« Face aux erreurs anti-catholiques, l’approche miséricordieuse a-t-elle été bénéfique à l’Église ? » par Vistemboir2 2026-03-28 10:07:14 |
|
Imprimer |
Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 27 mars 2026 sur The Remnant sous le titre : « Has the Merciful Approach to Anti-Catholic Errors Worked for the Church?
»
-------------------------------
Pendant des siècles, l’Église catholique a condamné avec fermeté l’erreur pour préserver la vérité et sauver les âmes. Mais depuis Vatican II, un changement radical s’est opéré : l’Église a délaissé la clarté doctrinale au profit d’une nouvelle approche « pastorale » fondée sur la miséricorde plutôt que sur le jugement. De l’encyclique Quanta Cura de Pie IX au Synode sur la synodalité d’aujourd’hui, cet article examine si ce changement a préservé l’Église… ou s’il a contribué à déclencher la crise même qui la secoue actuellement.
Le bienheureux Pie IX commença son encyclique de 1864, Quanta Cura, condamnant certaines erreurs, par un paragraphe qui montrait clairement qu'il comprenait le rôle des pontifes romains dans la protection et la direction de l'Église catholique :
« Avec quel soin et quelle vigilance pastorale les Pontifes Romains Nos Prédécesseurs, ont rempli la mission à eux confiée par le Christ Seigneur lui-même en la personne du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, et ont ainsi accompli leur devoir de paître les agneaux et les brebis ! Sans jamais discontinuer, ils ont attentivement nourri tout le troupeau du Seigneur des paroles de la foi, ont imprégné de la doctrine de salut, écarté des pâturages empoisonnés, voilà ce dont tout le monde est convaincu et assuré, Vous surtout, Vénérables Frères. Oui vraiment Nos Prédécesseurs se montrèrent les défenseurs et les vengeurs de l’auguste religion catholique, de la vérité et de la justice : soucieux, avant tout, du salut des âmes, ils n’ont jamais rien eu de plus à cœur que de découvrir et de condamner par leurs très sages Lettres et Constitutions toutes les hérésies et les erreurs qui, contraires à notre Foi divine, à la doctrine de l’Église Catholique, à l’honnêteté des mœurs et au salut éternel des hommes, ont fréquemment soulevé de violentes tempêtes et lamentablement souillé l’Église et la Cité.C’est pourquoi Nos mêmes Prédécesseurs ont constamment opposé la fermeté Apostolique aux machinations criminelles d’hommes iniques, qui projettent l’écume de leurs désordres comme les vagues d’une mer en furie et promettent la liberté, eux, les esclaves de la corruption : ébranler les fondements de la religion catholique et de la société civile par leurs fausses opinions et les plus pernicieux écrits, faire disparaître toute trace de vertu et de justice, corrompre les âmes et les esprits, détourner des justes principes de la morale ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, en particulier la jeunesse inexpérimentée, la dépraver pitoyablement, l’entraîner dans les pièges de l’erreur, et enfin l’arracher du sein de l’Église catholique. »
« L'Église catholique sur terre est une société instituée par Dieu, composée d'êtres humains rachetés par leur Chef divin, le Second Adam, et, en tant que société, animée par la Vie divine émanant de ce Chef. Cependant, chaque membre de cette société est tenu de lutter contre les tendances de la nature déchue héritées du premier Adam. L'Église a pour mission positive la diffusion de cette vie, grâce à laquelle les hommes peuvent vivre, à leur niveau, la Vie intérieure surnaturelle de Dieu. C'est seulement par cette vie que notre vie humaine naturelle peut être vécue pleinement. La vie que l'Église catholique diffuse est spirituelle. En conséquence, elle exige que l'intelligence humaine accueille les vérités révélées par Dieu et que la volonté humaine accomplisse les sacrifices nécessaires pour que la vie de grâce règne en notre nature déchue. L'Église catholique a donc pour mission non seulement de proclamer le contenu de la révélation, mais aussi de préserver la vérité révélée de toute contamination par l'erreur, spéculative ou pratique. L'Église doit condamner tout ce qui s' oppose à la vie réelle du monde ou la met en danger de quelque manière que ce soit. En raison de la propension de l’homme à l’erreur depuis la Chute, les représentants du Christ Roi doivent exercer une vigilance constante. C’est pourquoi les erreurs qui s’opposent à la véritable vie intellectuelle et au progrès du monde sont fréquemment condamnées. » (pp. 187-188)
« Au moment où s’ouvre ce IIe Concile œcuménique du Vatican, il n’a jamais été aussi manifeste que la vérité du Seigneur demeure éternellement. En effet, dans la succession des temps, nous voyons les opinions incertaines des hommes s’exclure les unes le autres, et bien souvent à peine les erreurs sont-elles nées qu’elles s’évanouissent comme brume au soleil. L’Église n’a jamais cessé de s’opposer à ces erreurs. Elle les a même souvent condamnées, et très sévèrement. Mais aujourd’hui, l’Épouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité.Elle estime que, plutôt que de condamner, elle répond mieux aux besoins de notre époque en mettant davantage en valeur les richesses de sa doctrine. »
« Jean XXIII nomma Congar et de Lubac consulteurs de la Commission préparatoire. Il semble que leurs noms avaient été suggérés par des conservateurs (...) Cela suscita une certaine surprise chez beaucoup de participants, parmi lesquels Mgr Marcel Lefebvre, qui écrivait au cardinal Ottaviani : “En effet les noms des pères de Lubac et Congar sont à juste titre des noms qui évoquent des oppositions à la pensée de l’Église et en particulier à Humani generis. Comment ces théologiens d’esprit moderniste ont pu être désignés ? Nous nous le demandons” » (p. 224).
« Ceci était typique pendant tout le Concile : des petites rencontres transversales. J’ai ainsi connu de grandes figures comme le Père de Lubac, Daniélou, Congar, etc. »
« Le Père Congar, de sainte mémoire, rappelait : “Il ne faut pas construire une autre Église, il faut construire une Église différente” (Vraie et fausse réforme dans l'Église, Milan, 1994, 1939). Et c’est là le défi. Pour une “Église différente”, ouverte à la nouveauté que Dieu veut lui suggérer, invoquons l'Esprit plus souvent et avec plus de force et écoutons-le humblement, en marchant ensemble, comme il le désire, lui le créateur de la communion et de la mission c’est-à-dire avec docilité et courage. »
« Même ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile sont donc, d’une certaine manière, orientés vers le Peuple de Dieu, et l’Église, coopérant à la mission du Christ, est appelée à diffuser l’Évangile partout et à tous (cf. LG, n. 17), afin que chacun puisse entrer en contact avec le Christ. Cela signifie que dans l’Église, il y a et il doit y avoir une place pour tous, et que chaque chrétien est appelé à annoncer l’Évangile et à témoigner dans tout milieu où il vit et œuvre. C’est ainsi que ce peuple manifeste sa catholicité, accueillant les richesses et les ressources des différentes cultures et, en même temps, leur offrant la nouveauté de l’Évangile pour les purifier et les élever (cf. LG, n. 13).
En ce sens, l’Église est une mais inclut tout le monde. Un grand théologien l’a décrite ainsi: «Unique Arche du Salut, elle doit accueillir dans sa vaste nef toute la diversité humaine. Unique Salle du Banquet, la nourriture qu’elle distribue provient de toute la création. La robe sans couture du Christ est aussi — et c’est une seule et même chose — la robe multicolore de Joseph » [Cf. H. de Lubac, Cattolicismo. Aspetti sociali del dogma, Milano 1992, 222.].
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|