Jean-Jacques Olier, Vie intérieure de la Sainte Vierge par Abbé Claude Barthe 2026-01-07 11:01:21 |
|
Imprimer |
Les communions de Marie
Jean Jacques Olier, Vie intérieure de la Très Sainte Vierge
Ce fut les premiers jours après la Pentecôte que les apôtres offrirent le saint sacrifice et que la très-sainte Vierge communia sous les saintes espèces, au corps et au sang de son Fils glorieux. Jusque-là, les apôtres n'avaient communié que le jour de la Cène; et encore, parce que Notre-Seigneur avait voulu prévenir le temps de l'institution de ce Sacrement, pour rendre ce mystère plus croyable à ses disciples et à toute son Église, en l'établissant dans un temps où personne ne doutait de la vérité de sa présence corporelle. Il fallait d'ailleurs que l'Église eût reçu l'Esprit de Jésus-Christ ressuscité, lEsprit de sa nouvelle vie; et Jésus-Christ ne devait lui donner cet Esprit que lorsqu'il serait réuni à son Père, pour l'envoyer en unité de principe avec lui; par conséquent, après l'Ascension où il fut censé s'être réuni à son Père, du sein duquel il avait dit qu'il était sortit (1) en venant en ce monde. Aussi l'Église célèbre-t-elle la fête du très-saint Sacrement aussitôt après l'Octave de la Pentecôte.
...
Mais tels ne sont pas les motifs qui poussent le Fils de Dieu à se donner, par la Communion, à sa sainte Mère. Il ne peut venir à elle comme médecin, puisqu'elle n'a point d'infirmité à guérir; elle n'a pas non plus de lâcheté à ranimer ni de langueur (257) à réchauffer : ayant toujours répondu à toute l'étendue de la grâce et obéi au Saint-Esprit avec une admirable docilité. Ce qui l'attire à elle, c'est l'ardent amour qu'il lui porte, et qui fait qu'il ne peut souffrir de se voir éloigné d'elle.
Il se donne aussi à elle, afin que, par ses prières, elle obtienne la conversion du monde. Par ce Sacrement, Jésus-Christ nous fait être une même chose avec lui : Celui qui mange ma chair et boit mon sang, dit-il, demeure en moi, et moi en lui (1), témoignant par là qu'il entre dans toutes les intentions de l'âme son épouse; et qu'elle aussi, de son côté, entre dans toutes celles de Jésus-Christ, son époux. Une âme qui communie à ce corps et à ce sang divin use, en effet, de Jésus-Christ comme d'une chose sienne, si bien qu'elle a droit, en vertu de ce saint mariage, d'employer toutes les prières de Jésus-Christ, son zèle, sa ferveur, ses mérites, ses souffrances, pour l'accomplissement de son dessein. Elle a droit et pouvoir de faire tourner les prières de Jésus-Christ du côté qu'il lui plaît, et de lui faire demander tout ce qu'elle veut, pour le bien de l'Église. Voilà ce qui a lieu dans la communion ordinaire des chrétiens au corps et au sang de Jésus-Christ. Mais quels effets merveilleux ne devaient pas produire sur le coeur de Jésus les prières ardentes de sa divine Mère, et l'amour immense que lui-même lui portait ! S'il est si prodigue envers les âmes ses épouses, c'est que dans elles il voit les charmes ravissants de Marie, sa sainte Mère, qui exerce sur lui un empire d'amour. C'est un traité admirable que celui de Jésus et de Marie dans le très-saint Sacrement de l'autel: là, elle demande, elle prie, elle arrête, elle poursuit. O charité ardente! ô douceur gracieuse! ô charmes puissants! ô délicieux entretiens! rien de pareil à l'amour de Jésus et de Marie, rien de semblable à ces traités. Au très-saint Sacrement, dans ce banquet sacré de ses noces, Jésus traite avec elle, et accorde a ses désirs et à ses prières la réconciliation et la paix de l'Église, la conversion et le salut du monde.
Vie intérieure de la Très Sainte Vierge
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|