À ceci près qu’il ne s’agit pas de publicité...

Le Forum Catholique

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Vianney -  2011-05-26 16:47:47

À ceci près qu’il ne s’agit pas de publicité...

...mais des conséquences découlant à plus ou moins long terme d’une erreur doctrinale. L’histoire est remplie de gens qui, lorsque de telles erreurs ont déroulé tous leurs effets, s’écrieraient volontiers : “je n’ai pas voulu cela”. Et pourtant, si on avait écouté les papes qui, de Pie VI à Pie XII, ont maintes fois insisté sur l’importance de cette doctrine, on aurait compris à temps. J’ai déjà cité le jugement porté en 1918 par le cardinal Mercier, à la suite du pape Benoît XV, sur les causes profondes de la première guerre mondiale :

Le principal crime que le monde expie en ce moment, c’est l’apostasie officielle des États. Aujourd’hui les hommes investis de la mission de gouverner les peuples sont ou se montrent à bien peu d’exceptions près, officiellement indifférents à Dieu et à Son Christ. Je n’hésite pas à proclamer que cette indifférence religieuse, qui met sur le même pied la religion d’origine divine et la religion d’invention humaine, pour les envelopper toutes dans le même scepticisme, est le blasphème, qui, plus encore que les fautes des individus et des familles, appelle sur la société le châtiment de Dieu.


Je profite de l’occasion pour reproduire la note placée par le Sel de la terre à la suite de l’éditorial déjà cité :

Le Concile prétend fonder son droit à la liberté religieuse sur « la nature » (DH 2), mais il ne s’agit pas de la loi naturelle. On ne trouvera pas dans le décalogue (résumé de la loi naturelle) une obligation de respecter les fausses religions qui fonderait un droit à la liberté de les exercer. En réalité, le Concile fonde son droit à la liberté religieuse sur la dignité de la personne humaine (DH 2), telle qu’on la comprend aujourd’hui (voir le prologue de DH : « La dignité de la personne humaine est, en notre temps, l’objet d’une conscience toujours plus vive. »). Derrière une apparence traditionnelle (puisqu’on parle de « nature »), le Concile admet en fait le principe de la philosophie moderne : le droit se fonde sur les exigences de la personne, et non pas sur les exigences du bien commun (ou sur la loi — divine, naturelle, humaine — qui exprime ces exigences), seul fondement légitime du droit.

Dans sa confrontation avec Habermas, en 2004, le cardinal Ratzinger expliquait crûment pourquoi l’Église (conciliaire, s’entend) avait abandonné le recours à la loi naturelle : c’est que Darwin a porté un coup mortel à l’idée d’une nature immuable. Voir l’éditorial du Sel de la terre 54, notamment p. 7-8.

Après le Concile, il y a eu quelques tentatives de correction de la doctrine conciliaire, par exemple dans le Catéchisme de l’Eglise catholique. On a précisé que la liberté religieuse est limitée par les exigences du bien commun. C’est admettre que la liberté religieuse existe avant ces exigences (car la limite est postérieure à ce qui est limité) et n’est pas fondée sur elles. Cette liberté religieuse est véritablement révolutionnaire.

Il y aurait un parallèle à faire entre la philosophie des droits de l’homme, qui admet des droits non fondés sur la loi, et la philosophie de Kant, qui admet des « jugements synthétiques a priori » non fondés sur le réel. Ces deux philosophies sont révolutionnaires : elles réalisent ce que Kant appelait la « révolution copernicienne », qui consiste à placer au centre le sujet et non plus l’objet. Voir l’éditorial du Sel de la terre 5, notamment p. 2-4.


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