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« Les ennemis de l’Église catholique se régalent des « fruits » de Vatican II »
par Vistemboir2 2026-04-15 15:08:51
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 14 avril 2026 sur The Remnant sous le titre : « The Catholic Church’s Enemies are Feasting on the “Fruits” of Vatican II  »
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Soixante ans plus tard, les catholiques ne peuvent plus ignorer les « fruits » pastoraux néfastes du concile Vatican II. Robert Morrison examine comment l’ambiguïté, le faux œcuménisme et la trajectoire post-conciliaire de Rome ont alimenté la confusion, affaibli l’identité catholique et enhardi les ennemis de l’Église.

Un des points essentiels du concile Vatican II, sur lequel s'accordent aussi bien ses défenseurs que ses détracteurs, est son orientation pastorale. Paul VI l'a clairement affirmé à plusieurs reprises, notamment lors de son audience générale du 6 août 1975 :

« Contrairement aux autres conciles, celui-ci n'était pas directement dogmatique, mais disciplinaire et pastoral. »


À la lumière de ces propos, il ressort que Vatican II se distingue des autres conciles par son absence de dogmatisme direct. Ses paroles soulignent également la réelle distinction entre une approche dogmatique et une approche pastorale. Cependant, comme l'écrit le professeur Roberto de Mattei dans son Apologie de la Tradition, il n'y a pas de véritable tension entre les objectifs pastoraux et dogmatiques :

« Il n'y a et ne devrait pas y avoir de contradiction entre pastoral et dogmatique, comme si les conciles de Nicée, de Trente ou de Vatican I étaient purement dogmatiques et non pastoraux. Alors, qu'entendait le concile Vatican II lorsqu'il se définissait comme pastoral ? Ni plus ni moins que ce que Jean XXIII proclama dans son allocution inaugurale Gaudet Mater Ecclesia le 11 octobre 1962. Le concile n'avait pas été convoqué pour condamner les erreurs ni pour formuler de nouveaux dogmes, mais pour proposer, dans un langage nouveau, « les vérités contenues dans notre vénérable doctrine ». C'était théoriquement légitime, et c'est pourquoi de nombreux conservateurs participèrent avec enthousiasme à l'initiative du pape.» (p. 108)


Il était théoriquement légitime de vouloir exprimer les vérités de la foi catholique d'une manière plus compréhensible et inspirante, tant pour les laïcs catholiques que pour les non-catholiques susceptibles d'être attirés par l'Église. Cependant, le professeur de Mattei a poursuivi en décrivant ce qui s'est réellement produit :

« En réalité, la “primauté” johannique du ministère pastoral a été interprétée selon des catégories marxistes de “primauté de la praxis”. La dimension pastorale, pourtant accidentelle et secondaire par rapport à la dimension doctrinale, est devenue la priorité absolue, engendrant une révolution non pas tant dans le contenu que dans le style, le langage et la mentalité. Cela s'est traduit par la rédaction de documents ambigus et ambivalents, pouvant être lus à la fois dans la continuité et en rupture avec la Tradition. Même ceux qui acceptent ou proposent l'“herméneutique de la continuité”, c'est-à-dire qui soutiennent la possibilité ou la nécessité de lire les documents conciliaires à la lumière de la Tradition, doivent admettre que l'ambiguïté herméneutique constitue non pas un atout, mais une faiblesse des documents conciliaires. » (p. 108)


Il est clair qu’un problème se pose dans la mesure où les ambiguïtés des documents conciliaires pourraient être interprétées d’une manière qui contredit l’enseignement catholique immuable, et même les plus fervents défenseurs de Vatican II le reconnaissent. Laissant de côté la question de savoir si les documents conciliaires pourraient être lus comme favorisant l’erreur (question qui fait l’objet de débats approfondis depuis des décennies), nous pouvons toutefois isoler quelques questions sans doute plus urgentes : premièrement, comme l’a exprimé le professeur de Mattei, le problème de l’ambiguïté ; deuxièmement, la nécessité d’évaluer les résultats pastoraux du Concile ; et troisièmement, la continuité de l’orientation pastorale du Concile.

Le problème de l’ambiguïté

La lettre apostolique de Léon XIII du 22 janvier 1899 sur l’américanisme, Testem Benevolentiae, contient certaines des descriptions les plus éloquentes expliquant pourquoi la vérité catholique doit être énoncée clairement et complètement, et non de manière ambiguë :

« Le principe des opinions nouvelles dont Nous venons de parler peut se formuler à peu près en ces termes : pour ramener plus facilement les dissidents à la vérité catholique, il faut que l’Église s’adapte davantage à la civilisation d’un monde parvenu à l’âge d’homme et que, se relâchant de son ancienne rigueur, elle se montre favorable aux aspirations et aux théories des peuples modernes...Ils soutiennent en effet qu’il est opportun, pour gagner les cœurs des égarés, de taire certains points de doctrine comme étant de moindre importance, ou de les atténuer au point de ne plus leur laisser le sens auquel l’Église s’est toujours tenue […] Voici ce que dit à ce sujet le Concile du Vatican : "La doctrine de la foi révélée par Dieu a été présentée à l’esprit humain non comme un système philosophique à perfectionner", mais comme un dépôt divin confié à l’Épouse du Christ qui doit fidèlement le garder et l’interpréter infailliblement… Le sens que notre Sainte Mère l’Église a une fois déclaré être celui des dogmes saints doit être toujours conservé, et, jamais il ne s’en faut, écarter sous le prétexte ou l’apparence d’en mieux pénétrer la profondeur." (Const. De Fide Catholica, c. IV).

Il ne faut pas croire non plus qu’il n’y ait aucune faute dans le silence dont on veut couvrir certains principes de la doctrine catholique pour les envelopper dans l’obscurité de l’oubli.

Car toutes ces vérités qui forment l’ensemble de la doctrine chrétienne n’ont qu’un seul auteur et docteur : Le Fils unique qui est, dans le sein du Père [Jn 1, 18]… Qu’on se garde donc de ne rien retrancher de la doctrine reçue de Dieu ou de n’en rien omettre, pour quelque motif que ce soit : car celui qui le ferait tendrait plutôt à séparer les catholiques de l’Église qu’à ramener à l’Église ceux, qui en sont séparés. Qu’ils reviennent, rien, certes, ne Nous tient plus à cœur ; qu’ils reviennent, tous ceux qui errent loin du bercail du Christ, mais non par une autre voie que celle que le Christ a lui-même montrée. »


Comme d’autres papes d’avant Vatican II, Léon XIII comprenait certainement les arguments en faveur d’un assouplissement, voire d’une occultation, de certaines vérités difficiles de la foi catholique. Il dénonçait néanmoins l’idée que « l’Église devrait adapter ses enseignements à l’esprit du temps, assouplir sa rigueur ancestrale et faire des concessions aux opinions nouvelles. »

Les paroles de Léon XIII nous montrent qu’il faut rechercher la clarté et la précision et, par conséquent, éviter l’ambiguïté. Comme il l’a expliqué, le fait de supprimer ou de voiler la vérité catholique tend à éloigner les catholiques de l’Église. Cela vaut même lorsque les passages ambigus ne se prêtent pas à une interprétation hérétique. Ainsi, il n’est jamais légitime, au nom d’un objectif « pastoral », de favoriser l’ambiguïté concernant les enseignements de l’Église. Chaque fois qu’un enseignement catholique établi est rendu ambigu, le résultat pastoral est d’affaiblir les croyances catholiques et d’éloigner les âmes de l’Église.

La nécessité d’analyser les conséquences pastorales du Concile

Dans un essai de 1967 extrait de son ouvrage Le Droit de la messe romaine, l’abbé Raymond Dulac affirmait qu’il convenait d’analyser les « réformes » liturgiques issues de Vatican II en fonction de leurs conséquences :

« En effet, puisque ce Concile, et en particulier cette réforme [liturgique], se voulait essentiellement “pastoral”, nous nous sommes considérés, dans notre analyse, tenus de ne pas dissocier les actes officiels des circonstances historiques (prévues ou non) qui les ont accompagnés. Car, pour être correctement évaluée d’un point de vue pastoral, toute décision humaine doit être considérée non seulement en elle-même, mais aussi dans ses conséquences de fait, même celles qui sont imprévues et abusives. Le responsable doit les prévoir avant de promulguer sa loi.» (p. 54)


Bien que l’on puisse ne pas partager l’idée que les conséquences « abusives » et véritablement imprévisibles doivent être prises en compte lors de l’évaluation d’une initiative pastorale, le propos général du père Dulac semble tout à fait raisonnable et juste. Cela revient, bien sûr, à juger un arbre à ses fruits, comme nous l'a enjoint Notre Seigneur (Mt 7, 16-20).

Évaluer Vatican II à l'aune de ses fruits pastoraux est particulièrement pertinent compte tenu de l'intervention de Mgr Marcel Lefebvre au Concile, visant à dissiper l'ambiguïté entretenue au nom de l'objectif pastoral :

« L’ambiguïté de ce Concile apparut dès les premières séances. Pour quel but nous sommes-nous réunis ? Le discours du Pape Jean XXIII avait bien parlé de la manière dont il entendait orienter le Concile, vers un exposé pastoral de la doctrine (discours du 11 octobre 1962). Mais l’ambiguïté demeurait et l’on percevait la difficulté, à travers les interventions et discussions, de savoir ce que voulait le Concile. D’où ma proposition du 27 novembre… Elle serait l’occasion de mieux déterminer le caractère pastoral du Concile. Elle fut l’objet de violentes oppositions : « Le Concile n’est pas un Concile dogmatique, mais pastoral ; nous ne voulons pas définir de nouveaux dogmes, mais exposer la vérité pastoralement. » (J'accuse le Concile !, p. 3-4)


Ainsi, la proposition de Mgr Lefebvre de rédiger deux séries de documents – l’une plus dogmatique, à l’intention des théologiens, et l’autre plus pastorale – fut rejetée. Même s’il ne pouvait encore entrevoir les dangers précis des ambiguïtés propagées au nom de la vocation pastorale du Concile, il avait déjà compris qu’une telle approche était hautement problématique. Tragiquement, les architectes du Concile ne souhaitaient pas la précision théologique que Mgr Lefebvre cherchait à promouvoir, précision qui ne fait que confirmer la sagesse de Léon XIII évoquée plus haut. Ils voulaient au contraire que le Concile atteigne des objectifs pastoraux qui auraient été compromis par une présentation sans ambiguïté de la vérité catholique. Il n’y a pas d’autre issue logique.

Il nous faut donc absolument évaluer les fruits pastoraux qui ont émergé du Concile. L'une des descriptions les plus frappantes de ces fruits nous vient de Frank Sheed, dans son ouvrage Is It the Same Church? ( Est-ce la même Église ?) paru en 1968, donc trois ans après la clôture du Concile :

« Imaginez le choc ressenti par un catholique naufragé sur une île déserte en 1958 et tout juste rentré chez lui. Ses amis catholiques l’accueillent chez eux. Partout, il se sent dépassé par les conversations. Elles tournent, parfois avec véhémence, autour de deux mots qui lui sont totalement étrangers : œcuménisme et pilule contraceptive… Les semaines qui suivent sont un véritable choc. Il lui faut un certain temps pour s’habituer à voir le prêtre face à l’assemblée. Et à la messe en anglais, encore plus. Il se souvient de débats avec des protestants où son argument massue était l’usage du latin comme preuve de la catholicité de l’Église : « une seule langue partout dans le monde ».… Quel que soit l’angle sous lequel il regarde, le monde catholique qu’il connaissait semble avoir basculé – et si vite : après tout, il n’était parti que dix ans. Il entend parler de prêtres qui se marient, dont la cérémonie est célébrée par d’autres prêtres. » (pp. xi-xii).


Les défenseurs de Vatican II affirment que ces problèmes n'ont rien à voir avec Vatican II, car le Concile n'a pas modifié les dogmes. Or, c'est passer presque totalement à côté du sujet. Si l'on relit les propos de Léon XIII cités plus haut dans Testem Benevolentiae, on constate que même une atténuation de la doctrine catholique tend à éloigner les catholiques de l'Église. Mais Vatican II a fait plus qu'atténuer la doctrine catholique : il a cessé de condamner les erreurs, même s'il n'a pas omis de les mentionner dans ses documents. Catholiques et non-catholiques ont bien compris le message : les erreurs contraires à la Foi ne sont plus considérées comme aussi problématiques. Et l'on s'étonne alors de la prolifération immense d'erreurs anti-catholiques provenant de sources prétendument catholiques depuis le Concile ?

La trajectoire ininterrompue de l'action pastorale du Concile

Enfin, force est de constater que les problèmes que Frank Sheed et d'innombrables autres ont identifiés peu après Vatican II se sont généralement aggravés depuis la clôture du Concile. Dans presque tous les autres domaines, lorsque des personnes compétentes reconnaissent avoir entrepris des changements ayant engendré des conséquences fâcheuses et imprévues, elles rectifient le tir. Elles corrigent les problèmes. Or, à Rome, ces soixante dernières années, nous observons exactement le contraire : les pires dérives sont soigneusement cultivées pour les rendre plus répandues et plus pernicieuses.

Prenons un exemple aux conséquences si profondes qu'il rendrait le Concile désastreux même si, par ailleurs, il avait été parfait : le faux œcuménisme. En réalité, la quasi-totalité de l'action pastorale de Vatican II a contribué à l'essor du faux œcuménisme. Pour en constater la progression au cours des soixante dernières années, il suffit de considérer quatre périodes clés :

Avertissement du Concile. Mgr Giocondo Grotti, évêque servite, intervint au Concile pour défendre la présentation de la vérité catholique sur la Vierge Marie, même si cela déplaisait aux protestants : « L’œcuménisme consiste-t-il à confesser la vérité ou à la cacher ? Le Concile doit-il expliquer la doctrine catholique ou celle de nos frères séparés ? […] Cacher la vérité nous nuit autant qu’à ceux qui sont séparés de nous. Cela nous nuit, car nous passons pour des hypocrites. Cela nuit à ceux qui sont séparés de nous, car cela les fait paraître faibles et susceptibles d’être offensés par la vérité.» (Extrait de Le Rhin se jette dans le Tibre du Père Ralph Wiltgen)

Analyse de Frank Sheed (1968). Frank Sheed poursuivit sa description des chocs ressentis en 1968 face aux changements consécutifs au concile Vatican II : « Et les protestants. Il savait que les protestants n’étaient pas voués à l’enfer – il se souvient de sa surprise lorsqu’un prêtre eut des démêlés avec les autorités ecclésiastiques à ce sujet. Mais les choses semblaient avoir pris une tout autre ampleur pendant son séjour sur son île déserte. Il apprit qu’à la mort de Jean XXIII, une église épiscopalienne organisa un requiem dans sa cathédrale, et qu’un cardinal avait dépêché son vicaire général pour y assister ; il y serait allé lui-même s’il n’avait dû se trouver à Rome… Il se souvint de la mort de son grand-père épiscopalien et des paroles du curé lorsqu’il demanda la permission d’assister aux funérailles – c’était la première fois qu’il entendait l’expression « communicatio in sacris » : il l’entendit au moins vingt fois, sans être certain de sa signification, mais il s’agissait indubitablement d’un péché mortel. » (p. xii)

Analyse de Mgr Lefebvre en 1986. Dans sa Lettre ouverte aux catholiques perplexes, Mgr Lefebvre formulait le jugement suivant : « L’œcuménisme, dans son acception étroite, donc réservé aux chrétiens, fait organiser des célébrations eucharistiques communes avec les protestants, ainsi que cela s’est fait en particulier à Strasbourg. Ou bien ce sont les anglicans que l’on invite dans la cathédrale de Chartres pour célébrer la « Cène eucharistique ». La seule célébration qui ne soit admise ni à Chartres, ni à Strasbourg, ni à Rennes, ni à Marseille est celle de la sainte messe selon le rite codifié par saint Pie V. Quelle conclusion peut tirer de tout cela le catholique qui voit les autorités ecclésiastiques couvrir d’aussi scandaleuses cérémonies ? Que toutes les religions se valent, qu’il pourrait très bien faire son salut chez les bouddhistes ou les protestants. Il court le risque de perdre la foi dans la sainte Église. C’est bien ce qu’on lui suggère »

Lettre du Synode de 2021 sur la synodalité. Une lettre de 2021 des cardinaux Grech et Hollerich détaillait la manière dont le Synode promeut un faux œcuménisme :  “Le dialogue entre les chrétiens de différentes confessions, unis par un seul baptême, occupe une place particulière sur le chemin synodal” (Vademecum du Synode 5.3.7 p. 34-35). En effet, la synodalité et l’œcuménisme sont tous deux des processus de “cheminement ensemble”. Premièrement, si “une Église synodale est une Église qui écoute” (Pape François, 17 octobre 2015), cette écoute doit concerner la totalité de ceux qui sont honorés du nom de chrétien, puisque tous les baptisés participent, à un degré ou un autre, au sensus fidei (cf. Commission théologique internationale, Sensus fidei dans la vie de l’Église, 56). Deuxièmement, l’œcuménisme pouvant être compris comme un “échange de dons”, l’un des dons que les catholiques peuvent recevoir des autres chrétiens est précisément leur expérience et leur compréhension de la synodalité (cf. Evangelii Gaudium, 246).

Nous sommes passés de la condamnation des initiatives œcuméniques à une indifférence totale, voire à une insouciance, lorsque les architectes du synode nous affirment que les protestants participent au sensus fidei de l'Église catholique. Tout au long de ce cheminement vers un faux œcuménisme, des signes avant-coureurs avaient été présents, comme la réunion de prière d'Assise en 1986. À chaque signe de corruption pastorale, Rome s'éloignait toujours plus des enseignements de Pie XI dans son encyclique de 1928 sur l'unité religieuse, Mortalium Animos, concernant les précurseurs du faux œcuménisme actuel :

« De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu'elles s'appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s'égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l'athéisme. La conclusion est claire : se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c'est s'éloigner complètement de la religion divinement révélée.

On comprend donc, Vénérables Frères, pourquoi ce Siège Apostolique n'a jamais autorisé ses fidèles à prendre part aux congrès des non-catholiques : il n'est pas permis, en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu'en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ, puisqu'ils ont eu jadis le malheur de s'en séparer. »


Il y a près d'un siècle, Pie XI avait déjà perçu les conséquences désastreuses d'un faux œcuménisme. Aujourd'hui, nous approchons du terme de ce faux œcuménisme – alors que beaucoup trop d'évêques ont de fait abandonné la religion divinement révélée – et Rome ne semble pas disposée à faire marche arrière. De toute évidence, l'apostasie massive au sein même de l'Église synodale était l'objectif pastoral recherché par les ennemis du catholicisme. Pour ceux que cela arrange, la bonne nouvelle est que le seul dogme de l'Église synodale auquel il faut absolument adhérer est que le catholicisme traditionnel est rigide, rétrograde et erroné. Pour le reste d'entre nous (aussi peu nombreux soient-ils), les soixante dernières années ont apporté chaque jour la confirmation de l'amour profond que Dieu porte à son Église, en nous donnant la sagesse des papes d'avant Vatican II. Ces derniers nous ont enseigné qu'il ne saurait y avoir de véritable pastorale sans préserver la pureté de la foi catholique. Nous pouvons, à notre modeste échelle, témoigner de cet amour en adhérant aux vérités immuables que Dieu a confiées à son Église, surtout lorsque Rome nous ostracise pour cela.

Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

     

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