Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

« Le cardinal Müller face à la FSSPX : Vatican II a-t-il rompu avec la Tradition ? »
par Vistemboir2 2026-04-19 17:03:41
Imprimer Imprimer

Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 18 avril 2026 sur The Remnant sous le titre : « Cardinal Müller vs. the SSPX: Did Vatican II Break with Tradition? »
-------------------------------
Cette étude de cas explore la défense du Concile par le cardinal Müller, les objections de la FSSPX et la question explosive qui est au cœur de tout cela : Vatican II a-t-il changé l’enseignement de l’Église sur le salut ?

Dans un récent entretien avec Communio, le cardinal Gerhard Müller a critiqué la FSSPX, notamment pour sa remise en question de certains documents du Concile Vatican II. L’argumentation du cardinal Müller repose essentiellement sur l’herméneutique de la continuité, selon laquelle les documents conciliaires sont parfaitement orthodoxes lorsqu’ils sont « lus dans le contexte de toute la tradition de l’Église » :

« Lorsque les déclarations du Concile Vatican II – que critique la Fraternité Saint-Pie-X – sont lues dans le contexte de toute la tradition de l’Église, une interprétation relativiste devient intenable. Cela vaut également pour les prétendus progressistes, qui réduisent la Révélation à une simple histoire religieuse et nient son caractère surnaturel et l’unicité du Christ comme Sauveur du monde. De même, concernant l’œcuménisme avec les chrétiens non catholiques, les communautés chrétiennes et les Églises orthodoxes, le Concile n’a en aucune façon remis en cause la nécessité de l’Église catholique pour le salut ni sa pleine identité avec l’Église des Apôtres. »


Le cardinal Müller ayant spécifiquement identifié « l’œcuménisme avec les chrétiens non catholiques » comme un domaine du concile Vatican II en parfaite continuité avec l’enseignement traditionnel de l’Église, il convient d’examiner les enseignements de l’Église antérieurs à Vatican II et les interprétations courantes des dispositions pertinentes du Concile. Ainsi, nous pourrons mieux comprendre la position du cardinal Müller selon laquelle le Concile n’a « en aucun cas remis en cause la nécessité de l’Église catholique pour le salut ».

Ce que l’Église a toujours enseigné

Comme évoqué dans un article précédent, l’enseignement immuable de l’Église se trouve dans l’allocution consitoriale Singulari quadam du pape Pie IX du 9 décembre 1854 :

« Il faut en effet admettre de foi que, hors de l’Église Apostolique Romaine personne ne peut être sauvé, qu’elle est l’unique arche du salut, que celui qui n’y serait point entré périra par le déluge : cependant il faut aussi reconnaître d’autre part avec certitude que ceux qui sont à l’égard de la vraie Religion dans une ignorance invincible n’en portent point la faute aux yeux du Seigneur. Maintenant, à la vérité, qui ira, dans sa présomption, jusqu’à marquer les limites de cette ignorance, suivant le caractère et la diversité des peuples, des pays, des esprits et de tant d’autres choses ? Oui sans doute, lorsque, affranchis de ces entraves corporelles, nous verrons Dieu tel qu’il est, nous comprendrons quel lien étroit et beau unit en Dieu la miséricorde et la justice ; mais tant que nous sommes dans ce séjour terrestre, affaissés sous ce fardeau mortel qui écrase l’âme, croyons fermement, d’après la doctrine catholique, qu’il est un Dieu, une foi, un baptême ; aller plus loin dans ses recherches n’est plus licite. » (Cité par Mgr Joseph Clifford Fenton dans son ouvrage L’Église catholique et le salut, p.43)


Il est important de noter la logique de cette affirmation :
Il n’y a pas de salut hors de l’Église catholique.
• Mais ceux qui sont véritablement et invinciblement ignorants ne sont pas, pour cette seule raison, coupables de ne pas être catholiques.
• Cependant, comme nous ignorons les limites de la miséricorde divine à cet égard, nous devons toujours faire tout notre possible pour mener les âmes à l’Église catholique.

Dans son commentaire sur ce passage de Singulari quadam, Mgr Joseph Clifford Fenton a souligné le point crucial suivant concernant l'ignorance invincible :

« Certaines traductions ont tendance à présenter l'ignorance invincible de la vraie religion comme une sorte de sacrement, puisqu'elles donnent à penser que le Souverain Pontife enseignait que les personnes qui ignorent invinciblement la vraie religion ne sont tout simplement pas coupables aux yeux du Seigneur. Le fait est (et c'est là l'essentiel de l'enseignement du pape Pie IX ici et dans l'encyclique Quanto conficiamur moerore) que la non-appartenance à l'Église catholique n'est en aucun cas la seule raison pour laquelle les hommes sont privés de la vision béatifique. En fin de compte, le seul facteur qui exclura un homme de la jouissance éternelle et surnaturelle de Dieu au ciel est le péché, qu'il soit originel ou mortel. Un enfant qui meurt sans avoir été baptisé n’aura pas la Vision béatifique parce que le péché originel l’en a rendu incapable. Tout homme qui meurt après avoir atteint l’âge de raison et qui est éternellement exclu de la Vision béatifique est puni pour le péché mortel effectif qu’il a commis. » (L’Église catholique et le salut, pp. 45-46)


À la lumière des paroles de Pie IX et de Mgr Fenton, on comprend pourquoi l'Église catholique doit toujours tout mettre en œuvre pour amener les âmes à la foi catholique. Si, dans son infinie miséricorde, Dieu daigne sauver ceux qui ignorent l'existence de l'Église catholique mais sont par ailleurs exempts de péché mortel, cela relève entièrement de Sa Providence. Quant à nous qui ne sommes pas Dieu, l'Église catholique a pour mission d'enseigner à toutes les âmes qu'elles doivent devenir catholiques.

C’est cette idée — que d’autres religions peuvent servir de vecteurs de salut — qui est explicitement réprouvée.

En lien avec cette considération essentielle, Mgr. Fenton a souligné que Singulari quadam s'oppose à l'idée que les autres religions chrétiennes seraient de simples alternatives moins bonnes à la véritable foi catholique :

« Dans cette partie de Singulari quadam, le pape Pie IX exhorte ensuite les évêques de l’Église catholique à mettre toute leur énergie à chasser de l’esprit des hommes l’erreur mortelle selon laquelle le chemin du salut se trouverait dans n’importe quelle religion. Dans une certaine mesure, il s’agit là d’une simple reformulation de l’opinion erronée selon laquelle nous pouvons espérer le salut des hommes qui ne sont jamais entrés dans l’Église catholique, première interprétation erronée de l’enseignement catholique réprimandée dans cette section de l’allocution. Pourtant, d’une autre manière, l’erreur selon laquelle le chemin du salut se trouve dans n’importe quelle religion possède sa propre malignité particulière et individuelle. Elle repose sur la fausse implication selon laquelle les fausses religions, qui ne sont pas catholiques, constituent en quelque sorte une approche partielle de la plénitude de la vérité qui se trouve dans le catholicisme. Selon cette aberration doctrinale, la religion catholique serait distincte des autres, non pas comme le vrai se distingue du faux, mais seulement comme la plénitude se distingue de ses participations incomplètes. C’est cette notion, l’idée que toutes les autres religions contiennent suffisamment de l’essence de cette plénitude, de cette vérité que l’on trouve dans le catholicisme, pour en faire des vecteurs du salut éternel, qui est ainsi réprouvée dans Singulari quadam. (L’Église catholique et le salut, p.47).


De toute évidence, Pie IX et Mgr Fenton étaient tous deux conscients du fait que de faux pasteurs propageaient les erreurs mortelles concernant la nécessité de l’Église catholique pour le salut. Compte tenu de l’importance capitale de veiller à ce que l’Église catholique n’enseigne jamais rien qui remette en cause, même de loin, les vérités exposées ci-dessus par Pie IX et Mgr Fenton, il serait véritablement pervers pour tout catholique de quelque manière que ce soit de minimiser ou de brouiller ces vérités. Forts de cette conviction, nous pouvons maintenant examiner le passage clé du décret du Concile sur l’œcuménisme, Unitatis Redintegratio.

Ce qu'a enseigné Vatican II dans Unitatis Redintegratio

Voici le passage afférent de Unitatis Redintegratio [§3] :

« Assurément, des divergences variées entre eux et l’Église catholique sur des questions doctrinales, parfois disciplinaires, ou sur la structure de l’Église, constituent nombre d’obstacles, parfois fort graves, à la pleine communion ecclésiale. Le mouvement œcuménique tend à les surmonter. Néanmoins, justifiés par la foi reçue au baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l’Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur. De plus, parmi les éléments ou les biens par l’ensemble desquels l’Église se construit et est vivifiée, plusieurs et même beaucoup, et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles de l’Église catholique : la Parole de Dieu écrite, la vie de grâce, la foi, l’espérance et la charité, d’autres dons intérieurs du Saint-Esprit et d’autres éléments visibles. Tout cela, qui provient du Christ et conduit à lui, appartient de droit à l’unique Église du Christ. De même, chez nos frères séparés s’accomplissent beaucoup d’actions sacrées de la religion chrétienne qui, de manières différentes selon la situation diverse de chaque Église ou communauté, peuvent certainement produire effectivement la vie de grâce, et l’on doit reconnaître qu’elles donnent accès à la communion du salut. »


L'argument du cardinal Müller est que nous devons interpréter cela comme signifiant exactement la même chose que ce qu'a toujours enseigné l'Église, ce qui transparaît dans les écrits de Pie IX et de Mgr Fenton. Ainsi, selon le cardinal Müller, une réponse tout à fait appropriée à quiconque s'interroge sur la position de Unitatis Redintegratio concernant les religions non catholiques serait de simplement citer les déclarations de Pie IX et de Mgr Fenton mentionnées précédemment.

Comment pourrait-on interpréter cela autrement que comme une assurance selon laquelle il est possible d'accéder au salut en dehors de l'Église catholique ?

Néanmoins… il est intéressant d’examiner comment certains ont « à tort » interprété Unitatis Redintegratio comme ayant une signification quelque peu différente de celle que Pie IX a écrite dans Singulari quadam.

Quelques interprétations de Unitatis Redintegratio

Comme le détaille un article de la FSSPX, « le 5 avril 2012, des intellectuels polonais ont adressé au Saint-Père une nouvelle pétition demandant un réexamen de la liberté religieuse, de l’œcuménisme et de la collégialité promus par Vatican II.» Parmi les affirmations contenues dans la pétition figurait la suivante, relative au passage cité plus haut d'Unitatis Redintegratio et à un passage similaire de Lumen Gentium :

« Les nombreux éléments de « sanctification » et de « vérité » présents hors des limites de l'Église sont également mentionnés dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium, au paragraphe 8. Comment, dès lors, comprendre l'expression « peut convenablement donner accès à la communion du salut », sinon comme l'assurance que des personnes sont capables d'atteindre le salut en dehors de l'Église catholique, grâce aux rites et pratiques d'autres confessions chrétiennes ? Toutefois, la question se pose de savoir comment cette interprétation peut être conciliée avec la doctrine traditionnelle Extra Ecclesiam nulla salus (« Hors de l'Église point de salut »), qui déclare que la foi catholique est une condition préalable au salut, ou avec l'enseignement sur l'unité de l'Église établi, en particulier, par Léon XIII : « Et pour exposer plus clairement l'unité de l'Église, il [saint Cyprien] recourt à l'image d'un corps vivant dont les membres ne peuvent être séparés.» « Nul ne peut vivre s’il n’est uni à la tête et ne puise d’elle sa force vitale. Séparés de la tête, ils doivent nécessairement mourir… L’Église du Christ est donc une et la même pour toujours ; ceux qui la quittent s’éloignent de la volonté et du commandement du Christ, le Seigneur – abandonnant le chemin du salut, ils s’engagent sur celui de la perdition. » Quel est le lien entre ces affirmations de Unitatis Redintegratio et les propositions 16 et 17 du Syllabus de Pie  IX, pourtant condamnées 

?
Les intellectuels polonais en question avaient interprété l’affirmation de Vatican II selon laquelle Dieu se sert des religions non catholiques comme moyens de salut comme signifiant que les religions non catholiques peuvent être des vecteurs de salut. Certains défenseurs érudits de Vatican II pourraient qualifier cette interprétation d’absurde, mais on comprend comment des catholiques ordinaires ont pu parvenir à cette conclusion.

On peut également considérer un passage d'un autre document, celui-ci provenant du site officiel du Vatican. L'essai d'Eleuterio F. Fortino, intitulé La présence du Saint-Esprit parmi les autres chrétiens, dit ceci à propos du passage en question de Unitatis Redintegratio :

« La présence du Saint-Esprit ne se limite pas aux chrétiens individuellement, mais il est à l'œuvre dans les autres Églises et communautés ecclésiales. En effet, ces communautés accomplissent de nombreuses actions liturgiques de la religion chrétienne (…) qui peuvent véritablement engendrer une vie de grâce et, il faut le dire, donner accès à la communion du salut. C'est la raison qui justifie et donne corps à la brève déclaration conciliaire selon laquelle « l'Esprit du Christ ne s'est pas abstenu de les utiliser – les autres Églises et communautés ecclésiales – comme moyens de salut, conformément à l'enseignement du Seigneur. »


Cet essai publié sur le site internet du Vatican cite l'encyclique Unitatis Redintegratio pour affirmer sans ambiguïté que les religions non catholiques sont des voies de salut. Par conséquent, à moins que cet essai ne soit erroné — auquel cas, il n'aurait peut-être pas sa place sur le site du Vatican — il semble possible d'interpréter Unitatis Redintegratio comme signifiant essentiellement ce que les intellectuels polonais lui attribuaient.

Enfin, nous pouvons examiner une question et une réponse tirées d'un document de 2007 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui cite Lumen Gentium et Unitatis Redintegratio pour expliquer l'expression « subsistit in » :

« TROISIÈME QUESTION : Pourquoi l'expression subsistit in a-t-elle été adoptée plutôt que le simple mot « est » ?
RÉPONSE : L'emploi de cette expression, qui indique la pleine identité de l'Église du Christ avec l'Église catholique, ne modifie pas la doctrine sur l'Église. Il découle plutôt du fait qu'il existe de « nombreux éléments de sanctification et de vérité » qui se trouvent en dehors de sa structure, mais qui, « en tant que dons propres à l'Église du Christ, poussent à l'unité catholique », et le met davantage en lumière. Il s'ensuit que ces Églises et communautés séparées, bien que nous estimions qu'elles souffrent de défauts, ne sont ni privées de signification ni d'importance dans le mystère du salut qui découle de cette plénitude de grâce et de vérité confiée à l'Église catholique. »


Cela signifie que, tandis que l'Église catholique est la Seule l'Église est « pleinement identifiée » à l'Église du Christ, mais les religions non catholiques sont aussi des voies de salut, malgré certaines imperfections.

Chacune de ces trois interprétations semble contredire les propos de Mgr Fenton cités plus haut :

« C'est cette notion, l'idée que toutes les autres religions contiennent suffisamment de l'essence de cette plénitude, de cette vérité que l'on trouve dans le catholicisme, pour en faire des voies de salut éternel, qui est ainsi prouvée dans Singulari quadam. »


Si Pie IX a condamné l'idée que les religions non catholiques sont des voies de salut, comment peut-on affirmer que Unitatis Redintegratio a préservé l'enseignement catholique intact en affirmant le contraire ?

Comprendre les points de vue opposés

Des voix s'élèvent avec force de part et d'autre de ce débat. Le principe de non-contradiction nous enseigne qu'ils ne peuvent tous avoir raison : il est possible que tous se trompent, mais un seul peut avoir raison. Voici quelques éléments de contexte pour nous aider à discerner qui a raison :

• Si Vatican II a véritablement préservé l'enseignement catholique dans son intégralité, pourquoi Unitatis Redintegratio n'a-t-it pas cité Pie IX ou d'autres papes antérieurs à Vatican II sur ce sujet ?
• Si Vatican II a véritablement préservé l'enseignement catholique dans son intégralité, pourquoi ceux qui affirment que les religions protestantes sont des voies de salut citent-ils Unitatis Redintegratio plutôt que des sources antérieures à Vatican II ?
• Si Vatican II a véritablement préservé l'enseignement catholique dans son intégralité, pourquoi les papes post-conciliaires ont-ils été plus enclins à louer les religions protestantes qu'à pointer leurs défauts ?
• Si Vatican II a véritablement préservé l'enseignement catholique dans son intégralité, pourquoi la FSSPX est-elle dénoncée par le cardinal Müller pour son adhésion à l'enseignement de l'Église antérieur à Vatican II ?

Les défenseurs de Vatican II n'apprécient guère ces questions, mais ils ont des réponses toutes prêtes, mêlant généralement hostilité et sophismes. Leurs réponses contredisent souvent non seulement la FSSPX, mais aussi les convictions de tous les papes antérieurs à Vatican II qui se sont exprimés sur ces sujets. Ils exigent que nous affirmions à la fois que rien n'a changé et que tout a changé.

Admettre ces contradictions reviendrait à l'« autodestruction » de l'Église… et, par conséquent, cela ne saurait être admis.


Mais si nous cherchons véritablement à comprendre les points de vue opposés, nous pouvons nous référer à une idée particulière tirée de l'interview du cardinal Müller :

« La FSSPX considérait ses objections à la liberté religieuse, à l'œcuménisme et aux relations de l'Église avec les autres religions – telles qu'elles sont exposées dans les documents conciliaires afférents – comme l'essence même du catholicisme, et exigeait que l'Église – avec tous ses évêques et le Pape, successeur de Pierre – admette que le Concile avait présenté des enseignements faux et ambigus et que la plus haute autorité doctrinale s'était égarée en matière de foi et de morale, trompant ainsi, intentionnellement ou par négligence, les fidèles et mettant en péril leur salut. Admettre cela serait non seulement erroné sur le fond, mais constituerait également l'autodestruction herméneutique de « l'Église comme pilier et fondement de la vérité » (1 Ti 3,15).»


L'idée sous-jacente est que reconnaître les problèmes du Concile reviendrait à détruire l'Église. Puisque nous ne voulons pas détruire l'Église, argumente le cardinal Müller, nous ne pouvons admettre aucune contradiction entre le langage du Concile et l'enseignement traditionnel de l'Église. Quiconque s'y oppose doit être réduit au silence par tous les moyens nécessaires.

Pour ceux que cette ligne de pensée (de répression) ne satisferait pas pleinement, voici la réponse de la FSSPX :

« Contrairement à ce qu’affirme le cardinal Müller, les arguments avancés par la Fraternité ne sont pas des “arguments fallacieux visant à éviter de se soumettre pleinement à l’autorité du Pape”. Car il existe bel et bien une contradiction, une rupture si l’on veut, entre les enseignements de Vatican II sur les points soulevés et la Tradition constante du Magistère de l’Église. Face à cette évidence que nous impose le principe de non-contradiction, quelle est la réponse du préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi ? « Admettre cela serait non seulement fondamentalement erroné, mais constituerait également l’autodestruction herméneutique de l’Église, pilier et fondement de la vérité (1 Tm  3,15). » Devrions-nous alors admettre que la Tradition de l’Église se réduit au seul Concile Vatican II, et que l’Église elle-même se réduit aux papes post-conciliaires ? . . . Nous pourrions ainsi nous lancer sans fin l’accusation d’autocéphalie — ou de schisme — les uns aux autres. Mais le critère de la véritable communion, celui de l’unité et de l’apostolicité de l’Église, n’est pas celui de la majorité : le groupe le plus petit n’est pas nécessairement le bastion schismatique. Ce critère nous a été donné par saint Vincent de Lérins : c’est le critère de la constance et de l’universalité de la profession de foi à travers le temps. Et ce critère positif est lui-même associé à un critère négatif : ce qui contredit actuellement la profession de foi explicite de l’Église ne peut représenter le principe d’unité et d’apostolicité. Or, sur tous les points soulevés, les documents du Concile cités par le cardinal reflètent et expriment cette contradiction. Ce n’est donc pas la Fraternité qui s’éloigne de l’unité de l’Église en refusant d’admettre ces points de doctrine, mais bien tous ceux qui veulent les imposer à l’encontre de la Tradition constante du Magistère catholique. »


Le débat concernant la FSSPX a très peu à voir avec la consécration des évêques et presque tout à voir avec le refus obstiné de la FSSPX d’abandonner ce que l’Église a toujours enseigné. C’est une idée dangereuse aux yeux de ceux qui cherchent à supprimer la tradition catholique, une idée qu’il faut combattre à tout prix. La plupart d’entre nous ont déjà pris position, mais pour ceux qui hésitent encore, il est bon de se demander si l’on partage l’avis de saint Vincent de Lérins ou celui de ceux qui ont orchestré l’apostasie massive qui a transformé des centaines de millions de catholiques de nom en protestants qui, par ailleurs, croient au pape.

Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 « Le cardinal Müller face à la FSSPX : Vatican II a-t-il rompu avec la Trad [...] par Vistemboir2  (2026-04-19 17:03:41)


274 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]