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« Vatican II condamne le Vatican d’aujourd’hui, et non la FSSPX. »
par Vistemboir2 2026-05-16 09:45:00
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 15 mai 2026 sur The Remnant sous le titre : «Vatican II Condemns Today’s Vatican, Not the SSPX »
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Qui adhère le plus aux enseignements de Vatican II : la FSSPX ou le Vatican actuel ? S’appuyant largement sur les textes mêmes de Vatican II, cette analyse percutante soutient que Rome contredit aujourd’hui nombre d’enseignements orthodoxes que les Pères conciliaires conservateurs se sont efforcés de préserver.

L’un des passages les plus intéressants du livre de Mgr Marcel Lefebvre, Ils L’ont découronné, est sa description de la manière dont les documents du Concile Vatican II ont été rédigés. Après avoir évoqué les efforts des Pères conciliaires conservateurs pour ajouter des passages orthodoxes aux documents conciliaires afin de contrebalancer les affirmations libérales, il décrit les efforts des libéraux pour promouvoir leurs idées hétérodoxes :

« Mais l'ennuyeux, c'est que les libéraux eux-mêmes dans le texte des schémas pratiquèrent ce système : affirmation d'une erreur ou d'une ambiguïté ou d'une orientation dangereuse, puis immédiatement après ou avant, affirmation en sens contraire, destinée à rassurer les pères conciliaires conservateurs. » (p. 45)


Ceux qui ont étudié les documents du Concile Vatican II peuvent déceler la tension entre les positions libérales et conservatrices dans nombre d'entre eux, car peu d'efforts ont été déployés pour harmoniser les points de vue opposés en un texte cohérent. Mais pour ceux qui connaissent moins bien les documents conciliaires, il peut être utile d'envisager comment ce même processus de rédaction se traduirait par un énoncé hypothétique portant sur les mathématiques élémentaires (plutôt que sur la théologie catholique) :

« Deux plus deux font toujours quatre… Cependant, on prend de plus en plus conscience que deux plus deux font parfois cinq, ou d'autres nombres. »

Il devrait être évident pour la plupart des gens que la première phrase est correcte et la seconde incorrecte ; et si l'on nous apprenait à considérer les documents conciliaires en ces termes, Vatican II serait bien moins source de confusion. Mgr Lefebvre poursuivit par un exemple simple tiré du Concile pour illustrer ce point :

« Ainsi dans la constitution sur la liturgie Sacrosanctum concilium, en écrivant au n. 36 § 2 : “une place plus grande pourra être accordée à la langue vernaculaire”, et en confiant aux assemblées épiscopales le soin de décider si on adoptera ou non la langue vernaculaire (cf. n. 36 § 3), les rédacteurs du texte ouvraient la porte à la suppression du latin dans la liturgie. Pour atténuer cette prétention, ils ont pris soin d'écrire d'abord : au n. 36 §1 : “l'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins”. Rassurés par cette affirmation, les Pères ont avalé sans problème les deux autres. » (p. 45-46).


Il s’agit là d’une explication extrêmement précieuse, qui mériterait d’être plus largement reconnue, car nous savons tous que l’usage du latin n’a pas été maintenu dans les rites latins. Dans le même temps, on peut comprendre comment Mgr Lefebvre et ses collègues pères conciliaires conservateurs ont pu être apaisés par la déclaration concernant le maintien du latin.

La véritable crise n’est pas que la FSSPX rejette les nouveautés de Vatican II, mais que Rome rejette les passages catholiques de Vatican II.

C’est cette dynamique impie et absurde à l’œuvre dans les documents de Vatican II qui explique comment la FSSPX, fondée par Mgr Lefebvre, rejette certains passages sur lesquels le Vatican insiste ; et, inversement, comment elle adhère à certains passages de Vatican II que le Vatican a contredits par ses paroles et ses actes depuis la clôture du Concile. Ainsi, alors que la FSSPX est déjà dénoncée aujourd’hui par Rome et les catholiques dits conservateurs pour son « rejet de Vatican II », il est tout à fait approprié, voire nécessaire, de montrer comment le Vatican, sous l’impulsion de Léon XIV, rejette lui-même Vatican II.

Fidélité inébranlable à la Foi pure.
Alors que Rome condamne la FSSPX pour son refus catégorique d'accepter tout enseignement associé à Vatican II qui contredit l'enseignement de l'Église avant le Concile, la Constitution dogmatique de Vatican II sur la Révélation divine, Dei Verbum, nous dit que la FSSPX a raison :

« La sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l’Église ; en s’attachant à lui, le peuple saint tout entier uni à ses pasteurs reste assidûment fidèle à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières (cf. Ac 2, 42 grec), si bien que, pour le maintien, la pratique et la profession de la foi transmise, s’établit, entre pasteurs et fidèles, un remarquable accord. La charge d’interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise, a été confiée au seul Magistère vivant de l’Église dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus Christ. Pourtant, ce Magistère n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu, mais il est à son service, n’enseignant que ce qui a été transmis, puisque par mandat de Dieu, avec l’assistance de l’Esprit Saint, il écoute cette Parole avec amour, la garde saintement et l’expose aussi avec fidélité, et puise en cet unique dépôt de la foi tout ce qu’il propose à croire comme étant révélé par Dieu. (Dei Verbum, §10)


La nécessité d’être des catholiques fidèles. Alors que Rome encourage un relâchement de la foi caractérisé par un catholicisme à la carte et des péchés publics, même parmi les hauts dignitaires du clergé, la Constitution dogmatique sur la foi du Concile Vatican II, Lumen Gentium, nous rappelle que la FSSPX a raison d'insister sur la nécessité d'une pratique assidue de la foi pour le salut de nos âmes :

« Sont incorporés pleinement à la société qu’est l’Église ceux qui, ayant l’Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et les moyens de salut qui lui ont été donnés, et qui, en outre, grâce aux liens constitués par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement ecclésiastique et la communion, sont unis, dans l’ensemble visible de l’Église, avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pontife et les évêques. L’incorporation à l’Église, cependant, n’assurerait pas le salut pour celui qui, faute de persévérer dans la charité, reste bien « de corps » au sein de l’Église, mais pas « de cœur ». Tous les fils de l’Église doivent d’ailleurs se souvenir que la grandeur de leur condition doit être rapportée non à leurs mérites, mais à une grâce particulière du Christ ; s’ils n’y correspondent pas par la pensée, la parole et l’action, ce n’est pas le salut qu’elle leur vaudra, mais un plus sévère jugement. » (Lumen Gentium, § 14)


Point de salut hors de l’Église. Alors que la promotion par Rome d’un faux œcuménisme laisse croire aux non-catholiques qu’ils trouveront le salut dans leurs fausses religions, Lumen Gentium confirme que la FSSPX a raison de conserver l’enseignement pré-Vatican II selon lequel il n’y a de salut qu’en dehors de l’Église catholique :

« C’est vers les fidèles catholiques que le saint Concile tourne en premier lieu sa pensée. Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, il enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l’Église ; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du baptême (cf. Mc 16, 16 ; Jn 3, 5), c’est la nécessité de l’Église elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du baptême, qu’il nous a confirmée en même temps. C’est pourquoi ceux qui refuseraient soit d’entrer dans l’Église catholique, soit d’y persévérer, alors qu’ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient pas être sauvés. » (Lumen Gentium, §14)


La nécessité d'éviter toutes les menaces qui pèsent sur le mariage. Alors que la promotion par Rome de l’homosexualité, notamment par la bénédiction des unions entre personnes de même sexe, et son indifférence face à l’usage répandu de la contraception artificielle, s’attaquent directement à l’enseignement chrétien sur le mariage, la FSSPX adhère fermement à l’enseignement sur ce sujet tel qu’il est exposé dans la Constitution dogmatique de l’Église dans le monde de ce temps, Gaudium et Spes, adoptée par le Concile :

« En effet, Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie, et l’homme doit s’en acquitter d’une manière digne de lui. La vie doit donc être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception : l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables. La sexualité propre à l’homme, comme le pouvoir humain d’engendrer, l’emportent merveilleusement sur ce qui existe aux degrés inférieurs de la vie ; il s’ensuit que les actes spécifiques de la vie conjugale, accomplis selon l’authentique dignité humaine, doivent être eux-mêmes entourés d’un grand respect. Lorsqu’il s’agit de mettre en accord l’amour conjugal avec la transmission responsable de la vie, la moralité du comportement ne dépend donc pas de la seule sincérité de l’intention et de la seule appréciation des motifs ; mais elle doit être déterminée selon des critères objectifs, tirés de la nature même de la personne et de ses actes, critères qui respectent, dans un contexte d’amour véritable, la signification totale d’une donation réciproque et d’une procréation à la mesure de l’homme ; chose impossible si la vertu de chasteté conjugale n’est pas pratiquée d’un cœur loyal. En ce qui concerne la régulation des naissances, il n’est pas permis aux enfants de l’Église, fidèles à ces principes, d’emprunter des voies que le Magistère, dans l’explication de la loi divine, désapprouve. (Gaudium et Spes, §51,3)


La nécessité pour les prêtres de fuir la débauche et la luxure. Alors que le soutien indéfectible de Rome à l’homosexualité a inévitablement engendré une forte augmentation de l’homosexualité au sein du clergé, la FSSPX adhère à l’enseignement du décret du Concile Vatican II sur le ministère et la vie des prêtres, Presbyterorum Ordinis :

« Ministres de la liturgie, surtout dans le sacrifice de la messe, les prêtres agissent de manière spéciale à la place du Christ, qui s’est offert comme victime pour sanctifier les hommes ; ils sont dès lors invités à imiter ce qu’ils accomplissent : célébrant le mystère de la mort du Seigneur, ils doivent prendre soin de mortifier leurs membres, se gardant des vices et de tout mauvais penchant. » (Presbyterorum Ordinis, §13)

« Le saint Concile s’adresse encore aux prêtres qui ont fait confiance à la grâce de Dieu, et qui ont librement et volontairement accueilli le célibat, selon l’exemple du Christ : qu’ils s’y attachent généreusement et cordialement, qu’ils persévèrent fidèlement dans leur état, qu’ils reconnaissent la grandeur du don que le Père leur a fait et que le Seigneur exalte si ouvertement, qu’ils contemplent les grands mystères signifiés et réalisés par leur célibat. Certes, il y a, dans le monde actuel, bien des hommes qui déclarent impossible la continence parfaite : c’est une raison de plus pour que les prêtres demandent avec humilité et persévérance, en union avec l’Église, la grâce de la fidélité, qui n’est jamais refusée à ceux qui la demandent. Qu’ils emploient aussi les moyens naturels et surnaturels qui sont à la disposition de tous. » (Presbyterorum Ordinis, §16)


Le même Vatican qui accorde la liberté aux dissidents doctrinaux la refuse aux catholiques traditionalistes.

Les dispositions œcuméniques appropriées.
Enfin, alors que Rome propose aujourd’hui de condamner la FSSPX pour son rejet des nouveautés de Vatican II, le décret du Concile sur l’œcuménisme, Unitatis Redintegratio, -6-non seulement confirme que la FSSPX a raison de chercher à convertir les âmes à la foi catholique, mais condamne aussi avec force le refus de Rome d’accorder aux catholiques traditionalistes la même liberté religieuse qu’à ceux qui méprisent totalement l’orthodoxie catholique :

« Dans l’action œcuménique, les fidèles de l’Église catholique, sans hésitation, se montreront pleins de sollicitude envers leurs frères séparés ; ils prieront pour eux, parleront avec eux des choses de l’Église, feront vers eux les premiers pas. Ils considéreront surtout avec loyauté et attention tout ce qui, dans la famille catholique elle-même, a besoin d’être rénové et d’être réalisé, de telle manière que sa vie rende un témoignage plus fidèle et plus clair de la doctrine et des institutions que le Christ a transmises par ses Apôtres. En effet, bien que l’Église catholique ait été dotée de la vérité révélée par Dieu ainsi que de tous les moyens de grâce, néanmoins ses membres n’en vivent pas avec toute la ferveur qui conviendrait. Il en résulte que le visage de l’Église resplendit moins aux yeux de nos frères séparés ainsi que du monde entier, et la croissance du Royaume de Dieu en est entravée (…) Conservant l’unité dans ce qui est nécessaire, que tous, dans l’Église, chacun selon la charge qui lui est confiée, gardent la liberté qui leur est due, qu’il s’agisse des formes diverses de la vie spirituelle et de la discipline, de la variété des rites liturgiques, et même de l’élaboration théologique de la vérité révélée ; et qu’en tout ils pratiquent la charité. De la sorte, ils manifesteront toujours plus pleinement la véritable catholicité et apostolicité de l’Église. » (Unitatis Redintegratio, 4)


En nous rappelant l’explication de Mgr Lefebvre sur la rédaction des documents conciliaires, nous constatons que les Pères conciliaires libéraux n’ont autorisé ces passages orthodoxes que pour contrebalancer les passages libéraux mis en avant par Rome depuis soixante ans. Avant Vatican II, l'Église n'a jamais toléré la coexistence de l'erreur et de la vérité dans ses documents officiels. Par conséquent, le fait d'avoir délibérément juxtaposé vérité et erreur à Vatican II a constitué l'une des offenses les plus graves qui soient contre Dieu, une offense qui a, comme on pouvait s'y attendre, déclenché une crise qui s'aggrave d'année en année à mesure que les catholiques perdent de vue la nécessité de rejeter l'erreur.

Malgré cette terrible réalité, il n'en demeure pas moins que le Vatican de Léon XIV s'oppose plus activement aux enseignements du Concile que la FSSPX. S'il y a bien des personnes à condamner pour leur rejet de Vatican II, ce sont assurément celles qui, à Rome, mettent en avant les passages les plus libéraux des documents conciliaires au détriment des passages orthodoxes que Mgr Lefebvre et ses collègues pères conciliaires conservateurs ont su y insérer. Alors que Rome envisage d'excommunier la FSSPX pour avoir consacré des évêques, il convient de rappeler que le véritable combat de ces soixante dernières années a toujours consisté à étouffer, voire à faire taire, les voix qui rappellent à l'Église et au monde que Vatican II lui-même condamne l'hétérodoxie qui gangrène aujourd'hui le Vatican. Puisse Dieu accorder à Léon XIV et au cardinal Fernández les grâces nécessaires pour orienter leurs efforts vers des fins pleinement catholiques : s'ils pouvaient se départir de leurs préjugés anti-Vatican II, ils verraient que la paille qu'ils croient voir dans l'œil de la FSSPX n'est en réalité que le reflet des passages catholiques de Vatican II.

Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

     

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 « Vatican II condamne le Vatican d’aujourd’hui, et non la FSSPX. » par Vistemboir2  (2026-05-16 09:45:00)
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