Le Forum Catholique
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Diafoirus - 2011-09-09 18:38:53
Cela fait longtemps
qu'on le dit. Voici la suite de "L'Hérésie moderne"(lien en bas)
La victoire de César
Devant cette gigantesque tentative d'arracher la terre des hommes à la royauté de son Créateur, l'attitude de nombreux clercs qui considèrent que l'Eglise n'est jamais aussi universelle que lors- qu’elle se cantonne à la seule liturgie de ses sanctuaires, participe objectivement à la tentative de destruction de l'ordre de l'Eglise.
Il est étonnant de voir que nombre de dignitaires catholiques, qui ont pourtant en charge l'évangélisation universelle, se contentent volontiers de la relativisation de leur foi parmi d'autres religions, tout aussi respectables, et tout aussi exclues de l'organisation générale de la société.
Vous avez une image de cette vision assez étonnante de la foi, dans l'organisation urbaine de certaines petites villes américaines ou d'Afrique du Sud. Autour de la place centrale de ces petites villes, vous avez le temple protestant, la loge maçonnique, le temple baptiste, l'Eglise anglicane, l'Eglise catholique, etc... toutes les confessions religieuses sont représentées comme toutes les marques de yaourts se trouvent sur les rayons des super-marchés. En sortant chacun de son petit office, on va se réunir au pub, autour de la chope de bière, qui fait l'unité. C'est à la fois ridicule et vieux comme le monde. Le monde matérialiste et athée ne reproche pas aux chrétiens de croire en Dieu; il leur reproche de croire que Jésus-Christ est le seul Dieu, créateur et maître de toute chose, et notamment de la société civile.
Si les premiers chrétiens ont été persécutés pendant trois siècles, c'est parce qu'ils n'ont pas accepté que Jésus-Christ figurât dans le Panthéon, à côté et au même titre que Mars, Vénus, Jupiter, Bacchus, et tous les autres. Tolérance apparente qui s'assortissait d'un codicille monstrueux : vous honorez le dieu que vous voulez, comme vous le souhaitez, mais vous pliez le genou devant César qui lui est le maître du monde.
Et les chrétiens ont dit non à cette idolâtrie païenne. Ils furent les meilleurs citoyens, les meilleurs serviteurs de l'Etat, les meilleurs soldats, les meilleurs défenseurs de l'empire, allant jusqu'au sacrifice de leur vie. Mais il y a deux choses qu'ils ont toujours refusées, qui en fait n'en font qu'une : mettre Jésus-Christ sur le même plan que les petites garces de l'Olympe, et plier le genou devant César considéré comme le maître des dieux. Ils ont rempli les arènes de Rome de leur sang pour témoigner de la Royauté universelle de notre Seigneur Jésus-Christ.
Ainsi Sainte Cécile, au Ilème siècle, comparait-elle devant les juges romains qui l'accusent d'incivisme parce qu'elle est chrétienne.
- "Qui es-tu ?", lui demande le juge,
- "Je suis libre et patricienne illustre"... répond-elle. Il faut voir dans cette réponse toute la fierté d'une aristocrate dont les ancêtres ont participé à la fondation et à la gloire de Rome. Elle appartenait à la « gens » de Cicéron.
- "Vous êtes inciviques", accuse le juge en l'amalgamant, en dépit du prestige et des états de service de sa famille, à cette secte chrétienne séditieuse qui défie le pouvoir de César.
-" Comment osez-vous nous accuser d'incivisme, proteste alors Sainte Cécile. Nous avons les vertus romaines que vous avez perdues. Nos vierges restent vierges quand elles sont consacrées. Alors que les vestales de vos temples sont devenues les prostituées de la Cour. Nous avons gardé et nous pratiquons les vertus qui ont fondé la cité romaine et fait la gloire de Rome".
L'argument est imparable, Rome retrouve effectivement sa moralité et son civisme originels dans les vertus de ces chrétiens, surtout lorsqu'ils sont, à l'instar de la famille de Sainte Cécile, des grands serviteurs de l'Etat. Mais des serviteurs qui refusent de faire de leur maître un Dieu, n'acceptant de plier le genou que devant Jésus-Christ, seul vrai Dieu et Roi des rois.
Alors toute patricienne qu'elle fût, on lui coupe le cou pour le seul motif qu'elle est chrétienne et refuse de reconnaître la divinité de César.
Pendant trois siècles, les chrétiens furent persécutés pour cette unique raison, jusqu'au moment où César a accepté de se faire baptiser.
De la conversion de Constantin jusqu'à la fin du XIXè siècle, le monde a vécu des bienfaits d'une civilisation chrétienne qui a baptisé César avant de lui donner la responsabilité de la société temporelle des enfants de Dieu."
Jacques Trémolet de Villers. Permanences n° 338
ici
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