Renoncer au spécifique de V II ? Ce serait reconnaître que l'on s'est trompé !
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2016-02-13 14:36:55
Renoncer au spécifique de V II ? Ce serait reconnaître que l'on s'est trompé !
Bonjour Ennemond,
1. Si la très grande majorité des clercs catholiques commençait à renoncer à accorder la fécondité ou la génialité qu'elle attribue OFFICIELLEMENT à des textes tels que UR, NA, DH, GS, et si elle commençait à y renoncer d'une manière audible, lisible, visible, elle reconnaîtrait, par le fait même, qu'elle s'est trompée d'appréciation et de formulation, de regard et de discours (mais aussi, bien sûr de pastorale),
- sur les autres confessions chrétiennes et sur le dialogue oecuménique,
- sur les religions et traditions croyantes non chrétiennes et sur le dialogue interreligieux,
- sur la conception doctrinale et le déploiement pastoral les plus propices à la compréhension des relations entre liberté responsable et vérité objective en matière religieuse,
- sur ce que devrait pouvoir être la position de l'Eglise, une position non lénifiante ni iréniste, sur l'homme et le monde contemporains.
2. Renoncer à se référer à ces documents (qui comportent, au moins en partie, des éléments favorables à la soumission du christianisme catholique au flower power, à la wishful thinking, et à la tabula rasa, vis-à-vis du regard et du discours antérieurs), équivaudrait à reconnaître
- que l'on a été trompé (à l'origine, par une demi-douzaine de théologiens, qui ont commencé à "sévir" 20 ans avant la clôture du Concile),
- que l'on s'est trompé, en amont, au moment, en aval du Concile, et que l'on continue à se tromper, bientôt 75 ans après 1945,
- que l'on a trompé un très grand nombre de futurs théologiens, prêtres, évêques, de théologiens, prêtres, évêques, et, bien sûr, de fidèles.
3. Or, à mon avis, cette reconnaissance explicite du fait que cette erreur a été commise, par angélisme, par irénisme, par utopisme, n'interviendra jamais, car elle serait trop délicate, trop douloureuse, ni joyeuse, ni glorieuse, même si cette reconnaissance explicite pouvait être lumineuse, si j'ose dire.
4. Cela ne signifie en rien que les clercs qui continuent à encenser ces quatre textes y croient encore, comme on a pu y croire, par exemple, jusqu'au début des années 1990 :
- d'une part, certains y croient encore, mais sur des bases et pour des raisons philosophiques et théologiques qui étaient presque entièrement absentes des esprits, jusqu'à la fin des années 1960, voire jusqu'à la fin des années 1970 : c'est particulièrement caractéristique, en ce qui concerne la conception "pluraliste", "postmoderne",
a) du dialogue, des relations, avec les religions et traditions croyantes non chrétiennes, et de ces religions et traditions elles-mêmes,
b) de l'émancipation de l'homme et de l'unification entre les hommes, dans le cadre d'une "axiologie" et d'une "écologie" absentes de GS ;
- d'autre part, je suis convaincu que certains clercs y croient de moins en moins, croient de moins en moins en la solidité, sur la forme, et en la validité, sur le fond, d'au moins une partie des documents dont il est question ici, mais sont emprisonnés à l'intérieur d'effets de position ou d'effets de système qui font qu'ils jugent nécessaire ou préférable de faire semblant ou de se taire.
5. Une confiance disproportionnée a été placée en ces textes, puis une fidélité disproportionnée a été tournée vers ces textes, et il y a eu un refus volontaire, perceptible, je le crois, jusque chez Jean-Paul II, de voir qu'il y a bien un lien de causalité entre ce renouveau dans la disproportion, et la dénaturation ou la fragilisation, au sein-même de l'Eglise catholique, de la connaissance et la compréhension de ce que sont vraiment la Foi, l'Espérance, la Charité, ce qui ne signifie en rien que ce renouveau dans la disproportion a été le seul facteur de dénaturation ou de fragilisation de la prise en compte et de la mise en oeuvre des trois vertus théologales.
6. En l'absence d'un aveu, à tout le moins de demi-échec, qui exigerait beaucoup de courage, beaucoup de franchise, force est de constater que "là où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir" : rendez-vous compte de ce que nous subissons, depuis le début de l'année 2012-2013 :
- un Pape qui fait en sorte que le cinquantième anniversaire de l'ouverture du Concile coincide avec le début d'une Année de la Foi, et qui démissionne quelques mois après,
- un Pape qui fait en sorte que le cinquantième anniversaire de la clôture du Concile coincide avec le début d'une Année de la Miséricorde, et qui recourt à une pastorale qui ne contribue guère à une compréhension de ce que sont le Concile et la miséricorde.
Jean XXIII et Paul VI ont-ils vraiment voulu cela ?
Bonne journée.
Scrutator.
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