisode soit plus proche de nous, il n'y aurait pas le temps nécessaire pour la formation des différentes races humaines.