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images/icones/mitre4.png  ( 857326 )Cal Zen :Le pape doit rompre les négociations avec Pékin par Jean Kinzler (2018-11-22 17:20:47) 

Cardinal Zen  : « Le pape François doit rompre les négociations avec Pékin »

Recueilli par Dorian Malovic (à Hong Kong) , le 21/11/2018 à 12h35

Deux mois après l’accord provisoire signé entre le Vatican et Pékin sur la nomination des évêques chinois, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, 86 ans, a accordé un entretien exclusif à l’envoyé spécial de La Croix

Très hostile à l’accord signé avec Pékin le 22 septembre dernier, le cardinal Zen s’interroge sur le destin des évêques, prêtres et fidèles de l’Église souterraine chinoise fidèle à Rome depuis 70 ans.

La Croix : Il y a quelques jours vous étiez à Rome. Quel était l’objectif de ce voyage ?

Cardinal Joseph Zen : Je n’avais qu’un seul objectif : remettre une lettre personnelle en main propre au pape François pour partager avec lui mon sentiment à l’égard de l’accord signé le 22 septembre dernier entre le Vatican et Pékin sur la nomination des évêques chinois. Je voulais être certain que cette lettre de sept pages lui parvienne car je ne fais pas confiance à son entourage.

Quelle est la substance de cette longue lettre ?

C.J.Z. :Pour moi le pape ne connaît pas la situation de l’Église de Chine et la nature du régime chinois. Je lui ai demandé de mettre un terme au dialogue avec Pékin. Le pape n’a non seulement rien gagné en signant cet accord qui est un « faux », une illusion, mais Pékin lui a fait perdre son autorité. Les autorités chinoises considèrent toujours qu’elles gèrent l’Église de Chine de façon indépendante et qu’elles choisiront toujours les évêques. Le pape n’aura que le dernier mot.

Vous ne croyez donc pas que Pékin tiendra sa parole ?

C.J. Z. :Comme cet accord est resté secret, les Chinois pensent que tout le processus est légalisé et qu’ils peuvent choisir les évêques. Ils pensent que le Saint-Siège a signé un chèque en blanc et qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Ils vont dire aux catholiques souterrains de sortir de la clandestinité et rejoindre l’Association patriotique des catholiques chinois de l’Église officielle. « Sortez, sortez, le pape est d’accord ! »vont-ils leur dire. Quant aux évêques, ce seront les autorités chinoises qui pourront les choisir mais le pape n’aura que le dernier mot !

Le pape aura toujours la possibilité de refuser  ?

C.J.Z. : Oui mais combien de fois pourra-t-il dire « non » ? À chaque fois le gouvernement proposera un nouveau nom.

Le Vatican a pourtant bien souligné qu’il s’agissait d’un accord « provisoire » 

C.J. Z. :Oui certes, il ne s’agit que d’un début mais on voit bien le chemin qui va être pris à l’avenir. Le pape a levé les excommunications de sept évêques et donné une juridiction à Mgr Guo pour le diocèse de Chengde. Le pape va attendre avant de légitimer les six autres. Ce n’est plus qu’une question de temps. Indirectement, le Vatican aide le gouvernement à annihiler l’Église souterraine que Pékin n’a pas réussi à écraser. Peut-on parler d’unité quand, sous la contrainte, on force les souterrains à entrer dans la cage officielle ? Il s’agit pour les souterrains de renoncer à leur fidélité au pape et à l’Église universelle pour rejoindre l’Église officielle et patriotique. Pendant près de 70 ans, beaucoup d’entre eux sont morts et d’autres vivent toujours dans la peur de la répression. Et depuis des années dans l’Église officielle, il y a des évêques qui ne sont pas à la hauteur, indignes de leur fonction. Certains évêques officiels sont même pires que certains évêques excommuniés.

Un voyage du pape François en Chine serait-il une bonne chose ?

C.J. Z. :Je ne pense pas. Le pape ne pourrait pas rencontrer les évêques souterrains. Tout serait organisé par le régime de Pékin. Le pape François serait manipulé par le régime alors que Xi Jinping gagnerait une crédibilité sur le plan international.

Quelle serait pour vous, en ce moment, la meilleure solution ?

C.J. Z. :La meilleure chose serait de ne rien faire avec le régime mais de renforcer l’Église souterraine chinoise qui a toujours une grande énergie. En ce moment, le régime détruit l’Église souterraine et déçoit les quelques très bons évêques au sein de l’Église officielle. Ces derniers résistent comme ils peuvent mais ils sont marginalisés. Quand une délégation de Rome arrive à Pékin, elle devrait demander à rencontrer les évêques qui sont en résidence surveillée mais maintenant ce n’est plus possible avec cet accord. On s’est agenouillé avant même de négocier. Je ne peux pas me battre contre le pape. Mais lorsqu’il légitimera les six évêques, je prendrai ma retraite dans un couvent pour prier et faire pénitence. Et je ne donnerai plus aucune interview aux journalistes. Je garderai le silence.

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Repères

L’accord historique du 22 septembre entre Rome et Pékin

« L’objectif de cet accord n’est pas politique mais pastoral », avait expliqué Greg Burke, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, pour qui il s’agit « de permettre aux fidèles (12 millions de catholiques en Chine, NDLR) d’avoir des évêques en communion avec Rome mais, dans le même temps, reconnus par les autorités chinoises ».

Concrètement, le pape a accepté de lever les excommunications qui pesaient sur sept évêques chinois ordonnés sans mandat pontifical, les réintégrant ainsi dans la pleine communion de l’Église.

Le doute subsiste toutefois sur le sort et l’avenir des évêques reconnus par le Vatican mais non par les autorités chinoises. (35 évêques)ICI
images/icones/vatican.gif  ( 857336 )Quelques lignes de Benoît XVI par BK (2018-11-22 18:31:54) 
[en réponse à 857326]

dans sa lettre aux catholiques de Chine (27 mai 2007)

5. Église catholique en Chine, petit troupeau présent et agissant dans le vaste territoire d'un Peuple immense qui marche dans l'histoire, comme elles résonnent pour toi, encourageantes et provocantes, les paroles de Jésus: « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume (Lc 12, 32)! « Vous êtes le sel de la terre, ... la lumière du monde »: c'est pourquoi, « que votre lumière brille devant les hommes: alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (Mt 5, 13. 14. 16).

Dans l'Église catholique qui est en Chine, se rend présente l'Église universelle, l'Église du Christ que, dans le Credo, nous confessons une, sainte, catholique et apostolique, à savoir la communauté universelle des disciples du Seigneur.

Comme vous le savez, l'unité profonde, qui lie entre elles les Églises particulières se trouvant en Chine et qui les met aussi en intime communion avec toutes les autres Églises particulières répandues à travers le monde, est enracinée dans la même foi et dans le Baptême commun, mais surtout dans l'Eucharistie et dans l'Épiscopat.15 Et l'unité de l'Épiscopat, dont « le Pontife romain, en qualité de Successeur de Pierre, est le principe et le fondement permanents et visibles »,16 se poursuit au long des siècles grâce à la succession apostolique et elle est aussi le fondement de l'identité de l'Église de chaque époque avec l'Église édifiée par le Christ sur Pierre et sur les autres Apôtres.17

La doctrine catholique enseigne que l'Évêque est le principe et le fondement visible de l'unité dans l'Église particulière confiée à son ministère pastoral.18 Mais, dans chaque Église particulière, pour qu'elle soit pleinement Église, la suprême autorité de l'Église doit être présente, à savoir le Collège épiscopal avec son Chef, le Pontife romain, et jamais sans lui. Par conséquent, le ministère du Successeur de Pierre appartient à l'essence de toute Église particulière, « de l'intérieur ».19 En outre, la communion de toutes les Églises particulières dans l'unique Église catholique, et donc la communion hiérarchique ordonnée de tous les Évêques, successeurs des Apôtres, avec le Successeur de Pierre, sont la garantie de l'unité de la foi et de la vie de tous les catholiques. Il est donc indispensable, pour l'unité de l'Église dans les différentes nations, que chaque Évêque soit en communion avec les autres Évêques, et que tous soient en communion visible et concrète avec le Pape.

Personne n'est un étranger dans l'Église, mais tous sont citoyens du même Peuple, membres du même Corps mystique du Christ. L'Eucharistie est le lien de communion sacramentelle, et elle est garantie par le ministère des Évêques et des prêtres.20

Toute l'Église qui est en Chine est appelée à vivre et à manifester cette unité dans une spiritualité de communion plus riche, qui, tenant compte des situations concrètes complexes où la communauté catholique se trouve, croîtra aussi dans une communion hiérarchique harmonieuse. C'est pourquoi Pasteurs et fidèles sont appelés à défendre et à sauvegarder ce qui appartient à la doctrine et à la tradition de l'Église.

[...]

Devant une situation aussi difficile, de nombreux membres de la communauté catholique se demandent si la reconnaissance de la part des Autorités civiles — nécessaire pour agir publiquement — ne compromet pas en quelque manière la communion avec l'Église universelle. Je sais bien qu'une telle question constitue une douloureuse inquiétude pour le cœur des Pasteurs et des fidèles. À ce sujet, je considère en premier lieu que la sauvegarde indispensable et vigoureuse du dépôt de la foi et de la communion sacramentelle et hiérarchique ne s'oppose pas, en soi, au dialogue avec les Autorités en ce qui concerne les aspects de la vie de la communauté ecclésiale qui ont une incidence dans le domaine civil. On ne voit pas de difficultés particulières pour accepter la reconnaissance concédée par les Autorités civiles, à condition que cela ne comporte pas la négation des principes de la foi et de la communion ecclésiastique, auxquels on ne peut pas renoncer.

Cependant, dans de nombreux cas concrets, sinon presque toujours, dans la procédure de reconnaissance, interviennent des organismes qui obligent les personnes engagées à avoir des attitudes, à poser des gestes et à prendre des engagements qui sont contraires aux préceptes de leur conscience de catholiques.

Je comprends donc que, dans ces conditions et dans ces circonstances variées, il soit difficile de déterminer le choix correct à faire. Pour cette raison, le Saint-Siège, après avoir affirmé de nouveau les principes, laisse les décisions à chaque Évêque, qui, ayant écouté son presbytérium, est mieux en mesure de connaître la situation locale, d'évaluer les possibilités concrètes de choix et d'envisager les éventuelles conséquences au sein de la communauté diocésaine.

Il pourrait se faire que la décision finale n'ait pas l'accord de tous les prêtres ni de tous les fidèles. Je souhaite cependant qu'elle soit accueillie, même si c'est douloureusement, et que se maintienne l'unité de la communauté diocésaine avec son Pasteur.
images/icones/vatican.gif  ( 857343 )Benoît XVI appelait avant tout à la réconciliation par BK (2018-11-22 18:55:50) 
[en réponse à 857336]

La charité est vraiment le “cœur” de l'Église ».

Déjà l'an dernier, en parlant de l'Église naissante, j'avais rappelé que « la communauté des disciples connaît dès le début non seulement la joie de l'Esprit Saint, la grâce de la vérité et de l'amour, mais également l'épreuve, constituée surtout par les oppositions aux vérités de foi, avec les atteintes à la communion qui s'ensuivent. De même que la communion dans l'amour existe depuis les origines et existera jusqu'à la fin (cf. 1 Jn 1, 1ss), dès le début surgit aussi malheureusement la division. Nous ne devons pas nous étonner que celle-là existe également aujourd'hui. [...] Il existe donc toujours le risque, dans la vie du monde et également dans les faiblesses de l'Église, de perdre la foi, et ainsi de perdre aussi l'amour et la fraternité. Celui qui croit à l'Église de l'amour et veut vivre dans cette Église a donc le devoir précis de reconnaître également ce danger ».22

L'histoire de l'Église nous enseigne aussi qu'une authentique communion ne s'exprime pas sans un effort douloureux de réconciliation.23 En effet, la purification de la mémoire, le pardon de ceux qui ont fait le mal, l'oubli des torts subis et la pacification des cœurs dans l'amour, qui sont à réaliser au nom de Jésus crucifié et ressuscité, peuvent exiger le dépassement de positions ou de visions personnelles issues d'expériences douloureuses ou difficiles, mais ce sont des pas qu'il est urgent d'accomplir pour accroître et manifester les liens de communion entre les fidèles et les Pasteurs de l'Église en Chine.

C'est pourquoi mon vénéré Prédécesseur vous avait déjà adressé, à plusieurs reprises, une pressante invitation au pardon et à la réconciliation. À ce sujet, il me plaît de rappeler un passage du message qu'il vous avait envoyé en 2000, à l'approche de l'Année Sainte: « En vous préparant à la célébration du grand Jubilé, souvenez-vous que, dans la tradition biblique, un tel moment a toujours comporté l'obligation de se remettre mutuellement les dettes contractées, de réparer les injustices commises et de se réconcilier avec le prochain. À vous aussi fut annoncée “la grande joie préparée pour tous les peuples”: l'amour et la miséricorde du Père, la Rédemption opérée par le Christ. Dans la mesure où vous serez disposés à accepter cette joyeuse annonce, vous pourrez la transmettre, par votre vie, à tous les hommes et femmes qui sont à vos côtés. Mon désir le plus ardent est que vous cédiez aux suggestions intérieures de l'Esprit Saint, en vous pardonnant les uns les autres tout ce qui doit être pardonné, en vous rapprochant les uns des autres, en vous acceptant réciproquement, en surmontant les barrières pour aller au delà de tout ce qui peut diviser. N'oubliez pas la parole de Jésus au cours de la dernière Cène: “À ceci, on reconnaîtra que vous êtes mes disciples: si vous vous aimez les uns les autres” (Jn 13, 35). J'ai appris avec joie que vous voulez offrir, comme don le plus précieux pour la célébration du grand Jubilé, l'unité entre vous et avec le Successeur de Pierre. Une telle résolution ne peut être qu'un fruit de l'Esprit, qui conduit son Église sur les difficiles chemins de la réconciliation et de l'unité ».24

Nous sommes tous conscients du fait que ce chemin ne pourra pas s'accomplir du jour au lendemain, mais soyez sûrs que, dans ce but, l'Église entière fera monter une prière insistante pour vous.
images/icones/marie.gif  ( 857359 )Prière à Notre Dame de Sheshan, Impératrice de Chine par Ewondo (2018-11-22 22:00:17) 
[en réponse à 857326]



Et sur YouTube, en anglais et chinois (shanghaïen) :


Notre Dame de Sheshan



En 2008, dans une lettre aux catholiques de la République Populaire de Chine, Benoît XVI avait exprimé sa volonté que se tienne chaque année, le 24 mai, une Journée de Prière pour l’Eglise en Chine. Prière de Benoît XVI à Notre Dame de Sheshan, vénérée dans la basilique du même nom, près de Shanghaï, premier lieu marial en Chine.

Prière en français :

Vierge très sainte, Mère du Verbe incarné et notre Mère, vénérée dans le sanctuaire de Sheshan sous le vocable d’« Aide des Chrétiens », toi vers qui toute l’Église qui est en Chine regarde avec une profonde affection, nous venons aujourd’hui devant toi pour implorer ta protection.

Tourne ton regard vers le peuple de Dieu et guide-le avec une sollicitude maternelle sur les chemins de la vérité et de l’amour, afin qu’il soit en toute circonstance un ferment de cohabitation harmonieuse entre tous les citoyens.

Par ton « oui » docile prononcé à Nazareth, tu as permis au Fils éternel de Dieu de prendre chair dans ton sein virginal et d’engager ainsi dans l’histoire l’oeuvre de la Rédemption, à laquelle tu as coopéré par la suite avec un dévouement empressé, acceptant que l’épée de douleur transperce ton âme, jusqu’à l’heure suprême de la Croix, quand, sur le Calvaire, tu restas debout auprès de ton Fils, qui mourait pour que l’homme vive.

Depuis lors, tu es devenue, de manière nouvelle,Mère de tous ceux qui accueillent dans la foi ton Fils Jésus et qui acceptent de le suivre en prenant sa Croix sur leurs épaules.

Mère de l’espérance, qui, dans l’obscurité du Samedi-Saint,
avec une confiance inébranlable, est allée au devant du matin de Pâques, donne à tes fils la capacité de discerner en toute situation,
même la plus obscure, les signes de la présence aimante de Dieu.

Notre-Dame de Sheshan, soutiens l’engagement de tous ceux qui, en Chine, au milieu des difficultés quotidiennes, continuent à croire, à espérer, à aimer, afin qu’ils ne craignent jamais de parler de Jésus au monde et du monde à Jésus.

Dans la statue qui domine le Sanctuaire, tu élèves ton Fils,
le présentant au monde avec les bras grands ouverts en un geste d’amour.

Aide les catholiques à être toujours des témoins crédibles de cet amour, les maintenant unis au roc qui est Pierre, sur lequel est construite l’Église.

Mère de la Chine et de l’Asie, prie pour nous maintenant et toujours.

Amen !