Le Forum Catholique
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Traité des instruments de martyre par Chicoutimi (2015-05-17 06:37:26)
Ces temps-ci, je pense beaucoup (et je ne suis pas le seul) aux chrétiens persécutés. Or, j'ai acheté dernièrement un livre - que plusieurs connaissent - qui décrit ce que les martyrs chrétiens ont subi au cours des siècles : Le Traité des instruments de martyre.
Le Traité des instruments de martyre, publié en italien en 1591, est l’œuvre du prêtre oratorien Antonio Gallonio. La première édition française de cet ouvrage date de 1659. Ce livre, très populaire, fut réédité plusieurs fois au XVIIe et au XVIIIe siècle. L’ouvrage a été réédité pour la dernière fois en 2002 (reprenant la dernière édition de 1904).
Ce traité se présente comme un répertoire, plutôt exhaustif et minutieusement documenté, des différents procédés et modes de torture que l’on a infligée aux chrétiens depuis les premiers siècles. Ultimement, c’est le courage et la valeur des martyrs chrétiens qui est au centre de ce traité. Puisque nous vivons à une époque où les chrétiens sont de plus en plus persécutés et même martyrisés, il est bon de nous rappeler que d’autres, et ce à toutes les époques, ont passé par ce chemin.
Pour ceux que cela intéresse, je vous transcris deux procédés qui furent utilisés pour torturer les chrétiens : le taureau d’airain et les souris. Je pourrai, éventuellement, fournir la description d’autres instruments de martyre si certains en manifestent le désir.

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Le taureau d’airain par Chicoutimi (2015-05-17 06:40:56)
[en réponse à 778666]
« (…) Le taureau d’airain, sorte de supplice excessivement cruel, en usage chez les anciens, consistait (comme le démontrent les Actes du martyr saint Eustache […]) à jeter celui qui devait être torturé par une ouverture ou porte qui se trouvait dans le côté du taureau.
Alors, la porte étant refermée, on allumait du feu au-dessous du taureau, ce qui faisait endurer à ceux qui étaient emprisonnés à l’intérieur des souffrances sans exemple, tellement que leurs cris et lamentations ressemblaient au meuglement d’un taureau. Et cette machine de bronze était si bien fabriquée pour ressembler à un taureau réel que, comme l’atteste Lucien, dans le Dialogue déjà cité, le mouvement et le beuglement seuls lui manquaient pour persuader au peuple que c’était un animal vivant.
Maintenant, l’inventeur de la dite machine (d’après ce que dit Ovide, dans Tristia) était un certain Athénien, homme d’une habileté supérieure, du nom de Perillus. Et celui-ci pensait qu’il ferait un grand plaisir à Phalaris, le Tyran d’Agrigente, qui se délectait dans les tortures nouvelles et avait l’habitude de trouver sa principale satisfaction à infliger de terribles châtiments; mais Perillus fut cruellement déçu dans son espérance.
Car, sur l’ordre du despote, duquel il espérait une forte récompense, il fut jeté lui-même dans le taureau et fit le premier l’expérience du bon fonctionnement de sa propre invention. […]
Maintenant, les chrétiens qui furent jetés dans le taureau d’airain et enfermés pour y mourir furent les saints Antipas, Eustache, patricien romain, sa femme Theophistes et ses fils Agapius et Theophistus, et sainte Pélagie, vierge et martyre; lesquels, tous (comme les Actes le proclament hautement), s’élancèrent légèrement et avec allégresse dans le monstre rougi : car tous y entrèrent, Antipas rendant de ferventes actions de grâces à Dieu; Eustache en avant, avec sa femme et ses fils, exultant dans l’excès de leur joie, avec Pélagie, la vierge de Tarsus qui chantait avec un grand bonheur une hymne de triomphe au Seigneur. […] » (p. 161-164)
Source : Antonio Gallonio, Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les païens contre les chrétiens (1591), précédé de Musée chrétien des supplices par Claude Louis-Combet, Grenoble, Éditions Jérôme Millon, Grenoble, 2002, 286 pages.

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Livrés aux souris pour être grignotés par Chicoutimi (2015-05-17 06:43:48)
[en réponse à 778666]
« Les chrétiens étaient livrés aux souris par Goraranes, le plus cruel des rois Perses, comme le raconte Théodoretus dans son Histoire. ‘’En outre, ils creusent des fossés; mettez-les donc dedans (les Chrétiens) avec beaucoup de soins et renversez sur eux un grand nombre de musaraignes. Donc, après avoir lié les mains et les pieds des martyrs pour les empêcher de ses débarrasser des petites créatures, on les offrait comme nourriture aux souris qui, poussées par la faim, rongeaient petit à petit la chair des saints emprisonnés, les torturant ainsi horriblement de jour en jour…’’
Plus ou moins semblable, quoique encore plus cruel, nous paraît un supplice par lequel les Hérétiques de notre époque (1591) – comme il est décrit dans un ouvrage intitulé Théâtre des Cruautés Hérétiques – tourmentent et torturent les Catholiques. Les couchant sur le dos et les liant ainsi, ils placent sur leur ventre un bassin renversé renfermant à l’intérieur un loir vivant et allument du feu au-dessus du bassin, de sorte que le loir, tourmenté par la chaleur, déchire leur ventre et s’enterre dans leurs entrailles. Ce douloureux et horrible supplice a été appliqué de nos jours à un grand nombre de catholiques, pour leur faire abjurer leur foi. » (p. 244)
Source : Antonio Gallonio, Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les païens contre les chrétiens, précédé de Musée chrétien des supplices par Claude Louis-Combet, Grenoble, Éditions Jérôme Millon, Grenoble, 2002, 286 pages.