Le Forum Catholique
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( 591793 )
Jean Madiran : un regard de Jean-Paul II sur l’erreur de Vatican II par Vianney (2011-04-03 15:07:47)
Dans un article publié par
Présent le 25 mars dernier, Madiran fait référence au récent livre
La politique de Jean-Paul II de l’abbé Aulagnier, où ce dernier commentait ce qu’il considère comme le “testament politique” du défunt : son ouvrage
Mémoire et identité qui fut publié un mois avant sa mort.
Face au monde actuel, issus de la Révolution française, le Concile avait le choix entre deux attitudes pastorales que Jean-Paul II tient pour également légitimes :
– soit une attitude de contestation polémique et de condamnation doctrinale, ce fut celle de l’Église depuis (et contre) la Révolution française, avec le Syllabus de Pie IX et les enseignements pontificaux de Léon XIII à Pie XII ;
– soit une attitude refusant désormais, à la suite de Jean XXIII, de prononcer des condamnations doctrinales, préférant aller « aller à la rencontre du monde contemporain » et engager avec lui un « dialogue constructif ».
Selon Jean-Paul II, le Concile a volontairement et clairement choisi son camp, il a adopté la seconde attitude, décrétée depuis plus conforme à « l’esprit de l’Évangile », car l’esprit de l’Évangile s’exprime avant tout dans « la disponibilité à offrir au prochain une aide fraternelle ». Sur ce point donc, il n’y a pas eu continuité, il y a eu rupture délibérée.
Je laisserai aux théologiens le soin d’examiner s’il est vrai en théorie que la seconde attitude soit plus « évangélique » que la première et si elle doit obligatoirement l’exclure (comme si l’on ne pouvait admettre que la première concerne les doctrines, les institutions, les lois, et que simultanément la seconde concerne les personnes).
Mais il y a aussi les faits : le monde issu de la Révolution française refuse le « dialogue constructif », ce monde contemporain répond en imposant l’avortement, la promotion de l’homosexualité, le métissage des religions, l’égalitarisme suppresseur de toutes les discriminations, la supériorité de la loi politique sur la loi religieuse, et par-dessus tout, le diabolique enseignement obligatoire, dans les écoles, des dépravations sexuelles aux plus jeunes enfants.
Ainsi le concile Vatican II, par un aveuglement sur les « signes des temps », a commis une capitale erreur pastorale. Au nom d’une attitude supposée « plus évangélique », mais radicalement inappropriée aux circonstances, il a exclu la contestation des lois injustes, la condamnation des abominations subversives, il a intellectuellement désarmé les fidèles, le clergé, et sa hiérarchie.
Dans le regard personnel que Jean-Paul II portait à la fin de sa vie sur le Concile, il apparaît donc que l’erreur décisive sur l’appréciation des « signes des temps » n’a pas été une dérive post-conciliaire, elle n’a pas été seulement le fait d’un faux « esprit du Concile », elle a bien été une faute du Concile lui-même. Jean XXIII l’avait convoqué pour cela : exclure désormais toute condamnation des lois et des mœurs contre nature, disqualifier comme « prophètes de malheur » ceux qui restaient réfractaires à une telle rupture. Et le malheur s’est aggravé.
Les tactiques pastorales, par définition, sont discutables et elles n’ont qu’un temps. Quelquefois un temps insupportablement long, quand la réactivité intellectuelle est endormie par l’abrutissement médiatique.
Jean Madiran
(C’est moi qui ai mis en italique certains passages.)

( 591799 )
Il ressort de ce texte par Philippilus (2011-04-03 15:49:04)
[en réponse à 591793]
Que les points d'achoppement autour de Vatican II sont essentiellement de nature pastorale, et non dogmatique.
L'attitude de l'Eglise vis à vis du monde est affaire de circonstances. Nous ne sommes plus au temps de Canossa, ni au temps du circus maximus, ni au temps du ralliement. Et, comme le disait Mgr Lefebvre, demain, nous ne serons plus au temps du cardinal Ratzinger.
Vatican II n'est pas un dogme. Le monde bipolaire de 1960 n'est plus celui du XXI ème siècle. Ce concile a vieilli, terriblement vieilli.
On peut diverger de la FSSPX dans son appréciation des exigences pastorales, mais en aucun cas la condamner "dogmatiquement", ni lui imposer une adhésion aux orientations politiques du moment de la diplomatie Vaticane, comme un critère de catholicité.
Philippilus

( 591840 )
L'erreur de Jean Madiran par Ecclesiola (2011-04-03 21:22:27)
[en réponse à 591793]
Jean Madiran ne voit pas que Vatican II fut le Concile de la Guerre Froide, où la problématique était l'action de l'Eglise dans un monde dominé par le marxisme et son athéisme. Ce ne fut pas le Concile de la Révolution sexuelle, même si les progressistes soixante-huitards en firent, par une frauduleuse OPA, le Concile du permis de pécher et de dire des hérésies.
Néanmoins, les textes conciliaires sont totalement conformes à l'enseignement traditionnel de l'Eglise sur la foi et les moeurs.
Pour prendre un exemple, qui a dit : "l'avortement et l'infanticide sont des crimes abominables" ? Réponse : Vatican II, "Gaudium et Spes", 51, §3.
Il est donc injuste de dire que Jean XXIII voulait "exclure désormais toute condamnation des lois et des moeurs contre nature", car les péchés concernant les moeurs sont dénoncés en différents points de "Gaudium et Spes".

( 591845 )
Ne me faites pas... par Le souricier (2011-04-03 21:35:43)
[en réponse à 591840]
... rigolarès !
Le "concile de la guerre froide" ??? !!!
Pas un mot sur le communisme... Nada... Zéro... Niente...
Les adorateurs de VII n'en sont pas à une couennerie près dès qu'il s'agit de raconter les bonheurs que ce concile nous a fournis !
LS - qui aime bien les ravis... Mais quand ils se taisent

( 591848 )
Si vous ne vous sentez pas agressé par Anton (2011-04-03 21:44:44)
[en réponse à 591845]
Le concile, avait-il à débattre du communisme?
Mais certains textes du concile, n'en traitent-t-ils pas?
Le communisme, n'est-il pas un de ces systèmes, où l'on prétend faire agir les personnes contre leur conscience?
Cordialement

( 591853 )
Pourquoi Vatican II n’a pas parlé... par Vianney (2011-04-03 22:49:36)
[en réponse à 591848]
...explicitement du communisme ? Parce que, suivant le témoignage de Mgr Roche, proche du cardinal Tisserant, à Jean Madiran, c’était la condition posée par Mgr Nicodème au cardinal pour que les orthodoxes russes dominés par le parti communiste d’U.R.S.S. participent en tant qu’observateurs à Vatican II :
Mais je puis vous assurer, Monsieur le Directeur, que la décision d’inviter les observateurs orthodoxes russes au concile Vatican II a été prise personnellement par sa sainteté le pape Jean XXIII avec les encouragements évidents du cardinal Montini, qui fut le conseiller du patriarche de Venise au temps où il était lui-même archevêque de Milan. Bien mieux c’est encore le cardinal Montini qui dirigea secrètement la politique de la secrétairerie d’Etat pendant la première session du concile, du poste clandestin que le pape lui avait aménagé dans la fameuse Tour Saint-Jean, dans l’enceinte même de la Cité du Vatican.
Quant à savoir s’il fallait débattre du communisme, n’était-ce pas par excellence un de ces “signes des temps”, s’agissant du persécuteur d’une part importante de la chrétienté et du responsable de plusieurs des grandes hécatombes du vingtième siècle qui bat tous les records en ce domaine ? En demeurant muette sur ce sujet, c’est toute l’Église qui s’est transformée, avec la complicité de sa hiérarchie officielle, en “Église du silence”...
V.

( 591866 )
Le communisme par Anton (2011-04-04 01:49:50)
[en réponse à 591853]
était ce le rôle d'un concile ?
Je ne le pense pas.
Le communisme étant un moyen politique d'attaquer l'Eglise, par ceux qui veulent l'abattre depuis toujours, et ne peuvent l'abattre spirituellement, il suffit de constater qui sont les principaux bolcheviks, qui tient les clés, et quand ils ne les ont pas qui entoure le pouvoir soviétique. L'Eglise il me semble l'a condamné et n'a pas à lui accorder de temps dans un concile.
Le fait que Vatican II soit un concile Pastoral est une réponse suffisante, à ce problème, s'ils ne veulent rien entendre c'est regrettable pour eux.
D'un autre point de vue, ne peut-on envisager que le Saint Esprit ce soit servi de ces moyens, pour faire en sorte que la volonté des hommes ne s'expriment pas sur un sujet qui n'a rien à faire avec la religion.
Car c'est bien l'esprit saint qui guide les conciles non?
Merci cependant pour ces informations.
Cordialement

( 591872 )
Si le communisme n’avait aucun rapport avec la religion... par Vianney (2011-04-04 07:21:53)
[en réponse à 591866]
...comment, dans l’encyclique Divini Redemptoris, le pape Pie XI aurait-il pu, à la suite de plusieurs de ses prédécesseurs, le condamner formellement en le qualifiant d’intrinsèquement pervers ?
Force m’est de constater, une fois de plus, qu’on est inévitablement conduit à attaquer l’enseignement des papes d’avant Vatican II quand on veut à tout prix défendre la ligne adoptée par ceux qui sont aux commandes depuis lors...

( 591883 )
Mais Divini Redemptoris par Maïe (2011-04-04 10:58:59)
[en réponse à 591872]
-+IHS+-
n'a pas été abrogée (ou comdamnée, ou : trouvez le mot adapté!) par Vatican 2, pas plus que tous les enseignements des papes sur le franc maçonnerie, si ? Pas davantage qu'aucune autre condamnation, d'ailleurs. Il me semble.
En revanche, certains dans l'église ont dangereusement fleureté avec la franc maçonnerie et d'autres continuent, comme certains le firent (et n'ont pas fini de le faire) avec le communisme et Jean-Paul II a condamné la théologie de la libération, non ? Sans être fan de Jean-Paul II ont ne peut pas ignorer cela.
Et les fleurts dangereux ou contre nature se poursuivent, comme se poursuivent les péchés du monde, que voulez-vous. Et d'ailleurs, à cause de ce fâcheux penchant pour le péché, il vaut mieux ne pas prétendre et laisser croire que les condamnations de l’Église concernant ceci ou cela qui est à la mode ont été levées. Voyez ce qu'il en est des mœurs.
Précisions : je ne suis pas fan de Jean-Paul II et encore moins de ce qui se passe dans l’Église depuis avant V2.

( 591901 )
Ce n’est pas moi qui laisse croire... par Vianney (2011-04-04 13:19:03)
[en réponse à 591883]
...qu’une condamnation aussi explicite que celle de Divini Redemptoris ait pu être officiellement levée, ce sont des évêques comme Mgr Helder Camara, grand ami de Paul VI qui l’appelait affectueusement “mon évêque communiste”, ou comme celui de Cuernavaca (Mexique) qui, à l’époque de Jean-Paul II, déclarait en brandissant le poing : “Estoy marxist”.
Et il faut bien constater que ce ne sont pas ces évêques qui sont incités à remettre leur démission : c’est le cardinal Mindszenty qui jusqu’à sa mort est demeuré fidèle à l’enseignement de Divini Redemptoris...
V.

( 591892 )
Rendez à césar ce qui est à César par Anton (2011-04-04 12:22:22)
[en réponse à 591872]
à part une condamnation du communisme, que voulez vous que l'Eglise face de plus.
Elle a rappelé les devoirs des pouvoirs publics en ce qui concerne la liberté de conscience.
Force m’est de constater, une fois de plus, qu’on est inévitablement conduit à attaquer l’enseignement des papes d’avant Vatican II quand on veut à tout prix défendre la ligne adoptée par ceux qui sont aux commandes depuis lors...
Je ne comprends pas pourquoi vous faites une allusion à une condamnation de l'enseignement des papes d'avant Vatican II;
Si vous supposez que je le condamne, dites moi donc où?
D'autre part l'on ne peut pas dire que ce concile est pastoral, et lui demander de se prononcer de manière moins pastorale.
Cordialement.

( 591903 )
Vous venez d’écrire... par Vianney (2011-04-04 13:27:46)
[en réponse à 591892]
D'un autre point de vue, ne peut-on envisager que le Saint Esprit ce soit servi de ces moyens, pour faire en sorte que la volonté des hommes ne s'expriment pas sur un sujet qui n'a rien à faire avec la religion.
Étant donné que Pie XI enseigne exactement le contraire dans
Divini Redemptoris, vous avez répondu vous-même à votre question :
Je ne comprends pas pourquoi vous faites une allusion à une condamnation de l'enseignement des papes d'avant Vatican II ; si vous supposez que je le condamne, dites-moi donc où ?
V.

( 591907 )
Je comprends, votre réaction par Anton (2011-04-04 13:48:35)
[en réponse à 591903]
Je ne critique pas en cela l'enseignement antérieur.
Que le pape estime avoir un encyclique à faire pour se débarrasser du communisme, pensez vous que le concile n'est pas d'autres sujets à développer qu'un régime politique?
Dans DH il traite d'une manière générale des rapports avec les différents régimes, qui n'ont pas le droit de violer la liberté de conscience.
Attendons nous de l'Eglise une étude sur le communisme, ou qu'elles nous communiquent les moyens du salut?
La Sainte Vierge à Fatima, demande notre conversion et non l'étude des erreurs du communisme.
Notre conversion semble être le seul rempart à cette erreur, faite pour essayer de détruire l'Eglise.
Alors un concile, perdrait son temps à traiter du communisme,et cela serait faire trop d'honneur à ses pères fondateurs, et nourriciers, qui n'ont de cesse de vouloir détruire l'Eglise.
Cordialement.

( 591908 )
Nous vivons dans un régime communiste par Anton (2011-04-04 13:55:12)
[en réponse à 591907]
ce qui fut défait à l'est est reconstruit à l'ouest, collectivisme des administrations, destructions des états, inféodation au pouvoir central européens, dont les dirigeants ne sont pas élus, ce qui font les lois et les directives, et quand le peuple s'exprime contre, on se réunit en convention pour bafouer son droit.
Cela vous empêche-t-il de prier?
L'Eglise doit elle faire un concile sur la loi veil, et toutes les lois iniques du parlement européens?
Ce système a fait dire à certains, que notre avenir était leur passé.
A l'est certains dirigeants favorisent l'Eglise orthodoxe, même la Fsspx a pu ouvrir des prieurés, à l'Ouest on refuse les racines chrétiennes de l'Europe.
Cordialement.

( 591850 )
Hummm...? par Gentiloup (2011-04-03 21:59:41)
[en réponse à 591840]
"l'avortement et l'infanticide sont des crimes abominables"
(Ecclesiola qui cite "Gaudium et Spes")
Je ne suis pas experte en théologie, mais il me semble que sur ce point nous sommes au niveau de la loi naturelle et non de la loi surnaturelle issue de la Révélation du Christ?
C'est le minimum syndicaliste et encore...
Car il y a pire que maltraiter la chair, c'est maltraiter les âmes, non?

( 591856 )
l'avortement : Loi naturelle... et vertu surnaturelle de charité par jejomau (2011-04-03 23:26:44)
[en réponse à 591850]
"… tout ce qui s'oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d'homicide, le génocide, l'avortement, l'euthanasie et même le suicide délibéré …
toutes ces pratiques et d'autres analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu'elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s'y livrent plus encore que ceux qui les subissent et
insultent gravement à l'honneur du Créateur." (27, 3)
"Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie, et l'homme doit s'en acquitter d'une manière digne de lui. La vie doit donc être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception :
l'avortement et l'infanticide sont des crimes abominables." (51, 3)
Gaudium et Spes - 7 septembre 1965 -
"… Nous devons encore une fois déclarer qu'
est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l'interruption directe du processus de génération déjà engagé, et
surtout l'avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques ." (14)
encyclique Humanae Vitae - 25 juillet 1968 Paul VI -
Paul VI déclare que cet enseignement n’a jamais changé et est immuable :
"C’est pourquoi
avec l’autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses successeurs, en communion avec les Evêques qui ont condamné l'avortement à différentes reprises et qui, en réponse à la consultation précédemment mentionnée, même dispersés dans le monde, ont exprimé unanimement leur accord avec cette doctrine,
je déclare que l'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen,
constitue toujours un désordre moral grave, en tant que meurtre délibéré d'un être humain innocent.
Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite; elle est transmise par la Tradition de l'Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel." (cf.
Lumen Gentium, n° 25) - 9 décembre 1972 -
..."La loi de la
charité doit avoir comme premier souci d’instaurer la justice. On ne peut jamais approuver l’avortement "
déclaration sur l'avortement provoqué - 1974 -
Paul VI

( 591898 )
Cher Jéjomau par Gentiloup (2011-04-04 13:09:33)
[en réponse à 591856]
Le Concile V II et ses conséquences, n'est pas une référence si j'en crois Mgr Lefebvre, et je l'en crois.
A ce propos j'ai relevé cette
"histoire édifiante"
Il m’a été naguère conté qu’un médecin des environs et sa famille se livrent au jeûne de pénitence et d’intercession lorsqu’ils apprennent qu’une femme envisage de tuer l’enfant qu’elle porte en elle.
C’est assurément œuvre bonne, agréable à Dieu et grandement utile au prochain, qu’une telle pratique : secourir cette mère dans une effroyable tentation, secourir un innocent dans un tel péril, voilà qui est besogne de charité et de miséricorde.
La vie humaine est un don de Dieu, dont il demeure le maître absolu. Il est donc très grave d’usurper son domaine souverain, et c’est ravir au prochain un bien très précieux et irremplaçable que d’attenter à sa vie. Le catéchisme nous apprend que l’homicide volontaire est un des quatre péchés qui crient vengeance devant Dieu, et une excommunication tombe ipso facto sur tous ceux qui pratiquent un avortement ou y coopèrent. Honneur donc à cette famille, dont la charité est grande !
Mais comment oublier que Notre-Seigneur nous avertit : « Je vous dis donc à vous, qui êtes mes amis : Ne craignez point ceux qui tuent le corps, et qui, après cela, ne peuvent rien faire de plus. Mais je vous montrerai qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne. Oui, je vous le dis, celui-là, craignez-le » [Luc. xii, 4-5] ?
Et pour cette raison, il est légitime de se demander : Y a-t-il personne qui jeûne quand une famille décide de scolariser un enfant dans un établissement public ? Car alors, ce n’est plus le corps qui est tué et dépecé, c’est l’âme ; ce n’est plus la vie terrestre qui est supprimée, c’est la vie.
(Abbé Belmont - Sainte-Espérance)
Certes l'avortement est un péchè mortel pour toute âme qui en est coupable. Mais au niveau du Pape, le souci d'enseigner les âmes doit au moins être égal. Si les gens étaient convertis, ils ne tueraient pas, d'aucune façon.
Et croyez-moi, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour lutter pour que les lois sur l'avortement soient abrogées, ce qui est peu, hélas, j'en suis consciente.
Mais il n'empêche que le souci des âmes doit rester au premier plan pour l'Eglise et pour tout catholique, c'est la priorité de laquelle découle tout le reste.

( 591852 )
Merci pour ce texte par Ennemond (2011-04-03 22:30:05)
[en réponse à 591793]
A plus de 90 ans, Jean Madiran fait preuve de pragmatisme en posant un regard lucide sur l'histoire des 50 dernières années, en constatant les faits. Il ne cherche pas à emboîter les tuyaux carrés avec les tuyaux ronds. Vatican II a voulu être pastoral, a voulu immerger les hommes d'Eglise dans leur temps, un temps devenu obsolète. A force de ne plus condamner, les fidèles et leur clergé ont été désarmés.
Continuons donc à "contester les lois injustes" à "condamner les abominations subversives" afin de ne pas être réduits à ce désarmement intellectuel qui porte au consensus avec l'erreur plutôt qu'à la recherche de la vérité.

( 591857 )
Voilà un fil... par Steve (2011-04-03 23:42:07)
[en réponse à 591793]
Cher Vianney, où se posent de bonnes questions.
Qui a les bonnes réponses ? On ne sait pas, hélas.
Un élément qui peut encore compliquer le débat, c'est que le déclin de l'Eglise - spécialement en Occident - semble antérieur à Vatican II.
Ce Concile aurait été une tentative de réponse. Plus ou moins adaptée, et lourdement biaisée après coup. Avoir ostracisé la messe en Latin, y compris celle de Paul VI (simple exemple parmi tant d'autres), cela n'avait rien de "conciliaire".
Faut-il imaginer un complot ? Ou détecter un terreau soixante-huitard qui aurait favorisé spontanément les initiatives douteuses ? Ou les deux ? Laissons ce débat aux historiens.
A vue de nez, on ne voit pas l'issue. Heureusement, le bon Dieu et ses saints ne travaillent pas à vue de nez.
Bonne semaine.

( 591860 )
Une triple erreur : de diagnostic, de prescription, de thérapie. par Scrutator Sapientiæ (2011-04-04 00:23:03)
[en réponse à 591793]
Bonsoir Vianney,
Tout ou presque est dans le titre, face à un monde moderne qui se sait gravement malade, mais qui ne veut pas beaucoup, ou pas du tout, se soigner, l'Eglise, au Concile, a commis une triple "erreur médicale" :
- une erreur de diagnostic : il suffit ici de rappeler la soumission officielle de l'ensemble du Concile à l'angélisme utopiste, vis-à-vis du monde moderne, dès le discours de Jean XXIII, début octobre 1962 ;
- une erreur de prescription : désormais, la prescription n'a pas pour objet un remède à prendre d'une manière absolument impérative, mais d'une manière relativement indicative : si pouvez prendre ce remède, c'est très bien ainsi, dès lors que vous respectez les Droits de l'Homme, et si vous ne pouvez pas prendre ce remède, c'est très bien aussi, à peine moins bien ou un peu moins bien, dès lors que vous vous engagez à aller en direction du respect des Droits de l'Homme.
- une erreur de thérapie : c'est l'erreur la plus grave ; le bon médecin, constatant que le diagnostic établi aboutit à la rédaction d'une prescription dont la prise en compte provoque un résultat fréquemment opposé à celui espéré, revoit aussitôt son diagnostic, fait refaire des analyses, en examine soigneusement les résultats, afin et avant de modifier, d'une manière appropriée et proportionnée, non seulement son diagnostic, désormais plus réaliste, mais aussi sa prescription, désormais plus opérante.
Dans le cas du Concile, malgré un diagnostic et une prescription notoirement erronés, il a été décidé de persévérer, globalement, en continuant à appliquer une thérapie, à tout le moins, contre-productive.
Ce n'est pas avant tout sur les questions relevant des moeurs que je constate et déplore cette triple erreur, c'est sur les questions relevant de la Foi, de la Foi en Dieu, Père, Fils, Esprit, mais aussi de la Foi en l'unique Eglise de Dieu et en l'unique Parole de Dieu.
J'ai en effet la conviction que nous vivons une crise de la Foi bien plus qu'une crise des moeurs, même si, évidemment, au Concile, l'absence de condamnation suffisamment radicale et spécifique, rigoureuse et vigoureuse, de l'apostasie issue de l'athéisme théorique, de l'idolâtrie issue de l'athéisme pratique, et de la civilisation du "produire pour consommer" des désirs, des loisirs et des plaisirs, a été particulièrement caractéristique d'un état d'esprit plus bienveillant envers les personnes que vigilant sur les principes et les pratiques.
Une crise de la Foi, cela s'attrape facilement, quand on se met à considérer que les bonnes nourritures sacramentelles et spirituelles, qui n'ont pas vocation à être toujours agréables, mais qui ont vocation à être toujours profitables, sont devenues mauvaises, et inversement, quand on se met à considérer que les mauvaises nourritures sacramentelles et spirituelles sont désormais bonnes, tellement bonnes, qu'il n'est pas grave de faire en sorte qu'elles ressemblent, le plus possible, aux nourritures prises par les chrétiens non catholiques.
Une crise de la Foi, cela s'attrape facilement, quand on exhorte les catholiques,
- non avant tout à rejeter tout ce qui est faux et non saint dans les religions non chrétiennes, c'est-à-dire, tout de même, l'englobant, l'essentiel,
- mais avant tout à ne rien rejeter de tout ce qui est vrai et saint, dans ces mêmes religions, c'est-à-dire, dans le meilleur des cas, des éléments de vérité, qui relèvent de la religion naturelle, mais pas de la Foi surnaturelle ;
- non avant tout à exhorter les croyants non chrétiens à la conversion, sous la conduite et en direction de Jésus-Christ,
- mais avant tout à faire preuve de "compréhension", de "coopération", dans un esprit de "dialogue", autour de "valeurs communes".
Voilà, je le crois, où nous en sommes ; cette crise de la Foi, je me trompe peut-être, est beaucoup plus grave que la crise des moeurs face à laquelle l'Eglise du Concile et de l'après Concile a au moins condamné, dénoncé, entre autres, l'eugénisme, l'euthanasie, mais en s'en prenant beaucoup moins, me semble-t-il, aux origines économiques et philosophiques du libéralisme culturel, lequel a pour véritables répercussions le libertarisme moral, une espèce d'anarcho-individualisme hédonitariste et humanitariste, face auquel l'Eglise, les Etats, les familles, sont, dans le meilleur des cas, à la fois impuissants et lucides.
On ne peut évidemment pas reprocher aux Pères du Concile une lucidité qu'ils n'auraient pas pu avoir, mais on doit évidemment leur reprocher un aveuglement volontaire, fait de bienveillance sans vigilance, d'esprit de charité fraternelle sans esprit de correction fraternelle, qu'ils se sont presque fait une obligation d'avoir.
Comme je l'ai déjà écrit ici, regardez la liste des oeuvres de miséricorde spirituelle, dans le Catéchisme de Saint Pie X, dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, puis dans le Compendium qui en a été publié, sous la direction du futur Benoît XVI, et vous y verrez ce qui y figurait, ce qui en a disparu, et ce qui y est réapparu...
Quand on a foi en la Foi, on n'hésite pas à exhorter les pécheurs
- à se détourner de ce qui fait qu'ils commettent des péchés, y compris, quand c'est le cas, dans l'ordre de la Foi, quand ils commettent des péchés contre le seul vrai Dieu, ou des péchés contre la seule véritable Eglise ;
- à se convertir, sous la conduite et en direction de Jésus-Christ, qui est en mesure de les leur pardonner et de les en libérer.
Faute de temps, je ne développe pas davantage, vu l'heure tardive, je ne garantis évidemment pas la pertinence, nécessairement toute relative, de ce que je viens d'écrire, sous la forme, j'en ai bien conscience, d'un billet d'humeur.
Bonne nuit et bon début de semaine à Vianney, et au plaisir de vous relire.
Scrutator.

( 591879 )
Sur l’erreur de thérapie... par Vianney (2011-04-04 09:33:21)
[en réponse à 591860]
« - une erreur de thérapie : c'est l'erreur la plus grave ; le bon médecin, constatant que le diagnostic établi aboutit à la rédaction d'une prescription dont la prise en compte provoque un résultat fréquemment opposé à celui espéré, revoit aussitôt son diagnostic, fait refaire des analyses, en examine soigneusement les résultats, afin et avant de modifier, d'une manière appropriée et proportionnée, non seulement son diagnostic, désormais plus réaliste, mais aussi sa prescription, désormais plus opérante. » (Scrutator)
Votre réflexion me remet en mémoire celle de l’abbé Berto dans une lettre à Madiran (
Itinéraires n° 91 de mars 1965, p. 7 et 8) :
Ce désastre est tel qu’il ne peut être imputé au seul aveuglement. L’aveugle le plus aveugle aurait du moins trébuché sur les ruines qu’il n’aurait pu voir, se serait aperçu qu’il démolissait croyant construire, se serait depuis longtemps arrêté de démolir. Le désastre, l’« immense désastre spirituel », a donc été causé sciemment, délibérément, par des clairvoyants qui se proposaient de le perpétrer, qui se proposent de le consommer. Il est IMPOSSIBLE que les vrais meneurs soient aveugles, parce qu’il est IMPOSSIBLE de s’abuser à ce degré. Si, disant qu’on veut remplir les séminaires, on emploie des moyens qui les vident, sans changer de moyens quand on constate qu’on les vide, c’est qu’en effet on veut les vider, et qu’on ment en disant qu’on veut les remplir. Si, disant que l’on veut tremper des chrétiens héroïques, on emploie des moyens qui les affadissent, sans changer de moyens quand on s’aperçoit qu’on les affadit, c’est qu’en effet on veut les affadir et qu’on ment en disant qu’on veut les tremper. Ainsi de tout.
Il y a des aveugles, oui, et des sourds, et des médiocres, et des couards. Mais ni cécité, ni surdité, ni médiocrité, ni couardise ne fournissent l’explication adéquate et exhaustive de ce que nous voyons. Il faut qu’il y ait « autre chose », et cet « autre chose » ne peut être que la persistance du modernisme au sens de « Pascendi », la persistance de la société secrète des modernistes. Votre livre sur « L’intégrisme » s’achève sur la question de savoir si cette société sécrète existe encore, et le lecteur entend assez que la réponse est oui. Mais quel secret bien gardé ! Quelles apparences savamment maintenues ! Quel art à faire passer pour remèdes les poisons les plus mortels ! Ou les mauvais anges n’existent pas, ou ils sont à l’oeuvre en tout ceci, déguisés en anges de lumière, et le déguisement est à s’y méprendre.
Et là aussi, on rejoint la « crise de la foi » dont vous parlez.
V.