J'espère de tout coeur que vous avez raison.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2012-04-21 09:50:44

J'espère de tout coeur que vous avez raison.

Bonjour jejomau,

1. J'essaye d'être scrutateur plutôt que notateur, et il ne m'appartient pas ou ne m'incombe pas de vous dire, avec "supériorité" ou "unilatéralement", si "le point de vue de Monsieur l'abbé de Tanouarn est intéressant", ou si votre titre "est assez juste à cet égard", comme si j'étais "une conscience", d'autant plus que Monsieur l'abbé de Tanouarn dispose sans doute d'informations que je n'ai pas, et que vous-même formulez votre espérance, qui est aussi la mienne, en des termes qui ne sont encore tout à fait les miens, ce qui ne signifie pas que votre espérance est prématurée : c'est peut-être bien moi qui n'espère pas assez.

2. Mais enfin, tout de même, n'allons pas trop vite en besogne, et ne nous emballons pas. Or, à titre personnel, je suis en attente des "confirmations officielles" ou des "évènements à venir", sur les réalités, plus ou moins en devenir, qui suscitent le recours aux expressions suivantes :

- "l'acceptation de Mgr Fellay ne marque pas la fin du débat doctrinal"

- "le débat doctrinal (est) appelé à croître et embellir"

- "c'est la fin des discussions doctrinales tenues ès-qualité entre Rome et la Fraternité Saint Pie X"

- "il faut passer de la problématique des discussions doctrinales à celle de l'accord pratique"

- "signer le Préambule, cela signifie justement, pour Mgr Fellay, passer à la phase des accords pratiques"

- "le sujet n'est plus Vatican II. Pourquoi ? Parce que la FSSPX reconnaît désormais le n°25 de Lumen gentium et le "respect" dû au magistère authentique non infaillible"

- "l'Eglise tout entière semble bifurquer en se réconciliant avec elle-même"

3. Oui, vraiment, n'allons pas trop vite en besogne, car s'il arrive qu'une hirondelle fasse le printemps, il arrive aussi que les mois d'avril soient meurtriers, et non vivifiants, vis-à-vis d'un "débat doctrinal appelé à croître et embellir".

4. Et puis, n'oublions pas cette partie du Code de Droit canonique, qui peut très bien être à la fois un noyau et un verrou :

" LIVRE III LA FONCTION D'ENSEIGNEMENT DE L'ÉGLISE

Can. 747 - § 1. L'Église à qui le Christ Seigneur a confié le dépôt de la foi afin que, avec l'assistance du Saint-Esprit, elle garde saintement la vérité révélée, la scrute plus profondément, l'annonce et l'expose fidèlement, a le devoir et le droit inné, indépendant de tout pouvoir humain, de prêcher l'Évangile à toutes les nations, en utilisant aussi les moyens de communication sociale qui lui soient propres.

§ 2. Il appartient à l'Église d'annoncer en tout temps et en tout lieu les principes de la morale, même en ce qui concerne l'ordre social, ainsi que de porter un jugement sur toute réalité humaine, dans la mesure où l'exigent les droits fondamentaux de la personne humaine ou le salut des âmes.

Can. 748 - § 1. Tous les hommes sont tenus de chercher la vérité en ce qui concerne Dieu et son Église, et lorsqu'ils l'ont connue, ils sont tenus, en vertu de la loi divine, par l'obligation d'y adhérer et de la garder, et ils en ont le droit.

§ 2. Il n'est jamais permis à personne d'amener quiconque par contrainte à adhérer à la foi catholique contre sa conscience.

Can. 749 - § 1. Le Pontife Suprême, en vertu de sa charge, jouit de l'infaillibilité dans le magistère lorsque, comme Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles auquel il appartient de confirmer ses frères dans la foi, il proclame par un acte décisif une doctrine à tenir sur la foi ou les moeurs.

§ 2. Le Collège des Évêques jouit lui aussi de l'infaillibilité dans le magistère lorsque les Évêques assemblés en Concile OEcuménique exercent le magistère comme docteurs et juges de la foi et des moeurs, et déclarent pour l'Église tout entière qu'il faut tenir de manière définitive une doctrine qui concerne la foi ou les moeurs; ou bien encore lorsque les Évêques, dispersés à travers le monde, gardant le lien de la communion entre eux et avec le successeur de Pierre, enseignant authentiquement en union avec ce même Pontife Romain ce qui concerne la foi ou les moeurs, s'accordent sur un point de doctrine à tenir de manière définitive.

§ 3. Aucune doctrine n'est considérée comme infailliblement définie que si cela est manifestement établi.

Can. 750 - On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition, c'est-à-dire dans l'unique dépôt de la foi confié à l'Église, et qui est en même temps proposé comme divinement révélé par le magistère solennel de l'Église ou par son magistère ordinaire et universel, à savoir ce qui est manifesté par la commune adhésion des fidèles sous la conduite du magistère sacré; tous sont donc tenus d'éviter toute doctrine contraire.

Can. 751 - On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d'une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité; apostasie, le rejet total de la foi chrétienne; schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis.

Can. 752 - Ce n'est pas vraiment un assentiment de foi, mais néanmoins une soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté qu'il faut accorder à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi ou de moeurs, même s'ils n'ont pas l'intention de la proclamer par un acte décisif; les fidèles veilleront donc à éviter ce qui ne concorde pas avec cette doctrine.

Can. 753 - Les Évêques qui sont en communion avec le chef du Collège et ses membres, séparément ou réunis en conférences des Évêques ou en conciles particuliers, bien qu'ils ne jouissent pas de l'infaillibilité quand ils enseignent, sont les authentiques docteurs et maîtres de la foi des fidèles confiés à leurs soins; à ce magistère authentique de leurs Évêques, les fidèles sont tenus d'adhérer avec une révérence religieuse de l'esprit.

Can. 754 - Tous les fidèles sont tenus par l'obligation d'observer les constitutions et les décrets que porte l'autorité légitime de l'Église pour exposer la doctrine et proscrire les opinions erronées, et à un titre spécial, ceux qu'édictent le Pontife Romain ou le Collège des Évêques.

Can. 755 - § 1. Il appartient en premier lieu au Collège des Évêques tout entier et au Siège Apostolique d'encourager et de diriger chez les catholiques le mouvement oecuménique dont le but est de rétablir l'unité entre tous les chrétiens, unité que l'Église est tenue de promouvoir de par la volonté du Christ.

§ 2. Il appartient de même aux Évêques et, selon le droit, aux conférences des Évêques, de promouvoir cette même unité et de donner, selon les divers besoins ou les occasions favorables, des règles pratiques, en tenant compte des dispositions portées par l'autorité suprême de l'Église."

5. Enfin, si vraiment, sous l'impulsion de Benoît XVI, l'Eglise se met davantage, ou se remet pleinement, en ordre de marche, contre l'esprit du monde, y compris quand il règne au sein même de l'Eglise, à un moment donné, il conviendra d'afficher et d'assumer pleinement, non plus seulement ce recentrage, mais cette restauration, y compris en ce qu'elle constitue une "démarcation programmatique" non négligeable à l'égard d'une assez grande partie du renouveau conciliaire et de l'herméneutique "continuiste" qui en constitue la justification.

Bonne journée et à bientôt, vraiment merci pour vos messages.

Scrutator.
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