La dernière fois, le déluge a duré soixante jours.

Le Forum Catholique

Imprimer le Fil Complet

Scrutator Sapientiæ -  2013-10-29 06:56:47

La dernière fois, le déluge a duré soixante jours.

Bonjour et merci, Ritter.

Merci beaucoup pour votre humour et pour votre réalisme.

1. Il me semble que la dernière fois que cela nous est arrivé, le déluge a duré soixante jours, du 10 mai au 10 juillet 1940, et que nous ne nous en sommes pas encore totalement remis, quoi qu'on en pense par ailleurs.

2. A partir de là, on peut et on doit se poser la question du pourquoi, au contact de l'acharnement, de l'entêtement, de l'inspiration et de l'obstination de nos dirigeants nominaux, favorables à la déconstruction, sinon à la destruction, de la France, et cette question n'est pas avant tout ni seulement politique.

3. Nous sommes en présence de personnes dites de gauche,

- qui sont confrontées à des contraintes de plus en plus paralysantes, laissées par nos "partenaires" européens et par leurs prédécesseurs dits de droite,

- qui ont reçu un mandat, de la part de nos dirigeants effectifs, notamment de la part de ceux que j'appelle Les Grandes Banques Transatlantiques : pérenniser, au-delà de la raison et du réel, le couple infernal ultra-financiarisme - ultra-keynésianisme,

- qui sont les serviteurs d'une religion séculière située au carrefour du constructivisme rationaliste et du "culturalisme" "sociétaliste" ; il y a, dans tout cela, un gauchissement de l'individualisme utilitariste et de l'instrumentalisme futilitariste, et nos dirigeants nominaux actuels n'en ont pas été les instaurateurs, mais en sont ou s'en veulent les continuateurs.

4. J'irai encore un peu plus loin, en parlant de dégénérescence de la démocratie, presque partout dans le monde : nous sommes aujourd'hui davantage en présence du couple oligarchie ploutocratique - ochlocratie démagogique qu'en présence d'un régime propice, pour ainsi dire, à l'effort, à l'unité, au salut.

5. La crise, ou plutôt la mutation, que nous subissons et traversons aujourd'hui, est aussi une crise du sens, mais, en un sens, j'ai confiance en une issue prochaine : dans le cadre de cette crise, quand nous aurons eu une fois 25 ans derrière nous (par exemple 1989 - 2014 ou 1991 - 2016), nous n'aurons pas beaucoup plus de deux fois 24 mois devant nous...

6. Je termine ce message sur une considération "augustinienne" :

" Dans les Rétractations, vaste relecture par Augustin de l'ensemble de son œuvre pour en dire les erreurs ou les regrets, l'évêque d'Hippone rappelle lui-même le plan qu'il a suivi pour les vingt-deux livres de La Cité de Dieu :

« Les cinq premiers (1-5) réfutent ceux qui veulent que les destinées des choses humaines tiennent au maintien du culte que les païens ont voué aux faux dieux et qui prétendent que tous les maux arrivent et abondent, parce que ce culte est prohibé.

Les cinq suivants (6-10) sont dirigés contre ceux qui avouent que ces maux n’ont jamais été et ne seront jamais épargnés aux mortels, et que grands ou moindres, ils varient selon les lieux, les temps et les personnes ; mais qui soutiennent en même temps que le culte des faux dieux avec ses sacrifices, est utile à la vie qui doit suivre la mort.

Ces dix livres mettent à néant ces deux opinions erronées et opposées à la religion chrétienne.

Mais, pour ne pas être exposé au reproche de nous être borné à réfuter les doctrines de nos adversaires et de n’avoir pas établi les nôtres, la seconde partie de l'ouvrage, qui contient douze livres(11-22), s’occupe de cette matière.

Toutefois, quand il en était besoin, nous n’avons pas manqué, dans les dix premiers livres, d’affirmer nos doctrines, ni dans les douze derniers de réfuter nos adversaires.

De ces douze derniers, les quatre premiers (11-14) contiennent l'origine des deux cités, dont l’une est la cité de Dieu, l'autre la cité de ce monde.

Les quatre seconds (15-18), leurs progrès et leurs développements.

Les quatre troisièmes, qui sont les derniers (19-22), les fins qui leur sont dues.

De plus, quoique les vingt-deux livres traitent des deux cités, ils n’empruntent leur titre qu'à la meilleure, la cité de Dieu. » — Saint Augustin, Rétractations, II, 43, 1-3. "

A mon avis, on en est là : un Empire va s'effondrer, ceux qui le dirigent ne le supportent pas, et préfèrent "externaliser", "hégémoniser" des incitations ou des orientations aliénantes ou asservissantes, mortifères ou suicidaires, nocives ou perverses, dominatrices des autres ou déstructurantes pour soi, au lieu de se laisser convertir et de faire en sorte que les dirigés, les dominés, se laissent convertir.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=736167