Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2024-11-26 00:34:57
Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
CHAPITRE XIII
Comme la volonté étant morte à soi vit purement dans la volonté de Dieu.
Seigneur, je remets ma volonté entre vos mains, comme si sa volonté n'était plus en sa disposition, ains en celle de la divine Providence; de sorte que ce n'est pas proprement comme les serviteurs suivent leurs maîtres: car encore que le voyage se fasse par la volonté de leur maître, leur suite toutefois se fait par leur propre volonté particulière, bien qu'elle soit une volonté suivante et servante, soumise et assujettie à celle de leur maître; si que (tellement que) tout ainsi que le maître et le serviteur sont deux, aussi la volonté du maître et celle du serviteur sont deux.
Mais la volonté qui est morte à soi-même pour vivre en celle de Dieu, elle est sans aucun vouloir particulier, demeurant non seulement conforme et sujette, mais tout anéantie en elle-même et convertie en celle de Dieu; comme on dirait d'un petit enfant qui n'a point encore l'usage de sa volonté pour vouloir ni aimer chose quelconque que le sein elle visage de sa chère mère; car il ne pensa nullement à vouloir ni aimer chose quelconque, sinon d'être entre les bras de sa mère, avec laquelle il pense être une même chose, et n'est nullement en souci d'accommoder sa volonté à celle de sa mère; car il ne sent point la sienne, et ne cuide pas (n'a pas souci) d'en avoir une, laissant le soin à sa mère d'aller, de faire et de vouloir ce qu'elle trouvera bon pour lui.
C'est, certes, la souveraine perfection de notre volonté que d'être ainsi unie à celle de notre souverain bien, comme fut celle du saint qui disait: O Seigneur, vous m'avez conduit (...) car que voulait-il dire, sinon qu'il n'avait nullement employé sa volonté pour se conduire, s'étant simplement laissé guider et mener à celle de son Dieu ?
CHAPITRE XIV
Éclaircissement de ce qui a été dit touchant le trépas de notre volonté.
Il est croyable que la très sainte Vierge Notre-Dame recevait tant de contentement de porter son cher petit Jésus entre ses bras, que le contentement empêchait la lassitude, ou du moins rendait la lassitude agréable; car, si de porter une branche d'agnus-castus soulage les voyageurs et les délasse, quel allégement ne recevait pas la glorieuse Mère de porter l'Agneau de Dieu immaculé !
Que si parfois elle le laissait marcher sur ses pieds avec elle, le tenant par la main, ce n'était pas qu'elle n'eût mieux aimé de l'avoir pendant à son col sur sa poitrine; mais elle le faisait pour l'exercer à former ses pas et à cheminer lui-même.
Et nous autres, Théotime, comme petits enfants du Père céleste, nous pouvons aller avec lui en deux sortes; car nous pouvons aller premièrement marchant des pas de notre propre vouloir, lequel nous conformons au sien, tenant toujours de la main de notre obéissance celle de son intention divine, et la suivant partout où elle nous conduit, qui est ce que Dieu requiert de nous par la signification de sa volonté; car puisqu'il veut que je fasse ce qu'il m'ordonne, il veut que j'aie le pouvoir de le faire.
Dieu m'a signifié qu'il voulait que je sanctifiasse le jour du repos; puisqu'il veut que je le fasse, il veut donc que je le veuille faire, et que pour cela j'aie mon propre vouloir, par lequel je suive le sien, me conformant et correspondant à icelui. Mais nous pouvons aussi aller avec notre Seigneur sans avoir aucun vouloir propre, nous laissant simplement porter à son bon plaisir divin comme un petit enfant entre les bras de sa mère, par une certaine sorte de consentement admirable qui se peut appeler union, ou plutôt unité de notre volonté avec celle de Dieu.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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