Méditation avec Les saintes voies de la Croix de M. Henri-Marie Boudon

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2023-02-15 01:19:05

Méditation avec Les saintes voies de la Croix de M. Henri-Marie Boudon



CHAPITRE VIII

La parfaite croix en la personne de la séraphique sainte Thérèse


Allons voir ensuite, ô mon âme, ce prodige de grâces qui a paru à toute l'Église, en nos derniers siècles. Ô Dieu, quel spectacle se présente à nos yeux ! Mon âme, le peu de vue que nous en avons, et hélas !

ce n'est rien, nous découvre l'une des plus belles et des plus achevées croix qui aient jamais paru. Nous avons dit que nous n'en dirions qu'un mot ; en un mot donc je vois le ciel, la terre, lenfer, Dieu, la très sainte Vierge, les anges, les saints, les bonnes et méchantes personnes d'ici-bas, et les démons mêmes conspirer tous unanimement, quoique avec des fins différentes, à bâtir cette croix.

Jamais y a-t-il eu d'ouvrage travaillé avec une plus grande, plus savante ou plus expérimentée multitude douvriers ?

La manière dont on compose cette croix vivante renferme son corps et toutes ses parties, ses sens extérieurs, son âme et ses puissances ; ce qui la touche dans le bien naturel, temporel et moral : soit que vous y regardiez l'utile ou l'agréable, soit que vous y considérez l'honorable ; ce qui la touche dans le bien spirituel et surnaturel ; peut-on se figurer une plus vaste et plus riche matière de croix ?

Si toutes les peines, selon le témoignage de cette sainte, sont autant de pierres précieuses, peut-on rien voir de plus précieux et plus brillant ?

Il faut que toutes les plus fortes vues des créatures mortelles d'ici-bas se ferment à tant de divines lumières, il n'y a pas moyen d'en supporter l'éclat. Mais, mon âme, ne vois-tu point que cette femme forte, et dont l'on aurait de la peine à trouver le prix, quand on la chercherait jusqu'au bout du monde, travaille elle-même à se faire d'elle-même une croix ?

Voilà ce qui la rend parfaite ; Dieu veut qu'avec tout le reste de ses créatures, et même avec sa divine main, nous y mettions la nôtre ; sans cela l'ouvrage ne s'achève point.

Le corps de la sainte n'est qu'une pure croix. Apprenons-en la vérité de sa bouche : elle assure qu'elle était pleine de douleurs depuis les pieds jusqu'à la tête. Hélas !

voilà bien de quoi être crucifiée, quand elles seraient légères, à raison de leur multitude ; mais elle déclare qu'elles étaient si aigues, que l'on pensait que ce fut une rage ; et de vrai elles l'empêchaient de prendre aucun repos, ni le jour, ni la nuit même, qui est destinée pour quelques soulagements. Elle fut si desséchée et brulée, que ses nerfs commencèrent à se retirer.

Il lui semblait que ses os étaient hors des jointures : cela allait quelquefois jusqu'à la priver de sentiment, ce qui lui est arrivé une fois durant quatre jours.

Elle fut même jugée morte, et mise en état d'être enterrée, les cierges brûlant à l'entour de son corps, dont les yeux se trouvèrent fermés par la cire qui tombait dessus. D'autres fois elle était comme une personne qu'on étrangle, l'on ne pouvait plus la toucher. Mais peut-être que ces peines corporelles ne lui ont pas duré longtemps. Elle a été trois ans percluse. Durant vingt ans elle a eu des vomissements.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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