Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2013-11-05 15:46:52

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.

Rebonjour,

1. Ce n'est pas de ma faute si "Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes", y compris

- quand ces hommes sont des hommes d'Eglise,

- quand ces effets sont déplorés avec intégrité et lucidité,

- quand ces causes sont situées au sein même d'une partie du Magistère.

2. Ils auront beau dire, ils auront beau faire : tant qu'ils ne s'affranchiront pas du dispositif magistériel qui est le symbole et le symptôme de l'ambiguité ou de l'aveuglement de leurs prédécesseurs présents au Concile, en ce qui concerne l'homme et le monde modernes, les hommes d'Eglise d'aujourd'hui ne pourront pas dire ni faire grand chose de vraiment substantiel, de vraiment tangible, pour contrecarrer cette apostasie silencieuse qu'ils constatent et déplorent au sein même de l'Eglise.

3. Je me demande parfois dans quelle langue il convient de le leur écrire, pour qu'ils commencent à comprendre qu'à la limite, il est plus cohérent de se réjouir à la fois du gaudium-et-spisme et de cette apostasie silencieuse (le catholicisme n'est-il pas de ce fait plus "authentiquement évangélique" ?) que de déplorer celle-ci tout en célébrant celui-là.

4. Je vous renvoie à ces quelques lignes du Pape Benoît XVI :

" Chez les français fut toujours plus mis en première ligne le thème du rapport entre l’Eglise et le monde moderne, à savoir le travail sur ce que l’on appelait le « Schema XIII », qui a ensuite donné naissance à la Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps. Ici on touchait le point de la véritable attente du Concile. L’Eglise, qui à l’époque baroque avait encore, d’une certaine manière, modelé le monde, à partir du XIXème siècle était entrée d’une façon toujours plus évidente dans une relation négative avec l'époque moderne, qui ne commença vraiment qu’à ce ce moment-là. Les choses devaient-elles demeurer ainsi? L’Eglise ne pouvait-elle accomplir un pas positif dans les temps nouveaux? Derrière la vague expression « monde d’aujourd’hui » se trouve la question du rapport avec l'époque moderne. Pour l’éclaircir il aurait été nécessaire de mieux définir ce qui était essentiel et constitutif de l'époque moderne. On n’y est pas parvenu dans le « Schéma XIII ». Même si la Constitution pastorale exprime beaucoup de choses importantes pour la compréhension du « monde » et apporte d’importantes contributions sur la question de l’éthique chrétienne, sur ce point elle n’a pas réussi à offrir un éclaircissement substantiel. "

Bon après-midi

Scrutator.
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