Un député pour qui l’Histoire était “maîtresse de vie”
Le Forum Catholique
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Vianney - 2019-02-20 23:08:37
Un député pour qui l’Histoire était “maîtresse de vie”
Mort il y a exactement cent dix ans, Émile Keller, ce député catholique de Belfort qu’on a surnommé de son vivant le “député du Syllabus”, avait commencé par se plonger dans l’étude de l’histoire de son pays :
Imbu des idées révolutionnaires imposées à la jeunesse de l’époque par Thiers, Mignet, Michelet ou Louis Blanc, il sut trouver le contre-poison dans les traditions ancestrales de la nation française. Après dix ans de travaux, il livra son Histoire de France au public en 1858. Elle fut immédiatement remarquée. Mgr Dupanloup l’inscrivit dans sa liste d’ouvrages recommandés à la jeunesse. Mais il l’en raya avec rage, sept ans plus tard, quand Emile Keller osa défendre publiquement le Syllabus de Pie IX¹. A partir de ce moment, tout se passa comme si le nom de Keller avait rejoint une discrète liste noire dressée par le courant libéral. Un bon observateur, le général de Lamoricière, n’hésita pas à évoquer une « conspiration du silence ». Ses ouvrages disparurent des bonnes librairies, puis, après sa mort, des bonnes maisons d’éditions.²
Un éditeur courageux³ a sorti cette Histoire de France de son purgatoire en rééditant le premier tome. La comparant à celle d’Ernest Lavisse, dont les manuels ont connu une grande diffusion sous la IIIe|République, un commentateur récent n’hésite pas à écrire : “Si on compare ce que dit Lavisse sur un événement historique à ce qu’en rapporte Keller on passe de l’affirmation brute à l’explication des faits. L'ouvrage de ce dernier convient donc à un lectorat d'élèves du secondaire et nombre d'adultes gagneraient à sa lecture.”
V.
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(1) Émile Keller, L’Encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789, ou l’Église, l’État et la liberté, Paris, Poussielgue, 1865. 3e édition (posthume) ici. L’auteur, poursuivant le libéralisme dans ses conséquences économiques et sociales, fut l’un des premiers à demander que l’Église parle publiquement de ces questions. Des “catholiques sociaux” tels qu’Albert de Mun et La Tour du Pin ont témoigné qu’ils le tenaient pour un précurseur.
(2) Louis Medler, Sel de la terre n° 105, pp. 160-161 : “La figure lumineuse d’Emile Keller (1828-1909) a été présentée par Philippe GIRARD dans une série d’articles du Sel de la terre qui ont été réunis en un volume aux éditions du Sel”.
(3) Émile Keller, Histoire de France, tome Ier : de la Gaule à saint Louis, Allaire, Edilys, 2017, 164 p., 24 €.
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