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La charité envers les malades enseignée par Notre Dame
par Eti Lène 2026-02-15 12:55:13
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à la vénérable Marie d'Agréda. Chers liseurs, je profite de ce dimanche avec cette épître sur la charité et des deux premières apparitions de Notre Dame de Lourdes les 11 et 14 février pour vous partager ce texte exactement dicté par Notre Dame elle-même à la vénérable Marie d'Agréda, mère supérieure d'un couvent franciscain au XVIIème siècle :

"Ma fille, l’exercice de la charité envers les malades est une des œuvres vertueuses qui sont les plus agréables à Dieu, et le plus utile aux âmes ; parce qu’on y accomplit une grande partie de la loi naturelle, qui ordonne à chacun de faire à l’égard de son prochain ce qu’il souhaiterait pour lui-même. On trouve dans l’évangile que c’est une des causes que le Seigneur allèguera pour décerner la récompense éternelle aux justes, et que l’inobservation de cette loi sera une des causes de la damnation des réprouvés. Et le même Évangile en donne la raison que voici : tous les hommes étant enfants d’un seul Père céleste, sa divine Majesté regarde le bien ou le mal que l’on fait à ses enfants, qui la représentent, comme fait à elle-même, ainsi qu’il arrive entre les mortels.

Indépendamment de la charité fraternelle, vous êtes encore unie par d’autres liens aux religieuses ; car vous êtes leur mère, et elles sont aussi bien que vous les épouses de Jésus-Christ mon très saint Fils et mon Seigneur, de qui elles ont reçu beaucoup moins de faveurs que vous. Ces titres vous obligent plus étroitement à les servir et à les soigner dans leurs maladies ; c’est pour cela que je vous ai prescrit dans une autre occasion de vous considérer comme leur infirmière, comme la moindre de toutes, et comme la plus strictement tenue à ce rôle ; je veux même que vous me soyez fort reconnaissante de ce commandement, parce que je vous donne par son moyen un office qui est très estimable et très grand dans la maison du Seigneur. Pour vous acquitter dûment de cet emploi, vous ne devez pas charger les autres de ce que vous pouvez faire par vous-même auprès des malades, et ce que vous ne pourrez pas faire à cause des autres occupations de votre office de supérieure, vous le devez recommander avec instance à celles que vous chargerez en vertu de l’obéissance d’en prendre soin. Et quoique l’on accomplisse en tout cela le devoir de la charité commune, il y a pourtant une autre raison pour laquelle on doit secourir les religieuses dans leurs maladies avec toute la sollicitude possible, c’est afin qu’elles ne regrettent pas d’avoir quitté le monde, et ne se souviennent point avec tristesse de la maison de leurs parents, en se voyant privées des choses nécessaires. Croyez que de grandes misères surviennent dans les maisons monastiques par suite de la négligence des infirmières ; car la nature humaine est si impatiente, que si dans la souffrance elle n’a point ce qu’elle réclame, elle se jette dans les grands précipices.

La charité que j’ai témoignée envers mon époux Joseph dans ses maladies vous servira de règle en cette matière, et vous excitera à pratiquer cette doctrine. La charité et même l’honnêteté sont bien languissantes, lorsqu’elles attendent que celui qui est dans le besoin demande ce qui lui manque. Certes, je n’attendais pas cela, moi ; car j’assistais mon époux avant qu’il me demandât le nécessaire, mon affection et ma prévoyance prévenaient ses désirs ; ainsi je le consolais, non seulement par mon secours, mais par ma tendresse et mes ingénieux empressements. Je ressentais ses douleurs et ses peines avec une compassion intime, mais en même temps je louais le Très-Haut et lui rendais des actions de grâces pour la faveur qu’il faisait à son serviteur. Si quelquefois je tâchais de le soulager, ce n’était pas pour lui ôter l’occasion de souffrir, mais afin qu’il s’animât par ce soulagement à endurer davantage, et qu’il eût un nouveau sujet de glorifier l’auteur de tout ce qui est bon et saint ; c’est à quoi je l’exhortais. On doit exercer cette noble vertu de charité avec une semblable perfection, en prévenant autant qu’il sera possible le besoin du malade et du nécessiteux, en les encourageant par des paroles édifiantes, en les consolant par des marques d’intérêt, en leur souhaitant quelqu’adoucissement à leurs maux comme un bien, sans prétendre qu’ils perdent le bien plus grand qui se trouve dans les souffrances. Prenez garde que l’amour-propre et sensible ne vous trouble lorsque vos sœurs tombent malades, quand même ce seraient celles qui vous sont les plus utiles et les plus chères ; car dans le monde et en religion, plusieurs personnes perdent par là le mérite des afflictions ; sous prétexte de compassion, la douleur qu’elles ont de voir leurs amis ou leurs parents malades, les déconcerte et les met dans l’impatience : on dirait qu’elles ont à blâmer les œuvres du Seigneur, puisqu’elles ne se conforment point à sa sainte volonté. En toutes choses je leur ai donné l’exemple, et j’exige de vous que vous le suiviez parfaitement, en vous attachant à mes pas."

     

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