« La FSSPX et l’avertissement en 1966 du cardinal Ottaviani sur les erreurs de Vatican II » par Vistemboir2 2026-05-20 14:29:32 |
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 19 mai 2026 sur The Remnant sous le titre : «SSPX Declaration Echoes Cardinal Ottaviani’s 1966 Warning About Vatican II Errors » ( « La déclaration de la FSSPX fait écho à l'avertissement lancé en 1966 par le cardinal Ottaviani concernant les erreurs de Vatican II »)
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Depuis soixante ans, Rome ignore les avertissements lancés par le cardinal Ottaviani et Mgr Lefebvre. Aujourd'hui, la déclaration de la FSSPX, signée par l’abbé Davide Pagliarani, dénonce cette même évolution doctrinale, ce même relativisme moral et ce même faux œcuménisme qui ont ravagé l'Église depuis Vatican II. L'avertissement d'Ottaviani en 1966 était-il la prophétie que les catholiques ont refusé d'entendre ?
Dans son entretien de 1976 avec le journaliste néerlandais José Hanu, Mgr Marcel Lefebvre évoqua sa réponse de 1966 à une lettre (secrète) du cardinal Ottaviani, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (le Saint-Office) :
« À peine un an après Vatican II, la foi d’un si grand nombre de catholiques était à ce point ébranlée que le cardinal Ottaviani demanda à tous les évêques du monde et à tous les supérieurs généraux des ordres et congrégations de répondre à une enquête sur les dangers auxquels certaines vérités fondamentales étaient alors exposées. J’ai répondu à cette lettre le 20 décembre 1966, en énumérant les ravages que le Concile avait déjà causés, notamment en matière de relâchement des mœurs [...] Voici ce que j’ai écrit il y a dix ans au cardinal Ottaviani, ce que le Vatican n’a jamais reconnu. Voici ce que tous les évêques de France auraient dû faire au cours des dix années qui se sont écoulées depuis Vatican II. Mais ils sont restés silencieux. Ils ont laissé les erreurs se développer, ils ont laissé les progressistes et les libéraux saper l’Église, même s’ils n’ont pas eux-mêmes contribué à cette destruction. »
(Cf. Vatican Encounter, pp. 58-59)
« Depuis la récente conclusion fructueuse du Concile œcuménique Vatican II, de nombreux documents éclairés ont été promulgués, tant en matière doctrinale que disciplinaire, afin de promouvoir efficacement la vie de l’Église. […] Il appartient à la hiérarchie, en vertu de son droit et de son devoir, de veiller sur le mouvement de renouveau lancé par le Concile, de le guider et de le promouvoir, afin que les documents et les décrets conciliaires soient correctement interprétés et mis en œuvre dans la plus grande fidélité à leur esprit et à leur sens. Cette doctrine, en effet, doit être défendue par les évêques, car c’est à eux, avec Pierre pour chef, qu’incombe le devoir d’enseigner avec autorité. […] Il faut toutefois reconnaître avec tristesse que des nouvelles fâcheuses nous parviennent de diverses régions concernant des abus qui se répandent dans l’interprétation de la doctrine conciliaire, ainsi que certaines opinions effrontées circulant ici et là, causant un grand trouble parmi les fidèles. […] Il convient d’attirer l’attention sur quelques exemples de ces opinions et erreurs qui ont été signalés tant par des personnes compétentes que dans des écrits publiés. »
« 2) En ce qui concerne la doctrine de la foi, certains affirment que les formules dogmatiques sont sujettes à une évolution historique, au point même que leur signification objective est susceptible de changer. »
« 4) Certains refusent presque de reconnaître une vérité objective, absolue, stable et immuable, soumettant tout à un certain relativisme, sous prétexte que toute vérité suit nécessairement un rythme évolutif selon la conscience et l'histoire. »
« L’Église romaine est la seule à posséder simultanément les quatre notes qui caractérisent l’Église fondée par Jésus-Christ : l’Unité, la Sainteté, la Catholicité et l’Apostolicité. Son unité découle essentiellement de l’adhésion de tous ses membres à l’unique vraie Foi, fidèlement conservée, enseignée et transmise par la hiérarchie catholique au cours les siècles. »
« Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance, ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi. » (Citation de Pastor Aeternus, ch. 4 §6, Vatican I)
« 9) Les erreurs en matière de théologie morale ne sont pas moins triviales. Certains osent même rejeter les critères objectifs de la moralité, tandis que d'autres ne reconnaissent pas la loi naturelle, préférant défendre la légitimité d'une prétendue éthique situationnelle. Des opinions néfastes se répandent sur la moralité et la responsabilité en matière de sexualité et de mariage.»
« L’aide apportée aux âmes par les sacrements de l’Église catholique est suffisante en toute circonstance et à toute époque pour permettre aux fidèles de vivre en état de grâce. La loi morale contenue dans le Décalogue et perfectionnée dans le Sermon sur la montagne est la seule praticable pour obtenir le salut des âmes. Tout autre code moral – par exemple fondé sur le respect de la création ou sur les droits de la personne humaine – est radicalement insuffisant pour sanctifier et sauver une âme. En aucune manière, il ne peut remplacer l’unique vraie loi morale. À l’exemple de saint Jean-Baptiste, la vraie charité nous oblige à avertir les pécheurs et à ne jamais renoncer à prendre les moyens nécessaires pour sauver leurs âmes. […] Le péché impur contre-nature est d’une telle gravité qu’il crie toujours et en toute circonstance vengeance devant Dieu, et qu’il est radicalement incompatible avec toute forme d’amour authentique et chrétien. Dès lors, un tel « mode de vie » ne peut en aucune manière être reconnu comme un don de Dieu. Un couple pratiquant ce vice doit être aidé à s'en libérer, et ine peut en aucune manière être béni — formellement ou informellement — par les ministres de l'Église. »
« 10) Il convient par ailleurs de commenter l'œcuménisme. Le Siège apostolique loue, sans aucun doute, ceux qui promeuvent des initiatives, dans l'esprit du décret conciliaire sur l'œcuménisme, qui encouragent la charité envers nos frères séparés et les ramènent à l'unité de l'Église. Il est toutefois regrettable que certains interprètent le décret conciliaire à leur guise, proposant une action œcuménique qui offense la vérité sur l'unité de la foi et de l'Église, et qui favorise un irénisme pernicieux [l'erreur consistant à créer une fausse unité entre les différentes Églises] et un indifférentisme totalement étranger à l'esprit du Concile. »
« Il n’existe qu’une seule foi et une seule Église par lesquelles nous puissions être sauvés. Hors de l’Église catholique romaine, et sans la profession de foi qu’elle a toujours enseignée, il n’y a ni salut ni rémission des péchés. […] L’Église romaine est la seule à posséder simultanément les quatre notes qui caractérisent l’Église fondée par Jésus-Christ : l’Unité, la Sainteté, la Catholicité et l’Apostolicité. Son unité découle essentiellement de l’adhésion de tous ses membres à l’unique vraie foi, fidèlement conservée, enseignée et transmise par la hiérarchie catholique au cours des siècles. Le négation d’une seule vérité de foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l’Église catholique. L’unique voie possible pour restaurer l’unité entre les chrétiens de confessions différentes consiste dans l’appel pressant et charitable adressé aux non-catholiques à professer l’unique vraie foi au sein de l’unique vraie Église.
En aucune manière l’Église catholique ne peut être considérée ou traitée sur un pied d’égalité avec un faux culte ou une fausse Église. »
« Je crois qu’il est de mon devoir de vous exposer de manière claire et exhaustive ce qui ressort de mes entretiens avec de nombreux évêques, prêtres et laïcs en Europe et en Afrique, et ce qui transparaît également de mes lectures concernant les territoires anglophones et francophones. Je suivrais volontiers l’ordre des vérités énumérées dans votre lettre, mais j’ose dire que le mal actuel semble bien plus grave que la négation ou la remise en question de certaines vérités de notre foi. En ces temps-ci, il se manifeste par une extrême confusion des idées, par l’effondrement des institutions de l’Église, des fondations religieuses, des séminaires, des écoles catholiques — bref, de ce qui a toujours été le soutien permanent de l’Église. Ce n’est rien de moins que la suite logique des hérésies et des erreurs qui ont miné l’Église au cours des derniers siècles, en particulier depuis le libéralisme du siècle dernier, qui s’est efforcé à tout prix de réconcilier l’Église avec les idées qui ont conduit à la Révolution française. »
« Alors que le Concile se préparait à être un phare dans le monde d’aujourd’hui (si seulement les documents préconciliaires où l’on trouve une profession solennelle de doctrine sûre face aux problèmes actuels avaient été acceptés), nous pouvons et devons malheureusement constater que : d’une manière plus ou moins générale, lorsque le Concile a introduit des innovations, il a ébranlé la certitude des vérités enseignées par le Magistère authentique de l’Église comme appartenant incontestablement au trésor de la Tradition […] Ainsi, contraints par les faits, nous sommes forcés de conclure que le Concile a encouragé, de façon inconcevable, la propagation des erreurs libérales. La foi, la morale et la discipline ecclésiastique sont ébranlées jusque dans leurs fondements, accomplissant ainsi les prédictions de tous les papes. »
« Le rejet d'une seule vérité de foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l'Église catholique. »
« C'est dans cette foi et dans ces principes que nous demandons à être instruits et confirmés par Celui qui a reçu le charisme de le faire. Avec l’aide de Notre Seigneur, nous préférons la mort plutôt que d'y renoncer. C'est dans cette foi immuable que nous désirons vivre et mourir, dans l'attente qu'elle cède la place à la vision directe de l’immuable Vérité éternelle. »
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