François n'est ni le premier, ni le seul Pape responsable de cette situation.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2016-12-18 09:58:46

François n'est ni le premier, ni le seul Pape responsable de cette situation.

Bonjour et bon dimanche, Chicoutimi.

1. Ne nous en déplaise, le Pape François n'est ni le premier, ni le seul Pape, responsable de la situation actuelle, laquelle n'est jamais que la quatrième composante du christianisme catholique contemporain, lequel est "essentiellement conciliateur" :

première composante : 1945 - 1958 : 14 ans

deuxième composante : 1959 - 1978 : 20 ans

troisième composante : 1978 - 2012 : 34 ans

quatrième composante : 2013 - ...

2. Or, à force de dénoncer ou de déplorer, avant tout, ou seulement, ce que François dit et fait, ou le fait qu'il semble vraiment encourager ceux qui veulent défaire ou faire taire ce qu'il y a, dans le catholicisme, de plus éclairant et exigeant, de plus fortifiant et nourrissant, de plus structurant et tonifiant, donc de moins consensuel ou suiviste, face à l'esprit du moment ou du monde présent, certains intellectuels catholiques vont finir par donner à croire qu'ils pensent que ce qu'ils dénoncent ou déplorent n'a vraiment commencé à prendre l'ampleur et la portée actuelles que depuis mars 2013, ce qui est ou serait à la fois inexact et injuste.

3. Plus je réfléchis sur ces questions, y compris avec le livre de Roberto de Mattei sur le Concile : "Vatican II, une histoire à écrire", et plus j'ai conscience du fait que le fond du problème est avant tout à caractère dogmatique, religieux, théologal, et n'est pas avant tout à caractère liturgique, moral, sacramentel, si je puis m'exprimer ainsi.

4. A mon avis, dans l'ensemble, depuis Pie XII (mais ce "depuis Pie XII" me sert à procéder à un repérage chronologique relatif au pontificat de Pie XII, et non à dénoncer un positionnement programmatique attribuable à Pie XII), les Souverains pontifes successifs ont de plus en plus de mal, de plus en plus de réticence,

- à encourager EXPLICITEMENT à persévérer ceux qui, de par leur confiance en Jésus-Christ et en l'Eglise catholique, leur fidélité à Jésus-Christ et à l'Eglise catholique, ne sont pas trompés, dans le domaine de la religion,

ET

- à exhorter EXPLICITEMENT à la conversion chrétienne ceux qui, de par leur adhésion ou leur soumission à l'athéisme, à l'incroyance, ou à telle religion ou tradition croyante non chrétienne, pensent, prient, ou pas, et vivent, dans l'éloignement à l'égard ou dans l'opposition vis-à-vis de Jésus-Christ, et sont trompés, dans le domaine de la religion.

5. A mes yeux, mais je me trompe peut-être, c'est cela, le fond du problème ; une grande partie du reste ou presque tout le reste découle de cette réticence à expliciter, fermement, fréquemment, d'une manière objective,

- le fait qu'il y a une différence de nature entre la religion chrétienne et les autres positionnements religieux ou croyants,

et

- le fait que l'indifférence matérialiste, l'indifférenciation eudémoniste ou unanimiste, le relativisme et le subjectivisme, le sentimentalisme, etc., sont illégitimes ou infondés,

face à cette différence de nature, dont la signification surnaturelle et théologale, mais aussi anthropologique et eschatologique, engage, en profondeur, chacun, chacune d'entre nous, qu'il soit catholique ou non, qu'il soit chrétien ou non, qu'il soit croyant ou non.

6. Je crois donc vraiment que nous sommes en présence de clercs catholiques qui acceptent de moins en moins de s'exposer au risque "de se fâcher", d'une manière affichée, exprimée, assumée, avec qui que ce soit de non catholique, d'une part dans le domaine de la religion et de la révélation, d'autre part dans le domaine de la morale et des sacrements.

7. En d'autres termes, je ne vois pas très bien comment ni, en un sens, pourquoi, des clercs catholiques qui s'adonnent aux joies du "consensualisme fraternitaire" interconfessionnel et interreligieux depuis, à présent, un peu plus d'un demi-siècle, pourraient résister à la tentation de s'adonner aux mêmes joies, dans le domaine de la morale et des sacrements, a fortiori dans une Eglise catholique dans laquelle on considère en substance que toute personne non catholique, mais sincère, est plus proche de Jésus-Christ que tout catholique orthodoxe, mais pécheur...

8. C'est un peu comme si seuls les catholiques orthodoxes étaient pécheurs, ce qui, du point de vue iréniste, n'est pas incohérent : si l'irénisme systématique est "une grâce", il va de soi que la résistance ou la réticence d'un catholique face à cette "grâce" découle d'un péché, ou débouche sur un péché : le manque d'estime pour la foi des autres, ou le manque de respect total pour les conceptions, convictions, idées, valeurs, des autres...

Bon dimanche.

Scrutator.
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