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Comme des centaines d'autres théologiens qui déclarent que le pape devenu hérétique perdrait ipso facto le pontificat, Bellarmin ne croit pas probable que Dieu permettrait un tel malheur. À ce point là vous avez raison.
Mais non seulement il souligne que cela n'est pas certain, mais de fait il n'hésite pas à discuter, dans son de Romano Pontifice, de la perte d'office pour cause d'hérésie en deux cas concrets historiques.
L'un de ces cas est celui de Libère où Bellarmin (se frayant un chemin parmi tant de sources anciennes contradictoires et souvent corrompues) soutient que Libère, sans jamais avoir été hérétique, a réellement perdu le souverain pontificat en conséquence de la conviction régnant à Rome (pendant que le pape était en exil) qu'il était tombé. En effet l'empereur avait réussi à faire accroire des rumeurs selon lesquelles Libère avait souscrit des propositions semi-ariennes.
(...)
L'intérêt ici ne se trouve bien sûr pas dans les convictions de Bellarmin sur le plan historique : nous sommes mieux placés que lui pour en juger. C'est l'illustration pratique de la pensée théologique de Bellarmin.