"Léon XIV et la promotion d’une fausse unité chrétienne" par Vistemboir2 2026-01-30 11:58:13 |
|
Imprimer |
Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 28 janvier 2026 sur The Remnant sous le titre : « Leo XIV and the Unfathomable Evil of Promoting False Christian Unity » (Léon XIV et le mal insondable de promouvoir une fausse unité chrétienne).
-------------------------------
Dans son homélie du 25 janvier 2026, le pape Léon XIV a parlé de l'unité de tous les chrétiens : « Oui, nous partageons la même foi en un seul et unique Dieu (...). Nous sommes un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, expérimentons-le, manifestons-le ». Il est nécessaire de revenir au véritable enseignement catholique.
Converti au catholicisme, je me souviens encore combien l'enseignement de l'Église sur la grâce sanctifiante et le péché mortel a profondément transformé ma vision de la vie. En relisant le Catéchisme de Baltimore n°3 que j'ai commencé à étudier au milieu des années 1990, ces deux questions et réponses me semblent toujours parmi les plus importantes pour convaincre quelqu'un de la nécessité de vivre et de mourir en bon catholique :
« Q. 280. Qu'est-ce que le péché mortel ?
R. Le péché mortel est une grave offense à la loi de Dieu.
Q. 281. Pourquoi ce péché est-il appelé mortel ?
R. Ce péché est appelé mortel parce qu'il nous prive de la vie spirituelle, qui est la grâce sanctifiante, et entraîne la mort éternelle et la damnation de l'âme. »
Quelle que soit la qualité de notre vie, si nous mourons en état de péché mortel, nous serons voués à la damnation éternelle. Comme l’indique la question suivante de Notre Seigneur, gagner le monde entier ne nous servirait à rien si nous perdions notre âme :
« Quel profit en effet aura l'homme d'avoir gagné le monde entier et perdu son âme?» (Mc 8, 36)
Si nous croyons ces paroles de Jésus et l’enseignement correspondant de l’Église, il est clair que nous devons tout faire pour coopérer avec la grâce de Dieu afin d’éviter le péché mortel et de mourir en état de grâce sanctifiante. Comme le savent tous les catholiques pratiquants, une fois parvenus à l’âge de raison, il serait extrêmement difficile de mourir en état de grâce sanctifiante sans les grâces des sacrements de l’Église, et plus particulièrement du sacrement de Pénitence. Une conclusion simple s’en dégage : si nous aimons notre prochain, nous devons tout faire pour l’aider à devenir un bon catholique.
Un clerc catholique qui fait le contraire, en amenant les âmes à croire qu'elles ne devraient pas se convertir à la foi catholique, est plus un monstre qu'un berger.
Comme le suggère le titre de cet article, il porte spécifiquement sur les récentes déclarations de Léon XIV. Toutefois, pour bien comprendre les enjeux, il est indispensable de se rappeler l'enseignement de l'Église avant Vatican II et ce qui, aux yeux de beaucoup, a changé depuis le Concile. Concernant l’enseignement antérieur à Vatican II, on peut considérer deux passages de l’encyclique Quanto Conficiamur du bienheureux Pie IX (10 août 1863), dont le premier pourrait paraître sévère et dur à ceux qui ne connaissent pas l’enseignement catholique :
« Et ici, Fils chéris et vénérables Frères, nous devons rappeler de nouveau et blâmer l’erreur considérable où sont malheureusement tombés quelques catholiques. Ils croient en effet qu’on peut parvenir à l’éternelle vie en vivant dans l’erreur, dans l’éloignement de la vraie foi et de l’unité catholique. Cela est péremptoirement contraire à la doctrine catholique. Nous le savons et vous le savez, ceux qui ignorent invinciblement notre religion sainte, qui observent avec soin la loi naturelle et ses préceptes, gravés par Dieu dans le cœur de tous, qui sont disposés à obéir au Seigneur, et qui mènent une vie honorable et juste, peuvent avec l’aide de la lumière et de la grâce divine, acquérir la vie éternelle ; car Dieu voit parfaitement, il scrute, il connaît les esprits, les âmes, les pensées, les habitudes de tous, et dans sa bonté suprême, dans son infinie clémence, il ne permet point qu’on souffre les châtiments éternels sans être coupable de quelque faute volontaire. »
« À Dieu ne plaise cependant que les fils de l’Église catholique soient jamais les ennemis de ceux qui ne nous sont pas unis par les mêmes liens de foi et de charité ; ils doivent au contraire s’empresser de leur rendre tous les services de la charité chrétienne, dans leur pauvreté, dans leurs maladies, dans toutes les autres disgrâces dont ils sont affligés ; de les aider toujours, de travailler principalement à les tirer des ténèbres des erreurs où ils sont plongés misérablement, à les ramener à l’Église, cette mère pleine d’amour, qui ne cesse jamais de leur tendre affectueusement ses mains maternelles, de leur ouvrir les bras pour les établir et les affermir dans la foi, l’espérance et la charité, pour les faire fructifier en toutes sortes de bonnes œuvres et leur faire obtenir le salut éternel. »
« Dans cette seule et unique Église de Dieu sont apparues dès l’origine certaines scissions, que l’Apôtre réprouve avec vigueur comme condamnables ; au cours des siècles suivants naquirent des dissensions plus graves, et des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l’Église catholique, parfois par la faute des personnes de l’une ou de l’autre partie. Ceux qui naissent aujourd’hui dans de telles communautés et qui vivent de la foi au Christ, ne peuvent être accusés de péché de division, et l’Église catholique les entoure de respect fraternel et de charité. En effet, ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique. Assurément, des divergences variées entre eux et l’Église catholique sur des questions doctrinales, parfois disciplinaires, ou sur la structure de l’Église, constituent nombre d’obstacles, parfois fort graves, à la pleine communion ecclésiale. Le mouvement œcuménique tend à les surmonter. Néanmoins, justifiés par la foi reçue au baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l’Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur. De plus, parmi les éléments ou les biens par l’ensemble desquels l’Église se construit et est vivifiée, plusieurs et même beaucoup, et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles de l’Église catholique : la Parole de Dieu écrite, la vie de grâce, la foi, l’espérance et la charité, d’autres dons intérieurs du Saint-Esprit et d’autres éléments visibles. Tout cela, qui provient du Christ et conduit à lui, appartient de droit à l’unique Église du Christ. De même, chez nos frères séparés s’accomplissent beaucoup d’actions sacrées de la religion chrétienne qui, de manières différentes selon la situation diverse de chaque Église ou communauté, peuvent certainement produire effectivement la vie de grâce, et l’on doit reconnaître qu’elles donnent accès à la communion du salut. En conséquence, ces Églises et communautés séparées, bien que nous croyions qu’elles souffrent de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut, dont la vertu dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique. » [§3]
« Oui, “nous partageons la foi en un seul et unique Dieu, Père de tous les hommes, nous confessons ensemble l’unique Seigneur et vrai Fils de Dieu, Jésus-Christ et l’unique Esprit‑Saint, qui nous inspire et nous pousse à la pleine unité et au témoignage commun de l'Évangile.” (Lettre apostolique In Unitate Fidei, 23 novembre 2025, §12). Nous sommes un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, expérimentons-le et manifestons-le !»
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|