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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 776681 )21/04 St Anselme, évêque, confesseur et docteur par ami de la Miséricorde (2015-04-21 10:58:07) 



St Anselme, Év., Conf. et Doct.


Le Prologion de Saint Anselme page 427
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 776682 )Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey par ami de la Miséricorde (2015-04-21 10:59:16) 
[en réponse à 776681]

CHAPITRE V

52) Les devoirs du dirigé

551. Le dirigé verra Notre Seigneur lui-même dans la personne de son directeur : s'il est vrai en effet que toute autorité vient de Dieu, cela est plus vrai encore quand il s'agit de l'autorité que le prêtre exerce sur les consciences : le pouvoir de lier et de délier, d'ouvrir et de fermer les portes du ciel, de guider les âmes dans les voies de la perfection est le plus divin de tous les pouvoirs, et ne peut donc exister qu'en celui qui est le représentant attitré, l'ambassadeur du Christ. De ce principe découlent tous les devoirs à l'égard du directeur : respect, confiance, docilité.
552. A) Il faut le respecter comme le représentant de Dieu, revêtu de son autorité en ce qu'elle a de plus intime et de plus honorable. Si donc il a quelques défauts, on n’y arrête point sa pensée, on ne voit que son autorité et sa mission. On évitera donc avec soin ces critiques acerbes qui font perdre ou atténuent le respect filial qu'on doit avoir pour lui. On évitera aussi cette familiarité excessive qui est difficilement compatible avec le vrai respect. Ce respect sera tempéré par l'affection, l'affection simple et cordiale, mais respectueuse, d'un fils pour son père ; affection qui exclut le désir d'être aimé particulièrement, et les petites jalousies qui parfois en sont la suite. « Bref, cette amitié doit être forte et douce, toute sainte, toute sacrée, toute divine et toute spirituelle » (Vie dévote, Part. I, ch. IV).

553. B) Il sera accompagné aussi d'une confiance toute filiale et d'une grande ouverture de cœur. « Traitez avec luy (le directeur) à cœur ouvert, dit S. François de Sales, en toute sincérité et fidélité, luy manifestant clairement vostre bien et vostre mal, sans feintise ni dissimulation : et par ce moyen vostre bien sera examiné et plus assuré, et vostre mal sera corrigé et remédié... Ayez en luy une extrême confiance meslée d'une sacrée révérence, en sorte que la révérence ne diminue point la confiance, et que la confiance n'empêche point la révérence ». C'est donc avec une confiance entière qu'il faut lui ouvrir notre cœur, lui confier nos tentations et nos faiblesses pour qu'il nous aide à les surmonter ou à les guérir, nos désirs et nos résolutions, pour les soumettre à son approbation, le bien que nous essayons de faire pour qu'il l'affermisse, nos desseins pour l'avenir afin qu'il les examine et nous suggère les moyens de les réaliser, en un mot tout ce qui se rapporte au bien de notre âme. Mieux il nous connaîtra, et plus il sera en mesure de nous donner de sages conseils, de nous encourager, de nous consoler, de nous fortifier, si bien qu'au sortir de la direction, nous nous redirons les paroles des disciples d’Emmaüs : « N'est-il pas vrai que notre cœur était tout brûlant au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait... ? » (Luc, XXIV, 32).

Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey, Desclée and Co, 1923

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/mitre4.png  ( 776695 )D’étonnantes qualités de cœur par Vianney (2015-04-21 15:27:23) 
[en réponse à 776681]

 
Présentant sa traduction du Cur Deus homo du saint Docteur (collection Sources chrétiennes n° 91), René Roques écrit :
“On s’étonne de trouver réunies, dans un même personnage, des composantes qui, de prime abord, sembleraient devoir s’exclure. L’invincible attrait d’Anselme pour le cloître, pour le silence et la méditation, devait en apparence lui interdire le ministère actif, et, plus encore, les charges, alors si complexes et si périlleuses, de l’épiscopat : or nous savons qu’il sut réussir dans chacune de ses tâches. Sa rigueur logique, obstinée en toute circonstance à ordonner les articles de foi selon des schèmes et par des moyens strictement rationnels, semblait devoir l’isoler des hommes, ou, du moins, rendre plus difficiles ses contacts avec eux. Mais l’histoire atteste précisément le contraire : personne ne fut plus aimé que lui ; personne, non plus, ne sut mieux que lui susciter cette affection par un comportement de bienveillance, de patience, de compréhension, d’« humanité ».”
Le traducteur croit en avoir trouvé l’explication dans les écrits mystiques du grand saint, davantage que dans ses œuvres théologiques :
“Celles-ci, en effet, présentent toujours une part de convention ; elles se plient à la technique d’un genre ; elles acceptent, en particulier, une armature et des procédés rationnels qui peuvent masquer l’excellence des vérités qu’elles recherchent ; enfin, elles présentent inévitablement ces vérités comme objectives, indépendantes et, pour ainsi dire, étrangères, par rapport à l’auteur qui les expose. Dans les Méditations et les Prières, au contraire, c’est Anselme lui-même qui se livre directement, se juge et se « refait », dans un vivant dialogue avec Dieu, le Christ, la Vierge et les Saints. En les écoutant avec intelligence et amour, il a réalisé, par voie d’imitation et d’assimilation, l’harmonie interne de sa propre personnalité. Plus exactement, c’est la grâce d’en-haut qui sut unifier en lui les composantes les plus diverses, voire les plus antinomiques, de son caractère, pour les orienter, avec une efficacité plus qu’humaine, vers la double et inséparable tâche de sa mission dans l’Église et de sa sanctification personnelle. D’un mot, c’est parce qu’il sut être un mystique qu’Anselme a réussi.”
V.