Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=861495

( 861495 )
Déclaration d'Abu Dhabi et concile, pas un millimètre ? par Johanis (2019-02-08 12:49:15)
J'ouvre ce nouveau fil parce qu'il me semble intéressant de signaler une analyse approfondie sur la question longuement débattue dans un autre fil sur ce forum.
Le pape, dans sa conférence de presse dans l'avion, a justifié la déclaration, comme il le fait chaque fois qu'il avance des doctrines nouvelles, en disant que c'était parfaitement conforme au Concile VII.
Dans
cet article traduit sur le site "Benoît et moi", Luisella Scrosati fait une analyse approfondie et je trouve très pertinente sur l'écart et la contradiction entre la déclaration sur la fraternité universelle signée par le pape à Abu Dhabi, et la tradition mais plus spécialement les textes du Concile VII sur la liberté religieuse, et Dominus Iesus qui dénonçait de fausses interprétations : fausse légitimation du pluralisme religieux et fausse légitimation de la liberté religieuse (cela est bien expliqué dans l'article).
Il résulte de ce que montre cet article, que rien, même dans les textes du Concile VII (dont on peut regretter la trop grande générosité comme c'est dit), ne justifie d'attribuer à la sage volonté créatrice de Dieu le pluralisme religieux, et ça contredit gravement la doctrine catholique. Alors hérétique ?
J'ajouterai seulement un élément significatif qu'il ne mentionne pas, cette affirmation dans Dominus Iesus,au début du texte § 4 : "La pérennité de l'annonce missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent
justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe)."
Dans la déclaration, le pluralisme religieux est très exactement justifié comme étant "de droit", comme principe, puisque c'est la sage volonté créatrice de Dieu qui en est l'origine.

( 861499 )
Déclaration d'Abu Dhabi contraire à Vatican II par Paterculus (2019-02-08 13:25:50)
[en réponse à 861495]
Je me faisais la même réflexion que vous, cher Johanis, car le Concile Vatican II, dans le prologue de sa déclaration
Dignitatis Humanae, affirme :
Tous les hommes, d’autre part, sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et, quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles.
Quoi qu'on pense par ailleurs de cette déclaration conciliaire, qui est un texte mal ficelé et dont les arguments peuvent laisser sceptique, il reste que cette affirmation est parfaitement conforme à la doctrine traditionnelle de l'Eglise.
(Je précise que j'adhère à l'intention de
Dignitatis Humanae, qui veut qu'on n'a pas à forcer quelqu'un en matière religieuse, et que l'effort d'adhésion à la vérité doit être intérieur. Mais précisément ce devoir à l'égard de la vérité fonde les droits de l'homme à n'être pas gêné dans cette quête.)
Votre dévoué Paterculus

( 861502 )
Droit de l'homme compatible ? par Julmot (2019-02-08 13:41:26)
[en réponse à 861499]
Les droits de l'homme sont compatibles pour le concile ? Sur quels points ?

( 861504 )
Compatibles avec quoi ? par Paterculus (2019-02-08 13:57:44)
[en réponse à 861502]
Je ne comprends pas votre question.
Mais si vous voulez demander si les droits de l'homme sont compatibles avec l'enseignement du Christ et de son Eglise, je vous réponds que cela dépend de quels "droits" on parle.
Ceux dont parle l'Eglise, et auxquels je faisais référence dans mon message précédent sont ceux qui permettent d'adhérer librement à la vérité et de vivre en conformité avec elle.
Un chrétien - et tout homme - a droit par exemple à ne pas vivre dans un environnement saturé de pornographie ; un homme vivant dans des conditions matérielles indignes sans qu'il y ait faute de sa part a droit à des aides dans la mesure où la société peut les lui fournir, etc.
VdP

( 861580 )
Sources Vatican.va par Julmot (2019-02-09 02:13:38)
[en réponse à 861504]
http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html
Le Lummen gentium précise : La dignité des laïcs comme membres du Peuple de Dieu
L’Église sainte, de par l’institution divine, est organisée et dirigée suivant une variété merveilleuse. « Car, de même qu’en un seul corps nous avons plusieurs membres et que tous les membres n’ont pas tous même fonction, ainsi, à plusieurs, nous sommes un seul corps dans le Christ, étant chacun pour sa part, membres les uns des autres »
Et dans le Gaudium et Spes :
http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html
Les déséquilibres du monde moderne
1. Une évolution aussi rapide, accomplie souvent sans ordre et, plus encore, la prise de conscience de plus en plus aiguë des écartèlements dont souffre le monde, engendrent ou accroissent contradictions et déséquilibres.
2. Au niveau de la personne elle-même, un déséquilibre se fait assez souvent jour entre l’intelligence pratique moderne et une pensée spéculative qui ne parvient pas à dominer la somme de ses connaissances ni à les ordonner en des synthèses satisfaisantes. Déséquilibre également entre la préoccupation de l’efficacité concrète et les exigences de la conscience morale, et, non moins fréquemment, entre les conditions collectives de l’existence et les requêtes d’une pensée personnelle, et aussi, de la contemplation. Déséquilibre enfin entre la spécialisation de l’activité humaine et une vue générale des choses.

( 861508 )
Pas seulement DH, mais AG par Ion (2019-02-08 15:42:45)
[en réponse à 861499]
La question qui se pose est, me semble-t-il, la suivante : le pluralisme religieux est-il, dans l'enseignement de Vatican II, seulement toléré par Dieu ou voulu par Dieu ?
Quand François dit que le texte signé ne diffère en rien de la théologie sous-jacente à Vatican II, et qu’il affirme que les diversités de religion sont dans le plan de Dieu, il affirme ainsi que ce pluralisme est voulu par Dieu.
Il me semble que Vatican II enseigne bien ce principe, et pas seulement de manière sous-jacente :
- Tout d’abord, dans DH : la liberté religieuse suppose le pluralisme religieux. Sans pluralisme religieux dans le plan de Dieu, et pas seulement avant la Révélation, c'est-à-dire sans, selon les termes de DH, "échange et dialogue grâce auxquels les hommes exposent les uns aux autres la vérité qu’ils ont trouvée ou pensent avoir trouvée", il n’y a pas d’adhésion libre à Dieu par Son Fils et dans l’Esprit.
- Ensuite, plus explicitement, dans AG qui parle bien des "initiatives religieuses diverses" comme d’un "dessein bienveillant de la Providence divine" et "d’une une orientation vers le vrai Dieu" ou encore d’une "préparation à l’Évangile".
Ion

( 861510 )
Non par Paterculus (2019-02-08 15:55:39)
[en réponse à 861508]
Dieu ne peut pas vouloir que les gens soient dans l'erreur.
Vous ne tenez pas compte de la citation de Dignitatis Humanae que je cite et qui, étant dans le Prologue, doit conditionner l'interprétation de toute la déclaration.
Et pourriez-vous donner des références précises à vos citations ?
On pourrait vérifier leur contexte.
VdP

( 861539 )
Mais qui donc aurait dit ... par Ion (2019-02-08 18:26:57)
[en réponse à 861510]
... une telle énormité ? Que Dieu voudrait que les gens soient dans l'erreur ! C'est absurde. C'est bien sûr l'inverse que Dieu veut pour les hommes, la recherche de la vérité, mais librement et sans contrainte, donc dans un contexte qui, par un
dessein bienveillant de la Providence divine, est pluraliste et où l'erreur s'est malheureusement (mais il ne pouvait en être autrement) introduite avec le péché et le Malin. Mais le bien côtoie aussi l'erreur (parabole du bon grain et de l'ivraie, l'ivraie de devant pas être arrachée), et ce bien, notamment quand il est présent dans des initiatives religieuses, quelles qu'elles soient, sont aussi des préparations à l'Evangile. Le voilà le plan de Dieu auquel, il me semble, le Pape François fait référence en toute cohérence avec Vatican II.
Pour les références dans Ad Gentes :
AG 3 Ce dessein universel de Dieu pour le salut du genre humain ne se réalise pas seulement d’une manière pour ainsi dire secrète dans l’âme des hommes, ou encore par des initiatives même religieuses, grâce auxquelles ils cherchent Dieu de bien des manières « pour l’atteindre si possible et le trouver ; aussi bien n’est-il pas loin de chacun de nous » (cf. Ac 17, 27) ; car ces initiatives ont besoin d’être éclairées et redressées, bien que, de par un dessein bienveillant de la Providence divine, on puisse parfois les considérer comme une orientation vers le vrai Dieu ou une préparation à l’Évangile [4]. Pour affermir la paix, autrement dit la communion avec lui, et pour établir la fraternité entre les hommes, – les hommes qui sont pécheurs – il décida de s’engager dans l’histoire humaine d’une façon nouvelle et définitive, en envoyant son Fils dans notre chair, afin d’arracher par lui les hommes à l’empire des ténèbres et de Satan (cf. Col 1, 13 ; Ac 10, 38), et de se réconcilier en lui le monde (cf. 2 Co 5, 19). Son Fils, par qui aussi il a fait les siècles [5], il l’a établi héritier de toutes choses, afin de tout restaurer en lui (cf. Ep 1, 10).

( 861544 )
Dieu ne veut pas que les gens soient dans l'erreur par BK (2019-02-08 18:40:11)
[en réponse à 861539]
Mais Dieu permet que des hommes naissent dans des familles où ils recevront une éducation sans la Foi, voire contre elle.
Et pour autant, Il ne rejette pas toute prière qui ne serait pas proférée dans la pleine et entière Foi catholique.
Cf., une fois de plus, les propos d'Aslan à Emeth à la fin du dernier volume de Narnia :
Then I [Emeth] fell at his feet [Aslan's] and thought, Surely this is the hour of death, for the Lion (who is worthy of all honour) will know that I have served Tash all my days and not him. Nevertheless, it is better to see the Lion and die than to be Tisroc of the world and live and not to have seen him. But the Glorious One bent down his golden head and touched my forehead with his tongue and said, Son, thou art welcome. But I said, Alas Lord, I am no son of thine but the servant of Tash. He answered, Child, all the service thou hast done to Tash, I account as service done to me.
Then by reasons of my great desire for wisdom and understanding, I overcame my fear and questioned the Glorious One and said, Lord, is it then true, as the Ape said, that thou and Tash are one?
The Lion growled so that the earth shook (but his wrath was not against me) and said, It is false. Not because he and I are one, but because we are opposites, I take to me the services which thou hast done to him. For I and he are of such different kinds that no service which is vile can be done to me, and none which is not vile can be done to him. Therefore if any man swear by Tash and keep his oath for the oath’s sake, it is by me that he has truly sworn, though he know it not, and it is I who reward him. And if any man do a cruelty in my name, then, though he says the name Aslan, it is Tash whom he serves and by Tash his deed is accepted. Dost thou understand, Child?
I said, Lord, though knowest how much I understand. But I said also (for the truth constrained me), Yet I have been seeking Tash all my days. Beloved, said the Glorious One, unless thy desire had been for me thou wouldst not have sought so long and so truly. For all find what they truly seek.
(je remets ce message, dont le début est clairement dans le sujet, et la suite reste nécessaire)

( 861547 )
Qui l'aurait dit ? par Paterculus (2019-02-08 18:48:38)
[en réponse à 861539]
Mais tout simplement celui qui dit que la diversité des religions est voulue par Dieu !
(Et ne me faites pas le "coup" du "il n'y a pas de 's' à religion", car il ne peut y avoir diversité de religion que s'il y a plusieurs religion, si les mots ont un sens...)
La diversité des religions, qui sont opposées sur bien des sujets, implique que certains adhèrent à des idées fausses et donc soient dans l'erreur.
VdP

( 861552 )
Si on suit votre logique jusqu'au bout ... par Ion (2019-02-08 19:20:13)
[en réponse à 861547]
... on en arrive à dire :
- Dieu a conféré la liberté à l'homme
- L'existence de la liberté fait que l'homme choisit parfois l'erreur
- Donc Dieu a voulu que l'homme soit dans l'erreur
Vous conviendrez que ce syllogisme est absurde.
Et si, je réitère ma remarque qui différencie "les diversités de religion" et "la diversité des religions". Dans un cas, on évoque le fait religieux, dans l'autre les religions. Dieu a inscrit dans notre nature le fait religieux, mais Il n'a pas voulu de l'Islam en particulier.
Ion

( 861553 )
Là je vous suis parfaitement par BK (2019-02-08 19:21:27)
[en réponse à 861552]
l'écrire vous économisera peut-être une réponse plus bas !!

( 861556 )
ce n'est pas un syllogisme car vos prémisses sont fausses par Accipiter (2019-02-08 20:42:56)
[en réponse à 861552]
L'homme ne peut pas "choisir l'erreur", et surtout pas à cause de (l'existence de) sa liberté. Nul ne peut vouloir directement le mal. Les théologiens sont tous d'accord là dessus depuis Saint Anselme de Cantorbery au XIe siècle, au moins...
La liberté que Dieu a conférée à l'homme, c'est de pouvoir choisir le bien et s'y maintenir, pas de choisir entre le bien et le mal. Le malheur c'est que parfois, nous choisissons un bien moindre, un bien matériel, un bien immédiat qui nous éloigne du bien suprême que Dieu veut pour nous : la béatitude. Et nous nous accrochons à ce bien moindre, devenant ainsi pécheur. Mais jamais le pécheur ne choisit le désordre en tant que tel. Il n'est que la conséquence du choix d'un bien insuffisant mais qui nous semble plus atteignable à cause de notre faiblesse.
L'existence d'erreurs, de fausses religions par exemple, n'est donc pas voulue par Dieu, et certainement pas un choix qu'il propose à l'homme. Ce n'est qu'une conséquence de l'incapacité de l'homme à être fidèle à Dieu et à l'ordre qu'il a demandé à chaque homme de respecter.
--
Accipiter

( 861561 )
Merci Accipiter ! par Jean-Paul PARFU (2019-02-08 22:45:01)
[en réponse à 861556]
Tout est dans le titre !

( 861564 )
Si vous lisiez attentivement vous verriez par BK (2019-02-08 23:31:06)
[en réponse à 861561]
qu'Accipiter ne parle pas de la même chose que Ion (ni le même angle, ni même tout à fait le même sujet).
Mais bon, restons-en aux bonnes vieilles approximations, ou mieux revenons aux slogans de tradition : les mots n'ont plus aucun sens.

( 861565 )
Oui, merci ! par Meneau (2019-02-08 23:31:17)
[en réponse à 861556]
Et j'ajoute que le dessein bienveillant de la Providence de Dieu, ce n'est évidemment pas non plus la pluralité de religion (oui oui, sans "s"), dans la mesure où cette pluralité est dûe à des éléments extrinsèques au (seul vrai) culte que Dieu veut qu'on Lui rende, éléments qui vicient cette relation à Dieu. En d'autres termes, Dieu peut vouloir une certaine pluralité de religion dans la Vérité (par ex : l'Eglise romaine et les Eglises orientales), mais s'agissant des adeptes des fausses religions, il ne veut en matière de fait religieux que la partie vraie et bonne (qui pourra prédisposer et orienter, cf AG3) et pas la partie viciée (qu'il faut redresser et éclairer, cf AG3 toujours).
Exemple : dans la religion (toujours sans "s", relation à Dieu) d'un musulman, il y a le monothéisme qui le rapproche de Dieu, mais il y a aussi la négation (ou la méconnaissance) de la Trinité qui l'en éloigne.
Non Dieu ne veut pas la pluralité de religion, avec ou sans "s", car l'une comme l'autre sont les conséquences de l'erreur. N'en déplaise à Lewis.
Cordialement
Meneau

( 861568 )
Vous évitez la difficulté, comme beaucoup... par BK (2019-02-08 23:40:48)
[en réponse à 861565]
le choix d'un Peuple particulier, puis de l'Incarnation en un temps et un lieu précis, puis de l'Église et des médiations humaines, amène nécessairement à reconnaître que la pluralité des religions a une place dans le Dessein divin.

( 861570 )
Mais oui bien sûr... par Meneau (2019-02-08 23:45:47)
[en réponse à 861568]
Parce que vous y voyez là plusieurs religions ?
(le "s" est de vous, même si ça ne change pas grand chose)
Cordialement
Meneau

( 861573 )
Vous seriez aimable de répondre à mon objection par BK (2019-02-08 23:54:36)
[en réponse à 861570]
plutôt que de botter en touche sans même relever que ma tournure est différente de celles qui étaient jusque-là employées dans ce fil.
Et ça n'est pas qu'une question de s.

( 861578 )
Encore faudrait-il que c'en soit une par Meneau (2019-02-09 00:04:08)
[en réponse à 861573]
Désolé, mais je n'arrive pas à comprendre en quoi "le choix d'un Peuple particulier, puis de l'Incarnation en un temps et un lieu précis, puis de l'Église et des médiations humaines, amène nécessairement à reconnaître que la pluralité des religions a une place dans le Dessein divin."
La Loi ancienne et la Loi nouvelle qui l'accomplit, c'est la même religion. C'est le seul vrai culte voulu par Dieu, la seule Vérité, dans la continuité temporelle.
Cordialement
Meneau

( 861583 )
Psitt ! par Paterculus (2019-02-09 07:58:43)
[en réponse à 861578]
J'avais déjà fait quelques
constatations, que vous rejoignez, me semble-t-il...
VdP

( 861595 )
Bah alors, Monsieur l'Abbé, on ne tient plus sa ligne par BK (2019-02-09 10:21:04)
[en réponse à 861583]
après injures faute d'arguments vous vous étiez engagé à ne plus vous adresser à moi.
Et voilà que vous ressortez - toujours faute d'arguments - un message que vous m'adressiez. Du coup, je me permets de vous le faire remarquer.
Toujours plus facile d'accuser et d'injurier que d'argumenter...

( 861589 )
Si on remplaçait ... par Ion (2019-02-09 09:27:36)
[en réponse à 861578]
... diversités de religion par situation de liberté dans laquelle le pluralisme religieux existe de facto (tout le monde ne nait pas encore chrétien), serait-ce, pour vous, acceptable ? Cette situation faite étant celle dans laquelle la recherche de la vérité se déploie.
Ion

( 861598 )
J'avais pour ma part écrit par BK (2019-02-09 10:54:12)
[en réponse à 861589]
"la pluralité des religions a une place dans le Dessein divin"
Ce qui resterait vrai en remplaçant pluralité des religions par péché.
Le fait de placer le Dessein divin en COD devait m'épargner de faux procès.
Mais c'est toujours la même chose : faute d'arguments on injurie ou accuse...
Ce qui est extraordinaire c'est ce refus d'articuler des propositions vraies, et de prétendre que ce qui échappe au cadre écrire étroit de son champ de vision est forcément erroné - sans prendre le temps d'argumenter, ni probablement de réfléchir vraiment.
On reste dans l'évaluation : ceci rentre-t-il ou non dans MES schémas de pensée. On ne cherche pas à comprendre, et moins encore à sauver loyalement la proposition du prochain : il a forcément tort puisqu'il ne dit pas la même chose que moi.
Rien d'étonnant : c'est ce qui à chaque instant est fait contre le magistère des papes depuis soixante ans.
Forcément, cela laisse des séquelles...

( 861600 )
C'est exactement cela par Ion (2019-02-09 10:58:01)
[en réponse à 861598]
"On ne cherche pas à comprendre, et moins encore à sauver loyalement la proposition du prochain : il a forcément tort puisqu'il ne dit pas la même chose que moi."
Ion

( 861605 )
Ben voyons... par Meneau (2019-02-09 11:58:46)
[en réponse à 861598]
Je vous aurais injurié ? Où ça ?
Mais revenons à nos moutons. La phrase deviendrait donc :
Le choix d'un Peuple particulier, puis de l'Incarnation en un temps et un lieu précis, puis de l'Église et des médiations humaines, amène nécessairement à reconnaître que la situation de liberté dans laquelle le pluralisme religieux existe de facto a une place dans le Dessein divin.
Tant que pour vous "de facto" signifie bien "du fait de l'homme et de son péché", et non pas "voulue par Dieu" mais seulement permise par Lui, alors oui, cette situation a une place dans le dessein divin...
Mais sans blague ? Vous en êtes là ? C'est là votre défense du propos du pape ? La distinction entre ce que Dieu veut et ce que Dieu permet ? Je vous renvoie à I, a9 :
“ En conséquence le mal de faute qui prive la créature de son ordination au bien, Dieu ne le veut en aucune manière. ”
ainsi qu'à l'objection 1 du même article et sa réponse.
Mais ça ne marche pas. Reprenons la citation dans son contexte :
La liberté est un droit de toute personne : chacune jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est l’origine dont découle le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents.
La diversité de religion est mise sur le même plan que la diversité de couleur, de sexe, de race et de langue. Or la diversité de couleur, par exemple, fait évidemment partie du plan divin quant à la nature humaine. Elle n'est pas accidentelle, mais ontologique, directement voulue par Dieu, et non pas seulement permise par accident dans une situation de facto qui est une conséquence du péché (évidemment non voulu par Dieu).
La mise sur le même plan dans le dessein divin d'une diversité de couleur ou de race inhérente à la nature humaine, et d'une diversité de religion au sens où vous interprétez le propos du pape est soit de la restriction mentale si elle est voulue et pensée ainsi, soit de l'approximation ambigüe si elle est involontaire, soit une hérésie si le sens n'est pas celui que vous dites. Quoi qu'il en soit, il y a un problème.
Cordialement
Meneau

( 861610 )
S'il vous a échappé que je faisais écho par BK (2019-02-09 12:22:06)
[en réponse à 861605]
au message et au fil auxquels Paterculus renvoyait, cela ne fait que confirmer que vous ne semblez pas en grande forme.
Je m'attache principalement à défendre mes propres phrases. Vos longues gloses où vous essayer de me faire dire quelque chose n'appellent pas de réponse détaillées.
C'est une chose de dire que le magistère de papes peut en tout point recevoir une interprétation en tout point catholique (mais qu'il existe des interprétations non catholiques), c'en est une autre de prétendre que le magistère depuis soixante ans ne peut recevoir aucune interprétation catholique.
Par contre... je vous avais démonté que l'abbé Gleize en se limitant à la question sur la Miséricorde oubliait l'essentiel du Salut (le pardon des péchés, mal de faute inclus, au nom précisément de la Miséricorde divine - Saint Thomas d'Aquin le dit expressément, références données).
Votre seule réponse - six jours plus tard ! - a été de me demander une citation prouvant la grave omission de l'abbé. Pirouette, pirouette. Je ne peux que vous inviter à relire cet article, constater ce silence, ou me citer l'abbé Gleize rappelant que le Christ prend par Miséricorde sur Lui nos péchés y compris mortels pour nous en sauver.
J'en déduis que sur le fond, vous ne pouviez sauver l'article de l'Abbé Gleize ?

( 861680 )
Ouais... par Meneau (2019-02-10 00:10:48)
[en réponse à 861610]
je vous avais démonté que l'abbé Gleize en se limitant à la question sur la Miséricorde oubliait l'essentiel du Salut (le pardon des péchés, mal de faute inclus, au nom précisément de la Miséricorde divine - Saint Thomas d'Aquin le dit expressément, références données).
Vous n'avez rien démontré du tout. Puisque vous semblez y tenir, je vous ai répondu à l'instant
ICI.
Vu qu'en matière de pirouettes vous n'êtes pas le dernier, j'imagine que cette réponse sera elle aussi considérée comme une "longue glose qui n'appelle pas de réponse détaillée". Rassurez-vous, je m'en contenterai, c'est lassant.
Cordialement
Meneau

( 861721 )
Toujours aussi drôle, Meneau - et hors sujet par BK (2019-02-11 07:49:43)
[en réponse à 861680]
Dans l'article de l'abbé Gleize, il s'agit de critiquer la Miséricorde telle que le pape François l'enseigne.
Et pour cela, l'abbé Gleize se croit dispensé d'en donner une définition exhaustive.
Ce n'est tout de même pas la même chose que de ne pas parler de l'Immaculée Conception.
Soit dit en passant, puisque vous en parlez, l'Immaculée Conception a-t-elle condamné qui que ce soit ? Retient-elle les fautes faites contre elle ?
Il est clair que l'abbé Gleize après avoir annoncé un article dogmatique, se cantonne à la politique (si vous regardez le dossier de la fsspx sur Vatican II, c'est la même démarche...).
De là à prétendre qu'il n'y a de faute que contre Dieu, et que l'homme n'a aucune faute à pardonner, c'est tout simplement délirant.

( 861593 )
Très simplement parce que Dieu ne s'est pas révélé par BK (2019-02-09 10:10:57)
[en réponse à 861578]
semper et ubique.
Pour le dire autrement : Dieu Qui ne veut pas que ses enfants se perdent a fait le choix de ne pas Se faire connaître totalement, distinctement, et sans erreur à chacun.

( 861606 )
Et on revient à la Miséricorde par Meneau (2019-02-09 12:03:56)
[en réponse à 861593]
Dieu ne veut pas que ses enfants se perdent. Il ne veut donc pas des fausses religions, ni dans le fait religieux des éléments viciés par ces fausses religions.
Il choisit de se faire connaître comme Il l'entend, par pure Miséricorde, sans que l'homme ne l'ai mérité. Il se fait connaître au peuple élu, ce qui ne veut pas dire qu'il veut l'ignorance des autres peuples, cette ignorance étant une conséquence du péché. Y a-t-il en Dieu la volonté des choses mauvaises ? Cf I, a9
Cordialement
Meneau

( 861607 )
Pour autant le péché et les fausses religions par BK (2019-02-09 12:11:23)
[en réponse à 861606]
ont leur place dans le Dessein de Dieu.
Autant il est faux de penser qu'il y a un salut hors du Christ en Son Épouse unie à Pierre,
autant il est non moins faux de penser que les religions n'ont aucune place dans le Dessein de Salut de Dieu.
Une fois encore, la coexistence des Âges du Salut ne donne pas d'ulcère au Christ, Qui a Lui-même laissé Jean baptiser dans le Jourdain après L'avoir reconnu.

( 861609 )
St Jean-Baptiste professe-t-il une autre religion que celle de NSJC ? par Meneau (2019-02-09 12:22:00)
[en réponse à 861607]
Je vous laisse plancher sur le sujet...
Cordialement
Meneau

( 861612 )
Le baptême de Jean est-il le baptême de la Nouvelle Alliance ? par BK (2019-02-09 12:25:53)
[en réponse à 861609]
Je vous laisse plancher sur le sujet.
Même question pour le sacerdoce éternel de Melchisédech.
Dieu a mis au cœur de l'homme un élan religieux qui doit humano modo s'exprimer dans une religion publique et communautaire.
Donc Dieu ne fait pas que réprouver les religions autres que catholique.

( 861613 )
Non par Meneau (2019-02-09 12:32:32)
[en réponse à 861612]
Voilà pour ma réponse à votre question. Consentirez-vous à répondre à la mienne ?
Cordialement
Meneau

( 861722 )
Si vous n'avez rien à répondre à cela par BK (2019-02-11 07:53:29)
[en réponse à 861613]
clic... alors nous pouvons penser raisonner sur les mêmes bases.

( 861621 )
Il ne s'agit pas de religions autres que catholiques par Jean-Paul PARFU (2019-02-09 13:28:45)
[en réponse à 861612]
Il s'agit de la même religion à des degrés différents de la Révélation (Révélation primitive, 1ère Alliance, Alliance nouvelle et éternelle.
Si c'est la vérité, c'est toujours la même religion, celle voulue par Dieu.
Les juifs actuels ne sont pas les héritiers du grand élan d'Israël, mais des seuls pharisiens.
Ce que vous dites ne tient pas et est contraire à l'Ecriture, à toute la Tradition et au Magistère, qui font de l'Eglise le nouvel Israël !
Le baptême de Jean prépare au baptême du Christ !

( 861576 )
Je précise quitte à me faire taper sur les doigts par BK (2019-02-08 23:58:55)
[en réponse à 861570]
que ma phrase reste tout à fait catholique en remplaçant religions par péché.
Ce qui est étonnant, c'est que vous vous y opposiez...
Pas tout à fait revenu du calvinisme avec l'abbé Gleize ?

( 861549 )
Un gros point pour vous, Ion par BK (2019-02-08 18:59:16)
[en réponse à 861539]
c'est que le Christ Lui-même a laissé Jean-Baptiste continuer à baptiser dans le Jourdain.
Il semble que le Christ n'ait pas d'aigreurs d'estomac du fait de la coexistence des divers âges du salut (et ce n'est pas parce que l'Islam est du VIème siècle qu'il n'est pas un résidu des âges païens).

( 861520 )
L'islam providentiel ? par Johanis (2019-02-08 16:51:16)
[en réponse à 861508]
On ne peut attribuer à La Providence de Dieu que des éléments de vérité et en aucun cas les erreurs ;ce serait blasphématoire. Aussi toujours le concile ne parle-t-il que d'éléments , parce que seul des éléments peuvent-être préparatoires et vrais et pas l'ensemble d'une religion; comment peut-on prétendre que l'islam, puisque c'est en premier lieu de lui qu'il s'agit correspond à la volonté pluraliste de Dieu alors qu'il a toujours été et demeure un ennemi du christianisme et un obstacle majeur à l'évangélisation ?

( 861548 )
Je ne suis pas tout à fait d'accord par BK (2019-02-08 18:51:25)
[en réponse à 861508]
Les débats du Moyen-Âge montrent suffisamment l'impossibilité de donner une expression univoque de la Foi.
Je regrette beaucoup que Benoît XVI n'ait pas écrit ses enseignements magistériels avec les concepts de Saint Bonaventure ofm, Docteur de l'Eglise.
Pour Saint Bonaventure, les anges sont constitués de matière et de forme. Il a raison, selon son ontologie particulière, mais sa définition de la forme et de la matière n'est pas identique à celle de Saint Thomas, pour qui l'ange est constitué d'acte et de puissance.
Pas besoin de pluralisme religieux pour avoir besoin de dialogue.
Je tiens à préciser que ni Saint Thomas d'Aquin o.p. ni Saint Bonaventure ofm n'ont prétendu que l'autre se trompait.
Et ils ne prétendraient pas aujourd'hui pointer des contradictions dans les écrits du magistère : ils savent la puissance et la limite de l'intelligence, de la langue, des cadres conceptuels humains.
Eux.

( 861518 )
C'est la suite de Vatican II et d'Assise par Jean-Paul PARFU (2019-02-08 16:27:03)
[en réponse à 861499]
C'est la logique de cette grave dérive de l'Eglise, notamment depuis les déclarations de 1965 : "Nostra Aetate" et "Digniatis Humanae".

( 861503 )
Vatican II ne cautionne absolument pas le pluralisme religieux par Luc Perrin (2019-02-08 13:48:02)
[en réponse à 861495]
comme une vérité quelconque, encore moins comme un élément voulu par Dieu comme l'affirme la déclaration commune entre le pape François et l'imam d'Al Azhar.
Le cardinal Bergoglio déjà avait des idées personnelles et étranges quant à ce pluralisme qui est juste un fait et non un bien, encore moins un trait caractéristique du Royaume de Dieu. Ah moins que Babel ou Babylone et les constantes condamnations des idoles et des idolâtries aient disparu de la Bible et de la Tradition chrétienne toutes confessions confondues.
Mais selon un de ses communicants homoclérical, le Père Rosica qui a "promulgué " un tweet dogmatique : le pape François est au-dessus de la Bible, de la Tradition que ce soit les Pères comme les conciles et les papes. Rien que ça.
Pour rappel dans le confusionnisme actuel, voilà ce que dit Vatican II dans la déclaration Nostra aetate (1965) n°2 alinea 2:
" L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses [4]. Elle exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec les adeptes d’autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux."
Le pape François a zappé cet alinéa apparemment ... comme tant d'autres choses.
Voici aussi ce que dit la déclaration Dignitatis humamae de Vatican II (1965) en son article premier :
"C’est pourquoi, tout d’abord, le saint Concile déclare que Dieu a lui-même fait connaître au genre humain la voie par laquelle, en le servant, les hommes peuvent obtenir le salut et le bonheur dans le Christ. Cette unique vraie religion, nous croyons qu’elle subsiste dans l’Église catholique et apostolique à laquelle le Seigneur Jésus a confié le mandat de la faire connaître à tous les hommes, lorsqu’il dit aux Apôtres : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 19-20). Tous les hommes, d’autre part, sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et, quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles."
"la voie" pas les voies, ruelles, diverticules et ornières ou impasses : on dirait que le Saint-Père a zappé cet enseignement de Vatican II aussi.
La condamnation du pluralisme comme voulu par Dieu est, entre autres, reprise par saint Jean Paul II dans Dominus Iesus (2000) :
"4. La pérennité de l'annonce missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe). Elles retiennent alors comme dépassées des vérités comme par exemple le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ, la nature de la foi chrétienne vis-à-vis des autres religions, l'inspiration des livres de la Sainte Écriture, l'unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de Nazareth, l'unité de l'économie du Verbe incarné et du Saint-Esprit, l'unicité et l'universalité salvifique du mystère de Jésus-Christ, la médiation salvifique universelle de l'Église, la non-séparation, quoique dans la distinction, entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l'Église, la subsistance de l'unique Église du Christ dans l'Église catholique. "
Bref la thèse de la déclaration d'Abou Dhabi est étrangère à Vatican II et condamnée explicitement comme mettant en péril la Mission, à savoir l'Église elle-même puisque saint Paul VI définit, après d'autres, l'évangélisation comme l'essence de l'Église.
ps. le théologien de la Maison papale vient de témoigner n'avoir pas vu la dernière mouture du texte, celle qui a été signée.

( 861509 )
Vous nous rappelez ... par Ion (2019-02-08 15:45:23)
[en réponse à 861503]
... des extraits de Vatican II, et d'autres, mais pas les bons !
Je vous renvoie à
ce message.
Ion

( 861512 )
Selon vous... par Paterculus (2019-02-08 15:57:58)
[en réponse à 861509]
... il y a donc de bons et de mauvais passages dans Vatican II.
C'est intéressant.
Pouvez-vous développer ?
VdP

( 861542 )
Décidément ... par Ion (2019-02-08 18:33:08)
[en réponse à 861512]
... vos remarques sont curieuses. Où aurais-je dit qu'il y avait de mauvais passages dans Vatican II ? Ne me faites pas croire qe vous n'avez pas compris le sens ici du mot bon !
Ou peut-être n'avez-vous appuyé sur la bonne touche de votre ordinateur, touche qui pourrait au contraire être excellente dans un autre message ...
Ion

( 861526 )
pas les bons : là c'est hilarant par Luc Perrin (2019-02-08 17:29:15)
[en réponse à 861509]
merci pour ce moment de franche hilarité : il y les citations agréées par Ion et les autres qui ne sont pas "les bonnes" parce qu'elles vont de manière explicite contre la formule signée par le Pape.
Ion édition typique seule autorisée et bien caviardée des textes de Vatican II.
Au passage, vos citations très partielles ne valident pas en elles-mêmes l'idée saugrenue que les religions se valent et que Dieu lui-même aurait voulu Babel et Babylone pour le bien de l'humanité.
Le ridicule ne tue pas heureusement.
Tous les extraits que j'ai cités sont a) authentiques b) condamnent la proposition signée par François ainsi que de manière absolue le n°4 de Dominus Iesus et toute la Déclaration, rédigée par le cardinal Ratzinger et revêtue de l'approbation spéciale de saint Jean Paul II, faut-il le rappeler.
Maintenant on peut faire comme Ion lire quelques mots, extrapoler à partir d'eux en oubliant tous les autres. C'est une nouvelle forme d'herméneutique, l'herméneutique du borgne ou du clignement d'oeil. On apprend tous les jours de nouvelles blagues en Néo-catholicisme.

( 861532 )
j'invite à relire Ad Gentes 1965 par Luc Perrin (2019-02-08 18:06:50)
[en réponse à 861509]
car l'herméneutique du clignement d'oeil que met en oeuvre l'ami Ion en donne une vision aussi déformée, trompeuse que surréaliste.
Le décret de Vatican II porte sur la nécessité de la Mission soulignons le car cela va à l'encontre d'une simple cohabitation au sein d'un pluralisme religieux posé comme étant voulu par Dieu et agréable à Lui.
Je ne vois pas ce qui dans la déclaration d'Abou Dhabi est conforme aux exigences d'Ad Gentes : le décret conciliaire est à l'encontre dans tous ses articles.
Voici le n°10 d'AG :
"L’Église, envoyée par le Christ pour manifester et communiquer la charité de Dieu à tous les hommes et à toutes les nations, a conscience qu’elle a à faire une œuvre missionnaire énorme. Car deux milliards d’hommes, dont le nombre s’accroît de jour en jour, qui sont rassemblés en des groupements importants et déterminés par les liens stables de la vie culturelle, par les antiques traditions religieuses, par les liaisons solides des relations sociales, n’ont pas encore entendu le message évangélique ou l’ont à peine entendu ; les uns suivent l’une des grandes religions, les autres demeurent étrangers à la connaissance de Dieu lui-même, d’autres nient expressément son existence, parfois même la combattent. L’Église, afin de pouvoir présenter à tous le mystère du salut et la vie apportée par Dieu, doit s’insérer dans tous ces groupes humains du même mouvement dont le Christ lui-même, par son incarnation, s’est lié aux conditions sociales et culturelles déterminées des hommes avec lesquels il a vécu. "
La charité de Dieu passe exclusivement par l'unique Église du Christ qui a mission de la répandre : les autres "grandes religions" ignorent le message ou l'ont "à peine entendu" et constituent un immense territoire où la "charité de Dieu" DOIT se déployer : le décret est impératif.
le n°9 d'Ad Gentes va lui aussi dans un sens traditionnel :
"L’activité missionnaire n’est rien d’autre et rien de moins que la manifestation du dessein de Dieu, son épiphanie et sa réalisation dans le monde et son histoire, dans laquelle Dieu conduit clairement à son terme, par la mission, l’histoire du salut. Par la parole de la prédication et par la célébration des sacrements, dont la sainte Eucharistie est le centre et le sommet, elle rend présent le Christ, auteur du salut. Tout ce qui se trouvait déjà de vérité et de grâce chez les nations comme par une secrète présence de Dieu, elle le libère des influences mauvaises et le rend au Christ son auteur, qui détruit l’empire du diable et arrête la malice infiniment diverse du crime. Aussi tout ce qu’on découvre de bon semé dans le cœur et l’esprit des hommes ou dans les rites particuliers et les cultures particulières des peuples, non seulement ne périt pas, mais est purifié, élevé et porté à son achèvement pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l’homme."
- l'épiphanie de Dieu est dans la Mission et donc pas dans des religions erronées, Dieu la conduit lui-même et pas vers l'islam, le bouddhisme, Rael ou que sais-je
- la Mission "libère des influences mauvaises", elle "détruit l'empire du diable et arrête la malice infiniment diverse du crime" !
Clairement les systèmes religieux non chrétiens et les philosophies athées (encore une dénonciation discrète du communisme athée en 1965) sont l'empire du diable, tiennent prisonniers les quelques rayons de vérité dans des "influences mauvaises" et même de malice criminelle ... pensons à ISIS par ex. car il est dit "chez les nations", au sens biblique donc en dehors d'Israël et de l'Église depuis le Christ.
Merci à Ion de m'avoir fait relire le décret Ad Gentes qui condamne avec plus de force que je le pensais la dérive pluraliste actuelle comme Dominus Iesus l'explicite par la suite avec l'autorité du Magistère.

( 861545 )
Vos citations ... par Ion (2019-02-08 18:44:08)
[en réponse à 861532]
... de AG, aux numéros 9 et 10, ne contredisent pas AG 3.
La cohabitation, comme vous dites, n'est pas une fin voulue par Dieu, mais une situation née de la liberté donnée à l'homme, situation propice à la recherche de la vérité.
Mais revenons à l'essentiel : François affirme que la déclaration ne diffère pas d'un millimètre de l'enseignement de Vatican II. Avant de prendre le contre pied de cette affirmation, ou de revenir sur votre marotte actuelle, l'homocléricalisme, ici totalement hors sujet, votre devoir vis-à-vis du Saint Père n'est-il pas d'abord d'essayer de corroborer cette affirmation ? Votre devoir n'est-il pas de chercher dans Vatican II ce qui permet au Pape d'affirmer ce qu'il dit ? N'est-il pas de chercher dans l'enseignement de Vatican II ce qui va dans le sens d'une certaine pluralité inscrite dans plan de Dieu qui demeure la recherche de la vérité ?
Et ne vous dites-vous pas, parfois, que les théologiens qui ont lu cette déclaration, lentement élaborée depuis un an, en savent un peu plus que vous ?
Ion

( 861608 )
non mon "devoir" n'est pas d'être un agent de propagande par Luc Perrin (2019-02-09 12:16:43)
[en réponse à 861545]
fusse-t-elle de propagande d'un pape précis.
Quand le Pape, celui-là ou un autre qu'importe, énonce une contre-vérité manifeste et aisément documentée, mon "devoir" n'est pas d'élaborer une théorie fumeuse à partir de mots sortis de leur contexte pour justifier à la manière d'une vague BFM-TV les propos du Chef.
Führer befehl wir folgen Dir n'est pas ma devise : l'avez-vous découvert en février 2019 ? J'ai assez critiqué auparavant les Pontifes précédents pour que vous le sachiez.
Et non il faut vraiment avoir une conception papimaniaque particulièrement extrême pour penser que le "devoir" d'un historien catholique est de défendre Alexandre VI Borgia, Jules II, le meurtre de saint Célestin V et tous les papes dévoyés de la Pornocratie.
Enfin le recours aux textes, aisément accessibles, ne nécessite pas d'être un théologien chevronné : il suffit de savoir lire. Pas selon les fumées de Satan (Paul VI), pas selon un pseudo esprit du Concile opposé à sa lettre (Paul VI, Jean Paul II, Benoît XVI), pas en inventant un pseudo "théologie sous-jacente" qui contredit la théologie énoncée, votée, promulguée, imprimée qui seule fait foi et engage.
Outre que la formule tombe entièrement sous le coup de Dominus Iesus, de Dignitatis humanae et de Nostra aetate : point que vous avez "oublié". N'est-ce pas plutôt votre lecture singulière d'Ad Gentes 3 qui est à revoir à la lumière de tout Vatican II et des explicitations post-conciliaires ? D'ailleurs le Pape n'a pas renvoyé à certains mots hors contexte d'AG 3 mais à tout "Vatican II".
ps. quant à ma "marotte" comme vous dîtes, le cancer de l'homocléricalisme encouragé par le Pape régnant par ses actes, ses paroles et son silence, je ne fais qu'en constater trop tardivement l'incroyable ampleur qui mine la Curie et la hiérarchie de plusieurs Églises locales. J'ai compris que l'évangélisation n'est pas votre préoccupation ni la recherche des voies de sainteté mais voyez-vous, pour moi et quelques millions d'autres, c'est plus important que de tenter d'être un propagandiste au détriment de la Vérité théologique et de la vérité simplement factuelle et historique. Sur le primat de la quête de la vérité en histoire de l'Église, voyez Léon XIII et Paul VI, je me borne à les suivre.

( 861630 )
Vous allez un peu vite ... par Ion (2019-02-09 14:14:34)
[en réponse à 861608]
... en besogne en parlant de "contre-vérité manifeste et aisément documentée".
Pour qu'une parole du Pape soit une contre-vérité manifeste, il faut que le Sensus Fidei du peuple chrétien, dans son ensemble, le constate.
On est, avouez-le, (très) loin du compte. Je répète donc que votre devoir de catholique (et non pas d'historien, je ne permettrais pas de dicter le devoir d'un historien) est de tenter de comprendre la signification des affirmations du Pape. Que vous parliez en l'occurrence de propagande est assez stupéfiant !! Je crains que vous ne vous rendiez même plus compte de ce que c'est que d'être catholique romain.
Et quelle est votre interprétation de AG 3 ?
Enfin, qu'est-ce qui vous fait penser que l'évangélisation n'est pas [ma] préoccupation ni la recherche des voies de sainteté ? Accusation grave s'il en est et indigne d'un catholique, mais là encore, vous ne semblez pas vous en rendre compte ...
Ion

( 861515 )
C'est toute l'ambigüité et la malignité de Vatican II par vistemboir2 (2019-02-08 16:17:03)
[en réponse à 861503]
qui énonce des principes amodiés voire contredits ensuite par des explications ou des recommandations dites "pastorales" qui en ruinent la portée.
Désolé pour les "conciliaristes" et les "nomistes", je ne marche et n'ai jamais marché dans cette arnaque, et ce n'est pas demain ou après-demain la veille que je vais changer d'avis, l'évolution de l’Église depuis 60 ans ne faisant que renforcer jour après jour mes convictions à cet égard : "est est, non non" !!!

( 861590 )
l ' arnaque par AVV-VVK (2019-02-09 09:27:45)
[en réponse à 861515]
Je commence à me demander s' il y a effectivement une différence entre le "vrai concile" et le "concile des média". Presque physiquement je ressens un clivage entre les conciliaristes radicaux (?) et les conciliaristes modérés (?) à qui j 'appartiens. Chaque jour le concile est invoqué pour lancer telle ou telle innovation.

( 861524 )
ah, ces fameux rayons de vérité par Regnum Galliae (2019-02-08 17:21:35)
[en réponse à 861503]
dire que l'un des aspect majeurs du concile repose sur un lieu commun... Qu'est-ce qui sur terre ne dispose pas d'un peu de vrai, de bien ? Le mal absolu n'existe qu'en enfer. On peut trouver des rayons de vérité dans le communisme, le vaudou, la philosophie des lumières, chez madame Irma et même dans une idéologie au pouvoir en Allemagne entre 1933 et 1945. Le danger vient justement de ces rayons de vérité qui sont bien souvent l'arbre qui cache la forêt.

( 861562 )
C'est là que nous divergeons par Eti Lène (2019-02-08 23:09:31)
[en réponse à 861503]
"Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du malin." Et j'essaie de faire mienne cette parole du Seigneur, qui malheureusement sans sa grâce? n'est pas applicable pour nos natures blessées.
Le Concile Vatican II a été humain, trop humain justement, et il y manque ce miracle permanent qui soutient visiblement l'Eglise. Car les exigences du Christ ne sont pas applicables s'il y manque le surnaturel.

( 861567 )
Honnêtement, le Christ n'a mis aucune condition par BK (2019-02-08 23:36:54)
[en réponse à 861562]
à S'offrir pour nous sur la Croix.
Le Christ ne met pas de conditions.
Le surnaturel n'est pas une 'exigence' mais un Don gratuit.
Et c'est bien CE Miracle permanent qui soutient la Vie de l'Église, hier, aujourd'hui, demain, toujours.

( 861569 )
"Qui croit et sera baptisé par Eti Lène (2019-02-08 23:43:00)
[en réponse à 861567]
sera sauvé. Celui qui ne croira pas sera condamné." Je vous laisse le soin de retrouver cette parole de L'évangile, avec le contexte.

( 861572 )
Que voulez-vous dire ? par BK (2019-02-08 23:51:37)
[en réponse à 861569]
Que le Christ n'est pas déjà mort et ressuscité pour Hassan Moktar, qu'Il a un jour cessé de l'aimer parce qu'il est musulman, et peut-être même endurci, et qu'Il ne met pas en ce moment tout en œuvre pour l'amener à accueillir ce Don, y compris en laissant le Saint-Esprit s'appuyer sur ce qu'Hassan connaît et cherche réellement de Dieu au travers de sa mentalité et de sa psychologie marquées par la culture musulmane ?
Vous voulez dire que Dieu Père Fils et Saint-Esprit ne peut pas agir dans les cœurs qui ne sont pas déjà parfaitement saints et donc catholiques (on retrouve le thème de la Miséricorde, dont l'application aux musulmans n'est qu'un cas particulier) ?

( 861579 )
Et ? par Meneau (2019-02-09 00:28:48)
[en réponse à 861572]
Que le Christ n'est pas déjà mort et ressuscité pour Hassan Moktar, qu'Il a un jour cessé de l'aimer parce qu'il est musulman, et peut-être même endurci, et qu'Il ne met pas en ce moment tout en œuvre pour l'amener à accueillir ce Don, y compris en laissant le Saint-Esprit s'appuyer sur ce qu'Hassan connaît et cherche réellement de Dieu au travers de sa mentalité et de sa psychologie marquées par la culture musulmane ?
Cela veut-il dire pour autant qu'Il veut qu'Hassan soit musulman ?
Vous voulez dire que Dieu Père Fils et Saint-Esprit ne peut pas agir dans les cœurs qui ne sont pas déjà parfaitement saints et donc catholiques (on retrouve le thème de la Miséricorde, dont l'application aux musulmans n'est qu'un cas particulier) ?
Et quand Dieu Père Fils et Saint-Esprit agit dans le coeur d'Hassan, et que celui-ci répond à cet appel, cela en fait à votre avis un "meilleur" musulman encore plus musulman, ou un musulman plus catholique ?
Cordialement
Meneau

( 861591 )
Mais encore une fois ... par Ion (2019-02-09 09:31:32)
[en réponse à 861579]
... personne n'a jamais prétendu que Dieu voulait qu'Hassan soit musulman. C'est cela, manifestement, que vous n'arrivez pas à comprendre.
Ion

( 861611 )
Permettez-moi... par Meneau (2019-02-09 12:24:18)
[en réponse à 861591]
de vous renvoyer à
cette réponse.
Cordialement
Meneau

( 861594 )
Dieu accepte par BK (2019-02-09 10:16:33)
[en réponse à 861579]
que Hassan soit musulman et que le mener à la Vérité toute entière passe, par l'Action du Saint-Esprit, par en faire un homme dont la religion et la doctrine religieuse se purifient.
Une fois encore, ces remarques sont à articuler aux autres vôtres.
J'essaye simplement de faire prendre conscience que le point de vue autoproclamé traditionnel est loin d'être complet.

( 861505 )
un document en contradiction totale avec le Magistère.. de toute l'Eglise par jejomau (2019-02-08 14:28:40)
[en réponse à 861495]
conforté par
DOMINUS JESUS… postérieur à Vatican II
dont il se réfère. Extraits significatif:
Cette Déclaration […] veut plutôt exposer une nouvelle fois la doctrine de la foi catholique […] doctrine enseignée dans de précédents documents du Magistère
4. La pérennité de l'annonce missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe).
On doit en effet croire fermement que la révélation de la plénitude de la vérité divine est réalisée dans le mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu incarné, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6)
6. Est donc contraire à la foi de l'Église la thèse qui soutient le caractère limité, incomplet et imparfait de la révélation de Jésus-Christ, qui compléterait la révélation présente dans les autres religions
La foi est un don de grâce […] C'est pour cela que « nous ne devons croire en nul autre que Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit(Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, n. 178).[…] On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions.
la tradition de l'Église réserve la qualification de textes inspirés aux livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament, en tant qu'inspirés par le Saint-Esprit.

( 861693 )
Une déclaration à la limite de l'immanentisme et de l'unanimisme ? par Scrutator Sapientiæ (2019-02-10 10:42:14)
[en réponse à 861495]
Bonjour et bon dimanche, Johanis.
Voici quelques questions, parmi d'autres possibles.
1. "La foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer. De la foi en Dieu, qui a créé l’univers, les créatures et tous les êtres humains – égaux par Sa Miséricorde –, le croyant est appelé à exprimer cette fraternité humaine, en sauvegardant la création et tout l’univers et en soutenant chaque personne, spécialement celles qui sont le plus dans le besoin et les plus pauvres."
La foi n'amène-t-elle pas le croyant, en particulier et en priorité, avant tout à une réalité surnaturelle et théologale, et non avant tout "à voir dans l'autre un frère à soutenir et à aimer" ?
Et la foi n'amène-t-elle pas, notablement, à voir dans l'autre un frère à éclairer, à informer, à orienter, sur la Parole de Dieu et sur la conscience de l'homme, sur la volonté de Dieu et sur la vocation de l'homme, etc., et non uniquement "à voir dans l'autre un frère à soutenir et à aimer" ?
En outre, qu'est-ce que cette "foi" dont nous parle le pape François ? S'agit-il de la foi chrétienne, ou de tel ou tel ensemble de croyances non chrétiennes ? S'il s'agit bien, dans son esprit, de celles-ci ET de celle-là, est-ce à dire que, dans son esprit, il y a seulement une différence de degré ou de forme, voire un signe d'égalité, entre la foi chrétienne et les croyances non chrétiennes ?
2. "Partant de cette valeur transcendante, en diverses rencontres dans une atmosphère de fraternité et d’amitié, nous avons partagé les joies, les tristesses et les problèmes du monde contemporain, au niveau du progrès scientifique et technique, des conquêtes thérapeutiques, de l’époque digitale, des mass media, des communications ; au niveau de la pauvreté, des guerres et des malheurs de nombreux frères et sœurs en diverses parties du monde, à cause de la course aux armements, des injustices sociales, de la corruption, des inégalités, de la dégradation morale, du terrorisme, de la discrimination, de l’extrémisme et de tant d’autres motifs."
Précisément, la foi est-elle avant tout une "valeur", et n'est-elle pas, bien plutôt, une vertu, ce qui n'est pas du tout la même chose ?
En quoi la foi, en tant que "valeur", est-elle "transcendante", et en quoi est-il spécifiquement croyant, religieux, ou spirituel, de partir de cette "valeur transcendante" pour partager "les joies, les tristesses et les problèmes du monde contemporain", à quelque "niveau" que ce soit ?
Par ailleurs, bien des non croyants ne partagent-ils pas, eux aussi, ces joies, ces tristesses et ces problèmes ? Si la foi en Dieu est avant tout, voire seulement, une "valeur transcendante", à caractère humaniste, sinon humanitaire, la "foi en Dieu" est-elle nécessaire, et la "foi en l'homme" n'est-elle pas suffisante ?
3. "De ces échanges fraternels et sincères, que nous avons eus, et de la rencontre pleine d’espérance en un avenir lumineux pour tous les êtres humains, est née l’idée de ce « Document sur la Fraternité humaine ». Un document raisonné avec sincérité et sérieux pour être une déclaration commune de bonne et loyale volonté, destinée à inviter toutes les personnes qui portent dans le cœur la foi en Dieu et la foi dans la fraternité humaine, à s’unir et à travailler ensemble, afin que ce Document devienne un guide pour les nouvelles générations envers la culture du respect réciproque, dans la compréhension de la grande grâce divine qui rend frères tous les êtres humains."
S'agit-il d'une rencontre pleine d'espoir humain, ou s'agit-il d'une rencontre "pleine d'espérance" chrétienne, et s'agit-il uniquement d'une "culture du respect réciproque" entre les diverses personnes, ou s'agit-il également d'une "culture du respect réciproque" entre les diverses croyances ?
Puisqu'il est question d'un "avenir lumineux pour tous les êtres humains", qui, ou qu'est-ce qui leur apportera quelle lumière, pleinement disponibilisante pour la foi en Dieu et responsabilisante par la foi en Dieu, et non "émancipatrice" et "unificatrice" sur des bases erronées voire infondées, pour que leur avenir soit effectivement lumineux ?
En outre, que doivent et que peuvent faire les croyants chrétiens, dans une période de l'histoire à l'intérieur de laquelle bon nombre de responsables religieux chrétiens ont manifestement perdu de vue ce qu'est vraiment "la foi en Dieu", et à l'intérieur de laquelle telle conception dominante de "la foi dans la fraternité humaine" se manifeste souvent d'une manière éloignée de "la foi en Dieu", et même, parfois, d'une manière opposée à "la foi en Dieu" ?
4. "Au nom de Dieu qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à coexister comme des frères entre eux, pour peupler la terre et y répandre les valeurs du bien, de la charité et de la paix."
Avant tout, Dieu n'a-t-il pas appelé, hier, et n'appelle-t-il pas, encore aujourd'hui, les êtres humains à la conversion, afin que les mêmes êtres humains, avec l'aide de la grâce de Dieu, essaient de le connaître, de l'aimer, de le servir, de le célébrer dans ses sacrements, de se conformer à sa volonté, de contempler ses mystères, et de servir leurs frères en son nom ?
Par ailleurs, Dieu n'appelle-t-il pas les êtres humains à répandre, non seulement "le bien", "la charité", "la paix", mais aussi la vérité, ou, en tout cas, la réception, la recherche, la promotion, la transmission de la vérité, le plus honnêtement et loyalement possible, notamment en ce qui concerne Dieu, sa Parole, son message, ses mystères, sa volonté, etc. ?
(...)
5. "Au nom de cette fraternité déchirée par les politiques d’intégrisme et de division, et par les systèmes de profit effréné et par les tendances idéologiques haineuses, qui manipulent les actions et les destins des hommes."
Qui ne voit qu'il arrive que "cette fraternité" soit "déchirée par les politiques d’intégrisme et de division", et qu'il arrive aussi que "cette fraternité" soit aveuglée par des politiques utopistes et de confusion, pleines de bonnes intentions et de bons sentiments ?
(...)
6. "Le premier et le plus important objectif des religions est celui de croire en Dieu, de l’honorer et d’appeler tous les hommes à croire que cet univers dépend d’un Dieu qui le gouverne, qu’il est le Créateur qui nous a modelés avec Sa Sagesse divine et nous a accordé le don de la vie pour le préserver. Un don que personne n’a le droit d’enlever, de menacer ou de manipuler à son gré ; au contraire, tous doivent préserver ce don de la vie depuis son commencement jusqu’à sa mort naturelle. C’est pourquoi nous condamnons toutes les pratiques qui menacent la vie comme les génocides, les actes terroristes, les déplacements forcés, le trafic d’organes humains, l’avortement et l’euthanasie et les politiques qui soutiennent tout cela."
Mais qu'est-ce que croire en Dieu, qu'est-ce qu'honorer Dieu, qui donc est Dieu, et comment se fait-il que ce paragraphe ne parle presque pas de ce qu'est le fait de croire en Dieu, ne parle presque pas de ce qu'est le fait d'honorer Dieu, ne parle presque pas de la réponse à la question de savoir qui est Dieu, mais parle aussi longuement du troisième élément constitutif du "premier et du plus important objectif des religions", et aussi peu longuement des deux autres éléments constitutifs du même objectif ?
(...)
7. "Ce Document, en accord avec les précédents Documents Internationaux (lesquels ?) qui ont souligné l’importance du rôle des religions (lesquelles ?) dans la construction de la paix mondiale (définie et pilotée par qui ?), certifie ce qui suit :
• La forte conviction que les vrais enseignements des religions invitent à demeurer ancrés dans les valeurs de la paix ; à soutenir les valeurs de la connaissance réciproque, de la fraternité humaine et de la coexistence commune ; à rétablir la sagesse, la justice et la charité, et à réveiller le sens de la religiosité chez les jeunes, pour défendre les nouvelles générations de la domination de la pensée matérialiste, du danger des politiques de l’avidité du profit effréné et de l’indifférence, basée sur la loi de la force et non sur la force de la loi.
(Mais qu'en est-il de la préservation et de la propagation de la vérité sur Dieu, sur sa Parole, sur ses mystères, sur ses sacrements, sur sa volonté, au moyen de la religion qui est la dépositaire, et non, bien sûr, la propriétaire, de la plénitude de la révélation divine ?)
• La liberté est un droit de toute personne : chacune jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est l’origine dont découle le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents. C’est pourquoi on condamne le fait de contraindre les gens à adhérer à une certaine religion ou à une certaine culture, comme aussi le fait d’imposer un style de civilisation que les autres n’acceptent pas.
(De quoi est-il question ici : d'un fait : la pluralité des religions, ou d'une valeur, c'est-à-dire de la valeur attribuée à ce fait, dans le cadre de ce que l'on appelle le pluralisme religieux "de jure", l'attention à un fait étant une chose, là où la promotion d'une valeur est une tout autre chose qui, en l'occurrence, est de nature à dénaturer ou à fragiliser la notion d'Eglise militante ou d'Eglise missionnaire ?)
(...)
8. "La relation entre Occident et Orient est une indiscutable et réciproque nécessité, qui ne peut pas être substituée ni non plus délaissée, afin que tous les deux puissent s’enrichir réciproquement de la civilisation de l’autre, par l’échange et le dialogue des cultures. L’Occident pourrait trouver dans la civilisation de l’Orient des remèdes pour certaines de ses maladies spirituelles et religieuses causées par la domination du matérialisme. Et l’Orient pourrait trouver dans la civilisation de l’Occident beaucoup d’éléments qui pourraient l’aider à se sauver de la faiblesse, de la division, du conflit et du déclin scientifique, technique et culturel. Il est important de prêter attention aux différences religieuses, culturelles et historiques qui sont une composante essentielle dans la formation de la personnalité, de la culture et de la civilisation orientale ; et il est important de consolider les droits humains généraux et communs, pour contribuer à garantir une vie digne pour tous les hommes en Orient et en Occident, en évitant l’usage de la politique de la double mesure."
Moi qui crois que c'est en Jésus-Christ, et non dans la civilisation de l'Orient (c'est-à-dire, par ailleurs, dans laquelle des civilisations de l'Orient ?) que l'Occident peut trouver "des remèdes pour certaines de ses maladies spirituelles et religieuses causées par la domination du matérialisme", je n'ai vraiment pas de chance, ou j'en suis vraiment pour mes frais...
Quant à l’Orient, je ne vois vraiment pas comment il pourrait trouver "dans la civilisation de l’Occident beaucoup d’éléments qui pourraient l’aider à se sauver de la faiblesse, de la division, du conflit et du déclin scientifique, technique et culturel", alors que l'Occident a commencé à renier sa propre civilisation, au moins depuis 1914, puis a continué à le faire, depuis 1945...
Bon dimanche.
Scrutator.