Ce que disent Mgr de Ségur et Léon XIII

Le Forum Catholique

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Meneau -  2012-10-14 12:10:34

Ce que disent Mgr de Ségur et Léon XIII


Donc remballez vos interprétations extensives et ne faites pas dire à Mgr de Ségur ni au CEC autre chose que ce qu'ils disent (de façon assez concordante et cohérente d'ailleurs) : à la fin des temps, l'Eglise semblera disparaître et c'est au moment même de cette disparition que surviendra le jugement dernier. Ainsi, la disparition de l'Eglise ne durera que le temps de l'Avènement : un éclair ! La disparition de l'Eglise terrestre est une des modalités du retour du Christ pour juger les vivants et les morts, et point de résurrection possible pour cette Eglise militante puisque nous passerons à l'ère de l'Eglise triomphante.



Si vous permettez, Mgr de Ségur ne dit, il me semble, pas tout à fait ce que vous dites, et pas non plus ce que dit JPP.

Mgr de Ségur parle d'une persécution sans précédent de l'Eglise, qui fera apostasier beaucoup, y compris au sein même de l'Eglise.


Alors commencera la plus terrible persécution que l'Église ait jamais connue; digne pendant des atroces souffrances que son divin Chef eut à souffrir en son corps très-sacré, à partir de la trahison de Judas. Dans l'Église aussi il y aura des trahisons scandaleuses, de lamentables et immenses défections; devant l'astuce des persécuteurs et l'horreur des supplices, beaucoup tomberont, même des prêtres, même des Évêques; "les étoiles des cieux tomberont", dit l'Évangile. Et les catholiques fidèles seront haïs de tous, à cause de cette fidélité même (Ev. Matth., XXIV, 5, 9.).



MAIS il écrit également :

Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l'Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie.



Toujours visible et composée de ses éléments essentiels. La phrase me paraît importante. Par ailleurs, peut-on parler aujourd'hui d'apostasie massive sous le joug d'une persécution, et de supplices ? Je ne le pense pas pour ma part, sans nier cependant que l'Eglise ne se porte pas au mieux... De sorte que je ne partage ni la vision Morliesque ni la vision Bourbonnesque des temps actuels. En tout cas ce n'est pas Mgr de Ségur qui peut appuyer ces deux théories. Il rappelle en effet par ailleurs à quoi la chose devrait ressembler, et il ne me semble pas voir ces signes aujourd'hui :

Les Apôtres ayant demandé un jour à Notre-Seigneur à quels signes les fidèles pourraient reconnaître l'approche des derniers temps, il leur répondit : d'abord qu'il y aurait de grandes séductions, et que beaucoup de faux docteurs, beaucoup de semeurs de fausses doctrines rempliraient le monde d'erreurs et en séduiraient un grand nombre (Ibid., 10, 11.); - puis, qu'il y aurait de grandes guerres et qu'on n'entendrait parler que de combats; que les peuples se jetteraient les uns sur les autres, et que les royaumes s'élèveraient contre les royaumes (Ibid., 6, 7.); - qu'il y aurait de tous côtés des fléaux extraordinaires, des maladies contagieuses, des pestes, des famines, et de grandes tremblements de terre (Ibid., 7.). "Et tout cela, ajouta le Sauveur, ce ne sera encore que le commencement des douleurs (Ibid., 8.)" Satan et tous les démons en seront la cause. Sachant qu'il ne leur reste plus que peu de temps, ils redoubleront de fureur contre la sainte Église; ils feront un dernier effort pour l'anéantir, pour détruire la foi et toute l'oeuvre de DIEU. La rage de leur chute ébranlera la nature (Apoc., XII, 9, 12.), dont les éléments, comme nous l'avons dit, resteront jusqu' à la fin sous les influences malfaisantes des mauvaises esprits.





Léon XIII pour sa part dans Miserentissimus Redemptor, cité très (trop) partiellement dans l'article de Wikipedia, parle bien de la Passion du Corps Mystique, calquée sur la Passion de NSJC, mais place cette Passion au quotidien, comme accompagnant toute la vie de l'Eglise au cours des siècles :

Ajoutons encore que la Passion du Christ se renouvelle, et d'une certaine manière elle se poursuit et s'achève, dans son corps mystique qui est l'Église. Car, pour nous servir encore des paroles de saint Augustin : "Le Christ a souffert tout ce qu'il devait souffrir ; la mesure de ses souffrances est désormais à son comble. La dette de souffrances était donc payée dans la Tête, mais elle demeurait entière dans son corps". Le Seigneur Jésus lui-même a bien voulu nous l'apprendre, quand il disait à Saul, respirant encore la menace et la mort contre les disciples : Je suis Jésus que tu persécutes. Il laissait ainsi nettement entendre que les persécutions déchaînées contre l'Église visaient et atteignaient le divin Chef de l'Église lui-même. C'est donc à bon droit que, souffrant toujours en son corps mystique, le Christ veut nous avoir pour compagnons de son expiation. Notre situation envers lui l'exige également, car, puisque nous sommes le corps du Christ et ses membres chacun pour notre part, tout ce que souffre la tête, les membres le doivent souffrir aussi".



De sorte qu'on ne peut non plus appeler Léon XIII à la rescousse de la thèse selon laquelle l'Eglise vivrait actuellement sa Passion.

Par contre, que l'Eglise vive une crise sans précédent dans son histoire, c'est évident.

Cordialement
Meneau
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