Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2024-08-16 07:40:16

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE IV
Qu'en ce monde l'amour prend sa naissance, mais non pas son excellence, de la connaissance de Dieu.


A votre avis, Théotime, qui aimerait plus la lumière, ou l'aveugle-né qui saurait tous les discours que les philosophes en font et toutes les louanges qu'ils lui donnent, ou le laboureur qui d'une vue bien claire sent et ressent l'agréable splendeur du beau soleil levant?

Celui-là en a plus de connaissance, et celui-ci plus de jouissance, et cette jouissance produit un amour bien plus vif et animé, que ne fait la simple connaissance du discours: car l'expérience d'un bien nous le rend infiniment plus aimable que toutes les sciences qu'on en pourrait avoir.

Nous commençons d'aimer par la connaissance que la foi nous donne de la bonté de Dieu, laquelle par après nous savourons et goûtons par l'amour; et l'amour aiguise notre goût, et notre goût affine notre amour : si que, comme nous voyons entre les efforts des vents les ondes s'entrepresser et s'élever plus haut comme à l'envi par la rencontre qu'elles font l'une de l'autre ; ainsi le goût du bien en rehausse l'amour, et l'amour en rehausse le goût, selon que la divine sagesse a dit:

Ceux qui me goûtent, auront encore appétit; et ceux qui me boivent, seront encore altérés. Qui aima plus Dieu, je vous prie, ou le théologien Ocham que quelques-uns ont nommé le plus subtil des mortels, ou sainte Catherine de Gennes, femme idiote?

Celui-là le connut mieux par science, celle-ci par expérience, et l'expérience de celle-ci la conduisit bien avant en l'amour séraphique, tandis que celui-là avec sa science demeura bien éloigné de cette si excellente perfection.

Nous aimons extrêmement les sciences avant que nous les sachions, dit saint Thomas, par la seule connaissance confuse et sommaire que nous en avons; et il faut dire de même que la connaissance de la bonté divine applique notre volonté à l'amour; mais depuis que la volonté est en train, son amour va de soi-même croissant par le plaisir qu'il sent de s'unir à ce souverain bien.

Avant que les petits enfants aient tâté le miel et le sucre, on a de la peine à le leur faire recevoir en leurs bouches; mais après qu'ils ont savouré sa douceur, ils l'aiment beaucoup plus qu'on ne voudrait, et pourchassent (désirent) éperdument d'en avoir toujours. Il faut néanmoins avouer que la volonté attirée par la délectation qu'elle sent en son objet, est bien plus fortement portée à s'unir avec lui quand l'entendement de son côté lui en propose excellemment la bonté ; car elle y est alors tirée et poussée tout ensemble:

poussée par la connaissance, tirée par la délectation si que la science nest point de soi-même contraire, ains est fort utile à la dévotion; et si elles sont jointes ensemble, elles s'entraident admirablement, quoiqu'il arrive fort souvent que par notre misère la science empêche la naissance de la dévotion, d'autant que la science enfle et enorgueillit et l'orgueil, qui est contraire à toute vertu, est la ruine totale de la dévotion.

Certes, l'éminente science des Cyprien, Augustin, Hilaire, Chrysostome, Basile, Grégoire, Bonaventure, Thomas, a non seulement beaucoup illustré, mais grandement affiné leur dévotion, comme réciproquement leur dévotion a non seulement rehaussé, mais extrêmement perfectionné leur science.

CHAPITRE V
Seconde différence entre la méditation et la contemplation.


La méditation considère par le menu et comme pièce à pièce les objets qui sont propres à nous émouvoir; mais la contemplation fait une vue toute simple et ramassée sur l'objet qu'elle aime; et la considération ainsi unie fait aussi un mouvement plus vif et fort.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
aùi de la Miséricorde
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