Dieu, premier moteur, ne peut être mû

Le Forum Catholique

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le torrentiel -  2011-09-02 16:55:01

Dieu, premier moteur, ne peut être mû

Cher Meneau,

1. En prenant les mots du strict point de vue verbal, vous avez raison, et nous sommes là dans un pléonasme en bonne et due forme.


J'ai bien reconnu la définition d'Aristote, que Saint-Thomas a érigée en première preuve de l'existence de Dieu.


Toutefois, même si l'on ne peut guère remonter davantage aux origines de la vie qu'au travers de cette preuve ou définition, vous m'accorderez, je l'espère, qu'elle est un peu mécaniste, ce qui n'a rien d'étonnant, quand on considère qu'elle fut trouvée par un physicien, un naturaliste, un précurseur de nos biologistes.


Dieu nous est montré donnant la première impulsion au mouvement, mais par souci de ne pas s'écarter de ce qu'il observe, Aristote ne se met pas en peine de déterminer la finalité qui a donné lieu à ce premier mouvement, autrement dit la Volonté Qui a fait se mouvoir ce premier Moteur et dont notre Foi affirme que c'était l'Amour de Dieu.


2. Vous réfutez très intelligemment ma réserve sur la "peine de dam et de sens" exacerbant ce dont l'homme était menacé s'il désobéissait.


Cela suppose que l'on puisse avoir une certitude antébiblique et antégénétique sur le péché des anges qui, connu de l'homme, lui eût fait mesurer l'étendue métaphysique de sa transgression.


Je ne nie pas l'autorité que peut avoircette certitude ; je m'enquiers simplement de ce qui la fonde ; je me demande si on en a quelqu'attestation biblique ; et, si c'est seulement la Tradition qui l'a construite, bien que je fasse crédit à la Tradition, je reste perplexe à l'idée que la Tradition puisse précéder l'Ecriture.


3. J’ai certainement forcé le trait en mettant la persécution démoniaque au centre de l’économie du salut.


Mais, pour n'être, pour ainsi dire, qu'à la périphérie de la damnation et qu’une peine supplémentaire, cette persécution démoniaque, mise en acte du péché des anges, pousse leur déchéance dans une logique littéralement inhumaine, puisqu'elle vise à les faire bourreaux des hommes pour l'éternité, ce qui peut tout aussi bien s'interpréter comme une victoire de leur révolte sur la Rédemption, puisqu'ils n'ont jamais rien tant désiré que s'opposer à l'Incarnation, que nuire au genre humain et qu'être "hommicides depuis le commencement" et pour toujours.


si Dieu avait permis ou permettait que les démons poussent leur haine jusque dans ses retranchements éternels , ce ne serait certes qu'une "mise en acte" du péché des anges, mais qui ferait prévaloir la pure logique de la conséquence du péché sur l’Amour privilégié dont Dieu Aurait élu l’homme au point de le faire supplanter les anges.


Rappelons que le DTC et Saint-Thomas eux-mêmes ne présentent cette commission éternelle de l'homme à ses bourreaux démoniaques que comme une hypothèse du "pouvoir des démons" sur les hommes, difficilement compatible avec la reconnaissance par l'Eglise que les démons ne sauraient par ailleurs avoir aucun "droit sur les hommes.


Je vous remercie enfin du lien que vous m'avez donné pour savoir ce que le Catéchisme de l'Eglise Catholique dit de l'enfer.


Avec toute ma reconnaissance pour le temps que vous avez déjà consacré à cet échange

le torrentiel

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