Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2023-07-02 22:10:34
Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon
7ème CONFÉRENCE : DE LA BÉATITUDE ÉTERNELLE ET DE LA VISION SURNATURELLE DE DIEU
Hæc requies mea in sæculum sæculi, hic habitabo quoniam elegi eam.
C'est le lieu de mon repos dans les siècles des siècles, j'y habiterai parce que je l'ai choisi. (Ps. CXXXI, 14).
La vie éternelle, dit saint Paul, est comme un poids, un accablement de toutes les délices, de toutes les ivresses, de tous les transports : æternum gloriæ pondus ; poids qui, ranimant l'homme au lieu de l'anéantir, renouvellera inépuisablement sa jeunesse et sa vigueur.
Elle est une source, source à jamais féconde, où l'âme boira à longs traits la substance et la vie. Elle est une noce, noce où l'âme enlacera son Créateur d'un embrassement éternel, sans que jamais elle sente s'affaiblir le saisissement de ce jour, où la première fois elle s'unit à lui et le pressa contre son sein.
Et cependant, les élus qui verront Dieu n'en auront pas la compréhension ; car, enseigne le concile de Latran, «Dieu est incompréhensible pour tout esprit créé». Nous verrons Dieu tel qu'Il est, les uns plus, les autres moins, suivant nos dispositions et nos mérites. Et cependant nous ne pourrions enseigner théologiquement que la Vierge immaculée ellemême qui voit Dieu plus clairement et plus parfaitement que tous les anges et tous les saints réunis, puisse parvenir à Le voir et à Le connaître dans une mesure adéquate.
Dieu est infini et tout ce que l'on peut dire, c'est que la créature le voit, le voit tel qu'Il est, sicuti est, tout entier, in integro, et cependant elle ne Le voit pas, en ce sens que ce qu'elle parvient à découvrir de Ses perfections, n'est rien auprès de ce que l’Être éternel contemple Lui-même dans la splendeur de Son Verbe et en union de Son amour avec l'Esprit-Saint.
S'il nous était permis de nous servir d'une image grossière et incomplète, car il ne faut pas l'oublier, toutes les similitudes empruntées aux choses sensibles, perdent toute proportion et toute analogie, lorsqu'on les transporte dans le domaine de la vie incréée, nous dirions que, par rapport à Dieu, les élus sont comme un voyageur, debout sur les rives de l'Océan ; le voyageur sait ce que c'est que l'Océan, il voit de ses yeux l'Océan qui s'étend et se déroule dans l'immensité, il dit : J'ai vu l'Océan ; et cependant il y a des récifs, des îles éloignées qu'il ne découvre pas, il n'a pas embrassé toutes les rives et tous les contours de l'Océan.
Ainsi, la contemplation de Dieu ne sera pas l'immobilité, mais elle sera surtout l'activité, une marche toujours ascendante, où se trouveront concentrés par une ineffable alliance, le mouvement et le repos. Pour mieux comprendre ceci, figurons-nous un savant, à qui la nature aurait donné des ailes , il aurait la puissance de parcourir toutes les régions des astres et des firmaments ; il lui serait donné d'explorer toutes les merveilles cachées dans le groupe innombrable des constellations ; ce savant irait de sphère en sphère, de planète en planète.
A mesure qu'il pénétrerait plus avant dans l'immensité, il irait de surprise en surprise, de tressaillements en tressaillements, voyant sans cesse apparaître des spectacles plus riches, et s’entrouvrir à ses regards des horizons plus vastes et plus radieux.
Et cependant, viendrait un moment où il toucherait la borne... Mais l'infini n'a ni borne, ni fond, ni rivage. Les heureux mariniers de ce séjour fortuné, voguant dans un abîme incommensurable de lumière et d'amour, ne crieront jamais comme Christophe Colomb : «Terre ! terre !» Ils diront :
«Dieu, Dieu toujours, Dieu encore…» Éternellement ce seront de nouvelles perfections, qu'ils chercheront à saisir ; éternellement des délices plus pures et plus enivrantes qu'ils aspireront à goûter. Ils iront de gloire en gloire, de joie en joie ; car, dit saint Grégoire de Nysse, «le Bien infini n'a pas de bornes, le désir qu'il provoque est sans mesure» (de Vita monast).
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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