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"Tucho : une inimitié envers Marie, ou seulement envers les vrais catholiques ?"
par Vistemboir2 2025-11-27 14:33:39
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 25 novembre 2025 sur The Remnant sous le titre : « Tucho Doesn’t Necessarily Dislike Mary, Just True Catholics  ».
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Si nous devions identifier une motivation encore plus forte pour Mater Populi Fidelis, il semblerait que ce soit l'aversion de Tucho pour les catholiques « conservateurs » et « traditionnels », qui sont sans doute les groupes les plus offensés par le rejet des titres de Notre‑Dame.

Dans son hommage au pape François, le 11 juin 2025, le cardinal Víctor Manuel « Tucho » Fernández a exprimé sa sensibilité à la manière dont ses paroles sont perçues :

"Ainsi, face à une question théologico-morale complexe, nous devons toujours considérer son impact sur les personnes réelles, leur vie et leurs souffrances. Nous devons nous interroger sur l’effet que nos paroles pourraient avoir sur la vie de telle ou telle personne. Ce n’est pas la vérité en elle-même qui change, mais elle peut être perçue différemment par autrui. Par exemple, si je dis que le Christ n’est pas une personne humaine, théologiquement, c’est absolument correct. Mais si je dis la même chose à quelqu’un qui n’a pas étudié la théologie, il pourrait comprendre que le Christ n’est pas un homme réel, qu’il est un homme auquel il manque une partie de lui-même, ou qu’il n’est pas comme nous. Il en va de même lorsque la théologie classique affirme qu’il n’y a pas de mouvement au ciel. Que comprend la personne en premier lieu ? Qu’il vaut mieux rester ici-bas, que l’éternité doit être terriblement ennuyeuse, etc."


Tucho est manifestement un homme très intelligent qui connaît bien le catholicisme, même s'il semble (à première vue) qu’il n'y adhère pas. Dès lors, il est intéressant de s'interroger sur la manière dont il a choisi de condamner le titre de « Co-rédemptrice » dans la nouvelle « Note doctrinale sur certains titres mariaux qui se réfèrent à la coopération de Marie à l'œuvre du salut » (Mater Populi Fidelis) du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. À en croire certains catholiques, le nouveau document nie totalement le rôle de la Vierge Marie dans la Rédemption. Or, les extraits ci-dessous montrent que cette interprétation est inexacte :

"[26] D’autre part, il est évident qu’il y a eu une forme de médiation réelle de Marie pour rendre possible l’Incarnation du Fils de Dieu dans notre humanité, car il était exigé que le Rédempteur fût « né d’une femme » (Ga 4,4). Le récit de l’Annonciation montre qu’il ne s’agit pas d’une médiation purement biologique, puisqu’il met en évidence la présence active de Marie qui interroge (cf. Lc 1,29.34) et accepte avec fermeté : « Qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1,38). Cette réponse de Marie a ouvert les portes de la Rédemption que toute l’humanité espérait et que des saints ont décrite dans un dramatisme poétique.[…] [9] Le “oui” de Marie devant le salut de l’archange Gabriel afin que le Verbe de Dieu prenne chair en son sein (cf. Lc 1,26-27), donne à l’être humain la possibilité d’être divinisé. Saint Augustin déclare donc la Vierge “coopératrice” de la Rédemption, insistant à la fois sur l’action de Marie avec le Christ et sur sa subordination à Lui, car Marie coopère avec le Christ afin que « les fidèles naissent dans l’Église »"

"La participation de Marie à l’œuvre salvifique du Christ est attestée dans les Écritures qui présentent l’événement salvifique accompli en Jésus-Christ comme une promesse, dans les écrits vétérotestamentaires, et comme une réalisation, dans le Nouveau Testament. Ainsi, Marie apparaît-elle déjà en Gn 3,15, parce qu’elle est la Femme qui participe à la victoire définitive contre le serpent. C’est pourquoi, il n’est pas surprenant que Jésus s’adresse à Marie avec l’appellation de « Femme » au Calvaire, (Jn 19,26). À Cana aussi, Jésus l’appelle « Femme » (Jn 2,4), renvoyant à Marie et à son rôle, près de Lui, à “l’Heure” de la Croix. Là, à cette “Heure”, se manifeste la collaboration de Marie qui prononce à nouveau le “oui” de l’Annonciation et, dans ce moment sacré, l’Évangile passe du mot « Femme » sur les lèvres de Jésus (Jn 19,26) à la présentation de Marie comme « Mère » (Jn 19, 27)."


À travers ces passages et plusieurs autres, Tucho démontre en substance pourquoi il serait tout à fait approprié d'appeler la Vierge Marie « Co-rédemptrice ». Voici cependant ce que Tucho affirme à propos de l'application de ce titre à Notre-Dame, à l'instar des saints et des papes depuis des siècles :

"[22] Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune."


Bien que cette phrase affirme littéralement que Marie avait un « rôle subordonné au Christ dans l'œuvre de la Rédemption » — ce qui suggère une fois de plus que le terme « Corédemptrice » est correct — Tucho soutient qu'il est toujours inapproprié d'utiliser le terme employé par divers papes et saints depuis des siècles. Nous ne partageons évidemment pas sa conclusion, mais la manière dont il a formulé son message est particulièrement préjudiciable : il n'était pas nécessaire d'adopter un ton aussi condescendant et péremptoire, mais il l'a fait pour une raison qui nous échappe. C’est d’autant plus troublant si l’on se souvient des mots cités précédemment dans son hommage à François : « Nous devrions nous demander quel effet nos paroles pourraient avoir sur la vie de cette personne si nous disons ceci ou cela. »

Il est facile d'affirmer que Tucho cherchait à attaquer la Vierge Marie en rejetant les titres de « Corédemptrice » et de « Médiatrice de toutes les grâces ». Bien que cette conclusion soit plausible, une grande partie du document affirme la parfaite légitimité des enseignements qui justifient ces titres. L'objectif œcuménique de plaire aux protestants est également un motif probable de ce refus, même si plusieurs doctrines contestées par les protestants sont mises en avant dans le document. Cependant, s'il fallait identifier une motivation plus forte encore, il semblerait qu'il s'agisse de l'aversion de Tucho pour les catholiques « conservateurs » et « traditionalistes », qui sont sans doute les groupes les plus offensés par le rejet des titres de la Vierge Marie.

Cette motivation apparaît plus certaine si l'on considère deux aspects de l'hommage rendu par Tucho à François : son aversion pour ceux qui condamnent le péché et les erreurs, et son insistance sur la dignité humaine infinie et inaliénable.

Aversion pour ceux qui condamnent le péché et les erreurs


Comme en témoignent les propos suivants de l'hommage de Tucho, lui et François partageaient une aversion pour les catholiques conservateurs :

"Le pape François n'a jamais eu de problème personnel avec la théologie – aucune critique ni dispute personnelle, même avec un théologien – ni aucune “blessure” susceptible de l'influencer. Je peux l'affirmer avec certitude. Cependant, il était très marqué par les accusations incessantes portées contre autrui, accusations dont il était témoin, surtout lorsqu'il était évêque. En effet, certains membres de la Conférence épiscopale, appartenant à une ligne de pensée très conservatrice, cherchaient constamment à condamner tel ou tel prêtre pour des propos tenus dans une homélie ou écrits ailleurs. C'est donc surtout cet aspect qui l'a influencé. Je pense que s'il y a bien une chose qui a pu l'influencer, c'est avant tout un certain malaise envers ceux qui consacrent leur vie à persécuter les autres, à leur trouver des défauts, à chercher la petite bête. Et c'était là son problème : non pas la théologie en elle-même, mais ce genre de situation."


Ces mots assimilent une pensée conservatrice à la persécution et à la critique d’autrui. Naturellement, on peut comprendre qu’une personne ne maîtrisant pas le catholicisme puisse y adhérer : le catholicisme peut paraître si sévère lorsqu’il enjoint aux fidèles de ne pas offenser Dieu s’ils veulent sauver leur âme. De même, les paroles de Jésus peuvent sembler dures à ceux qui n’ont pas une compréhension profonde de la Foi :

« Malheur au monde à cause des scandales ! C'est une nécessité qu'il arrive des scandales; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive ! Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le et jette-le loin de toi : il vaut mieux pour toi entrer dans la vie manchot ou boiteux, que d'être jeté, ayant deux mains ou deux pieds, dans le feu éternel. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; il vaut mieux pour toi entrer borgne dans la vie, que d'être jeté, ayant deux yeux, dans la géhenne du feu. »(Mt 18:7-9)


Dieu nous a donné le libre arbitre et nous pouvons donc choisir de rejeter ces paroles. Cependant, si nous les acceptons au sens littéral, force est de constater que la pensée dite conservatrice préserve en réalité des personnes du « feu de l’enfer ». Loin d'être méchante, la pensée conservatrice dénoncée par Tucho est en réalité le fruit d'un désir charitable d'aider les âmes à plaire à Dieu et à accéder au Paradis.

De toute évidence, ce n'est pas ce que beaucoup de catholiques de nom veulent entendre — ils veulent l'assurance que Dieu les aime tels qu'ils sont, sans qu'ils aient besoin de lutter contre le péché. Les propos de Tucho montrent que son dicastère cède parfois aux désirs de ces catholiques de nom, en privilégiant délibérément la facilité avec laquelle les pécheurs peuvent persévérer dans le péché :

"S’il faut choisir entre améliorer la vie de quelqu’un ou la compliquer, il faut toujours choisir l’amélioration. Et si un problème peut être résolu, il faut le faire. De là découle un principe très simple, qui, je crois, peut également s’avérer utile pour notre travail : ne pas compliquer davantage la vie de ceux qui font déjà face à de nombreux problèmes au quotidien. Il faut donc veiller à ne pas leur imposer de fardeaux inutiles. Rappelons-nous que le pape Léon XIV nous a demandé de poursuivre dans la même voie que sous le pape François. Ainsi, face à une situation, en cas d’hésitation, nous disons oui. S’il est possible de résoudre un problème pour aider quelqu’un, nous le faisons. Cela contribue également à éviter que le dicastère ne soit perçu comme une simple agence constamment à l’affût d’erreurs ou de dangers."


L’exemple le plus frappant est sans doute la promotion de la cause LGBTQ+, notamment par le biais de Fiducia Supplicans. Il y a bien sûr une grande ironie dans l’œuvre de Tucho, de François et maintenant de Léon XIV, qui prétendent améliorer des vies en disant « oui » alors que l’Église a toujours dit « non ». Cette approche peut certes améliorer superficiellement la vie de certaines personnes pendant un instant, mais au prix de leur damnation éternelle. De plus, les concessions illégitimes faites à ceux qui refusent d’abandonner leurs péchés et leurs erreurs imposent invariablement un fardeau inutile aux catholiques pratiquants.

On constate donc clairement l'orientation de Tucho, qui s'éloigne de l'orthodoxie et de la pureté pour se tourner vers l'hétérodoxie et le péché. Dès lors, est-il surprenant qu'il s'en prenne à ceux qui manifestent leur attachement à l'orthodoxie et à la pureté en honorant la Vierge Marie ?

L'insistance sur la dignité humaine infinie et inaliénable

Dans son hommage, Tucho a également souligné la conception de la dignité humaine chez François :

"Le pape François a particulièrement apprécié notre document Dignitas Infinita, car il a toujours insisté sur ce point, depuis son ministère sacerdotal. Ce document traite de la dignité infinie de chaque personne humaine, une conviction qui a guidé son sacerdoce, son épiscopat et ses choix, comme celui de rendre visite à ce journaliste, à ce coiffeur ou à cette femme de ménage. Pour lui, il était essentiel de rencontrer chaque personne, indépendamment de son statut social, car chaque personne possède une dignité inaliénable et est infiniment aimée de Dieu. C'est là le point fondamental."


Comme évoqué dans un article précédent sur Dignitatis Infinita, cette conception d'une dignité « infinie » et « naliénable » est en totale contradiction avec l'enseignement catholique. Avant même d'examiner l'expression de la véritable doctrine de l'Église à ce sujet (celle de Léon XIII), le bon sens suffit : si chaque personne humaine possède une dignité infinie et inaliénable, alors Judas et Hitler avaient la même dignité que la Vierge Marie. C'est tout simplement absurde.

Comme l’indique l’encyclique Immortale Dei du pape Léon XIII (1er novembre 1885) sur la Constitution chrétienne des États, l’homme perd sa dignité par l’erreur et le péché :

« La liberté, cet élément de perfection pour l'homme, doit s'appliquer à ce qui est vrai et à ce qui est bon. Or, l'essence du bien et de la vérité ne peut changer au gré de l'homme, mais elle demeure toujours la même, et non moins que la nature des choses elle est immuable Si l'intelligence adhère à des opinions fausses, si la volonté choisit le mal et s'y attache, ni l'une ni l'autre n'atteint sa perfection, toutes deux déchoient de leur dignité native et se corrompent. »


Ainsi, la dignité humaine peut avoir une « plénitude originelle », mais elle n’est ni infinie ni inaliénable. Ces paroles de Léon XIII nous expliquent aussi pourquoi des hérétiques comme Tucho insistaient sur une dignité humaine infinie et inaliénable : c’est une manière détournée de nier les conséquences désastreuses de l’erreur et du péché.

L’hommage de Tucho à François comprenait également une anecdote personnelle sur la dignité humaine :

« Il ne m’a jamais dit : “Tu dois le faire”, mais a toujours respecté ma liberté de décision. Il ne m’a jamais mis la pression. Lors de nos rencontres, pendant des moments difficiles que j’ai dû traverser – des moments vraiment très durs – il m’a dit : “Non, Tucho, garde la tête haute et ne laisse personne te voler ta dignité.” Il l’a dit fermement, en me regardant droit dans les yeux, et cette phrase m’a profondément marqué et est restée pour moi une source constante de réconfort. »


Tucho n’a pas précisé la nature de ces « moments difficiles », mais il s’agissait probablement des critiques de catholiques concernant le caractère inapproprié de certaines de ses paroles et de ses actions, comme la publication [en 1995] d’un livre intitulé « Guéris-moi avec ta bouche. L’art du baiser ». Dans ces moments-là, il semble que le mythe d’une dignité inaliénable et infinie ait été son rempart contre ces catholiques mesquins qui pensaient devoir toujours condamner l’erreur et le péché.

Dans ce contexte, revenons à ce que beaucoup considèrent comme la phrase la plus choquante de la nouvelle note doctrinale sur les titres de Marie :

« Étant donné la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, il est toujours inapproprié d’utiliser le titre de “Corédemptrice” pour définir sa coopération. »


Il affirme le « rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption » et pourtant, il critique injustement ceux qui utilisent à juste titre le terme « Co-rédemptrice » pour décrire ce rôle. Ce pauvre homme a dû nier à Marie (sa mère et la nôtre) ses titres historiques simplement pour se venger de tous ces catholiques qui ont critiqué ses opinions religieuses. Notre meilleure « vengeance » serait peut-être de prier et de faire des sacrifices en réparation des péchés de Tucho et de Léon XIV, en demandant à Notre-Dame, Co-rédemptrice et Médiatrice de toutes les grâces, de les convertir à la vraie foi catholique.
Notre Dame du Perpétuel Secours, priez pour nous !

     

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