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Mais, pour en revenir à saint Paul, si nous recherchons quels sujets il avait été accoutumé de traiter en prêchant, nous voyons que lui-même les fait tous rentrer dans ces paroles : Je n’ai pas jugé que je dusse savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié (1 Co 2, 2). Faire en sorte que les hommes connaissent de plus en plus Jésus-Christ et que par là ils sachent non seulement ce qu’il faut croire, mais encore comment il faut vivre, voilà ce à quoi saint Paul travailla avec toute l’ardeur de son cœur apostolique. C’est pourquoi il traitait des dogmes du Christ et de tous les préceptes, même des plus sévères, et il n’apportait ni réticence, ni adoucissements en parlant de l’humilité, de l’abnégation de soi-même, de la chasteté, du mépris des choses humaines, de l’obéissance, du pardon aux ennemis et autres sujets semblables. Il n’éprouvait aucune timidité à déclarer qu’entre Dieu et Bélial il faut choisir à qui l’on veut obéir, et qu’il n’est pas possible d’avoir l’un et l’autre pour maîtres ; qu’un jugement redoutable attend ceux qui doivent passer de vie à trépas ; qu’il n’est pas loisible de transiger avec Dieu ; qu’on doit espérer la vie éternelle si l’on accomplit toute la loi, et que le feu éternel attend ceux qui manquent à leurs devoirs en favorisant leurs convoitises. En effet, jamais le Prédicateur de la vérité n’eut l’idée de s’abstenir de traiter ces sortes de sujets, sous le prétexte que, vu la corruption de l’époque, de telles considérations auraient semblé trop dures à ceux à qui il s’adressait.
Benoît XV, Humani generis redemptionem, § 121.