relire ce n°1.2 du chapitre III du décret Presbyterorum ordinis (Vatican II 1965) par Luc Perrin 2025-11-24 21:12:45 |
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cher Chabert et alii, se soucier de la vertu exemplaire des prêtres n'est pas une "méthode stalinienne" mais une prescription logique de l'Église.
"12. La vocation des prêtres à la sainteté
Les prêtres sont ministres du Christ Tête pour construire et édifier son Corps tout entier, l’Église, comme coopérateurs de l’ordre épiscopal : c’est à ce titre que le sacrement de l’ordre les configure au Christ Prêtre. Certes, par la consécration baptismale, ils ont déjà reçu, comme tous les chrétiens, le signe et le don d’une vocation et d’une grâce qui comportent pour eux la possibilité et l’exigence de tendre, malgré la faiblesse humaine [92] à la perfection dont parle le Seigneur : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Mais cette perfection, les prêtres sont tenus de l’acquérir à un titre particulier : en recevant l’Ordre, ils ont été consacrés à Dieu d’une manière nouvelle pour être les instruments vivants du Christ Prêtre éternel, habilités à poursuivre au long du temps l’action admirable par laquelle, dans sa puissance souveraine, il a restauré la communauté chrétienne tout entière [93]. Dès lors qu’il tient à sa manière la place du Christ lui-même, tout prêtre est, de ce fait, doté d’une grâce particulière ; cette grâce le rend plus capable de tendre, par le service des hommes qui lui sont confiés et du Peuple de Dieu tout entier, vers la perfection de Celui qu’il représente ; c’est encore au moyen de cette grâce que sa faiblesse d’homme charnel se trouve guérie par la sainteté de Celui qui s’est fait pour nous le Grand Prêtre « saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs» (He 7, 26).
Le Christ que le Père a sanctifié (c’est-à-dire consacré) et envoyé dans le monde [94] « s’est donné pour nous, afin de racheter et de purifier de tout péché un peuple qui lui appartienne, un peuple ardent à faire le bien » (Tt 2, 14), et ainsi, en passant par la souffrance, il est entré dans sa gloire [95].
De même, les prêtres, consacrés par l’onction du Saint-Esprit et envoyés par le Christ, font mourir en eux les œuvres de la chair et se vouent tout entiers au service des hommes : telle est la sainteté dont le Christ leur fait don, et par laquelle ils progressent vers l’Homme parfait [96].
Ainsi donc, c’est en exerçant le ministère de l’Esprit et de la justice [97] qu’ils s’enracinent dans la vie spirituelle, pourvu qu’ils soient accueillants à l’Esprit du Christ qui leur donne la vie et les conduit. Ce qui ordonne leur vie à la perfection, ce sont leurs actes liturgiques de chaque jour, c’est leur ministère tout entier, exercé en communion avec l’évêque et les autres prêtres. Par ailleurs, la sainteté des prêtres est d’un apport essentiel pour rendre fructueux le ministère qu’ils accomplissent ; la grâce de Dieu, certes, peut accomplir l’œuvre du salut même par des ministres indignes, mais en général, Dieu préfère manifester ses hauts faits par des hommes dociles à l’impulsion et à la conduite du Saint-Esprit, par des hommes que leur intime union avec le Christ et la sainteté de leur vie habilitent à dire avec l’apôtre : « Si je vis, ce n’est plus moi, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).
C’est pourquoi ce saint Concile, pour atteindre son but pastoral de rénovation intérieure de l’Église, de diffusion de l’Évangile dans le monde entier et de dialogue avec le monde d’aujourd’hui, rappelle instamment à tous les prêtres qu’avec l’aide des moyens adaptés que l’Église leur propose [98], ils doivent s’efforcer de vivre de plus en plus une sainteté qui fera d’eux des instruments toujours mieux adaptés au service du Peuple de Dieu tout entier."
Le décret sur le ministère et la vie des prêtres, que Mgr Lefebvre estimait être le meilleur de tous les documents conciliaires et le plus fidèle à la Tradition, lie très fortement l'exigence de sainteté avec l'efficacité du sacerdoce : j'ai souligné les passages.
En d'autres termes, si comme je crois la quasi totalité des intervenants du F.C. défendent le sacerdoce catholique traditionnel, ils devraient par définition souffrir des atteintes que les prêtres fautifs infligent au Corps du Christ, tant par l'esprit que par la chair.
On peut être moins regardant avec une conception protestante du "ministre" sorte de fonctionnaire ecclésial, employé de la communauté, non revêtu du sacrement de l'Ordre et simple baptisé comme les autres. C'est juste affaire d'image, de notoriété ternie de ladite communauté.
Il en va tout autrement avec un prêtre catholique ou oriental ainsi que l'explique bien le texte de Vatican II.
En veillant au respect de la présomption d'innocence et des procédures tant civiles que canoniques, bien entendu.
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