D’étonnantes qualités de cœur

Le Forum Catholique

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Vianney -  2015-04-21 15:27:23

D’étonnantes qualités de cœur

 
Présentant sa traduction du Cur Deus homo du saint Docteur (collection Sources chrétiennes n° 91), René Roques écrit :
“On s’étonne de trouver réunies, dans un même personnage, des composantes qui, de prime abord, sembleraient devoir s’exclure. L’invincible attrait d’Anselme pour le cloître, pour le silence et la méditation, devait en apparence lui interdire le ministère actif, et, plus encore, les charges, alors si complexes et si périlleuses, de l’épiscopat : or nous savons qu’il sut réussir dans chacune de ses tâches. Sa rigueur logique, obstinée en toute circonstance à ordonner les articles de foi selon des schèmes et par des moyens strictement rationnels, semblait devoir l’isoler des hommes, ou, du moins, rendre plus difficiles ses contacts avec eux. Mais l’histoire atteste précisément le contraire : personne ne fut plus aimé que lui ; personne, non plus, ne sut mieux que lui susciter cette affection par un comportement de bienveillance, de patience, de compréhension, d’« humanité ».”
Le traducteur croit en avoir trouvé l’explication dans les écrits mystiques du grand saint, davantage que dans ses œuvres théologiques :
“Celles-ci, en effet, présentent toujours une part de convention ; elles se plient à la technique d’un genre ; elles acceptent, en particulier, une armature et des procédés rationnels qui peuvent masquer l’excellence des vérités qu’elles recherchent ; enfin, elles présentent inévitablement ces vérités comme objectives, indépendantes et, pour ainsi dire, étrangères, par rapport à l’auteur qui les expose. Dans les Méditations et les Prières, au contraire, c’est Anselme lui-même qui se livre directement, se juge et se « refait », dans un vivant dialogue avec Dieu, le Christ, la Vierge et les Saints. En les écoutant avec intelligence et amour, il a réalisé, par voie d’imitation et d’assimilation, l’harmonie interne de sa propre personnalité. Plus exactement, c’est la grâce d’en-haut qui sut unifier en lui les composantes les plus diverses, voire les plus antinomiques, de son caractère, pour les orienter, avec une efficacité plus qu’humaine, vers la double et inséparable tâche de sa mission dans l’Église et de sa sanctification personnelle. D’un mot, c’est parce qu’il sut être un mystique qu’Anselme a réussi.”
V.
 

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