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"Or, si je lis La Documentation catholique [du 3 juillet 1983, n° 1085, pp. 696-697] ou les revues diocésaines, je trouve écrit ceci, sous la plume de la Commission mixte catholico-luthérienne, officiellement reconnue par le Vatican : « Parmi les idées du concile Vatican II, où l’on peut voir un accueil des requêtes de Luther, se trouvent par exemple : la description de l’Église comme « Peuple de Dieu » (idée maîtresse du nouveau droit canon : idée démocratique et non plus hiérarchique) ; l’accent mis sur le sacerdoce de tous les baptisés ; l’engagement en faveur du droit de la personne à la liberté en matière de religion. D’autres exigences que Luther avait formulées en son temps peuvent être considérées comme étant satisfaites dans la théologie et dans la pratique de l’Église d’aujourd’hui : l’usage de la langue vulgaire dans la liturgie, la possibilité de la communion sous les deux espèces et le renouvellement de la théologie et de la célébration de l’Eucharistie."
"L'Église catholique de Vatican II ne remonte pas seulement à la Contre-Réforme, mais aussi au Moyen-Âge. Elle remonte à la Bible et, par conséquent, il y a eu une certaine élimination d'éléments illégitimes ainsi qu'une expansion parfois discutable de l'universalité catholique. La situation n'est donc pas exactement la même qu'à l'époque de Luther, qui ne voyait lui-même que le catholicisme syncrétiste qu'il combattait". (Oscar Cullmann, Vatican Council II : The New Direction, p. 99)
"Le processus d'accouchement de Nostra Ætate fut un défi difficile à relever pour le cardinal Augustin Bea, président du Secrétariat pour l'unité des chrétiens, à qui le pape Jean XXIII avait confié cette tâche... L'entreprise se heurte à des oppositions tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Concile. Certains évêques ont reculé à l'idée de modifier des enseignements de longue date, tandis que d'autres ont craint pour la sécurité des minorités chrétiennes dans les pays à prédominance musulmane. Certains prélats ont eu recours à des manœuvres procédurales pour tenter de saborder le document, et la programmation d'un débat formel du Concile sur le texte a été retardée. En outre, les bureaux des affaires étrangères de certaines nations du Moyen-Orient ont publiquement fait campagne contre toute déclaration qui absoudrait 'les Juifs' du crime présumé d’avoir crucifié Jésus".
"Les divers documents d'archives de janvier 1965 - les semaines mêmes où les troubles et les manifestations ont eu lieu - montrent très clairement l'opinion du cardinal. L'agitation générale ne devait pas être prise à la légère, car elle pouvait être très dangereuse et néfaste pour l'Église, en particulier pour les chrétiens des pays arabes. D'un autre côté, les difficultés n'étaient pas une raison pour que le Concile renonce et abandonne le document, ni même pour qu'il l'édulcore et le rende plus 'prudent'". (p. 517)
"L’Église regarde aussi avec estime les musulmans".
Quant aux religions liées au progrès de la culture, elles s’efforcent de répondre aux mêmes questions par des notions plus affinées et par un langage plus élaboré. Ainsi, dans l’hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l’expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance."
"Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l’insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront acquérir l’état de libération parfaite, soit atteindre l’illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d’en haut."
"Le communisme, la plus monstrueuse erreur jamais sortie de l’esprit de Satan, a ses entrées officielles au Vatican, sa révolution mondiale est singulièrement facilitée par la non-résistance officielle de l’Église et même par les soutiens fréquents qu’il y trouve, malgré les avertissements désespérés des cardinaux qui ont subi les geôles des pays de l’Est. Le refus de ce concile pastoral de le condamner solennellement suffit à lui seul pour le couvrir de honte devant toute l’histoire, quand on songe aux dizaines de millions de martyrs, aux chrétiens et aux dissidents dépersonnalisés scientifiquement dans les hôpitaux psychiatriques, utilisés comme cobayes pour les expériences. Et le concile pastoral s’est tu. Nous avions obtenu quatre cent cinquante signatures d’évêques en faveur d’une déclaration contre le communisme. Elles ont été oubliées dans un tiroir…".
"Le pape Jean souhaitait ardemment savoir si le gouvernement soviétique permettrait à deux membres de l'Église orthodoxe russe d'assister au concile Vatican II qui devait s'ouvrir au mois d'octobre suivant. La rencontre entre le cardinal Tisserant et le métropolite Nikodim a eu lieu dans la résidence officielle de Mgr Paul Joseph Schmitt, alors évêque de Metz. Nikodim y donne la réponse soviétique. Son gouvernement est d'accord, à condition que le pape ne condamne pas le communisme soviétique ou le marxisme et que le Saint-Siège s'engage à s'abstenir à l'avenir de toute condamnation officielle de ce type. Nikodim a obtenu ses garanties. Les choses furent ensuite orchestrées pour le pape Jean par le cardinal jésuite Augustin Bea jusqu'à ce que l'accord final soit conclu à Moscou..." (p. 86).
"Il est impossible de parler de la genèse du concile Vatican II sans mentionner les figures de proue de tout le mouvement. Citons trois noms qui montrent clairement comment des personnes de cultures et de formations si différentes sont parvenues à des conclusions similaires : Henri de Lubac, Yves Congar et Karl Rahner. Ces trois hommes sont unis par de nombreux points. Ils ont tous eu une longue histoire en tant que professeurs d'université ; tous ont fait l'objet d'un examen théologique pour des idées modernistes sous Pie XII ; tous ont été, d'une manière ou d'une autre, sanctionnés ou exilés de leur poste. Tous ont ensuite été miraculeusement réintégrés en tant que periti du Concile à la veille du Concile. Leurs idées d'enseignement ont été largement connues sous le nom de "nouvelle théologie" et ont influencé les principes de l'enseignement conciliaire. Ils sont tous devenus les experts des papes suivants et ont donc reçu de nombreux éloges et honneurs de la part de l'Église postconciliaire".
"— « Francs-maçons, que voulez-vous ? que demandez-vous de nous ? ». Telle est la question que le cardinal Bea est allée poser aux B’nai B’rith avant le commencement du Concile, l’entrevue a été annoncée par tous les journaux de New York où elle eut lieu. Et les francs-maçons répondirent ce qu’ils voulaient : « la liberté religieuse ! » c’est-à-dire toutes les religions mises sur le même pied. Il ne faut plus que l’Église soit dite la seule vraie religion, la seule voie de salut, la seule admise par l’État. Finissons-en avec ces privilèges inadmissibles, et donc, déclarez la liberté religieuse. — Eh bien, il l’ont eue : ce fut Dignitatis humanae." (ch. 29, « Un Concile Pacifiste »).
"Marcel Prelot, sénateur du Doubs, va beaucoup plus loin dans la description de ce qui s'est passé. Il écrit : "Nous avons lutté pendant un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions auprès de l'Église et nous n'y sommes pas parvenus. Enfin, il y a eu Vatican II et nous avons triomphé. Depuis lors, les propositions et les principes du catholicisme libéral ont été définitivement et officiellement acceptés par la Sainte Église".
La Constitution pastorale de Vatican II sur l'Église dans le monde de ce temps, Gaudium et Spes, cite le discours de Paul VI aux Nations unies du 4 octobre 1965 pour appuyer la condamnation de la "guerre totale", mais le document de Vatican II ne nomme pas réellement les "Nations unies" en dehors de la note [166] de bas de page citant le discours de Paul VI. Au contraire, le long chapitre 5 de Gaudium et Spes - "La sauvegarde de la paix et la construction de la communauté des nations" - affirme le grand besoin d'une communauté internationale de nations et exhorte les chrétiens à soutenir une telle communauté internationale : "Les chrétiens doivent coopérer volontairement et de tout cœur à l'établissement d'un ordre international qui comporte un véritable respect de toutes les libertés et une fraternité amicale entre tous".
"Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues."
"Par la franchise et l'ouverture de ses débats, le Concile a mis fin à ce que l'on peut appeler la rigidité du système. Par système, nous entendons un ensemble cohérent d'enseignements codifiés, de règles de procédure casuistiques, une organisation détaillée et très hiérarchisée, des moyens de contrôle et de surveillance, des rubriques régissant le culte - tout cela est l'héritage de la scolastique, de la Contre-Réforme et de la Restauration catholique du XIXe siècle, soumis à une efficace discipline romaine. On se souviendra que Pie XII aurait dit : "Je serai le dernier pape à faire durer tout cela". (Challenge to the Church: The Case of Archbishop Lefebvre, pp. 51-52)
"Il est plus prudent d'éviter le terme 'médiatrice' dans un document conciliaire : non seulement il y a un risque que les catholiques eux-mêmes le comprennent mal, mais il crée aussi de sérieuses, et même très sérieuses, difficultés pour les chrétiens séparés de nous". (p. 557)
Il est bien connu que nous devons à Karol Wojtyla la formule de Gaudium et Spes : "Par son incarnation, le Fils de Dieu s'est en quelque sorte uni lui-même à tout homme". Laissée dans son sens vague par le document conciliaire, cette expression a trouvé une interprétation plus précise dans les écrits de Jean-Paul II. Son enseignement contient en effet trois affirmations récurrentes : 1) la Rédemption s'applique à tous les hommes, c'est-à-dire à chacun d'eux en particulier ; 2) la Rédemption s'applique de telle sorte qu'il ne peut la perdre ; 3) la Rédemption s'applique à chacun dès le moment de la conception". (p. 2)