Jean Madiran : un regard de Jean-Paul II sur l’erreur de Vatican II

Le Forum Catholique

Imprimer le Fil Complet

Vianney -  2011-04-03 15:07:47

Jean Madiran : un regard de Jean-Paul II sur l’erreur de Vatican II

Dans un article publié par Présent le 25 mars dernier, Madiran fait référence au récent livre La politique de Jean-Paul II de l’abbé Aulagnier, où ce dernier commentait ce qu’il considère comme le “testament politique” du défunt : son ouvrage Mémoire et identité qui fut publié un mois avant sa mort.

Face au monde actuel, issus de la Révolution française, le Concile avait le choix entre deux attitudes pastorales que Jean-Paul II tient pour également légitimes :

– soit une attitude de contestation polémique et de condamnation doctrinale, ce fut celle de l’Église depuis (et contre) la Révolution française, avec le Syllabus de Pie IX et les enseignements pontificaux de Léon XIII à Pie XII ;
– soit une attitude refusant désormais, à la suite de Jean XXIII, de prononcer des condamnations doctrinales, préférant aller « aller à la rencontre du monde contemporain » et engager avec lui un « dialogue constructif ».

Selon Jean-Paul II, le Concile a volontairement et clairement choisi son camp, il a adopté la seconde attitude, décrétée depuis plus conforme à « l’esprit de l’Évangile », car l’esprit de l’Évangile s’exprime avant tout dans « la disponibilité à offrir au prochain une aide fraternelle ». Sur ce point donc, il n’y a pas eu continuité, il y a eu rupture délibérée.

Je laisserai aux théologiens le soin d’examiner s’il est vrai en théorie que la seconde attitude soit plus « évangélique » que la première et si elle doit obligatoirement l’exclure (comme si l’on ne pouvait admettre que la première concerne les doctrines, les institutions, les lois, et que simultanément la seconde concerne les personnes).

Mais il y a aussi les faits : le monde issu de la Révolution française refuse le « dialogue constructif », ce monde contemporain répond en imposant l’avortement, la promotion de l’homosexualité, le métissage des religions, l’égalitarisme suppresseur de toutes les discriminations, la supériorité de la loi politique sur la loi religieuse, et par-dessus tout, le diabolique enseignement obligatoire, dans les écoles, des dépravations sexuelles aux plus jeunes enfants.

Ainsi le concile Vatican II, par un aveuglement sur les « signes des temps », a commis une capitale erreur pastorale. Au nom d’une attitude supposée « plus évangélique », mais radicalement inappropriée aux circonstances, il a exclu la contestation des lois injustes, la condamnation des abominations subversives, il a intellectuellement désarmé les fidèles, le clergé, et sa hiérarchie.

Dans le regard personnel que Jean-Paul II portait à la fin de sa vie sur le Concile, il apparaît donc que l’erreur décisive sur l’appréciation des « signes des temps » n’a pas été une dérive post-conciliaire, elle n’a pas été seulement le fait d’un faux « esprit du Concile », elle a bien été une faute du Concile lui-même. Jean XXIII l’avait convoqué pour cela : exclure désormais toute condamnation des lois et des mœurs contre nature, disqualifier comme « prophètes de malheur » ceux qui restaient réfractaires à une telle rupture. Et le malheur s’est aggravé.

Les tactiques pastorales, par définition, sont discutables et elles n’ont qu’un temps. Quelquefois un temps insupportablement long, quand la réactivité intellectuelle est endormie par l’abrutissement médiatique.

Jean Madiran


(C’est moi qui ai mis en italique certains passages.)
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=591793