"Le meurtre de Kirk et le centenaire de Quas Primas : deux événements providentiellement liés" par Vistemboir2 2025-12-19 19:16:29 |
|
Imprimer |
Traduction de l’article de Gaetano Masciullo paru le 18 décembre 2025 sur The Remnant sous le titre : « The Kirk Murder and the Centenary of Quas Primas: Two Providentially Connected Events »
-------------------------------
Cent ans après Quas Primas, la royauté sociale du Christ n'est pas un chapitre du passé, mais l'unique voie de prospérité pour toutes les nations de la Terre. L'assassinat de Charlie Kirk – coupable uniquement d'avoir combattu pour défendre la morale chrétienne et le bon sens, et pour cela accusé par nombre de ses adversaires d'être un « haineux », justifiant ainsi sa condamnation à mort – démontre combien l'exhortation Quas Primas du pape Pie XI reste terriblement actuelle. Le meurtre de Kirk nous rappelle que défendre la royauté sociale du Christ aujourd'hui peut coûter le martyre.
La mort tragique de Charlie Kirk, le 10 septembre dernier, a suscité ces derniers mois des réactions honteuses de jubilation de la part de centaines de militants d'extrême gauche qui, notamment en ligne, ont ignoré le principe du « parce sepulto », précepte ancien selon lequel, si l'on ne peut honorer les morts, il vaut mieux se taire.
Cependant, durant cette courte période, des milliers de personnes ont exprimé simultanément (et pas seulement aux États-Unis) leur profonde indignation face à ces réactions, et même de nombreux opposants politiques de Kirk ont reconnu la valeur de son témoignage. Au Royaume-Uni, rappelons que le rassemblement « Unite the Kingdom » a également eu lieu – une manifestation imposante en défense des valeurs conservatrices et de la souveraineté nationale, organisée par le controversé Tommy Robinson et ponctuée par le cri «Le Christ est roi ». Plus de 110 000 personnes y auraient participé.
Pour Kirk, il n'existait aucune alternative crédible : le christianisme est le seul pilier capable de maintenir la cohésion morale et sociale d'une nation. En dehors du christianisme, une nation ne peut que sombrer dans la tyrannie. Bien qu'il ait débuté dans une perspective protestante (il était en réalité évangélique, malgré de nombreux témoignages récents faisant état d'une conversion progressive, quoique non achevée, au catholicisme), Kirk avait saisi, à sa manière, un concept cher à la Tradition catholique, au point d'être consacré par une fête liturgique : la Royauté sociale du Christ.
Le 11 décembre dernier a marqué – sans grande cérémonie de la part des autorités vaticanes – le centenaire de la promulgation de l'encyclique Quas Primas, publiée en 1925 par le pape Pie XI et consacrée à l'approfondissement de la reconnaissance du Christ dans la société comme source des droits et de la dignité humaine. En 2025, comme chacun sait, on a également commémoré le dix-septième centenaire du concile de Nicée (325), lors duquel l'Église a solennellement proclamé, dans la prière liturgique du Credo, que le Christ est Roi éternel, car « son règne n'aura pas de fin ».
L'assassinat de Charlie Kirk – coupable seulement d'avoir combattu pour défendre la morale chrétienne et le bon sens, et pour cela accusé par nombre de ses adversaires d'être un « haineux », au point de justifier sa condamnation à mort – démontre combien ce document magistériel reste terriblement actuel. Le meurtre de Kirk nous rappelle que défendre aujourd'hui la royauté sociale du Christ peut coûter le martyre.
Cette vérité apparaît avec force dès lors que l'on reconnaît, comme l'affirme Pie XI au début de cette encyclique – reprenant l’enseignement de Ubi arcano Dei consilio (23 décembre 1922) – que la véritable paix entre les peuples ne découle ni des traités politiques, ni des accords internationaux, ni des stratégies de dissuasion militaire, mais uniquement de la « paix du Christ dans le Royaume du Christ ». Ces autres instruments terrestres peuvent imposer le calme, mais ils ne produisent pas la paix véritable. Tel un cheval mal dressé qui se rebelle contre les rênes jusqu'à désarçonner son cavalier, une société sans le Christ, contrainte par les institutions de réprimer ses propres aspirations, finira par exploser et engendrer violence et conflits.
Pie XI nous rappelait que, puisque le Christ est la Vérité, il est avant tout Roi des esprits, des volontés et des cœurs. Nous constatons chaque jour comment, sans le Dieu véritable, l'intelligence humaine s'égare et dégénère en idéologies. Il est Roi des volontés car, par Sa grâce, il oriente notre liberté vers le bien, non par la force, mais en nous attirant à Lui. Il est Roi des cœurs car Son amour, doux et sans mesure, triomphe sans violence – et plus précisément encore, il triomphe parce qu’il agit sans recourir à la force. Dans un monde qui cherche des réponses dans la science, dans l’État ou dans des émotions passagères, l’Église nous rappelle que la vérité, la liberté et l’amour se manifestent suprêmement dans notre aspiration à la conformité au Christ.
Mais concrètement, qu’est-ce que le Royaume du Christ ? Pie XI nous rappelle qu’il s’agit d’un Royaume avant tout spirituel, fondé sur une triple autorité que le Christ exerce sur chacun de nous : législative, car Dieu nous a donné une Loi qui ne passe pas ; judiciaire, car il juge à chaque instant nos bonnes œuvres et nos péchés ; exécutive, car il nous exhorte par ses grâces à persévérer sur le chemin de la sainteté et nous châtie lorsque nous nous en éloignons. Et pourtant, ce pouvoir n'est pas oppressif : ses lois sont bienveillantes, doux est son joug.
À une époque marquée par la domination des bureaucraties étatiques et des idéologies qui prétendent réglementer chaque aspect de la vie, jusqu'à nos pensées les plus intimes, le règne du Christ apparaît plus libérateur que jamais.
Mais la grande différence entre la paix du Christ et la paix du monde réside dans le fait que la première est propre à un royaume – comme le dit encore Pie XI – « principalement spirituel », ce qui ne signifie pas qu'elle soit dépourvue de répercussions sur la société civile. Attention : Pie XI n'écrit pas exclusivement, mais principalement spirituel. Cela signifie qu'un tel royaume ne se construit pas sur des armées ou des parlements, mais se fonde sur la conversion du cœur et la vie intérieure de chaque sujet. Le Christ règne lorsque l'homme reconnaît sa propre misère et se laisse transformer par la grâce. C'est pourquoi la paix chrétienne est avant tout une paix personnelle : elle naît du pardon reçu et de la conversion. La paix sociale, à laquelle il faut certes aspirer, est un fruit de la paix intérieure en Jésus-Christ seul.
C'est là que réside la différence radicale entre le christianisme et les grands systèmes idéologiques modernes d'origine étatique et socialiste. Le socialisme promet la paix en cherchant à transformer les structures, l'économie, voire le langage, et il croit que la société remodèle l'homme ; le christianisme agit à l'inverse : c'est l'homme renouvelé par le Christ qui renouvelle la société. Le meurtre de Charlie Kirk nous montre les conséquences de la première fausse solution : lorsque la société prétend refaire l'homme sans le Christ, elle finit par le détruire.
Précisément parce que le Royaume du Christ n'est pas spirituel au sens intimiste du terme, il est aussi universel et social. Son influence ne se limite pas aux croyants, mais embrasse toute l'humanité, car toutes choses ont été créées en Christ et pour le Christ. Cela signifie que le message chrétien ne peut se cantonner à la sacristie : il concerne la politique, l'économie, la culture et la famille. Reconnaître la royauté sociale du Christ ne signifie pas « cléricaliser l'État », mais admettre que la société ne perdure que si elle est fondée sur la loi divine et la loi naturelle.
Charlie Kirk l'avait parfaitement compris et, bien que non catholique, il s'efforçait de faire comprendre à ses adversaires dialectiques que la condamnation de l'avortement, du suicide assisté et de l'idéologie LGBTQ+ n'est pas un dogme de la religion chrétienne – incompréhensible et inacceptable sans le don de la foi – mais plutôt la conséquence logique d'une observation attentive de la nature humaine. Et c'est précisément en cela que le Royaume du Christ est bénéfique. Ce n'est pas une domination qui asservit, mais un ordre qui élève – un ordre qui libère.
Le sang de Charlie Kirk nous crie que le Royaume du Christ n'est pas un idéal lointain, mais une nécessité urgente. Sans le Christ, le monde sombre dans la haine, la vengeance, l'ignorance, le péché et la tyrannie ; avec le Christ, même la mort la plus cruelle devient la semence et la promesse d'une civilisation nouvelle. Cent ans après Quas Primas, la royauté sociale du Christ n'est pas un chapitre du passé, mais l'unique voie de prospérité pour toutes les nations de la Terre.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|