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Après 48 heures passées en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire (PJ) de Lille, quatre moines du village d’enfants de Riaumont, à Liévin, ont été déférés ce jeudi matin devant le parquet de Béthune.
Les deux prêtres et deux religieux non-prêtres, âgés de 37 ans et de 49 à 55 ans, sont ressortis du tribunal de grande instance avec une mise en examen pour « violence légère » (sans incapacité totale de travail) à l’égard de dix garçons lors de leur passage dans la communauté religieuse qui gère un collège et un internat depuis 1990.
Des faits couvrant les années 2007 à 2014
Les quatre moines ont pu librement regagner le village de Riaumont à la suite de leur mise en examen. Placés sous contrôle judiciaire, ils ont interdiction de se livrer à une quelconque activité d’encadrement de mineurs. Pour le reste, ils peuvent poursuivre les autres activités auxquelles ils s’adonnent au sein de leur communauté.
Les faits strictement visés concernent une période couvrant les années 2007 à 2014. En 2010, une enquête avait été ouverte pour des faits remontant aux années 1980, jusqu’aux années 2000. Quelque 250 enfants avaient été entendus.
Un cinquième poursuivi pour les mêmes faits dans le sud de la France
Me Éric Morain, avocat de Riaumont assisté, pour l’occasion, de Mes Moyart et Delarue, souligne que « les faits [...] ne reflètent en aucune manière les méthodes éducatives et la pédagogie en vigueur aujourd’hui au village d’enfants ». Il déplore par ailleurs « le déploiement disproportionné de près d’une trentaine de policiers et gendarmes ».
Un cinquième religieux, ancien membre de la communauté, était aussi en garde à vue. Poursuivi en 2017 pour « détention d’images pédo-pornographiques », l’homme avait quitté le village d’enfants de Riaumont et s’était retiré dans le sud de la France. C’est là que se sont rendus des enquêteurs de la PJ de Lille pour procéder à son audition à Toulouse.
Il est reproché à cet homme des faits, de 2008, de même nature que ceux pour lesquels les autres moines sont poursuivis. N’ayant pas été considéré indispensable de l’escorter jusqu’à Béthune, il sera convoqué ultérieurement pour sa mise en examen par un juge.