Traduction d’un article d’Angeline Tan paru le 11 mai 2026 sur le site The Remnant sous le titre : « Synod on Synodality Critics Warn of Doctrinal Confusion on Homosexuality »
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Le Synode sur la synodalité a-t-il transformé « l’écoute » en un instrument de compromis doctrinal ? Un nouveau document d’étude synodal troublant semble redéfinir le péché, l’homosexualité et la loi morale à travers le prisme de « l’expérience vécue », suscitant de sérieuses inquiétudes quant à savoir si l’enseignement catholique en train d’être occulté plutôt qu’ouvertement nié.
Le rapport récemment publié par le groupe d’étude n° 9 du Synode sur la synodalité devrait alarmer tout catholique fidèle qui croit encore que l’Église catholique a quelque chose de clair, de précis et de salvifique à dire au sujet de la sexualité humaine.
Il convient de noter que ce rapport, intitulé « Critères théologiques et méthodologies synodales pour un discernement partagé des questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes », semble prôner une réinterprétation de l’homosexualité, en présentant des témoignages sans réserve selon lesquels « le péché, à la base, ne réside pas dans la relation de couple (homosexuel) », mais dans « un manque de foi en un Dieu qui désire notre épanouissement ». S’appuyant sur l’« expérience vécue » de deux personnes attirées par le même sexe, le document présente ces témoignages comme des « expériences de bonté », tout en mettant en avant l’un d’entre eux qui affirme que « le péché, à la racine, ne réside pas dans la relation de couple (homosexuel) », allant ainsi à l’encontre de l’enseignement immuable de l’Église sur la sexualité humaine, le péché, le mariage et la loi morale.
Depuis des millénaires, et depuis son établissement par Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, l'Église catholique s'est exprimée de manière claire et régulière sur le péché, la vertu et la loi morale. Les actes étaient soit ordonnés à Dieu, soit désordonnés en défiant Sa volonté. La vie morale n'était pas une question d'expression ou d'épanouissement personnel, mais d'obéissance à la vérité divinement révélée. De façon remarquable, l'Église catholique a particulièrement condamné les actes homosexuels, les considérant comme intrinsèquement désordonnés qui, s'ils étaient commis volontairement malgré les conséquences, constitueraient des péchés mortels privant l'âme de la grâce sanctifiante.
Cependant, le récent rapport synodal a rarement abordé le sujet du « péché » et de la « damnation éternelle ». Il a plutôt parlé de « relations », d'« expériences » et de « chemins spirituels ». Par exemple, la page 9 du rapport affirme ceci :
« La mission de l’Église ne consiste pas à proclamer abstraitement et à appliquer déductivement des principes énoncés de manière immuable et rigide, mais à favoriser une rencontre vivante avec la personne du Seigneur Jésus ressuscité, en s’engageant dans l’expérience vécue de la foi du Peuple de Dieu, dans sa pertinence personnelle et sociale, en relation avec la diversité des situations de vie et les multiples contextes culturels. Seule la tension féconde entre ce qui a été établi dans la doctrine et la pratique pastorale de l’Église et les pratiques de vie où cet enseignement est vérifié, dans l’exercice de la vie personnelle et communautaire à la lumière de l’Évangile, exprime le dynamisme créateur de la Tradition : contre la tentation d’une ossification stérile et régressive des principes et des affirmations, des normes et des règles, sans égard pour l’expérience des personnes et des communautés. »
Néanmoins,
dès lors que le « péché » devient une simple « relation », la clarté morale se désintègre car l’attention ne se porte plus sur le caractère intrinsèquement bon ou mauvais d’un acte, mais sur les sentiments des individus qui accomplissent cet acte.
Loin d'être un développement de la doctrine ou le « dynamisme générateur de la Tradition », comme l'affirmait le rapport, une telle notion (assimilant le « péché » à la « relation ») constitue une subversion de la doctrine catholique.
L’écoute n’est plus un moyen de se conformer à la vérité, mais de la remodeler.De plus, l'idée d'« écoute », si fortement mise en avant lors du processus synodal, a été instrumentalisée par les participants. Le récent document synodal suggère une intention insidieuse : « écouter » est devenu un moyen non pas de comprendre et de se conformer à la vérité révélée par Jésus-Christ, mais de la remodeler et de la manipuler.
Par ailleurs, le rapport synodal soutient que l'Église doit « écouter » le « vécu » des personnes en couple de même sexe.
Cependant, la question que les catholiques fidèles doivent se poser est : « écouter » dans quel but ? À y regarder de plus près, il apparaît clairement que le rapport susmentionné sous-entend que de telles « expériences vécues » confèrent une forme d’autorité permettant de contester, voire de modifier, l’enseignement catholique traditionnel en matière de morale. Il traite ainsi la doctrine catholique comme une construction humaine malléable et négociable, et non comme une vérité immuable et divinement révélée à laquelle il convient d’adhérer.
De ce fait, ce rapport heurte profondément la sensibilité catholique, car son langage évite soigneusement toute négation morale définitive et ambiguë – un élément pourtant essentiel pour distinguer l’orthodoxie catholique des idées erronées.
En effet, tout au long de son existence, l'Église n'a pas seulement défini la doctrine, mais a aussi interdit (par le biais d'anathèmes) ce qui est contraire au salut des âmes.
Par exemple, dans l'Ancien Testament, les Dix Commandements sont principalement formulés de manière négative : « Tu ne feras point ». Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ lui-même a évoqué le chemin étroit du salut, la réalité du Ciel et de l'enfer, et la nécessité de la repentance pour le salut.
Si l'Église contemporaine, dite « d'accompagnement », tente d'« accompagner » les individus tout en gardant le silence et en s'abstenant de les exhorter à renoncer à leurs péchés (comme les relations homosexuelles), elle semblerait indirectement cautionner leurs agissements. Ce faisant, son silence équivaudrait à un « consentement » à de tels péchés.
Certains défenseurs du Synode actuel pourraient arguer que les catholiques fidèles exagèrent en exprimant leurs inquiétudes quant au langage de documents synodaux comme celui mentionné précédemment. Après tout, aucune doctrine formelle n'est modifiée, pourront affirmer ces défenseurs synodaux.
Une Église qui accompagne les pécheurs sans les appeler à la repentance risque de transformer le silence en consentement.Or,
la réalité est que la doctrine n'a pas besoin d'être formellement rejetée pour être efficacement érodée. Il suffit de l'obscurcir, de la minimiser, d'en substituer les éléments à une version plus acceptable pour les oreilles modernes. Le relativisme moral camouflé sous le couvert de la « sensibilité pastorale » serait un cheval de Troie perfide destiné à saper le rempart de la doctrine catholique et du salut éternel. Ce schéma dangereux ne se limite pas à un seul rapport synodal ou à un seul sujet de controverse, mais reflète une crise d'autorité plus profonde au sein de l'Église, et notamment une hésitation, chez nombre de responsables, à instruire tous avec le courage, la clarté et la fermeté qu'exige l'Évangile de Jésus-Christ.
Ainsi, l'enjeu fondamental ne se résume pas à la manière dont l'Église catholique, en tant qu'Arche du salut, aborde l'homosexualité et les relations homosexuelles. La question qui se pose est de savoir si les instances humaines de l'Église catholique souhaitent encore instruire les catholiques et le reste du monde en tant que gardiennes du Dépôt de la Foi, ou si elles se laissent de plus en plus engluer dans les modes et les vices de ce même monde que Dieu lui a confié la mission de convertir.
En fin de compte, la question qui se pose aujourd'hui aux autorités vaticanes est de savoir si elles croient encore sincèrement à ce que la Sainte Église a toujours enseigné : que les âmes ont besoin de repentance, que la grâce est indispensable au salut et que la loi morale n'est pas un fardeau mais un moyen d'accéder à la véritable liberté humaine tournée vers Dieu.
La vraie question est de savoir si l'Église croit encore que les âmes ont besoin de repentance, de grâce et de salut.Si les autorités vaticanes et les participants au synode perdent de vue ces vérités catholiques fondamentales, aucune « écoute » ni aucun processus synodal (aussi bien intentionné soit-il) ne permettra à l’Église d’accomplir sa mission divinement ordonnée sur terre – c’est-à-dire, en définitive, le salut des âmes.
Comme l’a dit le grand écrivain et journaliste anglais Gilbert Keith Chesterton :
« Je n’ai pas besoin d’une Église pour me dire que j’ai tort là où je sais déjà que j’ai tort ; j’ai besoin d’une Église pour me dire que j’ai tort là où je pense avoir raison. »
Maria, Mater Ecclesiae, Regina Cleri, ora pro nobis.