Quelques rappels sur la concélébration
Le Forum Catholique
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Jean-Paul PARFU - 2026-02-14 19:30:30
Quelques rappels sur la concélébration
1) Historiquement
Les partisans modernes de la concélébration prétendent qu'elle est ancienne. Ce n'est pas tout à fait exact.
En réalité, selon l'étude sur la messe de Daniel Rafard de Brienne : "Lex Orendi Lex Credendi", "il faut distinguer la concélébration sacramentelle où les prêtres consacrent ensemble (il n’y a néanmoins qu’une seule Messe) et la concélébration cérémonielle où seul un prêtre célèbre, les autres y assistant. Les messes primitives célébrées autour de l’évêque étaient concélébrées cérémoniellement, comme les actuelles grands-messes pontificales. La concélébration sacramentelle n’apparaît qu’au VIIIème siècle et jusqu’au XIIème siècle est réservée au Pape entouré de ses cardinaux. Puis elle est imitée en Orient (et non l’inverse) et est étendue mais limitée aux messes d’ordination des prêtres et aux messes de consécration des évêques (canon 803 du code de droit canon). Les cas de concélébration sacramentelle, tout en restant limités, ont été étendus par Vatican II (Constitution sur la liturgie art. 57)".
Enfin, est promulgué le décret du 26 septembre 1964 sur la concélébration, avant même le "Ritus servandus in concelebratione missae" promulgué le 7 mars 1965 et bien sûr la nouvelle messe de 1969-1970.
2) Sur le fond
Par ailleurs, on prétend que la concélébration serait un signe d'unité. Or, dans l'Eglise, l'unité, c'est la Foi. En l'occurrence, elle est aussi malheureusement utilisée comme un signe de soumission à Vatican II des communautés ou instituts "Ecclesia Dei".
Sur le plan des principes, la concélébration, en tant que telle, même celle de 1964 (on ne parle pas ici de la concélébration dans le nouveau rite pour les prêtres des instituts traditionnels) pose des problèmes. Les deux problèmes qui sautent immédiatement aux yeux et que dénonçait Mgr Lefebvre, c'est qu'au lieu d'avoir plusieurs messes, on en n'a plus qu'une et c'est le manque de respect et de concentration des participants à une telle cérémonie.
La concélébration, telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui, réduit, en effet, le nombre de messes, empêche le recueillement des "célébrants". Ceux-ci croient avoir célébré la messe, quand en réalité ils n'ont fait que vaguement lever une main, et parfois de loin, sur les oblats, pour la consécration, comme s'ils invoquaient les esprits, puis lu un passage du canon de la messe qui leur est attribué.
Le pape Pie XII, dans son discours du 22 septembre 1956 aux participants au congrès international de liturgie pastorale à Assise, relevait déjà l’erreur sur l’équivalence entre la célébration de cent Messes par cent prêtres et celle d’une Messe à laquelle cent prêtres assistent pieusement. Il ajoutait que l’action du prêtre consacrant est celle même du Christ, qui agit par son ministre.
Or, dans le cas d’une concélébration au sens propre du mot, le Christ, au lieu d’agir par un seul ministre, agit par plusieurs.
Dans la concélébration de pure cérémonie, qui pourrait être aussi le fait d’un laïc, il n’y a point de consécration simultanée, et l’on soulève alors une question importante : « Quelle intention et quelle action extérieure sont requises, pour qu’il y ait vraiment concélébration et consécration simultanée ? »
Dans la concélébration au sens propre, il ne suffit pas d’avoir et de manifester la volonté de faire siennes les paroles et les actions du célébrant. Les concélébrants doivent eux-mêmes dire sur le pain et le vin : « Ceci est mon Corps », « Ceci est mon Sang » ; sinon leur concélébration est de pure cérémonie.
La question décisive (pour la concélébration, comme pour la Messe d’un prêtre unique) n’est donc pas de savoir quel fruit l’âme en retire, mais quelle est la nature de l’acte qui est posé : le prêtre, comme ministre du Christ, fait-il ou non l’"actio Christi se ipsum sacrificantis et offerentis" ?
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