Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Serviteur de Dieu Stepan Czmil, Saint Jean Bosco et le Pape François
par Ludwik 2026-01-27 14:02:08
Imprimer Imprimer

Le destin particulièrement intéressant d’un évêque mort en odeur de sainteté

Mgr Czmil fut à la fois le premier salésien de l’Église gréco-catholique ukrainienne, mais aussi l’un des trois évêques sacrés clandestinement à Castel Gandolfo par le patriarche Joseph Slipyj en 1977. Et un sacre clandestin à Rome, ce n’est pas si courant !
Par ailleurs, le jeune Bergoglio le connut alors qu’il n’était qu’un enfant.


Né en 1914 en Galicie, il se vit proposer de poursuivre ses études à l’étranger pour devenir prêtre et fonder en Ukraine la communauté des pères salésiens. Il accepta l’offre et partit le 1er novembre 1932 avec un groupe de dix étudiants pour l’Italie.
(Le métropolite André avait compris toute la richesse apportés par certains ordres religieux à l’Église latine et souhaitait que des rameaux byzantins de certains ordres latins fleurissent dans son Église.)

Il devint ainsi le 16 août 1935 le premier fils spirituel ukrainien de saint Jean Bosco selon le rite oriental.
L’archevêque Kyr Ivan Buchko, visiteur apostolique auprès des Ukrainiens d’Europe, ordonna prêtre le jeune salésien Stepan Chmil à Rome le 14 octobre 1945.
Le père Stepan occupa ensuite le poste de directeur des guides des catacombes de Saint-Calixte à Rome.

Il fut ensuite chargé de la direction des Missionnaires salésiens au sein du Généralat Mère de Turin, puis, à la demande de Kyr Ivan Buchko et de la Congrégation pour les Églises orientales, il fut envoyé en Argentine comme pasteur auprès des réfugiés ukrainiens, alors au nombre d’environ cent cinquante mille.
Tous ceux qu’il aida témoignèrent de son dévouement et de son abnégation, qualités qui lui valurent la gratitude et le respect de tous.

De retour à Rome, il devint recteur du petit séminaire ukrainien.
Après plusieurs années d’un travail intense et exigeant auprès des séminaristes, la santé du père Stepan commença à décliner. Après les six premières années de rectorat (1961-1967), il resta au séminaire comme guide spirituel et professeur de catéchisme auprès des plus grands jusqu’en 1976.

Il devint également un excellent professeur d’ukrainien et d’italien à la toute nouvelle Université catholique ukrainienne, située près de la basilique Sainte-Sophie à Rome.
À l’arrivée du patriarche Joseph à Rome, le père Stepan devint son collaborateur de confiance.

En 1976, le patriarche Joseph, appréciant grandement l’activité et le zèle du père Stepan, lui conféra le titre d’archimandrite patriarcal, avec le droit de porter la mitre et la crosse. Son installation solennelle eut lieu le 8 décembre 1976 dans la basilique Sainte-Sophie de Rome.

Il mourut le 22 janvier 1978, après avoir célébré la Sainte Liturgie. Il avait pressenti sa mort, car, en descendant de sa chambre vers la chapelle, il confia les clés à un séminariste en disant : « Je n’en aurai plus besoin. Ce sera ma dernière Liturgie. »
À la fin de l’office divin, il se sentit très mal, et les séminaristes le conduisirent dans sa chambre, où il s’éteignit.

Les funérailles, célébrées par le patriarche en présence de nombreux prêtres et fidèles, eurent lieu dans la basilique Sainte-Sophie. Avant que le cercueil ne fut fermé, le patriarche ordonna que le père Chmil soit revêtu de ses ornements épiscopaux ; c’est seulement à ce moment que tous apprirent que le regretté père Chmil était évêque.
L’ordination épiscopale secrète, révélée plus tard, avait eu lieu au monastère des Studites près de Rome, le 2 avril 1977.
Nous en parlions ici.

NB :

1) Les salésiens ukrainiens ont pu venir en Ukraine après la chute de l’URSS ; le « projet salésien » de Kyr André, auquel Kyr Stepan dévoua sa vie, ne fut donc pas vain, mais seulement retardé… d’un bon demi-siècle.

2) Depuis 2023, saint Jean Bosco figure au sanctoral de l’Église gréco-catholique ukrainienne.

3) Lors de son séjour en Argentine, le jeune Bergoglio le fréquenta, et voici ce qu’il en disait en 2017 :

« Et je ne voudrais pas conclure sans rappeler une personne qui m’a fait beaucoup de bien lorsque j’étais en dernière année d’école primaire, en 1949. La plupart d’entre vous n’étaient pas encore nés ! Il s’agit du père Stefan Czmil, qui fut plus tard consacré évêque en secret ici à Rome par l’archevêque majeur de l’époque.
Il y célébrait la messe. Il n’y avait pas de communauté ukrainienne à proximité, et quelques personnes l’aidaient. C’est grâce à lui que j’ai appris à servir la messe selon le rite ukrainien. Il m’a tout enseigné. Deux fois par semaine, c’était à moi de l’assister.
Cela m’a fait beaucoup de bien, car cet homme parlait des persécutions, des souffrances, des idéologies qui persécutaient les chrétiens. Il m’a aussi appris à m’ouvrir à une autre liturgie, que je garde toujours dans mon cœur pour sa beauté.
L’archevêque Sviatoslav Chevtchouk, lorsque j’étais à Buenos Aires, avait demandé des témoignages afin d’ouvrir le procès de canonisation de cet évêque ordonné secrètement.
J’ai voulu aujourd’hui évoquer sa mémoire, parce qu’il est juste d’exprimer devant vous tous ma reconnaissance pour le bien qu’il m’a fait. Merci. »

De manière toute personnelle, je me risquerai à ce commentaire ou constat : il semble que la fascinante Svetlana Kasyan ait quelque peu supplanté, chez le pape François, le souvenir de Kyr Stepan...

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Serviteur de Dieu Stepan Czmil, Saint Jean Bosco et le Pape François par Ludwik  (2026-01-27 14:02:08)
      Merci par Regnum Galliae  (2026-01-27 14:45:43)


168 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]