Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=630741
images/icones/iphone.jpg  ( 630741 )France Info vient d'évoquer les rapports Rome/FSSPX par XA (2012-04-20 15:51:33) 

On y entend des fidèles de St Nicolas du Chardonnet... et le pitre de Golias.

Comment un journaliste peut-il pousser la médiocrité à ce point ? La CEF n'a-t-elle pas un porte-parole ?

XA
images/icones/neutre.gif  ( 630748 )Golias par eux-mêmes : "clercs et laïcs en rupture de ban" par Gaspard (2012-04-20 16:50:28) 
[en réponse à 630741]

Source

Toutes leurs publications reflètent cette ligne éditoriale anticatholique, mais qui a au moins le mérite de la clarté.

Si un média a besoin d'un anticlérical, Golias est un bon client, même s'il ne s'agit que d'une revue confidentielle disponible uniquement sur abonnement.

Sur France Info, on ne voit pas bien pourquoi cette radio donne la parole à des fidèles de la FSSPX et à un anticlérical, sans passer par la case Conférence des évêques de France.
images/icones/neutre.gif  ( 630751 )[réponse] par Mauges (2012-04-20 17:08:24) 
[en réponse à 630741]

Cher XA, vous demandez si la CEF n'a pas un porte-parole.
Oui, mais qu'en espérer? Et que représente la CEF?
Si ce porte-parole était interrogé par les journalistes, les propos de Mgr Podvin contribueraient-ils à l'unité de l'Eglise? Ou seraient-ils gallicans comme on peut le craindre?
images/icones/1v.gif  ( 630755 )un petit article fielleux qui tombe justement pic par jejomau (2012-04-20 18:10:33) 
[en réponse à 630741]

aujourd'hui ICI pour essayer de souligner que les "intégristes" (apparemment la journaliste a de la peine à dire "les catholiques") sont des "mouvements" setaires (puisqu'ils ne dialoguent pas (sic!))..

Les médias se mettent-ils doucement au travail de sape après avoir digéré la pilule ? On a eu Golias, puis France-désinfo. maintenant cette petite pique.... C'est parti ?
images/icones/fleche2.gif  ( 630771 )S'intéresser à l'autre, mais pour écouter ou pour lui dire quoi ? par Scrutator Sapientiæ (2012-04-20 22:18:49) 
[en réponse à 630755]

Bonsoir et merci, jejomau.

I. Je formule quelques remarques :

A. " Certains catholiques ont des craintes envers le dialogue interreligieux, redoutant qu’il ne conduise au relativisme. "

1. Non seulement certains catholiques, mais aussi le premier d'entre eux.

2. Et en ce qui me concerne, ce n'est plus une crainte, mais une certitude.

3. L'altéronomie, l'antagophobie, la dialoguomanie, l'irénolâtrie, reposent sur la confusion contemporaine entre la sincérité subjective et la véracité objective, celle-là tendant à se substituer à celle-ci.

B. " Or dialoguer n’est pas renoncer à sa foi, ni chercher des compromis, ni tomber dans le syncrétisme ; c’est s’intéresser à l’autre, l’écouter, essayer de le comprendre, mais par là sans doute aussi être renvoyé à l’originalité de sa propre foi. "

1. Dialoguer n'est pas renoncer à sa foi, mais ma foi personnelle n'a pleinement son sens que si elle est en conformité, et non en contradiction, ni en difformité, par rapport à la Foi qui est confessée par toute l'Eglise.

2. Si dialoguer, "c’est s’intéresser à l’autre, l’écouter, essayer de le comprendre" on peut toujours se demander quel est "l'objectif objectif" du dialogue. Est-on toujours aussi sûr que cet objectif objectif est partagé, dans les mêmes termes, par les deux interlocuteurs ?

3. Si dialoguer, c'est, "sans doute aussi, être renvoyé à l’originalité de sa propre foi", on peut se demander si cela n'aboutit pas à ce que la perception relationnelle ou sociologique de l'originalité spirituelle mette en retrait, au second plan, la perception théologale et théologique de l'authenticité surnaturelle de la seule Foi catholique.

C. " D’après le philosophe Éric Weil, « si les hommes avaient renoncé à la violence, s’ils n’étaient plus – c’est tout un – passionnés, pourquoi parleraient-ils les uns aux autres ? Il n’y a pas de dialogue entre les anges, il n’y en a pas entre les élus du royaume céleste, qui n’ont plus de passions ; leur langage est celui des chants. Le dialogue est l’apanage d’êtres qui ne sont pas des êtres de dialogue. » (1) Le dialogue fait donc parcourir tout un chemin pour surmonter les obstacles qui pourraient l’entraver. "

Encore une fois, quel but du dialogue donne son sens au dialogue ? Formulé autrement, cela revient à dire ceci : le cheminement est-il générateur de sa propre destination, ou est-il subordonné à une destination qui lui permet de rester à sa juste place, celle d'un moyen pastoral, ici-bas, au service d'une fin spirituelle, au-delà : le salut des âmes, en communion avec le Fils unique du seul vrai Dieu ?

D. " Cette idée de chemin à parcourir a été mise en valeur par Jean-Paul II dans La mission du Christ rédempteur (n° 56-57) : le dialogue n’est pas la conséquence d’une stratégie ou d’un intérêt, il possède son sens et sa dignité dans son déroulement et son inachèvement même, il est « un chemin vers le Royaume ». Sur ce chemin, il ne s’agit pas seulement d’échanger sur nos différentes manières de croire et de pratiquer – parfois c’est même tellement difficile qu’il vaut mieux ne pas commencer par là ! Il s’agit surtout de prendre part ensemble aux attentes et aux souffrances de nos contemporains, à leurs questions fondamentales et existentielles. Il s’agit de témoigner qu’un avenir « partagé » est possible : un avenir d’où personne ne soit exclu, quelle que soit sa culture ou sa religion. Ce n’est pas sans rapport avec l’espérance chrétienne du Royaume de Dieu. "

1. Est-ce vraiment la contre-partie, et n'est-ce pas plutôt une contre-façon, de "l’espérance chrétienne du Royaume de Dieu" ?

2. De quelle "espérance chrétienne" et de quel "Royaume de Dieu" s'agit-il ? Notre espérance chrétienne, dans ce domaine, ne doit-elle pas nous faire aller en direction de l'exhortation des croyants non chrétiens à la conversion par et vers Jésus-Christ, afin qu'eux aussi cheminent en direction du Royaume du seul vrai Dieu ?

3. Les catholiques d'avant le Concile, et les catholiques d'aujourd'hui, qui étaient ou sont réservés ou sceptiques, voire opposés ou critiques, à l'égard du dialogue, est-ce à dire qu'ils l'étaient ou le sont parce qu'ils étaient ou sont porteurs, dans leur esprit et dans leur vie, d'un déficit "d'espérance chrétienne du Royaume de Dieu" ?

II. Je me permets de vous renvoyer à ces propos de Mgr Vingt-Trois, dans Famille Chrétienne, fin octobre 2011 :

" Qu’attendez-vous de la Rencontre des religions pour la paix organisée à Paris en écho au rassemblement d’Assise ?

Je souhaite montrer que l’écoute et le respect mutuel sont inhérents à chaque religion, je souhaite que nous donnions une image publique de ce vers quoi tout le monde s’efforce d’aller. Dans nos sociétés occidentales, certains courants idéologiques accusent les religions d’être l’une des causes de la violence sociale. Nous, responsables religieux, devons être capables de nous tenir publiquement ensemble pour dire que nous voulons la paix et que nous nous y employons.

Ce dialogue avec les autres confessions n’est-il pas que le seul souci de l’Église catholique ?

Il y a plusieurs explications à cette impression. La première est qu’historiquement et géographiquement, les relations entre les religions ne sont pas les mêmes selon le pays où l’on se trouve. En France, où le catholicisme est culturellement majoritaire, nous avons une responsabilité particulière : nous devons prendre l’initiative et développer les relations avec les autres religions. D’autre part, nous croyons que la volonté de Dieu est d’accomplir le rassemblement de l’humanité. Cette vision théologique doit nous inspirer le désir d’aller à la rencontre de l’autre.

Ce type de rencontre ne renforce-t-elle pas (sic) le relativisme ambiant qui affirme que toutes les religions se valent ?

Cette rencontre signifie que toutes les religions sont mobilisées pour la paix, et je ne peux que m’en réjouir. Cela ne veut pas dire que toutes les religions aient la même valeur, ni qu’elles croient la même chose. Quand je rencontre les responsables musulmans ou juifs, je n’ai pas l’impression de me retrouver avec les croyants d’une nouvelle foi, qui serait subitement devenue commune.

Outre une meilleure connaissance réciproque, quelle est alors la finalité de ce dialogue ?

Dans la mesure où c’est possible, le dialogue interreligieux illustre la volonté de collaboration des confessions pour permettre une meilleure coexistence des peuples. Il comporte également l’idée que, si nous avons un échange profond et franc les uns avec les autres, nous serons stimulés à une vie plus parfaite, chacun dans la logique de sa religion. On n’entre pas en dialogue pour s’annexer les autres, mais pour être plus fidèle à sa foi et en espérant que les autres seront plus fidèles à la leur.

Qu’entendez-vous par « en espérant que les autres seront plus fidèles à leur foi » ?

Entre les textes de référence, les traditions auxquelles nous nous référons, et la pratique de tous les jours, il y a beaucoup d’écart. Pour que nous puissions progresser, il est nécessaire qu’un travail soit accompli au sein de chaque religion par rapport à sa tradition. Ainsi, de nombreux débats théologiques traversent l’islam, dans la manière de se situer par rapport au Coran. Si nous voulons y voir clair, nous avons intérêt à ce que les musulmans progressent dans ce travail.

Ne s’agit-il pas aussi de faire front contre le laïcisme qui progresse en France ?

Si l’État français est constitutionnellement laïc, la société elle n’est pas areligieuse. Les religions existent, elles sont visibles et elles peuvent échanger les unes avec les autres et dire quelque chose à la société. C’est ce que nous voulons signifier.

III. Voici les remarques qui étaient alors venues à l'esprit d'un lecteur du site internet de Famille Chrétienne :

"Merci beaucoup à Mgr Vingt-Trois de nous dire pourquoi le dialogue interreligieux, qui ne devrait jamais être qu'un moyen pastoral, et non une fin en soi, a pris le pas, à ce point-là, sur l'annonce chrétienne, sur l'apostolat catholique, à telle enseigne que l'invitation de tous au dialogue s'est substituée à l'exhortation de chacun à la conversion vers le Fils unique du seul vrai Dieu.

L'attitude prônée ci-dessus, en quoi peut-elle être contrariante et dérangeante, à la suite du Christ, du point de vue de tel ou tel adepte d'une religion non chrétienne ?

En quoi une attitude censée correspondre à "ce vers quoi tout le monde s’efforce d’aller" peut-elle être plus prophétique que mimétique ?

Sommes-nous bien sûr que les croyants des différentes religions ont la même vision de la paix et de l'accomplissement du rassemblement de l'humanité, et, si tel n'est pas le cas, sommes nous bien sûrs que leurs différentes visions sont cohérentes et pertinentes, compatibles ou convergentes ?

N'est-on pas en présence "de croyants d'une nouvelle foi, qui serait subitement devenue commune" : la foi en la paix (mais laquelle ?) par le dialogue (avec ou sans silence sur l'essentiel de la Foi catholique ?) ?

Enfin, dans quelle mesure la pratique du dialogue interreligieux nous donnerait-elle le droit d'exercer une ingérence bien singulière dans les croyances de croyants non chrétiens, telle qu'elle est décrite en réponse à l'avant-dernière question ?

Si ce "droit d'ingérence confessionnelle" était doté d'une clause de réciprocité, cela ne nous exposerait-il pas à devoir envisager de faire évoluer une partie de nos propres croyances, afin de nous mettre davantage en phase avec nos interlocuteurs croyants non chrétiens ?

Vraiment merci beaucoup pour toute réponse à ces questions, et excellente continuation dans le cadre du seul dialogue pleinement sanctifiant, en matière religieuse : le dialogue avec Dieu, Père, Fils, Esprit."

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.

PS : Pour ma part, je trouve que cela ressemble de plus en plus à l'instauration, tout en douceur, d'une police de la pensée (inter)religieuse,

- qui se sert de ce que l'on appelle le "soft power", en géopolitique américaine, id est la neutralisation ou la vassalisation de l'opposant, éventuel ou potentiel, par surexposition de sa conscience, le plus souvent à son insu, à une idéologie subliminale, par imprégnation quasiment quotidienne ;

- qui est, d'Assise à Astana, au service du cosmo-religieusement correct : le fraternitarisme universaliste ;

- et qui semble chargée de donner un supplément d'âme horizontaliste, humanitariste, interreligieux, à la mondialisation,

. en en déplorant le plus souvent uniquement les "abus" ou les "excès" anti-économiques et anti-sociaux, ou les répercussions préjudiciables à la planète,

mais

. en en dénonçant bien moins souvent les fondements "philosophiques" et "moraux", lesquels sont anti-chrétiens par intention et non par accident.

Seule l'Eglise catholique, compte tenu de l'autorité universelle qui lui reste, pourrait dénoncer, avec effet utile, les fondements mêmes de la lame de fond anthropologique et civilisationnelle qui menace, à court-moyen terme, les populations et les territoires de l'ensemble de la planète, mais cela l'obligerait à redevenir authentiquement, explicitement, radicalement et spécifiquement DISSENSUELLE...
images/icones/fleche2.gif  ( 630773 )Il s'agit du MASDU par Jean-Paul PARFU (2012-04-20 22:36:52) 
[en réponse à 630771]

Mouvement pour l'Animation Spirituelle de la Démocratie Universelle !

Il s'agit ni plus ni moins que de cette utopie millénariste qui consiste à vouloir établir le Paradis sur la Terre en faisant abstraction de la Révélation, de Dieu et de son Christ.

Il s'agit du plus grand ennemi de l'Eglise, parce que c'est aussi celui qui lui ressemble le plus. C'est tout simplement l'anté et l'anti-christ !
images/icones/fleche2.gif  ( 630788 )Ceci devrait pouvoir vous intéresser. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-21 00:09:05) 
[en réponse à 630773]

Bon début de nuit à Jean-Paul PARFU.

1. Voici (j'espère ne pas "gaffer" en renvoyant vers tel ou tel lien) :

MASDU 1

MASDU 2

2. Peut-être s'agit-il davantage aujourd'hui

- d'une Co-animation Inter-religieuse de l'Aliénation, une CIA,

sous la forme ou au moyen

- d'un Fédéralisme des Bonnes Intentions, un FBI.

3. Les plus indulgents d'entre vous sont sans doute en train de se dire qu'ils m'ont connu mieux inspiré, mais je ne peux pas exclure qu'il y ait là quelque chose à creuser...

4. Ci-dessous, cette phrase extraordinaire d'un ancien journaliste, puis médiateur de France Inter, Philippe LABARDE (je cite de mémoire et en substance :)

" Trop souvent, ce que nous nous croyons tenus de dire se limite à ceci : "le bien, c'est pas mal ; le mal, c'est pas bien." "

Pour moi, c'est cela et pas autre chose, l'articulation entre la CIA et le FBI.

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 630792 )Co-animation Inter-religieuse de l'Angélisme. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-21 07:45:28) 
[en réponse à 630788]

Bonjour,

J'ai continué à réfléchir à mon message du début de la nuit dernière.

La co-animation inter-religieuse est risque ou source d'aliénation, mais l'expression "aliénation" est quelque peu connotée, notamment en matière religieuse.

Par ailleurs, la co-animation inter-religieuse est, certes, aliénante, mais c'est de par son angélisme, dans la mesure où celui-ci est propice, par nature, à un phénomène d'auto-censure et d'auto-duperie collectives.

C'est pourquoi j'opte finalement en faveur de cette formulation moins ambigue et plus exacte : ce que je suis tenté d'appeler la "CIA", c'est la Co-animation Inter-religieuse de l'Angélisme.

Quant à ce que j'appelle le "FBI", le Fédéralisme des Bonnes Intentions, je crois que l'expression se suffit à elle-même, tant le "FBI", celui-là, en tout cas, règne aujourd'hui en maître, en politique comme en religion.

Pour autant, le "FBI" auquel je pense est aussi le "Fédéralisme des Béatitudes Immanentistes", car c'est bien de cela dont il est question : une horizontalisation et une humanitarisation du christianisme catholique, perceptible, par endroits, dans Gaudium et Spes.

A partir de là, on peut toujours s'interroger sur les origines intellectuelles les plus lointaines de cet oecuménisme cosmo-religieux ou inter-religieux.

J'ai déjà eu l'occasion, après d'autres et moins bien qu'eux, de recourir à une dénomination qualificatrice de cet horizontalisme humanitariste, ou, si l'on préfère, de ce fraternitarisme universaliste ; je pense ici à cette notion : l'origéno-pélagianisme.

Bien entendu, il s'agit davantage de "l'origénisme" et du "pélagianisme" qui ont été attribués aux continuateurs, plus ou moins fidèles, d'Origène et de Pélage, qu'à l'origénisme d'Origène, qu'au pélagianisme de Pélage.

Il arrive fréquemment, paraît-il, que nous ne connaissions les idées des hérétiques des premiers siècles de l'histoire de l'Eglise qu'à travers les propos rapportés, sur leurs idées erronées, par leurs adversaires orthodoxes, alors que les oeuvres écrites par les hérétiques ont, elles, souvent été, en assez grande partie, détruites, ce qui nuit quelque peu à l'exactitude de l'attribution d'une idée à un auteur.

Enfin, je m'y connais certainement davantage en magistère du dialogue inter-religieux et en théologie du pluralisme religieux, celui-là ayant plutôt libéré que recadré celui-ci, qu'en matière d'origénisme et de pélagianisme.

Pour autant, je suis frappé par les conséquences contemporaines de l'articulation

entre

1. une certaine sorte de "néo-pélagianisme", consistant à minimiser, ou à passer sous silence, ad extra et /ou ad extra,

- la réalité du péché originel et de ses conséquences,

- la nécessité de recourir à la Grâce du seul vrai Dieu,

et

2. un certain type de "néo-origénisme", consistant à minimiser

- la réalité du jugement dernier et de ses conséquences,

- la nécessité du salut obtenu grâce au seul vrai Dieu.

Que ce soit en ce qui concerne la pertinence, probablement toute relative, de ce double jeu de mots, sur la CIA et le FBI, ou pour ce que a trait à cette dénomination qualificatrice de l'origine intellectuelle du phénomène analysé : l'origéno-pélagianisme, je suis évidemment preneur de toute remarque, même amusée ou attristée.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 630775 )concernant le MASDU : Jean Madiran nous donne son point de vue par jejomau (2012-04-20 23:02:25) 
[en réponse à 630771]

au regard des nouveaux élèments survenus récemment au sein de la FSSPX. C'est très interressant .

Pour lui, le MASDU "c'est fini". Il écrit :

"Le MASDU, Mouvement d’animation spirituelle de la démocratie universelle, est l’appellation créée par l’abbé Georges de Nantes pour qualifier l’état d’esprit de la démocratie chrétienne au début de la seconde moitié du XXe siècle. Depuis lors cette expression était plus ou moins devenue d’usage courant.

Mais la démocratie chrétienne s’est perdue dans les sables du laïcisme, le plus clair de ce qui en a survécu s’est dissous dans le parti socialiste, selon l’exemple canonisé de Jacques Delors, « incarnation des options de Vatican II ».

C’est ainsi que l’Eglise a perdu toute influence dans la plupart des démocraties occidentales."


Il n'a pas tort. L'Eglise s'est tellement "ouverte au monde" que celui-ci a fini par l'avaler tout crue en quelque sorte ! Il continue de la sorte :

"Transfigurer l’Eglise en MASDU n’intéresse quasiment plus personne car la démocratie universelle ne recherche plus une animation spirituelle, son aspiration idéologique est désormais de combattre ouvertement ce qui subsiste de spiritualité"


C'est parfaitement vrai. On le constate plus particulièrement depuis l'élection de Benoît XVI: l'Eglise entre dans une phase de persécution croissante. Il faut lire l'ensemble des deux articles parus dans Présent et repris par ITEM. Passionnant. Je vous livre la fin :

"Le coup de grâce vise à s’opérer, sous anesthésie médiatique, par une lente désubstantiation des deux institutions naturelles et surnaturelles que la démocratie moderne n’a pas encore neutralisées : l’ordination sacerdotale et le mariage.
La désubstantiation du mariage est la conséquence inévitable – et probablement la raison principale – de la promotion morale et juridique de l’homosexualité, du « mariage » homosexuel, de l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.
La désubstantiation de l’ordination sacerdotale est la conséquence inévitable – et probablement la raison principale – de la revendication du mariage des prêtres, de l’ordination des femmes, des messes sans prêtre, de l’eucharistie aux non-catholiques et aux complices actifs ou passifs du génocide par avortements en masse.

• Le cardinal Dolan ne le cache pas : « Nous devons nous préparer à des temps difficiles », dit-il. Il brave en face les crimes du président Obama :
« Nous proclamons, comme l’enseignait Augustin, que si une chose est mauvaise, même si tout le monde la fait, elle est mauvaise ; et si une chose est bonne, même si personne ne la fait plus, elle est toujours bonne. Comme saint Thomas More, nous sommes prêts à nous mouiller, et même à perdre notre tête, même si cela se heurte aux demandes du Roi de redéfinir le mariage. »

Redéfinir le mariage, redéfinir l’ordination sacerdotale, en cela consiste la désubstantiation que manigance désormais la démocratie universelle"



Ma conclusion : Finalement, l'Eglise du Concile a peut-être voulu collaborer avec la Démocratie Universelle mais finalement, elle se retrouve aujourd'hui à genoux - désubstantée - et c'est là son péché. Mais c'est peut-être celà qu'a saisi Rome. Et par là, quand Jean Madiran dit que le MASDU "c'est fini", on peut aussi prophétiser que l'Eglise catholique a décidé de redevenir ce qu'Elle n'a jamais cessé d'être : la Lumière qui éclaire tout homme en ce monde. Des évêques comme le cardinal Dolan semble être de cette trempe... J'en conclus aussi que l'on peut comprendre également pourquoi c'est maintenant que la FSSPX retourne dans Rome, non ?
images/icones/fleche2.gif  ( 630781 )J'essaye d'analyser, mais je ne réussis pas à prophétiser. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-20 23:39:23) 
[en réponse à 630775]

Bonsoir jejomau,

Pour ma part, je m'efforce d'analyser, j'essaye d'analyser, mais je ne me risque pas, ou je ne réussis pas, à prophétiser.

Analyser, c'est nécessaire, même si c'est, sinon insignifiant, du moins insuffisant.

Prophétiser, cela relève d'un autre ordre, cela se situe à un autre niveau, celui-ci de l'extrapolation ou de l'interprétation, non seulement explicative du présent, mais aussi annonciatrice de l'avenir.

Vous écrivez ce qui suit (merci de ne pas prendre cette remarque pour un reproche) :

" Finalement, l'Eglise du Concile a peut-être (?) voulu collaborer avec la Démocratie Universelle mais finalement, elle se retrouve aujourd'hui à genoux - désubstantée - et c'est là son péché. Mais c'est peut-être (?) celà qu'a saisi Rome.

Et par là, quand Jean Madiran dit que le MASDU "c'est fini", on peut aussi PROPHETISER que l'Eglise catholique a décidé de redevenir (?) ce qu'Elle n'a jamais cessé d'être (alors pourquoi chercher à le redevenir ?) : la Lumière qui éclaire tout homme en ce monde.

Des évêques comme le cardinal Dolan semble être de cette trempe... J'en conclus aussi que l'on peut comprendre également pourquoi c'est maintenant que la FSSPX retourne dans Rome, non ? "

Je nous en conjure, ne prenons pas nos désirs, même légitimes, pour des réalités ; une heureuse surprise, dans cette affaire, sera toujours préférable à une déception amère, que je ne souhaite à aucun d'entre nous.

Dès le milieu de cette semaine, j'ai exhorté, à mon modeste niveau, et avec mes moyens limités, à un maximum de patience et de prudence, en ce qui concerne l'amélioration éventuelle des relations entre la FSSPX et le Saint Siège.

En outre, il y a ce que vous prophétisez, en ce qui concerne l'Eglise, en général, mais nous en sommes encore bien loin ; tout le monde, au sein et à la tête de l'Eglise, ne pense pas de la même manière que nous, et la dynamique que vous appelez de vos voeux, de même que moi, au demeurant, nécessiterait un examen de conscience certainement désagréable, mais aussi très profitable, et non une herméneutique du renouveau dans la continuité qui a ses vertus, dans l'ordre du palliatif, mais qui a aussi ses limites, dans celui du curatif.

Arrivera ce qui arrivera, mais ce n'est pas parce qu'un joueur de tennis, au vu de son classement, se sait, dès début janvier, qualifié pour Wimbledon, qu'il se retrouve, dès mi-janvier, sur le court central situé à Londres : il y a plusieurs tournois à disputer, dont deux tournois du Grand Chelem, avant de rejoindre, fin juin, le "sanctus sanctorum"...

Sur ce, bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 630794 )l'Eglise catholique réconciliée avec elle-même, prête à affonter le monde ? par jejomau (2012-04-21 08:51:38) 
[en réponse à 630781]

Quand je dis "prophétiser", j'entends bien cette "dynamique" nouvelle à laquelle est sujette aujourd'hui l'Eglise. Vous l'avez compris. Disons que je vais plus loin en en tirant les conséquences qui vont automatiquement s'en ensuivre bien qu'elles ne paraissent pas évidentes à court et à moyen terme.
Or justement, le nouveau virage pris par l'Eglise depuis quelque temps n'est-il pas clairement le visage nouveau de cette Eglise qui a décidé de rejeter tout ce qui peut être mauvais dans le monde au lieu de tout avaliser ? En ceci, il me semble que l'analyse de Madiran est juste sur la mort du MASDU. Et en ceci aussi on peut comprendre pourquoi la FSSPX, ayant fait cette même analyse en quelque sorte, elle décide actuellement d'accepter le Préambule proposé par Rome.

Maintenant, tout est-il dit ? Non, tout commence. A cet égard je vous livre la réflexion de Mr l'abbé Guillaume de Tanouarn dans son article les masques tombent que l'on peut retrouver sur le Métablog. Je le rejoins quand il dit :

"Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que l'acceptation de Mgr Fellay marque la fin non pas du débat doctrinal (appelé à croître et embellir), mais la fin des discussions doctrinales tenues ès-qualité entre Rome et la Fraternité Saint Pie X"


"il faut passer de la problématique des discussions doctrinales à celle de l'accord pratique. Signer le Préambule, cela signifie justement, pour Mgr Fellay, passer à la phase des accords pratiques : le sujet n'est plus Vatican II. Pourquoi ? Parce que la FSSPX reconnaît désormais le n°25 de Lumen gentium et le "respect" dû au magistère authentique non infaillible"


Son point de vue est interressant car lui aussi perçoit le changement nouveau et remarquable qui apparaît dans l'Eglise de manière visible et palpable presque. Je le cite :

"l'Eglise tout entière semble bifurquer en se réconciliant avec elle-même"


Mon titre est-il assez juste à cet égard ?

images/icones/fleche2.gif  ( 630801 )J'espère de tout coeur que vous avez raison. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-21 09:50:44) 
[en réponse à 630794]

Bonjour jejomau,

1. J'essaye d'être scrutateur plutôt que notateur, et il ne m'appartient pas ou ne m'incombe pas de vous dire, avec "supériorité" ou "unilatéralement", si "le point de vue de Monsieur l'abbé de Tanouarn est intéressant", ou si votre titre "est assez juste à cet égard", comme si j'étais "une conscience", d'autant plus que Monsieur l'abbé de Tanouarn dispose sans doute d'informations que je n'ai pas, et que vous-même formulez votre espérance, qui est aussi la mienne, en des termes qui ne sont encore tout à fait les miens, ce qui ne signifie pas que votre espérance est prématurée : c'est peut-être bien moi qui n'espère pas assez.

2. Mais enfin, tout de même, n'allons pas trop vite en besogne, et ne nous emballons pas. Or, à titre personnel, je suis en attente des "confirmations officielles" ou des "évènements à venir", sur les réalités, plus ou moins en devenir, qui suscitent le recours aux expressions suivantes :

- "l'acceptation de Mgr Fellay ne marque pas la fin du débat doctrinal"

- "le débat doctrinal (est) appelé à croître et embellir"

- "c'est la fin des discussions doctrinales tenues ès-qualité entre Rome et la Fraternité Saint Pie X"

- "il faut passer de la problématique des discussions doctrinales à celle de l'accord pratique"

- "signer le Préambule, cela signifie justement, pour Mgr Fellay, passer à la phase des accords pratiques"

- "le sujet n'est plus Vatican II. Pourquoi ? Parce que la FSSPX reconnaît désormais le n°25 de Lumen gentium et le "respect" dû au magistère authentique non infaillible"

- "l'Eglise tout entière semble bifurquer en se réconciliant avec elle-même"

3. Oui, vraiment, n'allons pas trop vite en besogne, car s'il arrive qu'une hirondelle fasse le printemps, il arrive aussi que les mois d'avril soient meurtriers, et non vivifiants, vis-à-vis d'un "débat doctrinal appelé à croître et embellir".

4. Et puis, n'oublions pas cette partie du Code de Droit canonique, qui peut très bien être à la fois un noyau et un verrou :

" LIVRE III LA FONCTION D'ENSEIGNEMENT DE L'ÉGLISE

Can. 747 - § 1. L'Église à qui le Christ Seigneur a confié le dépôt de la foi afin que, avec l'assistance du Saint-Esprit, elle garde saintement la vérité révélée, la scrute plus profondément, l'annonce et l'expose fidèlement, a le devoir et le droit inné, indépendant de tout pouvoir humain, de prêcher l'Évangile à toutes les nations, en utilisant aussi les moyens de communication sociale qui lui soient propres.

§ 2. Il appartient à l'Église d'annoncer en tout temps et en tout lieu les principes de la morale, même en ce qui concerne l'ordre social, ainsi que de porter un jugement sur toute réalité humaine, dans la mesure où l'exigent les droits fondamentaux de la personne humaine ou le salut des âmes.

Can. 748 - § 1. Tous les hommes sont tenus de chercher la vérité en ce qui concerne Dieu et son Église, et lorsqu'ils l'ont connue, ils sont tenus, en vertu de la loi divine, par l'obligation d'y adhérer et de la garder, et ils en ont le droit.

§ 2. Il n'est jamais permis à personne d'amener quiconque par contrainte à adhérer à la foi catholique contre sa conscience.

Can. 749 - § 1. Le Pontife Suprême, en vertu de sa charge, jouit de l'infaillibilité dans le magistère lorsque, comme Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles auquel il appartient de confirmer ses frères dans la foi, il proclame par un acte décisif une doctrine à tenir sur la foi ou les moeurs.

§ 2. Le Collège des Évêques jouit lui aussi de l'infaillibilité dans le magistère lorsque les Évêques assemblés en Concile OEcuménique exercent le magistère comme docteurs et juges de la foi et des moeurs, et déclarent pour l'Église tout entière qu'il faut tenir de manière définitive une doctrine qui concerne la foi ou les moeurs; ou bien encore lorsque les Évêques, dispersés à travers le monde, gardant le lien de la communion entre eux et avec le successeur de Pierre, enseignant authentiquement en union avec ce même Pontife Romain ce qui concerne la foi ou les moeurs, s'accordent sur un point de doctrine à tenir de manière définitive.

§ 3. Aucune doctrine n'est considérée comme infailliblement définie que si cela est manifestement établi.

Can. 750 - On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition, c'est-à-dire dans l'unique dépôt de la foi confié à l'Église, et qui est en même temps proposé comme divinement révélé par le magistère solennel de l'Église ou par son magistère ordinaire et universel, à savoir ce qui est manifesté par la commune adhésion des fidèles sous la conduite du magistère sacré; tous sont donc tenus d'éviter toute doctrine contraire.

Can. 751 - On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d'une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité; apostasie, le rejet total de la foi chrétienne; schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis.

Can. 752 - Ce n'est pas vraiment un assentiment de foi, mais néanmoins une soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté qu'il faut accorder à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi ou de moeurs, même s'ils n'ont pas l'intention de la proclamer par un acte décisif; les fidèles veilleront donc à éviter ce qui ne concorde pas avec cette doctrine.

Can. 753 - Les Évêques qui sont en communion avec le chef du Collège et ses membres, séparément ou réunis en conférences des Évêques ou en conciles particuliers, bien qu'ils ne jouissent pas de l'infaillibilité quand ils enseignent, sont les authentiques docteurs et maîtres de la foi des fidèles confiés à leurs soins; à ce magistère authentique de leurs Évêques, les fidèles sont tenus d'adhérer avec une révérence religieuse de l'esprit.

Can. 754 - Tous les fidèles sont tenus par l'obligation d'observer les constitutions et les décrets que porte l'autorité légitime de l'Église pour exposer la doctrine et proscrire les opinions erronées, et à un titre spécial, ceux qu'édictent le Pontife Romain ou le Collège des Évêques.

Can. 755 - § 1. Il appartient en premier lieu au Collège des Évêques tout entier et au Siège Apostolique d'encourager et de diriger chez les catholiques le mouvement oecuménique dont le but est de rétablir l'unité entre tous les chrétiens, unité que l'Église est tenue de promouvoir de par la volonté du Christ.

§ 2. Il appartient de même aux Évêques et, selon le droit, aux conférences des Évêques, de promouvoir cette même unité et de donner, selon les divers besoins ou les occasions favorables, des règles pratiques, en tenant compte des dispositions portées par l'autorité suprême de l'Église."

5. Enfin, si vraiment, sous l'impulsion de Benoît XVI, l'Eglise se met davantage, ou se remet pleinement, en ordre de marche, contre l'esprit du monde, y compris quand il règne au sein même de l'Eglise, à un moment donné, il conviendra d'afficher et d'assumer pleinement, non plus seulement ce recentrage, mais cette restauration, y compris en ce qu'elle constitue une "démarcation programmatique" non négligeable à l'égard d'une assez grande partie du renouveau conciliaire et de l'herméneutique "continuiste" qui en constitue la justification.

Bonne journée et à bientôt, vraiment merci pour vos messages.

Scrutator.