Le Forum Catholique
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Luc Perrin - 2012-06-15 15:34:10
question très mal posée
Une prélature personnelle est évidemment "protégée" d'évêques diocésains hostiles dans la forme de 1982. Point besoin de 48 pages pour cela : les évêques diocésains n'ont pas de compétence directe décisive sur les maisons érigées de la Prélature.
Ainsi l'évêque ne pourrait rien directement contre Saint-Nicolas du Chardonnet pour prendre une communauté emblématique.
Mais cela n'est pas le problème rencontré par tous les instituts traditionnels quand ils ont été érigés, sauf le malheureux I.B.P. à Paris.
En revanche depuis 1988, tous se heurtent - comme les groupes de fidèles pour E.D. puis S.P. - à l'inertie ou à l'hostilité ouverte de très nombreux évêques diocésains : qu'on se rappelle des énormes obstacles rencontrés par dom Gérard, pour la fondation d'un simple prieuré, en France avec le refus de Strasbourg par ex.
Or la prélature personnelle est à cet égard exactement dans la même situation canonique : elle ne peut ouvrir aucune maison et moins encore de lieux de culte ouverts au fidèles qu'avec l'accord formel de l'Ordinaire du lieu.
Les conséquences seraient avec ce régime de 1982 un quasi-gel de la F.S.S.P.X qui ne pourra plus répondre aux demandes des fidèles ni rien acquérir nulle part en dehors des quelques diocèses où sa présence serait bienvenue. Gageons qu'en Asie, Afrique, Amérique latine et même dans la plupart des pays européens, il n'y en aura pas beaucoup. Là encore l'histoire de l'I.B.P. depuis 2006 est un indice concluant de la ténacité des oppositions.
De ce fait le mouvement traditionaliste serait enfermé dans un étroit ghetto avec très peu de marge de croissance. Le bénéfice immense de la pleine communion de la Fraternité serait considérablement amoindri.
L'abbé Koller, sur ce point, disait juste et ses craintes sont fondées.
Toutefois je pense que Mgr Fellay et son Conseil sont bien au courant et qu'une adaptation du régime de 1982 est possible en s'inspirant de Campos et d'Anglicanorum coetibus. Une concertation régulée avec les diocèses territoriaux (éventuellement les conférences épiscopales) est plus que souhaitable car la libre installation de la FSSPX est difficile à faire accepter.
Ce n'est donc pas la FSSPX d'aujourd'hui qu'il faut "protéger" mais son avenir, sa capacité de croissance pour servir le vrai renouveau de l'Église, avec les autres instituts, les évêques qui sont bienveillants, les divers mouvements non traditionnels mais orthodoxes. Espérons qu'un juste compromis canonique sera trouvé qui préserve cet avenir.
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