Voici le résumé de l'article sur lequel j'ai pris appui.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2012-07-12 22:55:44

Voici le résumé de l'article sur lequel j'ai pris appui.

Bonsoir et merci à FerdinandP,

1. Voici la phrase extraite du résumé (officiel, issu de la Revue Thomiste elle-même) de l'article sur lequel j'ai pris appui pour écrire mon message.

Je cite en effet la Revue Thomiste de janvier - juin 2006, à la page 270 :

" une exégèse attentive des textes de Justin conduit plutôt à voir dans la "semence du Verbe" la raison naturellement implantée en chaque homme, participation partielle à cette raison totale qu'est le Verbe divin, et sur laquelle la réflexion philosophique, illustrée par Socrate et les stoiciens, a pu fonder sa recherche du vrai et du bien, A L'ENCONTRE DES RELIGIONS PAIENNES, AU CONTRAIRES PERCUES COMME INSPIREES PAR LE DEMON. "

2. Je ne vois pas en quoi ce passage de la RT contredit ce que vous écrivez vous-même, quand vous rappelez ceci :

" Pour les Pères, trois exemples :

Saint Justin estime dans sa Première Apologie que "tout ce qui a été exprimé de beau par quiconque nous appartient à nous chrétiens" et ailleurs, il estime que les philosophes païens "pouvaient voir la vérité confusément grâce à la semence du verbe déposée en eux par nature". (mais la plénitude de la vérité ne vient que par la grâce, bien entendu)

Seconde Apologie 8 : "Les Stoïciens ont établi en morale des principes justes : les poètes en ont exposé aussi, car la semence du Verbe est innée dans tout le genre humain... Rien d'étonnant, si les démons, convaincus de cette malice, inspirent plus de haine encore non plus contre ceux qui participent partiellement à ce Verbe répandu partout, mais contre ceux qui ont la connaissance et l'intuition parfaite de tout le Verbe, qui est le Christ... Tous les principes justes que les philosophes et les législateurs ont découverts et exprimés, ils les doivent à ce qu'ils ont trouvé et contemplé partiellement le Verbe."

13 : "Ce n'est pas que la doctrine de Platon soit étrangère à celle du Christ, mais elle ne lui est pas en tout semblable, non plus que celle des autres, Stoïciens, poètes ou écrivains. Chacun d'eux en effet a vu du Verbe divin disséminé dans le monde ce qui était en rapport avec sa nature, et a pu exprimer ainsi une vérité partielle ; mais en se contredisant eux-mêmes dans les points essentiels, ils montrent qu'ils n'ont pas une science supérieure et une connaissance irréfutable. Tout ce qu'ils ont enseigné de bon nous appartient, à nous chrétiens."

Saint Irénée dans son Adversus Haereses traite longuement de l'Incarnation du Verbe : "Le Christ a mélangé et uni l'homme à Dieu. Car si ce n'est pas un homme qui avait vaincu l'ennemi de l'homme, l'ennemi n'aurait pas été vaincu en justice. mais ce n'était pas Dieu qui avait octroyé le salut, nous ne l'aurions pas reçu de façon stable. Et si chaque homme n'avait pas été uni à Dieu, il n'aurait pas pu recevoir l'incorruptibilité en partage".

Clément d'Alexandrie va encore très loin concernant la philosophie grecque : "si de façon générale toutes les choses bonnes et utiles à la vie viennent à nous de Dieu, la philosophie plus encore est donnée aux Grecs comme une alliance propre à eux, étant un échelon de la philosophie du Christ." (Stromates, I 28, 1). "

3. En outre, je ne vois pas davantage en quoi le même passage de la RT contredit cette phrase de Saint-Paul : " En parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j'ai même découvert un autel avec cette inscription : Au dieu inconnu ! Celui que vous révérez sans le connaître (et sans le nommer ; celui-là, et pas un des autres, connus et nommés), je viens vous l'annoncer. "

4. Enfin, je vous rappelle le caractère somme toute assez prudent de ma formulation ; je n'accuse pas Jean-Paul II d'être "hérétique", ou quoi que ce soit, mais je considère, comme je l'ai écrit, cette formulation : "l'ancienne doctrine formulée par les Pères de l'Eglise, selon laquelle il est nécessaire de reconnaître «les semences du Verbe» présentes et agissantes dans les diverses religions."

5. Je ne suis ni "perturbé", ni "téméraire", je dirais même que je vis au contact de ces questions et de ces réponses d'une manière beaucoup plus sereine qu'il y a vingt ans, quand j'étais encore étudiant, ce qui, au demeurant, n'a rien d'original.

6. Si vous préférez, je ne déplore par le recours, par Jean-Paul II, à la notion de "semences du verbe", mais l'usage extensif qu'il en fait, puisqu'il évoque " "les semences du Verbe" présentes et agissantes dans les diverses religions ", ce qui ne comporte pas, à proprement parler, de restrictions, alors que, à l'origine, cette expression avait une signification plus délimitée ou déterminée, pour ainsi dire.

7. Je ne peux pas en dire plus sur la citation elle-même ; quant aux conséquences pastorales de l'exposition de nos contemporains, y compris catholiques, à l'usage extensif qui en a été fait ou qui en est toujours fait, je maintiens, pour ma part, mais vous serez peut-être d'accord avec moi, qu'elles s'apparentent au remplissage de "l'antichambre de l'indifférentisme, du relativisme et du subjectivisme" dont j'ai déjà parlé ailleurs.

8. Enfin, je vous en remercie par avance, si vous pouvez m'aider à retrouver les références exactes des deux citations de Saint Alphonse de Liguori que je viens de rappeler, dans un autre message, sur un sujet assez voisin de celui évoqué ici même.

Je vous remercie pour votre message, et je vous souhaite une bonne nuit.

Scrutator.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=640353