Le taureau d’airain

Le Forum Catholique

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Chicoutimi -  2015-05-17 06:40:56

Le taureau d’airain

« (…) Le taureau d’airain, sorte de supplice excessivement cruel, en usage chez les anciens, consistait (comme le démontrent les Actes du martyr saint Eustache […]) à jeter celui qui devait être torturé par une ouverture ou porte qui se trouvait dans le côté du taureau.

Alors, la porte étant refermée, on allumait du feu au-dessous du taureau, ce qui faisait endurer à ceux qui étaient emprisonnés à l’intérieur des souffrances sans exemple, tellement que leurs cris et lamentations ressemblaient au meuglement d’un taureau. Et cette machine de bronze était si bien fabriquée pour ressembler à un taureau réel que, comme l’atteste Lucien, dans le Dialogue déjà cité, le mouvement et le beuglement seuls lui manquaient pour persuader au peuple que c’était un animal vivant.

Maintenant, l’inventeur de la dite machine (d’après ce que dit Ovide, dans Tristia) était un certain Athénien, homme d’une habileté supérieure, du nom de Perillus. Et celui-ci pensait qu’il ferait un grand plaisir à Phalaris, le Tyran d’Agrigente, qui se délectait dans les tortures nouvelles et avait l’habitude de trouver sa principale satisfaction à infliger de terribles châtiments; mais Perillus fut cruellement déçu dans son espérance.

Car, sur l’ordre du despote, duquel il espérait une forte récompense, il fut jeté lui-même dans le taureau et fit le premier l’expérience du bon fonctionnement de sa propre invention. […]

Maintenant, les chrétiens qui furent jetés dans le taureau d’airain et enfermés pour y mourir furent les saints Antipas, Eustache, patricien romain, sa femme Theophistes et ses fils Agapius et Theophistus, et sainte Pélagie, vierge et martyre; lesquels, tous (comme les Actes le proclament hautement), s’élancèrent légèrement et avec allégresse dans le monstre rougi : car tous y entrèrent, Antipas rendant de ferventes actions de grâces à Dieu; Eustache en avant, avec sa femme et ses fils, exultant dans l’excès de leur joie, avec Pélagie, la vierge de Tarsus qui chantait avec un grand bonheur une hymne de triomphe au Seigneur. […] » (p. 161-164)

Source : Antonio Gallonio, Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les païens contre les chrétiens (1591), précédé de Musée chrétien des supplices par Claude Louis-Combet, Grenoble, Éditions Jérôme Millon, Grenoble, 2002, 286 pages.
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