Qualité de la lettre

Le Forum Catholique

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Nemo -  2011-05-15 20:14:46

Qualité de la lettre

Je vais encore plus loin que vous.
La lettre en question est mal écrite, contradictoire, floue, molle comme le dernier concile.
On est loin de la clarté des textes tridentins.
Il semble donc inutile de chercher des interprétations profondes à des textes écrits par des amateurs.
Je suis tout à fait d'accord avec ceux qui disent qu'il suffit de dire que la nouvelle messe n'est pas illégitime.
La cuisine de McDo n'est pas illégitime et on ne peut pour autant me forcer à l'aimer (je choisis mal mon exemple car je mange de temps en temps chez McDo sans dégoût).

Si on continue à examiner le texte avec une loupe, on pourra être surpris par :

22. In Dioecesibus ubi desint sacerdotes idonei, fas est Episcopis dioecesanis iuvamen a sacerdotibus Institutorum a Pontificia Commissione Ecclesia Dei erectorum exposcere, sive ut celebrent, sive ut ipsam artem celebrandi doceant.
22.Dans les diocèses sans prêtre idoine, les évêques diocésains peuvent demander la collaboration des prêtres des instituts érigés par la Commission pontificale Ecclesia Dei, soit pour célébrer, soit même pour enseigner à le faire.

Paragraphe idiot ou offensif ? Il est bien évident qu'un évêque dans son diocèse peut faire appel à n'importe quel prêtre en règle pour célébrer. Pourquoi le préciser ? A moins que ce ne soit pour montrer que quand il exste des prêtres idoines (diocésains ?) on ne peut deamander la collaboration des prêtres ED. C'est la technique parisienne.

Et puis il y a des textes typiquement Vatican II :

21. Ordinarii enixe rogantur ut clericis instituendis occasionem praebeant accommodatam artem celebrandi in forma extraordinaria acquirendi, quod potissimum pro Seminariis valet, in quibus providebitur ut sacrorum alumni convenienter instituantur, Latinum discendo sermonem8 et, adiunctis id postulantibus, ipsam Ritus Romani formam extraordinariam.
21.On demande aux ordinaires d’offrir au clergé la possibilité d’acquérir une préparation adéquate aux célébrations dans la forme extraordinaire. Cela vaut également pour les séminaires, où l’on devra pourvoir à la formation convenable des futurs prêtres par l’étude du latin, et, si les exigences pastorales le suggèrent, offrir la possibilité d’apprendre la forme extraordinaire du rite.

La traduction semble volontairement ignorer enixe (offrir vivement, avec force) et quod potissimum (qui vaut très particulièrement, avec force, pour les séminaires). Mais le adiunctis id postulantibus est un petit chef d'oeuvre (si des circonstances supplémentaires le demandent, traduit par exigences pastorales qui suggèrent, qui sent bon le concile Vatican II avec ses mutatis mutandis, toutes choses égales par ailleurs) qui vient détruire tout ce qui a été dit plus haut. Ca nous fait bien penser au latin et au grégorien tant vantés par Vatican II.

Arrivée aussi d'annonces de modifications au missel que des mains maladroites ne pourront s'empêcher de tripatouiller sans qu'aucune nécessité ne l'exige, de nouvelles préfaces...

On modifie aussi les rubriques de 1962 : désormais on ne dira plus l'intégrité de la messe en latin dans les messes basses, on pourra remplacer les lectures par des traductions françaises. En revanche, et on ne comprend pas bien pourquoi la messe basse diffèrerait de la messe chantée, on exige que l'épitre et l'évangile soient chantés en latin (ce qui est souvent oublié abusivement) à la messe chantée.

On officialise une pratique qui ne devrait pourtant être qu'exceptionnelle et accordée de ce fait par indult tant elle va contre le bon sens liturgique : faire suivre deux semaines saintes dans le même lieu.

Je ne reviendrai pas sur la bizarrerie de l'interdiction d'ordonner en rite traditionnel pour un ordinaire : on sent trop le politique dans une pratique qui n'était de toutes façons pas fréquente : il ne faut surtout pas qu'un évêque cède à la tendance de former des prêtres à la traditionnelle, c'est le privilège exclusif d'Ecclesia Dei. Dur pour le séminaire de Mgr Batut à Lyon.

Et nous sommes ravis de l'autosatisfecit romain de la note qui dit, pourquoi ne pas s'envoyer des fleurs, "Ce texte, une fois lu, donne l’impression d’un grand équilibre"... Sans blague ?
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=595477