Il y a disproportion énorme
Le Forum Catholique
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Bertrand Decaillet - 2012-06-13 11:38:23
Il y a disproportion énorme
Oui, vous avez raison. L'argument est d'un faiblesse éprouvante.
Je relève, pour ma part, une disproportion énorme, et pour ainsi dire ridicule, entre:
1) l'énormité du positionnement qui supposerait un immense discernement et surtout une certaine autorité (intellectuelle, morale, humaine...) : contre la soumission directe à Mgr Fellay, contre le Pape... etc., et surtout la prise en otage des fidèles par voie publique disons même par confiscation du sermon, plutôt que le recours à l'éventuelle contestation franche et courageuse en vis-à-vis, en discrétion respectueuse, avec son Supérieur légitime.
2) et la faiblesse voire l'absence de raisonnement de ces prises de position passionnée, qui de fait ne relève que de l'affirmation.
Une disproportion qui rend de telles interventions grotesques, et laisse à penser que le problème de tel ou tel clerc pourfendeur à la Don Quichotte des ennemis de l'Eglise, des infiltrés, précheur justicier, auto-proclamé héritier intègre du P. Barrielle, de Mgr Lefebvre, de l'abbé La Praz, de ND de la Salette, du "petits nombre" de l'Apocalypse etc. etc. etc. et de "la Foi", trouve probablement sa source dans un déséquilibre personnel voire pathologique (sans ironie aucune de ma part, la maladie est toujours une souffrance, même lorsqu'elle s'exprime dans l'arrogance)
Je note justement le recours systématique des frondeurs à l'irrationnel et à la mystification, à défaut d'argumentaire objectif intelligent et étayé par le réel.
Quelques petits exemples de ces travers systématiques, sans prétendre bien sûr à rien d'autre pour ma part :
- Mgr Williamson : cite "l’archevêque"... un peu en dehors du propos, et surtout titre ainsi pour faire choc. De fait il s'agit d'une lettre privée... et je pourrais personnellement ajouter, par exemple, qu'à l'heure où les soeurs du Barroux consultaient Mgr Lefebvre "contre" Dom Gérard, la propre soeur de Mgr Lefebvre, Mère Marie-Christiane, de sainte mémoire, consultait elle Dom Gérard... etc. - mais à quoi bon ce type de défaut-d'argument hors sujet, "idéologisé"? Il est certain que le Barroux a dérivé, notamment sur la messe. Quelle relation, néanmoins, avec ce qui se passe aujourd'hui pour la FSSPX, sauf à tirer de grandes analogies sans grand intérêt ni nuance. Mais non, c'est plus commode de faire des amalgames chocs, et de mettre la parole de l'archevêque au présent. Peu importe l'approximation et la caricature, on fait feu de tout bois, quitte à déformer voire même à "mentir" un peu. Si c'est pour la bonne cause. Et on reviendra à l'assaut, par un autre biais, dans la prochaine feuille...
Autre exemple. Mgr Williamson dit notamment : "Mais voici qu’un chef religieux vers le début de ce mois a prononcé en public...etc. Pourquoi ne dit-il pas simplement: Mgr Fellay, mon Supérieur devant Dieu, a dit que...? Parce qu'une ligne plus bas il déforme vertement son propos (soit il fait semblant de ne pas comprendre, soit il est vraiment idiot) afin de le condamner à moindre frais. Ce ne sont que deux petits exemples symptomatiques, mais qui trahissent un certain "esprit", qui, sans en dire plus, n'est simplement pas l'esprit de vérité.
Arsène Lupin: ne dit rien sur le fond, tout en prenant clairement position contre son Supérieur légitime, sous couvert d'anonymat. Trop fort, l'Arsène! A défaut d'argument, il affirme néanmoins que se référer, par citations, à Mgr Lefebvre, ne peut constituer un argumentaire sérieux pour les "accordistes". On ne peut que souscrire à une telle évidente évidence. Arsène Lupin est assurément philosophe... et au passage, sans s'en rendre compte, il remet à sa juste place le dernier papier de Mgr Williamson, car assurément, l'argument reste vrai aussi pour les "non-accordistes". Donc rien à dire, l'Arsène, mais il le dit.
- L'abbé Méramo: est d'emblée dans la caricature et la violence verbale. C'est même choquant de le lire. A ce titre, la seule analyse du style de l'abbé trahit douloureusement le fond d'un coeur. Le style, c'est l'homme. Et l'argumentaire en reste là. On attrape rapidement la nausée à lire la bile noire. Un gros contentieux qui, finalement, ne nous regarde pas.
- L'abbé Chazal: est encore plus violent que le précédent. Je note l'intelligence curieuse de cette phrase qui tient lieu d'argument définitif pour le bon abbé : "Si Notre Dame a dit « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist », c’est que Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist [...]" Ben oui quoi! La sainte Vierge a dit, à la Salette qu'il fallait désormais à tout prix se séparer du Pape pour être catholique. Inutile d'aller plus loin...
- l'abbé Koller: avait en effet un ami qui, par le feu de la souffrance physique et la maladie, longue, terrible, vécue avec un amour héroïque jusqu'à la consommation, en effet, est mort comme un saint. Cette sainteté-là, n'est pas de l'ordre du désaveu public de son Supérieur, et si "coup de crosse" il reçut (nous apprenons la chose ici), sa maladie lui aura certainement appris à les recevoir comme le Christ lui-même reçut le soufflet du serviteur du Grand Prêtre: avec amour, peut-être même avec zèle. C'est ainsi que l'on reconnait une vocation, dit s. Benoît: le goût des opprobres! M'eût étonné, en tout cas, que celui qui est mort dans l'immolation totale eût commis l'imprudence pastorale de ressortir un tel reproche, plus de vingt ans plus tard, en sermon, en guise d'argument pour "réfléchir sur les principes de Foi"! Enfin, il y a là deux attitudes diamétralement opposées, et seul l'abbé Koller n'en prend pas la leçon.
Par ailleurs la citation du P. Barrielle, bien lue, serait justement à interpréter en défaveur du positionnement de rébellion publique de tel ou tel prêtre de la FSSPX, contre le Supérieur de la FSSPX, hier comme aujourd'hui.
Bref, à défaut d'argument objectif et de contact direct, franc et loyal avec le Supérieur, on pratique la mystification, les invectives verbales, la caricature du réel, l'apparitionisme, et la prise en otage des fidèles.
Chers clercs qui vous adressez ainsi aux fidèles, vous nous invitez au discernement, à défaut de pouvoir décemment inviter à la rébellion.
Nous répondons de grand cœur à votre invitation. Pour ce faire, nous mettons en avant - dans cette période où la confiance en l'autorité est érodée - deux précieux signes de discernement de l'esprit de Dieu, deux précieux signes justement exprimé par Mgr Fellay, et non seulement exprimés, mais calmement, sereinement, rationnellement, fidèlement vécus par ceux qui veulent être, jour après jour jusqu'à la mort, les fidèles enfants de Dieu. Là est la vraie filiation - la seule qui nous préoccupe - de Mgr Lefebvre, de son esprit et de son œuvre de sainteté. Ces deux précieux signes réaffirmés récemment par Mgr Fellay, sont le sens du surnaturel et le réalisme.
Ainsi nous avons reconnu, depuis le début de cette terrible crise que traverse l'Eglise, le Bon Pasteur, celui qui donne sa vie pour ses brebis; et non dans vos manières qui, dépourvues de l'un et de l'autre, sentent fort "la combine", la passion personnelle, l'orgueil, l'aveuglement, l'idéologie, l'enlisement ...: l'esprit de Satan.
Bon vent, chers clercs obscures!
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