Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

"Léon XIV et le mythe de la Restauration : pourquoi le programme de François perdure"
par Vistemboir2 2026-03-21 10:45:01
Imprimer Imprimer

Traduction de l’article de Gaetano Masciullo paru le 20 mars 2026 sur The Remnant sous le titre : « Leo XIV and the Myth of Restoration: Why the Francis Agenda Continues  »
-------------------------------
Léon XIV ne lance pas une restauration post-bergoglienne, mais plutôt une réorganisation de la Curie fondée sur la cohésion – inclusive et structurelle – plutôt que sur l’unité doctrinale. À travers les nominations, les décisions et les orientations ecclésiologiques, une continuité substantielle avec François se dessine quant aux objectifs, même si les méthodes diffèrent, ouvrant la voie à une transformation profonde sans retour au modèle Wojtyła-Ratzinger.

Ces dernières semaines, plusieurs nominations importantes ont été interprétées par divers analystes, italiens et autres, comme le signe d'une réforme prudente de la Curie par le pape Léon XIV. Le pape augustinien serait conscient des graves problèmes engendrés par le pontificat précédent et chercherait à rétablir, très progressivement mais inexorablement, le statu quo pré-bergoglien : c'est du moins ce que prétend un certain discours. Mais est-ce vraiment le cas ?

Dix mois se sont écoulés depuis le 8 mai 2025, date à laquelle le peu connu Robert François Prévost a été élevé sur le trône de Saint-Pierre sous le nom de Léon XIV. Bien que nous ne puissions, pour des raisons évidentes, connaître les débats internes du Souverain Pontife, nous pouvons néanmoins examiner les événements survenus jusqu'à présent afin de tenter d'élaborer une vision d'ensemble utile non seulement pour comprendre la situation actuelle au Vatican, mais aussi pour esquisser quelques scénarios pour les mois et les années à venir.

Le pape de la cohésion n'est pas le pape de l'unité

Cette analyse doit partir d'un postulat maintes fois réaffirmé : l'ensemble du programme du pape Léon XIV place la cohésion de l'Église au cœur de sa valeur suprême et de son objectif ultime. Sa devise épiscopale, « In illo uno unum » (« Dans le Christ, nous sommes un »), l'exprime parfaitement.

Il est toutefois essentiel de préciser que la cohésion ne signifie pas l'unité au sens théologique traditionnel.
L'unité, en tant que principe théologique de l'Église, repose sur l'unité de la doctrine catholique et est donc exclusive : elle ne peut inclure ceux qui n'adhèrent pas à cette doctrine dans son intégralité.
La cohésion, en revanche, est inclusive : elle vise à maintenir au sein de l'Église des sensibilités et des orientations théologiques même mutuellement inconciliables ou logiquement incompatibles.
Cette vision est la clé de la compréhension de la réinterprétation prévostienne de la synodalité. Il ne s'agit plus d'une démocratie de « communautés de base », c'est-à-dire du modèle latino-américain développé par Bergoglio ; il ne s'agit pas d'une égalité qualitative entre laïcs et évêques, avec une prédominance quantitative des premiers, comme dans le modèle allemand, mais d'une participation structurée des évêques et des cardinaux à la vie de l'Église, le Pape jouant le rôle d'arbitre et de porte-parole d'une sorte de Parlement ecclésiastique. On pourrait dire que les cardinaux représentent la Chambre haute et les conférences épiscopales la Chambre basse. Une sorte d'anglicanisation de l'Église catholique.

Dans cette perspective, le rôle des laïcs dans la synodalité, selon Prevost, n'est pas tant de déterminer l'orientation doctrinale ou disciplinaire, sauf de manière secondaire, mais de coopérer, afin que ce qu’établit le « Parlement de l'Église » – c'est-à-dire le Collège – se concrétise dans la vie ecclésiale. À mon avis, ces intentions deviendront encore plus évidentes dans les années à venir, à moins que des facteurs n'interviennent pour interrompre ou modifier le processus.

Cependant, de nombreuses confirmations s'accumulent déjà ces jours-ci, à commencer par l'annonce du 19 mars 2026 par le pape Léon XIV, qui a convoqué, pour octobre prochain, une réunion avec « les Présidents des Conférences Épiscopales du monde entier, afin de procéder, dans l’écoute réciproque, à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour annoncer l’Évangile aux familles aujourd’hui, à la lumière d’Amoris laetitia et en tenant compte de ce qui se réalise dans les Églises locales. »

Une cohésion menacée sur au moins trois fronts

La recherche de la cohésion à tout prix conduit naturellement à un œcuménisme très affirmé, parfois proche du syncrétisme. Or, cette approche se heurte à trois tensions majeures – réelles ou perçues – qui mettent aujourd’hui à l’épreuve même l’unité formelle de l’Église.

Le Chemin synodal allemand, désormais dirigé par l’évêque Heiner Wilmer – figure parfois teintée de mysticisme, mais assurément hétérodoxe – attend le jugement du Saint-Siège sur les statuts approuvés en novembre 2025 par la Conférence des évêques catholiques d’Allemagne (ZdK) et en février 2026 par la Conférence épiscopale allemande. Ces textes sont incompatibles avec le droit canonique, et il est peu probable que l’aile progressiste et majoritaire de l’épiscopat allemand accepte sans résistance un éventuel rejet par Rome. Et à Rome, bien sûr, on en est parfaitement conscient.
L’Église catholique en Chine. Les accords secrets entre le Saint-Siège et le gouvernement chinois – déjà renouvelés – expireront en 2028. Leur gestion est extrêmement délicate, car elle touche aux relations entre Rome et une communauté ecclésiale partagée entre fidélité au Pape et contrôle de l'État. Les termes de ces accords sont désormais un secret de polichinelle : le régime communiste propose les candidats et le Vatican conserve un droit de veto, s'engageant à ne pas commenter les activités chinoises.
La Fraternité Saint-Pie-X. En juillet 2026, la Fraternité ordonnera cinq nouveaux évêques, un acte susceptible de raviver des tensions historiques et de compliquer davantage le dialogue – si tant est qu'il y en ait jamais eu un – avec Rome. Le Saint-Siège, aujourd'hui toujours zélé contre les défenseurs de la Tradition catholique, a menacé la Fraternité de sanctions, dont la validité est mise en doute même par de nombreux laïcs et prélats qui n'en font pas partie (dont moi-même : voir cette analyse plus approfondie).

Les nominations qui prouveraient la « volonté réformatrice » de Léon XIV

À la lumière de ce qui précède, un récit s'est construit ces derniers mois dans les milieux catholiques conservateurs selon lequel le pape Léon XIV serait conscient des problèmes de la Curie et œuvrerait à les résoudre. Si cette interprétation pouvait exprimer un optimisme prudent durant ses premiers mois de pontificat, elle risque aujourd'hui de paraître davantage une naïveté coupable.

Commençons donc par les nominations du pape Léon qui étayent cette interprétation. Le 26 septembre 2025, Léon XIV a nommé Mgr Filippo Iannone, O.Carm., nouveau préfet des évêques, démentant ainsi les prédictions qui voyaient en Tagle le successeur naturel de Prevost lui-même à la tête de l'organe le plus crucial de la Curie, après le Secrétariat d'État et le Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Canoniste comme le pape, Mgr Iannone semble avoir une orientation plutôt conservatrice.

Nous avons ensuite assisté aux nominations des secrétaires particuliers. Le Péruvien Edgard Iván Rimaycuna Inga, fidèle au pape, a été rejoint le 27 septembre 2025 par le prêtre italien Marco Billeri, tandis que l'Argentin Daniel Pellizzon a été progressivement écarté. Ce dernier était arrivé à Rome comme secrétaire particulier de François, notamment grâce à la collaboration opérationnelle qu'il entretenait depuis longtemps avec le cardinal Fernández.

Des rumeurs ont également circulé – sans toutefois que cela soit encore officiel – concernant le choix du nouveau préfet de la Maison pontificale, après des années de vacance de poste suite à l'exil masqué imposé par François à Georg Gänswein. La décision aurait été attribuée à l'actuel nonce apostolique pour l'Italie et Saint-Marin, Petar Rajič, qui serait remplacé par le controversé Edgar Peña Parra, actuellement substitut du Secrétaire d'État. Des sources ont évoqué un accord avec l'État italien le 5 mars dernier, mais à ce jour, rien n'a été formalisé. Ce possible échange de rôles a également été interprété comme une tentative de rétablir l'équilibre institutionnel antérieur à l'ère bergoglienne. Il convient toutefois de rappeler que, le 10 novembre 2025, le pape Léon XIV avait déjà désigné le vice-régent de la Maison pontificale, l'augustin Edward Daniang Daleng.

Enfin, le 12 mars dernier, le fidèle collaborateur de François, le cardinal polonais Konrad Krajewski, déjà aumônier pontifical, a été renvoyé en Pologne et remplacé par un autre augustin, l'évêque espagnol Luis Marín de San Martín.

Ces nominations suffisent-elles à témoigner d'une volonté de réforme ?

À y regarder de plus près, il semblerait que non. Quant à Iannone, son choix s'explique probablement par son expérience sur le front allemand. En réalité, l'essentiel des nominations reste entre les mains du Secrétariat d'État et du Secrétaire aux évêques, Ilson Jesùs de Montanari, qui impose une ligne résolument bergoglienne en matière de nominations épiscopales. Preuve en est la confirmation, le 14 février dernier, par le pape Léon XIV, de tous les membres du Dicastère pour les évêques d'orientation bergoglienne, et même l'ajout d'un nouveau membre dans ce sens. Une démarche pour le moins surprenante de la part d'un pape aux intentions réformatrices.

Sans parler des évêques qui, ces derniers mois, continuent d'être nommés à travers le monde – même dans des sièges épiscopaux de premier plan – et qui présentent plus ou moins le même profil : des partisans du féminisme théologique et de l'œcuménisme poussés jusqu'au syncrétisme.

Il existe évidemment une gradation de ce modèle dans les personnes nommées, mais il ne va pas au-delà de ce modèle : on va de l'extrême Joseph Grunwidl (Vienne, Autriche), un futur cardinal probable ouvert également à des « femmes cardinales », à Filippo Iannone lui-même, plus modéré, mais qui a néanmoins récemment critiqué la « résistance à la synodalité » dans la mesure où elle dénoterait un « manque de conversion ».

Entre ces deux extrêmes, on trouve des personnalités – nommées ou promues – qu’il serait réducteur de qualifier simplement de problématiques : Sithembele Anton Sipuka (Le Cap, Afrique du Sud), Cyril Villareal (Kalibo, Philippines), Stanislav Přibyl (Prague, République tchèque), Agnelo Jacinto Pinheiro (Sindhudurg, Inde), Francesco Antonio Soddu (Cagliari, Italie), José Antonio Satué (Malaga, Espagne), sans oublier Ronald A. Hicks (New York, États-Unis), présenté dans les médias comme modéré, voire conservateur, mais en réalité choisi notamment pour son soutien à ce qu’on appelle « l’éthique cohérente de la vie », une vision bioéthique hétérodoxe répandue dans les milieux catholiques progressistes des États-Unis et soutenue par Léon XIV lui-même.

À tout cela s'ajoute une nomination pour le moins éloquente, telle celle, effectuée le 22 janvier dernier, de Carlo M. Redaelli comme nouveau préfet du Dicastère pour le Clergé, canoniste comme Prevost, mais assurément en décalage avec la Tradition et l'orthodoxie de l'Église.

L'enthousiasme suscité par le retour de Krajewski est d'autant plus tempéré que le nouveau venu, Luis Marín de San Martín, était le bras droit du cardinal ultra-bergoglien Mario Grech au sein du Secrétariat général du Synode, et qu'il a déjà insisté sur le fait que l'Église ne doit absolument pas se tourner vers le passé, car « le renouveau n'est pas la restauration ».

Réforme ou réorganisation ?

Quant au limogeage (confirmé seulement officieusement) du controversé Peña Parra, il ne faut pas nécessairement l’interpréter comme une volonté de réformer le Secrétariat d’État, mais plutôt comme une suite logique des choix effectués concernant les secrétaires particuliers.

Selon l’organigramme de la Curie, la Maison pontificale est en effet l’office chargé de servir directement la personne du Pape selon deux axes. En tant que souverain de l’État de la Cité du Vatican, il est servi par la Famille pontificale ; en tant que chef spirituel de l’Église catholique, il est servi par la Chapelle pontificale.

Les membres de la Famille pontificale organisent les audiences du Souverain, publiques et privées, gèrent les différents services d’antichambre, l’agenda des réunions, archivent les documents confidentiels, etc. Ce sont là, de toute évidence, des fonctions très délicates. L’affaire Vatileaks a montré comment une mauvaise gestion de ce service peut compromettre la réputation du Pape et la sécurité des données sensibles circulant au sein du Saint-Siège.

Or, le Substitut du Secrétariat d'État n'occupe pas seulement une place importante au sein de ce dernier, mais constitue la figure la plus importante de la Famille pontificale. La destitution de Peña Parra peut donc être interprétée comme une tentative de réorganiser la Famille pontificale, c'est-à-dire ce groupe restreint qui a un accès direct à la vie privée du Pape. Si l'objectif avait simplement été de l'écarter d'une influence jugée négative au sein du Secrétariat d'État, le choix de le nommer à la nonciature en Italie aurait été inefficace : le siège étant à Rome, il conserverait ainsi une certaine influence au Vatican, d'autant plus que le rôle de nonce en Italie est presque exclusivement formel. Ce transfert, en revanche, rendrait beaucoup plus difficile pour Peña Parra l'accès aux informations réservées à la Famille pontificale.

De plus, outre le départ supposé de Peña Parra, il faut également noter le départ certain d'une figure proche du monde de la Tradition liturgique de la Chapelle pontificale, c'est-à-dire de ceux qui sont responsables des messes et des cérémonies du Pape, à savoir Marco Agostini, démis de ses fonctions le 1er janvier dernier, apparemment sous un prétexte fallacieux.

Cela ne signifie pas pour autant que Léon XIV n'entende pas remanier la Secrétairerie d'État, qui détient, au moins depuis Paul VI, un pouvoir de facto « parallèle » à celui du Pape et caractérisé par l'école diplomatique de Villot, Casaroli et Silvestrini, interrompue jusqu'à présent seulement sous la régence de Benoît XVI, mais rapidement rétablie par François. À la destitution présumée de Peña Parra, il faut ajouter que le mandat de Pietro Parolin expire en janvier 2030 et que son successeur naturel, Gabriele Giordano Caccia, a été nommé nonce apostolique aux États-Unis.

Le dossier de la Secrétairerie d'État reste ouvert, tout comme celui du Vicariat de la Cité du Vatican, toujours dirigé par le cardinal Gambetti, personnage controversé. Ces dernières années, Gambetti a été accusé d'une gestion douteuse du cœur même du catholicisme, allant jusqu'à rendre possibles des profanations au sein de la basilique Saint-Pierre et même à œuvrer pour l'ouverture d'un restaurant inapproprié sur son toit.

Au vu de tout cela, il faut reconnaître qu’un changement est bel et bien en cours, mais tout changement n’est pas nécessairement une réforme (positive) ou une révolution (négative) : il peut s’agir d’une simple réorganisation (neutre) dans une continuité substantielle – et non accidentelle – avec l’organisation précédente.

Quel est le jugement du pape Léon XIV sur le pape François ?


À la lumière des discours et des actes, tant magistériels que relatifs à la gouvernance, il apparaît clairement que le pape Léon XIV porte un jugement très positif sur le pontificat de François. Il semble simplement ne pas partager la même méthode, mais il partage assurément les mêmes objectifs et, du moins en grande partie, la même vision de l'Église. Il n'est plus nécessaire de savoir que Prévost a participé, en 1995, à une cérémonie en l'honneur de la déesse andine Pachamama, réputée pour sa cruauté, devançant ainsi François au Vatican de 24 ans, pour le comprendre.

Si le pape Léon XIV avait porté un jugement négatif sur la gouvernance ou le magistère de François, il n'aurait pas adopté un document rédigé sous le pontificat bergoglien mais resté inédit, tel que Dilexi Te (9 octobre 2025) – dont le titre même rappelle explicitement un document magistériel problématique de François. Il n’aurait pas permis la publication de la Note doctrinale hétérodoxe sur les titres mariaux [Mater Populi fidelis] (4 novembre 2025), explicitement désignée par le Dicastère comme l’un des derniers actes de François ; il n’aurait pas approuvé un document de la Commission théologique internationale réaffirmant l’hérésie bergoglienne de la dignité infinie de l’homme (4 mars 2026) ; il n’aurait pas désigné l’exhortation apostolique hérétique Amoris Laetitia comme un « message lumineux » à développer dans les mois à venir (19 mars 2026) ; il n’aurait pas fait l’éloge explicite des documents de Fernández, en les énumérant un par un, à l’occasion de l’Assemblée plénière du Dicastère (29 janvier 2026). Il n’aurait pas corrigé les lacunes juridiques de divers actes de François, comme ce fut le cas avec la modification de la Loi fondamentale du Vatican pour rendre juridiquement possible le gouvernement d’une laïque, mais les aurait plutôt abrogés, comme il l’a en fait pour d’autres décisions moins bienvenues de François, comme dans le cas de l’abolition du monopole de l’IOR sur les investissements ou du décret idéologique de François qui réduisait certains privilèges cardinaux en matière de résidence.

Non seulement le pape Léon XIV porte un jugement positif sur François, mais il porte également un jugement positif sur la Curie dans son ensemble. Rappelons-nous les propos de Prévost, fraîchement élu, qui déclarait le 24 mai 2025 : « Les papes passent, la Curie demeure.» Cette affirmation était problématique : en principe, la Curie devrait « mourir » avec le pape. Son pouvoir est indirect, c’est-à-dire qu’il émane entièrement du Pontife, et pour cette raison, elle devrait agir in persona papae, et non comme un corps doté d’une autonomie ou d’une continuité indépendante.

Bergoglio n’est plus une personne, mais il est assurément une « esprit » qui plane, une influence diffuse au sein de la Curie. Ce que Léon XIV cherche à faire, c’est démanteler le familisme amoral qui a soutenu la machine vaticane ces douze dernières années, où des figures à la moralité douteuse, liées par un réseau de chantage mutuel, ont cherché à préserver leur pouvoir et leur influence. Voir, à cet égard, l’issue scandaleuse du procès du cardinal Angelo Becciu ou le complot analogue ourdi contre le cardinal George Pell, ou encore la mauvaise gestion d’une affaire très délicate, révélée le 20 janvier dernier, par le cardinal archevêque de Madrid Cobo Cano.

Que nous réservent les mois à venir ?

Comme je l’ai déjà souligné dans une autre analyse, le pape Léon XIV est un « pape de synthèse » : au cours de son pontificat – qui sera vraisemblablement long –, il s’efforcera de recomposer les tensions qui ont marqué toute la période post-conciliaire. Un fait démographique évident favorise également cette dynamique : les générations qui ont vécu ou interprété le concile Vatican II sont aujourd’hui en déclin, ce qui ouvre la voie à une nouvelle phase de préparation et de réflexion.

Comme Ratzinger l’a justement fait remarquer à l’époque, le concile Vatican II n’était pas simplement un concile pastoral, comme on le répète encore aujourd’hui, mais avant tout un concile ecclésiologique. Ignorer cette dimension, c’est ignorer la véritable portée du concile.

Dans les mois à venir, nous verrons donc de nouveaux progrès dans la modification de la structure de gouvernance de l’Église catholique. En réalité, des signaux importants ont déjà été émis en ce sens, mais peu perçus par les analystes : le document d’étude sur la réforme œcuménique du rôle de l’évêque de Rome (2024) et la reprise du projet de Loi fondamentale de l’Église, initié par Montini, qui devrait faire office de Constitution de droit canonique.

L’Église s’oriente vers une profonde réforme ecclésiologique, suivant ainsi la voie tracée par le concile Vatican II : que ce soit grâce au magistère conciliaire ou à l’interprétation qui en a été faite, la question reste ouverte. Il n’en demeure pas moins que c’est cet événement qui a déclenché ce processus, lequel, pour l’instant, ne montre aucun signe d’essoufflement.

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 "Léon XIV et le mythe de la Restauration : pourquoi le programme de Franç [...] par Vistemboir2  (2026-03-21 10:45:01)


192 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]