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"Fenêtres ouvertes sur le mystère" : c’est le titre du colloque par lequel, il y a deux jours, l’Université Pontificale de la Sainte Croix a mis fin au silence qui entourait l’un des plus grands théologiens du XXe siècle, le Français Jean Daniélou, jésuite, créé cardinal par Paul VI en 1969.
Un silence qui aura duré près de quarante ans et qui a commencé au moment de sa disparition, en 1974.
La rupture entre Daniélou et d’autres de ses confrères jésuites de Paris et de France fut en effet la véritable cause de l'oubli dans lequel est tombé ce grand théologien et cardinal.
Une rupture qui avait précédé sa mort d’au moins deux ans
Ce qui avait provoqué le conflit, c’est une interview que Daniélou avait accordée à Radio Vatican, dans laquelle il critiquait durement la "décadence" qui dévastait tant d’ordres religieux masculins et féminins, à cause d’"une fausse interprétation de Vatican II".
L'interview fut perçue comme une accusation portée contre la Compagnie de Jésus elle-même, dont le général était à l’époque le père Pedro Arrupe, qui était également à la tête de l'Union des supérieurs généraux d’ordres religieux.
Le jésuite Bruno Ribes, directeur d’"Études", fut l’un des plus actifs dans la politique de la terre brûlée pratiquée autour de Daniélou.
Les positions des deux hommes étaient devenues antithétiques. En 1974, l'année de la mort de Daniélou, le Père Ribes mit "Études" en situation de désobéissance ouverte envers l'enseignement de l'encyclique "Humanæ Vitæ" relative à la contraception.
Et il collabora avec d’autres théologiens "progressistes" – parmi lesquels les dominicains Jacques Pohier et Bernard Quelquejeu – à la rédaction de la loi qui, cette même année, introduisit en France la liberté d’avorter, Simone Veil étant ministre de la Santé, Valéry Giscard d'Estaing président de la république et Jacques Chirac premier ministre.
L'année suivante, en 1975, le père Ribes cessa de diriger "Études". Et, par la suite, il quitta d’abord la Compagnie de Jésus puis l’Église catholique.
On pourra lire l'interview qui valut à Daniélou sa mise au ban.
À quarante ans de distance, la décadence des ordres religieux qu’elle dénonçait se poursuit, comme le prouve, aux États-Unis, l’affaire de la "Leadership Conference of Women Religious"