Quelques lignes de Benoît XVI
Le Forum Catholique
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BK - 2018-11-22 18:31:54
Quelques lignes de Benoît XVI
dans sa lettre aux catholiques de Chine (27 mai 2007)
5. Église catholique en Chine, petit troupeau présent et agissant dans le vaste territoire d'un Peuple immense qui marche dans l'histoire, comme elles résonnent pour toi, encourageantes et provocantes, les paroles de Jésus: « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume (Lc 12, 32)! « Vous êtes le sel de la terre, ... la lumière du monde »: c'est pourquoi, « que votre lumière brille devant les hommes: alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (Mt 5, 13. 14. 16).
Dans l'Église catholique qui est en Chine, se rend présente l'Église universelle, l'Église du Christ que, dans le Credo, nous confessons une, sainte, catholique et apostolique, à savoir la communauté universelle des disciples du Seigneur.
Comme vous le savez, l'unité profonde, qui lie entre elles les Églises particulières se trouvant en Chine et qui les met aussi en intime communion avec toutes les autres Églises particulières répandues à travers le monde, est enracinée dans la même foi et dans le Baptême commun, mais surtout dans l'Eucharistie et dans l'Épiscopat.15 Et l'unité de l'Épiscopat, dont « le Pontife romain, en qualité de Successeur de Pierre, est le principe et le fondement permanents et visibles »,16 se poursuit au long des siècles grâce à la succession apostolique et elle est aussi le fondement de l'identité de l'Église de chaque époque avec l'Église édifiée par le Christ sur Pierre et sur les autres Apôtres.17
La doctrine catholique enseigne que l'Évêque est le principe et le fondement visible de l'unité dans l'Église particulière confiée à son ministère pastoral.18 Mais, dans chaque Église particulière, pour qu'elle soit pleinement Église, la suprême autorité de l'Église doit être présente, à savoir le Collège épiscopal avec son Chef, le Pontife romain, et jamais sans lui. Par conséquent, le ministère du Successeur de Pierre appartient à l'essence de toute Église particulière, « de l'intérieur ».19 En outre, la communion de toutes les Églises particulières dans l'unique Église catholique, et donc la communion hiérarchique ordonnée de tous les Évêques, successeurs des Apôtres, avec le Successeur de Pierre, sont la garantie de l'unité de la foi et de la vie de tous les catholiques. Il est donc indispensable, pour l'unité de l'Église dans les différentes nations, que chaque Évêque soit en communion avec les autres Évêques, et que tous soient en communion visible et concrète avec le Pape.
Personne n'est un étranger dans l'Église, mais tous sont citoyens du même Peuple, membres du même Corps mystique du Christ. L'Eucharistie est le lien de communion sacramentelle, et elle est garantie par le ministère des Évêques et des prêtres.20
Toute l'Église qui est en Chine est appelée à vivre et à manifester cette unité dans une spiritualité de communion plus riche, qui, tenant compte des situations concrètes complexes où la communauté catholique se trouve, croîtra aussi dans une communion hiérarchique harmonieuse. C'est pourquoi Pasteurs et fidèles sont appelés à défendre et à sauvegarder ce qui appartient à la doctrine et à la tradition de l'Église.
[...]
Devant une situation aussi difficile, de nombreux membres de la communauté catholique se demandent si la reconnaissance de la part des Autorités civiles — nécessaire pour agir publiquement — ne compromet pas en quelque manière la communion avec l'Église universelle. Je sais bien qu'une telle question constitue une douloureuse inquiétude pour le cœur des Pasteurs et des fidèles. À ce sujet, je considère en premier lieu que la sauvegarde indispensable et vigoureuse du dépôt de la foi et de la communion sacramentelle et hiérarchique ne s'oppose pas, en soi, au dialogue avec les Autorités en ce qui concerne les aspects de la vie de la communauté ecclésiale qui ont une incidence dans le domaine civil. On ne voit pas de difficultés particulières pour accepter la reconnaissance concédée par les Autorités civiles, à condition que cela ne comporte pas la négation des principes de la foi et de la communion ecclésiastique, auxquels on ne peut pas renoncer.
Cependant, dans de nombreux cas concrets, sinon presque toujours, dans la procédure de reconnaissance, interviennent des organismes qui obligent les personnes engagées à avoir des attitudes, à poser des gestes et à prendre des engagements qui sont contraires aux préceptes de leur conscience de catholiques.
Je comprends donc que, dans ces conditions et dans ces circonstances variées, il soit difficile de déterminer le choix correct à faire. Pour cette raison, le Saint-Siège, après avoir affirmé de nouveau les principes, laisse les décisions à chaque Évêque, qui, ayant écouté son presbytérium, est mieux en mesure de connaître la situation locale, d'évaluer les possibilités concrètes de choix et d'envisager les éventuelles conséquences au sein de la communauté diocésaine.
Il pourrait se faire que la décision finale n'ait pas l'accord de tous les prêtres ni de tous les fidèles. Je souhaite cependant qu'elle soit accueillie, même si c'est douloureusement, et que se maintienne l'unité de la communauté diocésaine avec son Pasteur.
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