Les problèmes posés par Lumen Gentium par Jean-Paul PARFU 2026-03-14 11:48:01 |
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D'abord, avant toute chose, on doit rappeler que :
- le fait qu'un concile soit réuni par le pape ne signifie pas mécaniquement l'infaillibilité, surtout si les affirmations ne sont pas conformes au Magistère ordinaire universel.
Et Paul VI lui-même, seul ou via Mgr Félici, secrétaire du Concile, a tenu à expliquer que les constitutions du Concile dites "dogmatiques" ("Dei Verbum" et "Lumen Gentium") ne définissaient aucun dogme, eu égard au caractère pastoral du Concile".
Les difficultés :
1) - la collégialité, en ceci qu'elle tendrait à laisser croire que ce sont des commissions organisées, un peu sous la forme de "soviets", qui finalement décideraient du dogme et de la morale dans l'Eglise.
A l'inverse, et plus subtilement, la pratique des synodes montre qu'ils ne sont bien souvent qu'un instrument de gouvernement dont les papes actuels, (surtout François), se servent pour imposer leur volonté en faisant croire que les propositions viennent de "la base". Et d'ailleurs, tout le monde constate également que les évêques ne sont plus les chefs d'Eglises locales, mais sont devenus de simples préfets sans aucune marge de manoeuvre.
2) - c'est l'affirmation du "subsistit in"
Elle a rendu nécessaire "la déclaration "DOMINUS IESUS" sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de l'Eglise" du 6 août 2000 de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cette déclaration ne vient pas expliquer "Lumen Gentium", comme certains l'affirment, mais clairement la corriger ;
3) - c'est l'affirmation selon laquelle le but de l'Eglise serait "l'unité du genre humain", alors que son but est le salut des âmes. Le but de l'Eglise ne serait plus surnaturel, ou exclusivement surnaturel, mais aussi naturel ;
Or, l'unité du genre humain ne peut être un but poursuivi par l'Eglise, laquelle, sinon et alors, ferait de la politique. L'Eglise n'est pas non plus une ONG et n'a pas pour mission d'établir le Ciel sur la Terre.
Par contre, l'activité missionnaire de l'Eglise peut avoir des conséquences, mais des conséquences "accidentelles" en quelque sorte, sur la paix et sur une forme d'homogénéisation du monde et des sociétés.
L'unité du genre humain, à défaut d'être un but, peut être une réalité comme la mondialisation est une réalité, alors que le mondialisme est une idéologie.
Ce qu'il faut bien voir enfin, c'est que si "la grande famille humaine", comme l'appelait Pie XII, a, de par son origine même, vocation à une certaine unité, il y a unité et unité.
Dans l'ordre surnaturel, l'unité du genre humain est présupposée, et immédiate par le baptême et il n'y a plus effectivement "ni juif ni Grec", mais également "ni homme ni femme", "ni maître ni esclave", car ce qui compte, c'est l'appartenance au Corps mystique du Christ en vue du Ciel ;
Dans l'ordre naturel au contraire, il y a toujours "des juifs et des Grecs", "des hommes et des femmes", "des chefs et des subordonnés". Dans cet ordre, l'unité du genre humain est un but vers lequel l'humanité tend de manière médiate. Dans l'ordre naturel, on va, en effet, du particulier à l'universel, par des médiations que sont la famille, les clans (écossais), les "Gens" (romaines) , les tribus (d'Israël), les nations, les grandes aires civilisationnelles et finalement le monde. Si l'on détruit ces médiations, on détruit l'homme !
Le problème, c'est que l'on veut faire le Ciel sur la Terre. Ce faisant, on nie, on "dénature" le véritable ordre surnaturel et on détruit l'ordre naturel ! Le problème, c'est la confusion entre les ordres naturel et surnaturel !
4) - c'est l'affirmation qu'il y aurait un sacerdoce baptismal appelé aussi « sacerdoce commun des fidèles » ou « sacerdoce royal » fondé sur la dignité commune à tous les baptisés, et qui serait à l'origine de l’unité ou de la communion dans l’exercice des charismes et ministères, pour une édification effective et authentique de l’Église ;
L'affirmation selon laquelle il y aurait "un sacerdoce commun des fidèles" est très proche des affirmations du Protestantisme.
Si tout le monde est prêtre, plus personne en effet n'est prêtre ; en tout cas il n'y a alors plus de prêtres et de sacerdoce au sens où l'entend l'Eglise catholique ; il n'y a donc plus de saint sacrifice de la messe, mais il y a au mieux "l'assemblée qui fait Eglise" autour du mémorial de l'eucharistie qui devient un symbole, du pain que l'on partage.
Dès lors, il n'y a plus, non plus, d'Eglise hiérarchique visible avec le pape à sa tête et des ministres ordonnés, mais une simple Eglise spirituelle dans le coeur des fidèles.
5) - c'est l'affirmation selon laquelle l'Eglise serait un sacrement, alors qu’être sacrement ne se dit en vérité que des sept canaux de la grâce. Eux seuls, et non l’Église, sont à la fois signifiants et instruments de la grâce !
L'affirmation selon laquelle l'Eglise serait un sacrement est une régression si elle provient de l'Orient chrétien imprécis sur la définition des sacrements.
Pour conclure :
Un texte comme "Lumen Gentium" tend à prouver que le Concile a voulu adapter sa position, sous la forme d'un langage au moins ambigu, pour finalement laisser croire que la diminution du nombre de vocations sacerdotales et religieuses, l'absence d'activité missionnaire résultaient en réalité d'une meilleure prise en compte de sa vocation, alors qu'elle n'est liée qu'à sa faiblesse actuelle dans le monde !
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